Asfallon bêta

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Asfallon bêta

Message par sabertiger le Lun 29 Avr 2013 - 13:53

Voilà, j'ai voulu lancer un nouveau concept à partir d'Asfallon, qui s'éloigniait de son esprit Shônen. Et, avec un peu d'inspiration, je suis parvenu à pondre ce premier chapitre. En espérant que celà vous plaise ! Je le répète encore une fois, cette histoire n'a AUCUN RAPPORT avec l'univers de Monster Hunter, c'est juste une fic que je vous fait partager. Bonne lecture ! Smile Je suis et reste ouvert à toute question/critique/remarque de votre part.

Asfallon bêta

I. Nouveau départ

La chaleur, les cris, les flammes, le sang, les larmes, tout tourbillonne autour de lui. Lui il est seul au beau milieu de tout ça, du haut de son petit mètre trente et de ses huit ans. Les larmes coulent le long de ses joues, il est seul, seul devant le corps de celle qui fut sa mère, les pieds dans une mare de sang, qui provient de la profonde blessure qu’elle a reçu au ventre.
Le feu, lui, proviens des maisons qui l’entourent, son village a subi une attaque, ou plutôt, une razzia violente de la part d’un groupe de bandits. Pas bien réputé dans la région, certes, mais des bandits quand même. Le village a été mis à mal, les maisons pillées, les femmes violées puis tuées sous les yeux de leurs maris, qui ont eu la gorge tranchée quelques instants plus tard.
Et lui il est encore là et il pleure, ce pauvre petit, ce gamin qui était parti jouer dans les bois avant l’attaque, à quelques minutes près, il aurait été pris dedans, dans cette vague de démence et de violence, dans cette orgie de sang et de flammes.
Il appelle désespérément, croyant que le corps sans vie de sa mère peut encore lui répondre. Mais la tenue blanche de cette dernière est déjà imbibée de pourpre, ne laissant aucun doute planer quant à son état. Ses cheveux bruns et longs sont eux aussi imbibés du liquide rouge, après qu’elle se soir effondrée dans la mare. Elle ne s’est pas rendu compte que son fils était juste à côté d’elle à cet instant, elle était déjà morte bien avant cela.
Il pleure, encore et encore, les bandits sont déjà partis, emportant deux ou trois femmes pour en faire des esclaves et le butin de leur razzia, soutiré aux marchands locaux.
Le petit reste là, devant le corps gisant de sa mère. Elle l’élevait seule, son père était mort, quelques années plus tôt, lors d’une attaque de monstres qui étaient sortis de la forêt. C’était un bien triste destin pour ce petit garçon. Il pleura encore et encore avant finalement de s’effondrer, de fatigue, tout simplement. Il s’endormit, paisiblement, au milieu de cette violence.
Un bruit le réveilla, un cri plutôt, en émergeant lentement, il discerna la silhouette d’une jeune femme, blonde avec une longue natte dans son dos et des yeux bleus clairs. Elle portait l’habit blanc typique des mages de la Lumière. Elle s’exclama, probablement à ses compagnons restés plus loin :
« Hé ! J’en ai un vivant ici ! Ramenez-vous en vitesse ! »
Rapidement, le petit se retrouva cerné : plusieurs hommes en armures et d’autres personnes portant des robes de couleurs variées l’avaient cerné. Il comprit assez rapidement : Des chevaliers et mages de l’armée du Royaume !
Un choc traversa soudain son petit esprit, les souvenirs d’avant son sommeil, les souvenirs du carnage, la vision d’horreur du village qui brûlait… Alors ce n’était pas un rêve ?
Les larmes coulèrent sur ses joues et il se remit à pleurer. La femme blonde le prit dans ses bras :
« Là, là… ça va aller, on s’occupe de toi. »
Un homme en armure déclara :
« Lizzy, tu t’en occupes ?
-Oui. Répliqua la femme blonde. »
L’armure de l’homme était différente, le petit garçon s’en fit la remarque malgré son état. Il inspirait la confiance et le respect, couleur platine, avec une cape bleutée, une épée immense à la lame de même couleur pendant à sa ceinture. Aucun doute possible, cet homme était gradé, très haut gradé.
La dénommée Lizzy lui demanda, tout en continuant de tenir le petit garçon contre elle pour qu’il se calme :
« D’autres survivants ?
-Aucun, ce gosse a eu un bol monstrueux. »
Celui qui avait répondu était un autre homme, portant une armure argentée lui, avec une cape rouge vive. Il arborait un blason étrange sur cette dernière, bien différent des armoiries royales qu’arborait l’homme à l’armure de platine. Il retira son casque, qui lui donnait presque un air féroce, et laissa voir ses deux yeux verts clair ainsi que ses cheveux bruns en bataille. Il s’agenouilla pour fixer le garçon dans les yeux et lui demanda :
« Hey, t’es bien un garçon courageux, non ? »
Un hochement de tête du petit lui servit de réponse. Il poursuivit :
« Alors ne pleure pas, tu dois être fort. Lizzy va être gênée si elle te revoit plus tard, tu ne penses pas ? »
Lizzy lui sourit, tous deux avaient l’air complices, le jeune garçon hocha de nouveau la tête et quitta l’étreinte protectrice de la mage.
L’homme à l’armure de platine s’avança vers lui et retira son heaume à son tour, laissant voir des cheveux noirs attachés en une queue de cheval et une cicatrice qui barrait l’un de ses yeux argentés. Il déclara :
« Petit, tu as vu les responsables de ça ? »
Le petit lui répondit par un hochement négatif de tête, le gradé en armure soupira :
« Bien, tant pis alors. »
Il se redressa, Lizzy l’interpella :
« Asmall ! Tu ne comptes pas le laisser là ?!
-Lizzy. Répondit l’homme avec une voix calme mais qui forçait au silence. Les temps sont durs, personne ne voudra l’adopter et la grande ville la plus proche est à deux jours à cheval. De plus, nous n’avons pas de temps à perdre. »
Lizzy serra les poings, rageuse. Elle opina, à contrecœur :
« Tu… Tu as raison. »
Elle avait baissé les yeux pour dire ça. Le chevalier en argent parla à son tour :
« Voyons Asmall, il suffit de l’accompagner à l’orphelinat de Karzak, c’est à deux heures à peine.
-Karzak ? Répéta le gradé. Cette ville est un repaire de coupe-jarrets, il vaudrait mieux lui trancher la gorge maintenant à ce prix-là, il souffrirait moins.
-C’est toujours mieux que finir dévoré par les loups ou une des bêtes qui rodent en forêt. Avoua le chevalier.
-.. Je te l’accorde. Avoua Asmall. Nous l’y déposeront donc. »
Ils opinèrent tous, le petit garçon monta donc sur un cheval, un étalon noir pur, celui de Lizzy. Et, comme il en fut convenu, il fut déposé devant une immense bâtisse, perdue au beau milieu d’une ville qui lui paraissait immense, car il n’avait connu que son village natal.
La ville en question était sinistre, elle s’étendait sur plusieurs kilomètres, parcourues par de nombreuses ruelles plus ou moins exiguës, elle demeurait assez sombre en permanence, cela sans doute dû au fait que les bâtisses aient toutes faites plusieurs étages de haut. On trouvait de très nombreux commerces dans cette ville, ainsi que beaucoup de tavernes, mais aussi un grand nombre de voleurs en tous genres. Une rivière coupait la ville en deux, au nord, les quartiers aisés, demeure des nobles et lieu où l’on trouvait le château du seigneur local. Au sud, les quartiers délaissés, dans lesquels se trouvaient le plus souvent les susmentionnés voleurs. L’orphelinat se trouvait justement dans ce quartier sud.
La présence de la troupe de chevaliers et mages ne passa pas inaperçue, ils furent rapidement cernés par des mendiants, qui quémandaient de quoi survivre. Ils furent ignorés et ceux devant la troupe durent se pousser pour ne pas finir piétinés par les montures solides des chevaliers de la troupe.
Arrivés devant l’orphelinat, le garçon eut une nouvelle surprise : sa taille !
Ancienne bâtisse de nobles, il avait des dimensions proprement colossales, plusieurs dizaines de mètres de long, une façade au ton ocre délavé et de nombreuses fenêtres, pour la plupart cassées et réparées avec des planches à la hâte. Asmall descendit en compagnie de Lizzy et du jeune homme. Ils l’accompagnèrent dans ledit bâtiment, traversant la grande cour emplie de cailloux dans laquelle jouaient plusieurs dizaines d’enfants en haillons.
Oui, les temps étaient durs, les bandits ravageaient le pays et, faute d’effectifs suffisants, les gardes ne parvenaient que rarement à repousser les assauts de ces bandes organisées et surarmées.
Le petit garçon passa la porte, le chevalier et la mage l’ayant précédé. Asmall s’adressa à une jeune femme, à qui l’on donnait dix-huit ans tout au plus, qui était derrière un bureau :
« Bonjour. »
Elle décolla les yeux du livre qu’elle lisait et les écarquilla : Un chevalier et une mage royale ?! Voilà qui était fort peu courant dans la région !
Elle bafouilla vainement une phrase, mais Asmall la coupa, net :
« Nous vous amenons ce jeune homme, il est le seul survivant de l’attaque d’Harma. »
Harma, c’était son village natal, cette petite bourgade paisible qui avait connu l’enfer. Quelques dizaines d’habitants, tout au plus deux cents. Un village qui vivait de ses productions agricoles et du commerce de diverses marchandises, un petit village perdu dans la forêt, au pied des monts Rakha, une chaîne montagneuse qui serpentait au beau milieu des terres humaines d’Asfallon.
La grande ville la plus proche, c’était Karzak, à deux heures en cheval, mais à une bonne journée à pied, en comptant les mauvaises rencontres bien entendu. Car, autant la présence des mages royaux avait dissuadée les monstres d’intervenir, autant quand on voyageait seul, il n’était pas rare de se faire attaquer par un ces derniers.
La jeune femme, rousse aux cheveux assez sales et attachés en un chignon, fixa le petit garçon, elle portait une robe noire, sobre, élégante, qui faisait contraste avec son apparence… Aucun doute sur sa provenance : un vol au mieux, un meurtre au pire.
Ladite jeune femme déclara :
« Quel est son nom ? »
Tous se tournèrent vers lui, à vrai dire, il ne le leur avait pas dit non plus… Il bégaya :
« A…A…Ar…Argand. »
Argand, huit ans et demi, un bon mètre trente, des cheveux bruns en bataille, des yeux bleu clairs qui brillaient encore à cause de ses pleurs récents. Il portait de vêtements rapiécés par le temps, mais aussi par les mites et ses jeux en forêts. Il n’était qu’un simple fils de bûcheron, ce n’était pas comme si ses parents avaient roulé sur l’or. Et quand son père était mort, lorsqu’il avait six ans pendant une attaque de monstres sur le village, sa mère avait dû se résoudre à faire de la couture et de sa capacité à tisser divers choses son métier, afin de pouvoir nourrir son enfant.
La jeune femme à la robe noire fixa Argand. Elle soupira et déclara :
« Encore un qui a tout perdu hein ? Soit, nous manquons un peu de place en ce moment, mais nous pouvons faire un peu de place pour toi. »
Un sourire chaleureux s’était affiché sur son visage. Lizzy en sembla rassurée, Asmall resta impassible. Ils se détournèrent, Asmall envoya une bourse sur comptoir. Il expliqua, sans se retourner, ni s’arrêter :
« De quoi vous aider un peu, avec la bénédiction du Roi. »
Le visage de la jeune femme s’illumina, elle compta rapidement le contenu du sac, de quoi faire tourner l’orphelinat pendant plusieurs semaines ! Et il y en aurait encore de reste !
Elle se tourna vers Argand et, avec un sourire, lui lança :
« Argand, hein ? Moi c’est Miranda, mais appelle moi Mira, je suis la fille de la gérante et c’est moi qui m’occupe de tout pendant que maman n’est pas là. »
Le jeune homme opina, Mira le mena au travers du vaste orphelinat, les salles se ressemblaient toutes : des portes ouvertes donnaient sur des salles de plusieurs mètres de long contenant quatre lits superposés, deux de chaque côtés. Il arriva finalement dans un de ces salles, elle lui expliqua :
« Ton lit est celui du fond à gauche, en bas. Les repas sont servis à midi et dix-neuf heures, tache de ne pas les louper. Le couvre-feu est à vingt et une heure, sinon, tu es libre de te balader où bon te semble en ville, mais ne t’attires pas d’ennuis ! »
Il opina, elle ajouta :
« La salle pour prendre les repas est derrière mon bureau, à l’entrée. C’est à peu près tout, les douches sont communes, comme les toilettes, tu les trouveras au bout du couloir. »
Elle retourna sur ses pas, lui il resta seul, assis sur ce qui serait son lit. Non, rien ne serait plus pareil à partir de maintenant…
Il soupira et se décida à sortir. Les autres enfants se massèrent autour de lui, l’un d’eux, à qui l’ont donnait dix ans, s’avança. Roux aux cheveux gras et tombant sur son visage, il ne donnait pas vraiment l’impression de s’être lavé dernièrement. Il lança :
« Hey ! Pourquoi les chevaliers t’ont déposé ici.
-Je ne sais pas. Avoua Argand. Les bandits ont brûlé mon village… Et ils ont aussi pris maman… »
Les larmes roulèrent un peu sur les joues, le petit rouquin s’amusa :
« Ha ! La chochotte il pleure ! »
Un doigt pointé vers lui, tous riaient. Oui, les enfants sont cruels, insensibles aux émotions adultes… Mais ils ne les ont pas encore ressenties, cela doit y jouer. Le petit rouquin poussa Argand :
« Dégage ! On veut pas d’une chochotte ! »
Il ferma son poing quand le petit garçon de huit ans se releva, avec un regard noir effrayant. Argand frappa, avec vitesse et fougue, un coup de poing qui fit reculer le rouquin. Ce dernier se tint son nez, qui pissait littéralement du sang. Il arma son poing à son tour et, lâchant un flot d’insultes, il frappa. Argand fit de même. Leurs poings furent stoppés par un autre jeune homme. Il devait avoir dans les douze ans, blond avec les cheveux courts et des yeux vairons, il avait stoppé les deux poings.
Le nouveau venu soupira :
« Ah là, là… On va se calmer ici.
-Ta gueule Garam ! Répliqua le rouquin.
-Mori, je dois encore te le dire combien de fois ? Emmerder les plus petits que soi ne t’attirera rien de bon. Répliqua le dénommé Garam.
-Rien à faire ! Lui c’est une chochotte ! Il a pleuré comme une chochotte ! S’exclama vivement le rouquin. »
Garam avait lâché leurs poings respectifs. Il était grand, bien plus qu’eux deux. Mori faisait déjà un bon mètre cinquante, mais Garam avoisinait le mètre soixante-dix.
Il n’était pas étonnant que les Asfallans, une fois adultes, atteignent les deux mètres cinquante voire les dépassent même, mais Garam était déjà bien parti pour atteindre les trois mètres aisément. Chez les Asfallanes, la moyenne se situait aux alentours des deux mètres dix.
Garam fixa Mori et répliqua, avec un sourire :
« Pourtant, il m’a semblé t’entendre pleurer pas plus tard que hier soir ? »
Mori piqua un fard et nia, avec force. Il se détourna et partit en râlant :
« De toute façon il m’ennuie ! Je préfère partir ! »
La petite troupe de gamins se dispersa, Garam se tourna vers Argand :
« Tu vas bien ?
-Oui… Merci. Avoua l’intéressé.
-Ne t’en fais pas pour Mori, c’est un crétin fini. Avoua Garam avec un sourire.
-D’accord. »
Le ton du jeune homme était vide, il parlait sans exprimer la moindre émotion. Garam lui demanda :
« Hé, tu veux venir parler un peu ? Je pense que ça te fera du bien. »
Argand opina et Garam l’emmena avec lui dans un petit cabanon au coin de la cour. Le cabanon n’était pas bien grand, voire pas du tout même. Trois mètres par quatre, tout au plus, à l’intérieur, un vieux sofa miteux et deux fauteuils en face. Garam s’installa sur un fauteuil et invita Argand à prendre place. Le jeune garçon s’assit dans le fauteuil. Garam lui expliqua :
« C’est mon coin secret, il faut avoir la technique pour l’ouvrir et j’aime venir m’asseoir ici quand le besoin s’en fait ressentir… Donc, toi c’est ?
-Argand.
-Joli nom… J’ai cru comprendre que tu avais tout perdu dans une attaque de bandits, non ? Demanda le jeune blond.
-Oui. Avoua Argand en laissant perler une larme. »
Avec un sourire franc et rassurant, Garam lui lança :
« Hey, laisse-toi aller si tu en as besoin, ce coin est fait pour ça. »
Argand ne se fit pas prier et laissa exploser sa tristesse en pleurant à chaudes larmes. Le jeune blond le fixa après qu’il ait cessé de sangloter et lui demanda :
« Dis-moi... Argand, c’est bien ça ?
-Oui.
-As-tu un rêve ?
-Un rêve ? Demanda à son tour le petit brun.
-Ouais, un rêve… Quelque chose que tu voudrais par-dessus tout. Expliqua rapidement Garam.
-Euh… »
Argand ne sut que répondre : Un rêve ? En ce moment ce qu’il désirait par-dessus tout c’était revoir sa mère, pouvoir reprendre sa vie comme avant.
Garam dit alors :
« Moi j’en ai un… Je veux devenir un héros. »
Argand le regarda avec attention : Ses yeux semblaient briller, aussi bien le vert que le bleu. Il semblait vraiment attaché à se rêve. Garam reprit :
« Je suis trop jeune pour m’engager dans l’école des Soldats, mais je n’ai pas l’intention d’y entrer, je veux vivre ma propre vie, je veux vivre comme une guerrier errant… Comme un Chasseur.
-Les Chasseurs ? Répéta Argand.
-Ouais ! Ces types qui risquent leur vie pour abattre des monstres trop dangereux pour la milice de base. C’est ce genre de vie que je veux mener. Etre libre, ne se battre que lorsque nécessaire et au final faire la fête après une victoire. Oui, c’est définitivement ce que je veux. Expliqua Garam avec un large sourire. »
Argand le fixait encore : Cette idée avait l’air de lui plaire aussi. Garam expliqua ensuite :
« Et les plus forts d’entre eux deviennent de vrais héros ! »
Les yeux brillants, il se tourna vers Argand :
« Dis, ça te dirai de devenir un héros avec moi ?
-Oui ! S’exclama le petit brun, conquis par ces promesses de gloire et de richesse. »
Avec un large sourire, Garam expliqua :
« Alors on a du boulot, suis-moi, j’ai autre chose à te montrer. »
Ils sortirent du cabanon, il devait être quatre heures, ils en avaient encore deux avant le repas du soir. Garam le mena hors de l’orphelinat, hors de sa cour. Les petits orphelins y étaient autorisés, car ils pouvaient ainsi gagner leur croûte, ce qui n’était pas pour déplaire à la propriétaire dudit orphelinat.
Garam marcha, il connaissait parfaitement la ville, ou alors il était débrouillard, les deux étaient possible. Ils déambulèrent au travers des ruelles pendant plusieurs minutes et, finalement, ils arrivèrent devant un mur : une impasse.
Argand fixa Garam, qui déplaça la plaque en fer posée au sol, donnant un accès aux égouts de la ville. Ils durent faire vite, il n’était pas rare de croiser certaines variétés violentes de monstres dans les égouts. Au final, le passage qu’ils empruntèrent était constellé de grilles épaisses, servant probablement à contenir lesdits monstres.
Ils arrivèrent enfin devant une grille, plus petit, de laquelle sortait une lumière chaleureuse, qui contrastait avec l’odeur écœurante des égouts. Garam incita Argand à regarder par la grille : Une salle, une salle immense, plusieurs mètres de haut pour une bonne vingtaine de longs. On pouvait clairement voir des petites tribunes aménagées dans la pierre et une fosse, profonde de plusieurs mètres. Au centre de cette dernière, on pouvait voir un homme, de trois bons mètres, avec des yeux argenté et de longs cheveux bruns. Il tenait fermement une épée à deux mains et faisait face à une horde de loups. Les spectateurs pariaient vraisemblablement entre eux sur le vainqueur et certains scandaient le nom de l’homme dans la fosse.
Garam expliqua :
« Une arène clandestine, mais c’est une réplique de l’une des vraies, qui se trouvent un peu partout dans les grandes villes d’Asfallon, pour devenir des héros, on aura très probablement à y faire un tour un jour. En plus de ça, on pourrait apprendre un ou deux trucs à force d’observer les combattants, tu penses pas ?
-Si. Avoua Argand, moyennement convaincu. »
Ils restèrent là à regarder l’homme se battre. Seul, contre dix loups et leur leader. Argand songea que toute personne censée aurait fui depuis longtemps, mais cet homme semblait vouloir décrocher un peu d’argent en faisant le show de ce soir. Ainsi, il avait décidé de se battre. Un premier loup s’élança, droit sur l’homme qui portait une simple armure en cuir noire. Il esquiva l’attaque d’un bond et taillada la chair du monstrueux canidé d’un revers de sa lame enchaîné d’un puissant coup d’estoc, qui lui perfora probablement un organe, vu la quantité de sang que la bête toussa avant de s’effondrer. L’homme dut cependant esquiver la contre-attaque des loups. Sur un ordre grogné par leur leader déjà bien balafré, deux loups foncèrent, décidés à arracher les bras de leur adversaire. Les griffes dehors, les crocs dégoulinants de bave, leur pelage blanc hérissé, les deux canidés de deux bons mètres de haut bondirent.
L’homme, qui venait tout juste de retirer son arme du premier loup fut un peu pris au dépourvu et tenta un coup horizontal, pour les dissuader d’avancer, mais manque de chance pour lui, les deux bêtes avaient vu une telle manœuvre arriver. Le premier loup se stoppa net devant la lame et le second, d’un bond de côté, se prépara à bondir. L’humain face à eux se prépara à contre-attaquer, mais choisit la mauvais cible, celui qui attaqua fut celui qui avait pilé.
Une giclée de sang entacha le sable du fond de la fosse. L’homme venait de se faire sévèrement entailler par les griffes aiguisées du loup. Une blessure assez profonde et très douloureuse en plein dans les reins. Il posa un genou au sol, erreur fatale, le second loup était déjà devant lui, gueule grande ouverte.
Les crocs claquèrent sur son visage, Argand détourna les yeux, Garam commenta :
« Ouch ! Violent celui-là… C’est rare qu’ils se terminent aussi vite.
-Garam ? Demanda Argand, toujours en détournant son regard.
-Quoi ? Répondit l’intéressé.
-On peut rentrer ?
-Déjà ? Bon d’accord. Concéda le jeune blond. »
Argand avait eu sa dose de sensations fortes pour aujourd’hui et ce spectacle lui retourna l’estomac. Alors il devrait passer par là ? Entrer dans une de ces fosses ou il risquait de mourir ? Tout d’un coup, l’idée de devenir un héros lui plaisait bien moins.
Ils rebroussèrent chemin, mais un cri les alerta, près d’une des grilles. Garam la fixa et comprit rapidement :
« Le scyther ! On doit bouger et vite ! »
Il accéléra, Argand le suivit, du mieux qu’il le put. Garam semblait paniqué : Le scyther ? Qu’est-ce que ça pouvait bien être ?
Pourtant, la réponse vint vite : Un cri sauvage derrière eux, qui les fit se retourner. Une ombre, immense, obstruant la galerie, deux yeux rouges sang qui les fixaient. Le scyther était là, derrière eux, prêt à savourer son repas. Garam prit Argand par la main et courut, aussi vite qu’il le put, imposant un rythme au petit brun que seule l’adrénaline pure lui permit de suivre. Ils sortirent des égouts par là où ils étaient entrés, juste à temps pour éviter le claquement des mâchoires garnies de dents acérées du scyther.
Garam remit rapidement la plaque de fer en place et tous deux coururent vers l’orphelinat.
Il était dix-huit heures tapantes quand ils arrivèrent enfin à l’orphelinat, ils purent ainsi se mêler aux autres enfants pour le repas du soir. Ils durent ainsi passer devant Mira, lors de l’appel. La mère de Mira assurait le service des portions de chacun. Au menu du soir, du bouillon, repas simple et peu couteux, c’était souvent ce qui leur était servi par la femme à forte carrure qu’était Sarah, la tenancière de l’orphelinat. Deux bons mètres cinquante pour un bon mètre soixante-dix de large, des cheveux roux qui tombaient en deux longues nattes dans son dos et deux qui jadis bleu, avaient une teinte pâle et délavée aujourd’hui.
La salle dans laquelle les orphelins mangeaient était immense : Dix bons mètres de large sur quinze, plusieurs table pouvant recevoir jusqu’à dix enfants chacune étaient disposées tout le long de ladite salle.
Garam et Argand se mirent face à face, Argand lui demanda, en prenant sa première cuillère de nourriture :
« C’était quoi cette chose ?
-Le scyther. Un monstre très dangereux, il hante les égouts de la ville depuis des années maintenant, une annonce est posée sur sa tête, mais personne n’ose la prendre.
-Personne n’est assez courageux pour ?
-Non, personne n’en a envie surtout. Avoua Garam. Ce monstre est dangereux car il hante les rues de la ville de nuit, mais de jour, il se terre dans les égouts. Et ce lieu n’est pas un lieu de combat idéal, tout comme les ruelles de la ville une fois la nuit tombée. »
Argand opina, Garam poursuivit :
« Donc, j’ai décidé qu’il serait ma première cible… Et je compte sur toi pour m’aider à l’abattre le moment venu. »
Il avait souri, franchement, Argand sourit à son tour : Oui, si c’était avec Garam, il se sentait prêt à soulever des montagnes !
Garam expliqua :
« Mais avant ça, toi et moi on va devenir forts.
-Garam, pourquoi moi ? Demanda Argand.
-… Je sais pas, je t’aime bien. Avoua Garam en rigolant. »
Tous deux se prirent d’un fou rire qui attira l’attention vers eux. Mais cette dernière se dissipa bien vite et le repas se termina sans encombres majeures.
A la fin du repas, les enfants furent laissés à leurs occupations, mais avec interdiction de quitter l’orphelinat, dont les grilles furent solidement verrouillées pour la nuit.
A vingt et une heure tapantes, Sarah et Mira sonnèrent cloche, signe qu’il était l’heure d’aller dormir, mais surtout de ne pas attiser l’appétit du scyther s’il passait devant l’orphelinat.
Argand entra dans sa chambre, visiblement, le lit au-dessus du sien et ceux en face n’étaient pas occupés, seul les deux de l’entrée l’étaient et par deux jeunes hommes qu’il n’avait pas encore vu.
Ils s’endormirent rapidement et Argand fit de même, trop d’émotions au cours de cette journée avaient eu raison de lui de nouveau. Il dormit paisiblement, malgré les sifflements stridents qui se faisaient entendre depuis les ruelles de la ville. Le scyther était de sortie, et il avait faim.
Le lendemain, très tôt, les jeunes enfants furent levés par Mira qui sonna une cloche. L’appel fut fait et le petit déjeuner servi, Garam était lui aussi là et, comme la veille, ils parlèrent en mangeant avec Argand.
En sortant dans la cour pour s’amuser, les premiers petits ne purent s’empêcher de pousser des cris d’effrois, tous se précipitèrent dans la cour et ce fut l’horreur : Un corps, un homme, portant une armure en cuir renforcée çà et là par du métal. Il portait à sa ceinture deux pistolets, ces armes dernier cri qui avaient la puissance de petits sortilèges. Ledit homme n’était pas identifiable, son visage avait été lacéré, son armure déchirée en de nombreux points et ses deux armes imbibées dans le sang de leur propriétaire ne serviraient probablement plus jamais.
Le scyther avait visiblement trouvé son repas hier soir en la personne de cet homme, dont le torse éventré laissait voir une carcasse vide. Plusieurs bambins avaient d’ores et déjà cessé de bouger, tétanisés par la peur. Sarah, la tenancière, vit à son tour le cours et, avec un profond soupir le balança par-dessus les grilles de l’orphelinat, dédaigneusement. Elle expliqua ensuite :
« Vous voyez les enfants, c’est pour ça qu’il ne faut jamais sortir la nuit dans la ville. »
Tous opinèrent, personne n’osa sortir ce jour-là. Garam et Argand se réunirent de nouveau dans la cachette de ce dernier. Garam lança :
« T’as vu ça… C’est pour ça que j’ai décidé qu’il serait ma première cible.
-Je comprends… Je crois. Répondit Argand.
-Ce n’était pas le scyther. Argua une troisième personne qui venait d’entrer. »
Ils firent volte-face : Une jeune fille venait d’entrer, elle avait visiblement fait sauter le verrou de l’entrée, comme Garam le faisait.
Elle était assez grande, un bon mètre soixante. On lui donnait un peu plus de dix ans, ses deux yeux noirs fixaient les deux jeunes hommes et ses cheveux bleus étaient attachés en un chignon sur sa tête. Elle sourit et lança :
« Ferah, enchantée. »
Garam se figea :
« Comment es-tu entrée ?!
-Cette porte est facile à ouvrir en fait. Avoua-t-elle avec un large sourire.
-Mais… Mais… Mais… Bégaya Garam.
-Ne t’en fais pas, je n’en parlerai à personne. Répliqua Ferah avec un large sourire. »
Maturité, c’était ce qui se dégageait d’elle avant tout, même si elle était moins âgée que Garam, elle avait plusieurs années d’avances sur lui niveau mental.
Il poussa un soupir, elle s’installa sur le fauteuil à côté de celui de Garam. La jeune femme commença :
« Bien, donc je vous disait, que ce n’était pas le scyther qui avait fait ça.
-Désolé, mais à part lui, je vois mal qui pourrait faire ça. Avoua Garam.
-Et pourtant, ça pourrait bien être n’importe quoi, il aurait pu se faire tuer par des bandits avant d’être laissé pour compte en pâture pour le scyther. Expliqua la jeune femme. »
Argand ne disait rien, d’une part parce qu’il n’avait pas tout compris, et d’autre part parce que la présence de Ferah le gênait.
Cette jeune fille était ce qu’on peut communément appeler une surdouée, un véritable petit génie. Sans qu’elle ne le montre intentionnellement, ses capacités cognitives étaient anormalement élevées et, de fait, elle savait déjà faire apparaître quelques cercles de Runes.
Elle s’en vanta et, après que Garam l’y ait sollicité, elle en fit apparaître un : un petit cercle bleuté au-dessus de sa main. Lui comme Argand en restèrent ébahis, la Magie était un domaine complexe, réservé à quelques initiés, un tel talent à son âge, c’était rarissime. Elle commenta :
« Par contre, je ne sais pas encore me servir de sorts, je suis à peine capable de maintenir mon cercle plus de deux minutes.
-Deux minutes ?! Mais c’est énorme, je sais même pas en faire apparaître ! Rétorqua Garam. »
Ferah se prit à rire, un rire doux et léger. Cela détendit l’atmosphère, elle fit disparaître son cercle en fermant de nouveau les yeux. Garam ajouta :
« Au passage, je comptais entraîner un peu Argand au combat, tous les deux on va devenir les héros qui tueront le scyther… Tu veux bien te joindre à nous ?
-Moi ? Je… Je… »
Elle avait viré à un rouge vif, visiblement elle aimait avoir l’ascendant pendant une conversation, l’inverse la gênait grandement. Elle finit par lâcher un oui, très faible, qui la fit passer à l’écarlate.
La journée se poursuivit et, dans l’après-midi, Garam entraîna Argand et Ferah dans un terrain abandonné, en pleine ville. Une fois arrivés en son centre, Garam expliqua :
« On va commencer par deux ou trois mouvements de base, les cours de l’école des soldats d’à côté vont commencer, faisons pareil qu’eux, ok ? »
Argand opina, silencieusement, Ferah fit de même, mais elle respirait la motivation.
Les soldats sortirent de leur caserne et, après un appel des rangs, tous entamèrent une série d’exercices physiques. Les murs assez bas de l’école permirent aux enfants de voir, mais le trou dans ce dernier les y aida d’avantage. Ainsi, durant toute l’après-midi, les trois jeunes enfants répétèrent inlassablement les exercices que faisaient les soldats. Moins bien et avec de nombreuses pauses, certes, mais ils s’y attelaient, ils voulaient devenir des héros, c’était ainsi qu’ils apprendraient à manier les armes. Finalement, le soir commençant à poindre, ils rentrèrent couverts de bleus et d’écorchures mais heureux, heureux de savoir qu’ils pourraient progresser de cette façon.
Les écoles de soldats de la région n’étaient pas très réputées, mais comme toutes celles du royaume, elles distribuaient un savoir essentiel à tous les futurs combattants des armées du royaume. Sous les ordres d’un sergent instructeur, les futures recrues devaient être fortes, savoir manier plusieurs armes et avoir une endurance à toute épreuve, car telles étaient les capacités des soldats humains d’Asfallon.
De même, il existait des écoles de magie ou la discipline était enseignée aux quelques élus qui désiraient prétendre au titre de mages royaux. La magie était un art complexe, elle se découpait en six éléments, deux majeurs, quatre créateurs affiliés à l’un des deux majeurs et plusieurs autres, mineurs, maitrisables avec un peu d’exercice. Ces éléments étaient les suivants : Les Ténèbres, auxquelles étaient affiliées le Feu et le Vent et la Lumière, à laquelle étaient affiliés l’Eau et la Terre. Parmi les éléments mineurs, on trouvait le Poison, l’Espace, le Temps et plusieurs autres disciplines. Chaque élément était représentés par un Dieu, car oui, en Asfallon, les humains étaient polythéistes et croyaient en l’existence de plusieurs Dieux, un pour chaque élément, majeur ou mineur.
Chaque mage avait un élément lui correspondant par prédilection, généralement, on pouvait le déterminer à la couleur des cercles de Runes qu’il ouvrait, dans le cas de Ferah il était bleu, c’était donc l’Eau. Mais le cercle aurait aussi bien pu être jaune, vert, rouge, marron ou mauve si un autre élément avait été sa prédilection. Ainsi, il était facile de deviner que la jeune femme aurait très probablement des facilités à utiliser la magie de l’Eau, mais pour le moment, elle n’en savait rien.
Le temps passa, les journées se répétèrent, l’entraînement, les petits boulots pour acquérir un peu d’argent qu’ils mettaient de côté, bientôt, huit ans avaient passé et les trois orphelins allaient quitter l’orphelinat, après deux ans qu’ils y restèrent, afin de pouvoir gagner un peu plus d’argent. En sortant dudit orphelinat, on put aisément constater les changements dans leurs apparences.
Argand était bien plus grand, deux bons mètres soixante. Il était musculeux mais sans plus, ses yeux bleus n’avaient rien perdu de leur éclat et ses cheveux avaient poussés, au point qu’il laisse tomber quelques pointes dans son dos. Il portait une armure de cuir toute neuve, composée d’un plastron léger ainsi que d’un pantalon noir, elle lui permettait de son fondre aisément dans la masse. Elle aurait dû, si son épée à deux mains qui faisait quelque chose comme deux mètres n’était pas attachée dans son fourreau, sur son dos. Une lame large, en acier simple, un ouvrage de base, mais c’était suffisant pour un début.
Garam, lui, avait opté pour la même armure, mais plus légère, offrant une liberté de mouvement plus ample. De plus, il portait deux épées à une main à sa ceinture, les lames, d’un bon mètre de long, étaient elles aussi en acier et suffiraient à leurs débuts. Lui, il avait aussi changé, haut de maintenant deux mètres soixante-dix, il était le leader désigné du groupe, ses yeux vairons fixant la ville, son visage souriant, ses cheveux blonds toujours coupés très court. Il poussa un grand cri de joie. A vingt ans, il se comportait encore comme s’il en avait quinze, ce qui fit soupirer Ferah.
La jeune femme avait elle aussi bien grandi, elle faisait maintenant deux mètres cinquante, une taille assez élevée pour une Asfallane. Son corps s’était endurci mais gardait encore sa féminité, renforcée par les généreuses courbes qu’il avait prises en grandissant. Elle portait une armure en cuir qui lui laissait une bonne liberté de mouvement à elle aussi. Mais, à défaut de porter des épées, elle avait choisi d’utiliser des pistolets, deux pistolets, dans lesquels elle faisait infuser sa magie, afin de déclencher des tirs magiques. On appelait cette pratique la pistomancie, elle était peu commune à vrai dire, mais les livres de magie coûtaient cher et, le temps qu’elle apprenne à bien se servir de ses pouvoirs, Argand et Garam voulaient être sûrs qu’elle puisse se défendre. Ses yeux noirs fixant Garam, elle passa la main sur son front et fit un « non » de désespoir avec sa tête. Elle avait tout gardé de son ancienne maturité et le comportement de leur « leader » l’exaspérait déjà. Elle attacha ses cheveux bleu clairs bouclés de côté, puis lança :
« Bien, alors on y va ?
-Yep. Répliqua Garam, reprenant son sérieux. »
Argand et Ferah le suivirent, ils devaient s’occuper du scyther en premier lieu… Histoire de lui montrer qui était le patron.

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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Lun 29 Avr 2013 - 15:46


Vraiment sympa, ce premier chapitre =D

J'ai hâte de voir la suite ^^

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Sam 18 Mai 2013 - 2:22

Voilà la suite, scuzez du temps entre les chapitre, je fais ça à l'inspiration et pendant uen semaine de partiels, ça a eu du mal à venir ^^" Sur ce, bonne lecture !

II. Le scyther

Asfallon était un monde extrêmement vaste, dans lequel on trouvait plusieurs races. Parmi elles, on comptait bien évidemment les humains, mais aussi d’autres plus atypiques, tels que les hommes-lézards ou les orques. Les premiers habitaient dans des jungles luxuriantes, au sud du continent unique de ce monde, ils étaient une race étrange, assez dénigrée par les autres, mais aux coutumes et aux habiletés hors-normes. Les seconds étaient les habitants des terres au nord, bien plus désertiques et arides. Ils étaient très féroces sur les champs de bataille, mais aussi reconnus pour leur étroitesse d’esprit et leur peau verte. Les humains, quant à eux, vivaient dans des plaines verdoyantes, au centre du continent, en harmonie avec les elfes, un peuple d’aspect très similaire, mais intimement lié aux forêts.
D’autres races peuplaient également Asfallon, mais ces dernières vivaient en général recluses, si bien que leur contact avec les humains étaient rarissimes.
Mais revenons à notre petit trio, qui faisait ses premiers pas en toute liberté dans ce monde. Ferah s’étira, elle était fatiguée d’attendre Garam, qui ne revenait pas de l’intérieur de la taverne. Argand était à ses côtés et il rêvassait, comme à son habitude. Elle le poussa gentiment, pour le tirer de sa rêverie. Il détacha son regard du ciel et le porta vers la jeune femme, qui lui sourit et lança :
« Encore à rêvasser, hein ?
-Désolé, j’ai pas encore perdu l’habitude. Répondit-il sans grande conviction.
-Hum… A quoi tu pensais ? Demanda-t-elle.
-Je… Euh… Rien ! Pourquoi ?! S’exclama-t-il, en bafouillant. »
Elle lui lança un regard implicite, qui voulait dire pas mal de choses. Elle ajouta :
« Ecoute, si tu t’inquiètes à propos du scyther, ne t’en fais pas. Ce sera dur, mais on peut y arriver si on s’y met sérieusement tous les trois.
-J’espère bien… J’ai gardé un mauvais souvenir de notre première rencontre avec lui. Avoua le jeune homme. »
Ce souvenir le hantait, il n’osait pas l’avouer mais c’était vrai. Ces deux yeux flamboyants, ces bruits de griffes qui crissent contre le sol, le claquement des mâchoires de la bête juste après qu’il se soit extirpé de la bouche d’égout. Oui, sa première rencontre avec le scyther avait laissé plusieurs marques dans son esprit, il en avait cauchemardé de nombreuses nuits.
Ferah posa sa tête sur l’épaule d’Argand, elle commenta :
« Sois calme, d’accord ? Il ne faudrait pas qu’on loupe notre premier job, sinon on sera foutus.
-Je vais essayer. Avoua calmement Argand.
-J’aime mieux ça. Répondit Ferah en souriant. »
Elle se redressa et constata que Garam venait de sortir. Il s’avança vers eux et expliqua :
« Alors, pour faire simple, on vient de passer pour des fous, mais ils nous laissent quand même essayer et ont ajouté que ça ferait des gêneurs en moins.
-Etonnant, tiens. Répondit la jeune femme aux cheveux bleus.
-On n’échouera pas, fais-moi confiance. Répliqua Garam du tac-au-tac.
-Un plan de prévu peut être ? Demanda Argand.
-Nope, rien de rien. Avoua Garam en souriant. »
Un long silence s’installa, Argand et Ferah dévisageant Garam avec des mines déconfites. La jeune femme prit donc les devants :
« Bon, heureusement, j’ai réfléchi un peu à la question. Je pense avoir un plan d’action.
-Dis toujours. Commenta Garam.
-Pas ici, installons-nous dans un coin plus tranquille. »
Ils partirent s’asseoir sur une colline, dans l’un des parcs de la ville. Il était en général désert car trop loin de toute animation du centre-ville, seuls les locaux le visitaient et encore, rarement.
Ferah s’était assise dans l’herbe, Argand et Garam face à elle. Elle expliqua :
« Bien, je suppose qu’on va agir ce soir, non ?
-Yep, on a nulle part où dormir et plus un sou, donc va falloir le chasser ce soir. Expliqua Garam.
-Bien, d’après ce que j’en sais, ce serait un grand prédateur, avec une force énorme. Expliqua à son tour Ferah. Donc ce ne sera pas une partie de plaisir.
-On le savait déjà ça. Avoua Argand.
-Mais ! C’est aussi un avantage pour nous, l’affronter dans un espace ouvert lui offrirait trop d’opportunités, il vaudrait mieux l’affronter dans un espace confiné, comme une ruelle ou des égouts.
-Minute papillon ! S’exclama le jeune blond. Affronter le scyther dans les égouts ? T’as pas une meilleure blague ?
-Il s’y réfugie seulement parce qu’il doit craindre la lumière, je pense qu’il n’y est pas à l’aise. Répliqua la jeune femme.
-… Comment t’en arrive à de telles déductions ? Demanda Argand.
-Simple, d’après ce que toi et Garam m’avez raconté, j’en ai déduit ça. Expliqua-t-elle.
-Simplement parce que se griffes crissaient contre les pierres à chaque pas ? S’étonna Garam.
-Effectivement, même pour une simple menace, ce serait trop de la répéter à chaque pas. Exposa la jeune femme. »
Ils la fixèrent tous les deux : Ils savaient Ferah très mature et intelligente, mais de là à ce qu’elle parvienne à de telles déductions !
Elle poussa un soupir et déclara :
« Qu’est-ce que vous feriez sans moi, j’vous jure. »
Ils se prirent à rire, Garam commenta, avec un clin d’œil :
« Yep, merci princesse. »
Elle lui sourit en rougissant un peu. Princesse, Garam avait pris l’habitude de l’appeler ainsi, au début elle n’avait pas aimé et le lui avait fait violemment comprendre, mais au fil du temps, elle avait visiblement décidé de le laisser dire et cela semblait même finir par lui plaire.
Elle reprit son sérieux et lança :
« Au passage, il va falloir que je vous dise aussi quelque chose vis-à-vis de moi.
-Hum ? Répondit simplement Argand.
-Je… Euh… Comment dire… Je ne suis pas une humaine. Avoua-t-elle finalement. »
Ils la fixèrent tous les deux, Garam se mit à rire :
« Très drôle, très, très drôle. Mais soit un peu sérieuse, on s’en serait rendu compte, non ?
-Je ne mens pas ! S’exclama-t-elle en rougissant. Mon père était certes un humain mais ma mère était une elfe. »
Les deux jeunes garçons se figèrent. Argand commenta, pour rassurer Ferah qui avait fermé les yeux, attendant visiblement une réaction bien plus vive :
« Bah, ça change pas grand-chose, non ?
-Effectivement. Avoua Garam, les bras croisés sur son torse. »
Elle rouvrit les yeux et les regarda, ne comprenant pas.
En effet, les humains en Asfallon se voulaient très racistes et n’aimaient guère les autres races, quand bien même fussent-elles quasi similaires en apparence. Ainsi, les elfes se voyaient assez discriminés quand ils sortaient de leurs forêts, ce qui leur avait apporté une certaine rancœur et les incitait à rester cloitrés dans lesdites forêts. Pourtant certains, tout comme le père de Ferah, étaient plutôt enclin à nouer des relations avec les autres peuples et ainsi, la jeune femme avait pu voir le jour. Son cas était un peu particulier car probablement un des premiers recensés. Elle disposait d’une capacité à apprendre et déduire les choses typiques de la race de sa mère, qui brillait sur le domaine de l’intelligence et, par son père, avait conservé une apparence totalement humaine et n’avait pas d’oreilles pointues.
Elle resta encore un instant ainsi, Argand lança :
« C’est pourtant clair non ? Tu pourrais bien être une orque que ça changerait rien, pour moi tu resteras Ferah.
-La même ici, tu restes la même, peu importe la race à laquelle tu appartiens princesse. Ajouta Garam. »
Ferah les fixa un moment, ses yeux s’emplirent de larmes, Garam lui mit la main sur l’épaule et lança :
« Ta, ta, ta pas de ça maintenant ! On a un monstre à tuer et un livre de magie à t’acheter, non ? »
Elle opina, il poursuivit :
« Alors au boulot, je te veux à deux cent pour cent d’accord ?
-Ouais ! S’exclama-t-elle en relevant son visage couvert de larmes et levant son poing vers le ciel. »
Garam sourit et lança :
« Bien, direction les égouts, il fait encore jour, notre ami doit traîner là-dedans. »
Ils opinèrent et se levèrent, prêts à remplir leur mission. Les rues de la ville ils les connaissaient assez pour savoir où étaient les points d’accès aux égouts. Les diverses bouches aux plaques de fer étaient de bon points, mais ils préféraient chercher le point duquel sortait le scyther la nuit. Et il n’y en avait pas beaucoup d’assez grands pour laisser passer un monstre de la taille qu’avait déduit Ferah.
Ils arrivèrent devant un tunnel large, très large. C’était la sortie des égouts, l’eau s’écoulait et ils en avaient jusqu’aux genoux, l’odeur de cette dernière permettait d’en déduire le contenu. L’odeur avait beau les déranger, ils allaient devoir faire avec. Cette sortie était un peu à l’extérieur de la ville, elle aurait en temps normal dû être fermée par une grille. Mais ladite grille gisait, plusieurs mètres plus loin, visiblement défoncée par l’actuel résident des égouts. De plus, des traces de sang étaient clairement visibles sur l’une des berges et partaient en direction de la ville, signe des divers trajets de la bête. Ils entrèrent, montant sur l’un des chemins dallés mis à disposition des deux côtés de l’eau crasseuse et puante. Les égouts étaient étrangement bien éclairés, c’était sans doute dû aux diverses grilles qui parcouraient la ville et qui permettaient d’y voir plus clair. En longeant la crasseuse rivière, ils parvinrent à une sorte de zone de jonction : une large zone dallée, assez grande pour accueillir une centaine de personnes facilement, d’une bonne dizaine de mètres par le double de long.
Une fois sur ladite plateforme, Ferah fixa l’autre côté de cette dernière, un éclat bleuté surnaturel provenant en effet de l’eau de ce côté. Elle s’exclama soudain :
« Des déchets magiques ?!
-Des quoi ? Demanda Garam.
-Comment expliquer ça… J’ai cru comprendre que quand on utilise de la magie pour changer la nature d’un objet, ça produit ce genre de choses. »
Le flux bleuté s’écoulait du plafond, sa lueur turquoise donnait un air surnaturel à la pièce. Argand tendit la main vers le flux bleuté, Ferah l’en empêcha d’un coup vif :
« N’y pense même pas !
-Hein ?! Répliqua-t-il en se massant douloureusement la main. Mais pourquoi ?
-C’est extrêmement dangereux. Même les mages doivent porter des vêtements spéciaux pour se protéger de leurs effets. Expliqua la jeune femme.
-A ce point-là ? Demanda Garam.
-Oh oui. Et si par malheur tu les touchais, ton corps ferait une intoxication tellement sévère que tu en mourrais sur place, ou tu pourrais très bien muter et devenir une monstre. Ajouta Ferah avec un air sérieux au possible. »
Argand et Garam opinèrent, ils n’avaient clairement pas intérêt à toucher à cette substance bleutée. Le désigné leader demanda :
« Mais qui serait assez con pour rejeter un truc pareil dans les égouts ?
-Mages clandestins, trafiquants en tout genre, bandits, les suspects ne manquent pas tu sais. Avoua Ferah.
-Quelque chose approche. Répondit soudain Argand en fixant une des galeries qui sortait de la pièce. »
Ils se tournèrent dans la direction qu’il fixait. Le jeune brun avait d’ores et déjà tiré son imposante épée, prêt à se défendre. Il avait fait ça instinctivement, il avait clairement senti une présence hostile approcher.
Une paire d’yeux flamboyants les fixait depuis la galerie, visiblement, le scyther les avait aussi trouvés. Ferah râla :
« Merde ! Moi qui pensais qu’on pourrait le surprendre quand il dormirait ! »
Le monstre s’avança. Il étouffait clairement dans les galeries et pour cause ! Il mesurait pas moins de dix mètres de long pour à peu près cinq de haut. Une mâchoire proéminente, des crocs aussi affutés que des lames de rasoirs, une collerette parée de couleurs étranges, un dos couvert de petites formations osseuses qui rendraient sans doute la pénétration des lames difficile. Monté sur ses deux pattes arrière, le géant poussa un puissant cri, qui les fit tous reculer d’un pas. Sa lourde queue sortie du tunnel, il semblait évident que son rôle était de maintenir le monstre en équilibre dans sa position bipède actuelle.
Le plus intriguant, restait sans doute ses deux membres avants, qui étaient couleur noire pure, contrairement à la peau légèrement blanchâtre de l’animal. On aurait même dit qu’elle était enracinée dans la peau de ce dernier, comme si ces deux bras étaient en fait deux organismes parasites. En contrepartie, ils étaient excessivement longs, deux mètres chacun, portant une faux en guise de terminaison.
Le monstre poussa un rugissement sauvage et chargea, droit sur le petit groupe. Garam esquiva l’attaque en s’élançant de côté, tout comme Argand. Ferah fit de même et les suivit. Le monstre les manqua, mais son bras s’étendit vers eux, comme animé d’une volonté propre. Il visait visiblement Argand, ce dernier para la faux, usant du plat de sa lame comme d’un bouclier.
Le jeune homme perdit un bon mètre en glissant au sol mais il tint bon.
Le monstre les fixait, ses crocs dégoulinant d’une bave rosée, comme si elle était mêlée de sang. En rugissant, ses deux bras cinglèrent l’air devant lui.
Ferah commenta :
« Ses bras… On dirait qu’ils réagissent seuls…
-Merci j’avais remarqué. Avoua Argand, avec sarcasme. Mais on fait quoi pour s’occuper de ce bestiau ? Sans vouloir la jouer pessimiste, il me semble un peu trop fort pour nous.
-Bien sûr que non ! S’exclama Garam. Faut juste le faire tomber dans ces déchets magiques et paf, plus rien, on en parlera plus. »
Les deux autres le fixèrent, abasourdis par le soudain plan de leur leader. Ferah ricana :
« C’est dans le domaine du possible je crois… »
Elle tira ses deux pistolets et les arma. Garam tira ses deux épées et prit sa position de combat : Une lame devant lui et l’autre tenue à l’envers, dans son dos.
Leur ennemi n’était pas du genre commun du tout, un monstre du genre, ils n’en avaient jamais entendu parler et pourtant, Mira leur avait montré un bestiaire de la région. Un bestiaire, c’était l’une des sources d’information les plus précieuse dans tout Asfallon pour un groupe de Chasseurs. Ces ouvrages comportaient des informations sur les monstres amassées par les autres Chasseurs ou même par des Informateurs de l’empire, des guerriers spécialement mandatés pour exécuter ce genre de recherches. Mira l’avait obtenu lorsque le vieux libraire du quartier avait fermé, il le lui avait offert pour la remercier des journées qu’elle avait passé à l’aider. En effet, malgré les apparences, la jeune femme était assez portée sur ce qui touchait au domaine des livres.
Le monstre chargea vers le trio, qui était encore désordonné. Garam bondit de côté pour esquiver les mâchoires du monstre, qui claquèrent à quelques centimètres seulement de sa jambe gauche. Argand en profita pour tenter une frappe verticale avec son épée à deux mains, mais une des faux noires vint s’interposer et protéger le monstre. Visiblement, elles réagissaient vraiment d’elles-mêmes, indépendamment du monstre. La matière noire qui les composait était aussi extrêmement dure, il était impossible à Argand d’y laisser la moindre entaille, son épée ne faisait que rebondir contre la matière. Ferah tira, deux balles, en même temps, deux cercles de Runes apparurent devant les canons, infusant le pouvoir magique de leur propriétaire dans lesdites balles. Ferah murmura quelques phrases, afin d’infuser le pouvoir de l’Eau dans ses balles :
« Un bruissement, tel un torrent, qu’au canon soit la rivière et qu’à la balle soit le blizzard ! »
Des incantations simples, mais les deux impacts se fichèrent bien profondément dans la peau du scyther, lui arrachant un cri de douleur et une giclée de sang. Ferah sourit : des deux balles jaillirent des pics glacés. Pas bien grands, quelques centimètres à peine, mais ils perforèrent sauvagement l’intérieur des blessures du géant, ouvrant des plaies bien plus dangereuses dans son corps. Le monstre rugit de nouveau et se tourna vers elle.
« Pas si vite mon gros ! »
Le coup de Garam fut violent, avec la vitesse ahurissante qui lui était propre quand il avait une montée d’adrénaline, il courut jusqu’aux jambes du monstre et les lacéra avec véhémence. Le monstre recula, pour se mettre hors de portée de son tortionnaire, un des bras s’étendit vers Garam, afin de lui faucher la tête visiblement. Il l’esquiva, mais un peu trop de justesse, une entaille s’ouvrit sur son torse, laissant s’échapper un mince filet de sang. Malgré son épaisseur, l’armure de Garam était plus axée pour la légèreté, toutefois, l’entailler de façon aussi nette était une preuve qu’un coup bien porté par l’une de ces faux noires serait très probablement fatal.
Le scyther se dressa et poussa un rugissement sauvage, il mordit sauvagement vers Garam, qui esquiva par une succession de bonds en arrière. Deux balles infusées de pouvoir de l’Eau frappèrent de nouveau, mais elles furent interceptées par l’une des faux noires, sur laquelle elles rebondirent, donnant naissance à deux formations cristallines, une au sol et une au plafond. Toutefois, elles disparurent après quelques secondes à peine, dispersées en poussière bleutées.
En effet, le potentiel de Ferah avait beau être assez élevé, elle n’était pas du tout capable de s’en servir correctement dû au manque de formation dont elle souffrait. Le scyther se tourna vers elle décidé à en faire sa prochaine cible. Il chargea droit vers Ferah, qui esquiva en bondissant de côté. Argand saisit l’opportunité et lui fonça dessus, afin de lui porter un coup descendant avec son épée. Le coup porta, il balafra la face du scyther, lui emportant un œil au passage. Argand sourit, mais il n’avait pas prévu la contre-attaque. En effet, le monstre eut beau pousser un rugissement de douleur, le bras le plus proche de lui s’étendit, avec une vitesse ahurissante, lui perçant littéralement la cuisse. Argand poussa un cri de douleur horrible et frappa instinctivement sur la substance noire qui composait la faux plantée au travers de sa jambe avec ses poings. Ces impacts ne firent même pas ciller la matière noire, les poings d’Argand par contre, reçurent des dommages, il avait en réalité l’impression de frapper un véritable mur d’acier. Le sang dégoulinant de ses phalanges en témoignait. Le monstre allait probablement lui couper sa jambe, mais Garam intervint. Il frappa avec ses deux lames et laissa deux entailles dans la faux noire, qui se retira rapidement de la blessure d’Argand, laissant ce dernier tomber au sol. Il avait la jambe tendue et grimaçait de douleur. Ferah se pressa à ses côtés et commença à lui appliquer les premiers soins, alors qu’il s’excusa :
« Ah, désolé, je l’ai pas vu venir celle-là.
-T’en fais pas. Avoua Ferah. T’as été génial. »
Garam se mit devant eux, prêt à les défendre chèrement.
Une esquive, puis une autre, l’adversaire était un coriace, pour sûr, mais ils ne pouvaient pas abandonner, d’autant que Garam ne semblait pas décidé à admettre leur défaite. Pourtant c’était bel et bien le cas : Ferah était épuisée par ses usages répétés de la magie, Argand était immobilisé au sol et souffrait de sa blessure à la jambe, quant à Garam, le bruit irrégulier de ses respirations montrait que bientôt, les crocs ou les faux du scyther trancheraient bientôt sa chair.
Le scyther, de son côté, était encore en forme, malgré le fait que l’un de ses yeux ait été pris par le coup d’Argand, et que son corps soit couvert de blessures sanguinolentes, il les toisait avec un air féroce, savourant probablement à l’avance son repas. Ferah se redressa après s’être occupée d’Argand, elle voulait intervenir, mais ne pouvait pas, faute d’énergie. Garam se tenait face au monstre, tremblant littéralement de peur, mais aussi de fatigue. Ferah murmura :
« Alors… C’est comme ça que ça se termine… »
Elle avait une voix triste, ainsi que des larmes qui coulaient le long de ses joues, laissant des trainées humides sur sa peau claire. Argand se redressa du mieux qu’il le put et lui posa la main sur l’épaule, elle l’agrippa et la serra. Elle aussi s’attendait à vivre les derniers moments de sa vie. Le scyther ouvrit grand sa gueule et poussa un rugissement tonitruant, la gueule grande ouverte, il s’apprêtait à charger, mais une voix résonna :
« Père des flammes, calcine leurs âmes. Qu’ils deviennent des cendres, qu’ils endurent ton courroux ô Salamandre ! »
Des flammes jaillirent de l’un des tunnels adjacents à la zone du combat. Un jet puissant, mais qui restait somme toute l’un des sorts du Feu les plus basiques : La Boule de Feu. Certains la surnommaient l’étincelle ardente dans des élans poétiques.
Mais qu’importe, c’était bel et bien cette dernière qui venait de calciner le flanc du scyther à l’instant et qui plus est, deux Boules de Feu avaient été tirées simultanément. L’exploit n’en était pas réellement un, en fait, les mages de Feu les plus doués pouvaient littéralement les faire tomber en averses sur le champ de bataille.
Le scyther n’apprécia cependant pas l’attaque, mais le plus impressionnant, ce fut la réaction des faux noires, qui semblèrent vibrer comme la surface d’un lac et émirent un sifflement suraigu. Le géant s’enfuit sans demander son reste, laissant les trois jeunes gens soupirer de décontraction. Garam se laissa même tomber lourdement sur le dos. Il perdit d’ailleurs connaissance, exténué par ses blessures. Argand le seconda, tombant lourdement en avant et n’étant retenu que par Ferah qui eut un peu de mal au final.
Leur sauveur s’avança et Ferah écarquilla les yeux : Qui aurait pu penser qu’elle viendrait les aider jusque-là ?!
La personne lui fit un clin d’œil et lança, avec une voix malicieuse :
« Allez, si tu t’en sens capable, on va les ramener à la maison, d’accord ?
-O… Oui. Opina Ferah. »
La personne partit vers Garam, qu’elle souleva du mieux qu’elle le put et toutes les deux partirent.
Argand ouvrit les yeux, il avait mal à la jambe, mais là n’était pas le souci : il était dans un lit… Un lit qui impliquait une maison, or il était tombé dans les vapes au beau milieu des égouts.
Il se redressa, péniblement à cause de la douleur lancinante dans sa jambe, et regarda autour de lui : Deux lits disposés l’un à côté de l’autre, un bureau avec une multitude de livres posés dessus et une armoire pleine de produits à valeur médicinale. Il reconnut immédiatement les lieux : L’infirmerie de l’Orphelinat !
Mais que faisait-il ici ? Et comment y était-il arrivé ?
Ferah entra à ce moment-là, portant un plateau chargé de divers bocaux, qu’elle déposa sur le bureau. Elle se tourna ensuite vers Argand avec un grand sourire :
« Enfin réveillé ? Je désespérais à force. »
Elle portait un simple tee-shirt avec un short. C’est vrai qu’ils étaient en été, il faisait donc assez chaud, de jour comme de nuit, surtout dans cette région d’Asfallon. Elle s’assit à côté de lui et lui lança :
« Hey, tu te sens bien ?
-O… Oui… Même si j’ai mal à la jambe. Avoua-t-il.
-Ah ! Elle a bien dit que ça te lancerait encore quelques jours et que tu devrais éviter de la bouger. Avoua Ferah. Attends, je reviens. »
Elle sortit précipitamment. Argand songea :
« Elle ? De qui est-ce qu’elle parlait ? »
Ferah entra de nouveau dans la pièce, suivie de près par une personne qu’Argand connaissait bien, à vrai dire deux personnes même. La première était Miranda, la fille de la tenancière de l’orphelinat, elle portait actuellement sa robe noire, avec le dessous blanc, ladite robe se terminait au-dessus de ses genoux, laissant voir ses collants noirs. Elle avait encore ses cheveux roux attachés en un chignon. Deux yeux verts clairs qui fixaient le jeune homme et un sourire radieux, qui montrait bien qu’elle était rassurée. Mira se tenait là, mais la personne à ses côtés était quelqu’un qu’Argand ne comptait probablement jamais revoir. Elle était grande, deux bons mètres soixante, blonde avec de longs cheveux blonds attachés en une natte qui tombait dans son dos, des yeux bleus clairs et l’habit blanc typique des mages de la Lumière, ainsi qu’un visage angélique, qui ne semblait pas avoir subi les affres du temps depuis leur dernière rencontre. Lizzy soupira et lui lança, avec sa voix douce et rassurante :
« Enfin réveillé… Moi qui étais venue voir comment tu avais grandi, j’ai été vraiment étonnée de savoir que tu étais devenue un chasseur… Et que vous vous étiez attaqués à une proie pareille pour vos débuts.
-Oh… Avoua Argand en baissant les yeux. Alors tu sais pour le scyther.
-Oui. Avoua-t-elle. Mais cette jeune femme m’a grandement aidé. »
Elle désigna Mira, qui rougit un peu et agita ses bras devant elle, comme pour se disculper. Argand nota soudain, Mira, aujourd’hui, semblait bien plus belle qu’elle ne l’avait jamais été. Du haut de ses deux mètres quarante, la jeune femme avait des courbes dans la moyenne des Asfallanes, presque trop dans la moyenne, contrairement à Lizzy ou Ferah, qui surclassaient ces standards, voire les éclipsaient dans le cas de la mage de la Lumière. Mira, elle, s’était visiblement lavée il y a peu, en témoignaient ses cheveux encore humides. Elle bafouilla :
« Ah… Je… Euh… C’est rien voyons !
-Mais au contraire ! Avoua Lizzy avec un grand sourire. Bien peu auraient été capable de faire un rapport aussi détaillé… Et j’ai été encore plus surprise quand on vous a finalement trouvés. »
Lizzy lança un regard oblique vers Mira, qui baissa les yeux et rougit. Ferah expliqua :
« C’est Mira qui a lancé ce sort de Feu au scyther. »
Argand écarquilla les yeux. Il bafouilla :
« M…M…Mira ?! Depuis quand sait-elle utiliser la magie ?
-A vrai dire… Commença la fille de la tenancière. J’ai appris ça grâce à ça. »
Elle tira un livre à la couverture pourpre de derrière le meuble. Lizzy expliqua :
« Un Grimoire de base en magie du Feu, ceci explique pourquoi tu as été capable d’apprendre ce sort.
-C’est actuellement l’un des rares que je connaisse. Avoua Mira. Je les travaille tous les soirs, mais certains sont vraiment trop complexes pour moi.
-Entraînes-toi encore, ça viendra. Confirma Lizzy. Tu m’as l’air d’avoir assez de potentiel pour faire une mage du Feu de niveau correct. Cette jeune demoiselle aussi, semble avoir un très bon potentiel magique.
-Ah ? Déclara Ferah en feignant l’ignorance.
-A vrai dire, la pistomancie n’est pas donnée à tout le monde. Répliqua la mage de la Lumière avec un large sourire.
-Vous le cacher est donc inutile… Répliqua Ferah.
-Oui, j’ai bien vite vu tes talents. Répliqua la mage. »
Argand opina : On pouvait s’en douter, après tout, Lizzy était une mage royale, elle devait avoir un certain niveau. Il fut tiré de ses réflexions par Lizzy, qui parla depuis sa chaise, à côté d’Argand :
« Au passage Argand, j’ai soigné tes blessures ainsi que celles de ton ami, mais n’abuse pas trop, ma magie ne finira son œuvre que d’ici demain ou après-demain.
-Mais ?! Et le scyther ?! S’exclama-t-il. S’il sort, la ville va encore subit ses affres !
-Avec les dommages que vous lui avez infligés, je serai étonnée s’il refait surface avant un mois. Avoua Lizzy. »
Argand soupira, décontracté. Il se tourna vers Mira :
« Mira, Lizzy… Merci de nous avoir sauvés. »
Mira vira au rouge et fixa ses pieds, Lizzy lui fit un large sourire en réponse. La mage de la Lumière commenta :
« A vrai dire, je n’y suis pas pour grand-chose, j’ai juste fait mon devoir de mage royale.
-Au fait, tu es en permission ? Demanda Argand. Il me semblait que les mages royaux n’avaient jamais de répit.
-Finement observé. Avoua Lizzy. En fait, nous sommes en mission avec Asmall, j’ai profité d’un arrêt non loin de la ville pour venir te voir. »
Argand opina, Lizzy lui sourit de nouveau et lui ébouriffa les cheveux :
« Tu es devenu grand et fort depuis la dernière fois Argand, qui sait, peut-être que dans un an ou deux, votre renommée sera telle que vous serez convoqués par sa majesté. »
Il rougit un peu : Oui, il aurait bien aimé que ça se passe comme ça. Il avoua toutefois :
« Mais avant ça… Il va falloir qu’on finisse avec le scyther…
-Effectivement. Avoua Ferah pensive. Mira, si ça ne te gêne pas, je pourrais savoir comment tu as eu ce grimoire ? J’aimerai m’en procurer un aussi.
-Ah ! S’exclama soudain Mira, qui fixait Argand et Lizzy avec un regard brûlant. En fait, ce ne sera pas possible pour toi… Je l’ai reçu en cadeau quand le libraire du quartier a fermé, il y a cinq ans de ça.
-Le libraire… Celui de la vieille rue ? Demanda Argand.
-Yep, celui-là même. Répliqua Mira. En fait, j’allais souvent lui donner un coup de main pour ranger les livres et restait des heures entières pour en lire… Donc quand il a fermé, il m’a offert ce grimoire en cadeau.
-C’est un don précieux. Répliqua Lizzy. Ne le perds pas.
-Ne vous en faites pas, j’y fais attention comme à la prunelle de mes yeux. »
Lizzy opina, rassurée. Argand demanda ensuite :
« Mais quelque chose me chiffonne encore, quand on a affronté le scyther, ses deux bras en forme de faux… ils semblaient avoir leur propre volonté.
-En effet. Avoua Ferah. D’après ce que j’ai vu, ils semblaient avoir eu peur du feu de tes Boules de Feu Mira, c’est pour ça qu’ils ont émis ce sifflement suraigu.
-En réalité, ce monstre-là n’est pas normal. Avoua Lizzy.
-Tu sais ce que c’est ?! S’exclama Argand, ravivé.
-Un Carapaconeos.
-Pardon ? Répéta Ferah.
-Un Carapaconeos. C’est un super prédateur des territoires du Sud. C’est un monstre très résistant, mais assez bête, il est capable de développer une force de dragon, mais tout en ayant l’intelligence d’une poule. C’est assez rare d’en voir, mais parfois, les territoires du Sud sont attaqués par certains de ces monstres qui cherchent de nouveaux territoires. Expliqua Lizzy. Toutefois…
-Toutefois ? Répéta Mira.
-Toutefois, ces monstres sont connus pour avoir des pattes avant atrophiées au point d’en devenir inutiles. Compléta Lizzy. Or, celui-ci porte deux faux redoutables et extrêmement solides, d’après ce que Ferah nous en a raconté. »
Comme on pouvait s’y attendre d’elle, elle avait su analyser la situation avec calme et impassibilité, c’est ce qui forçait le plus le respect chez Lizzy. Et aussi ce qui lui avait assuré sa place de mage royal de haut grade.
Ferah commenta :
« Nous avons vu des déchets magiques, c’est peut être ça ?
-Non. Avoua Lizzy. Même s’il avait muté au contact des déchets, jamais il n’aurait pu avoir une mutation de ce niveau-là, on touche presque à de l’entropique dans ce cas.
-On aurait dit que les deux bras étaient enracinés en lui… C’est peut être un organisme parasite ? Suggéra Mira.
-Probable, mais peu d’organisme parasites se fixeraient à un aussi gros prédateur et surtout, aucun parasite connu à ce jour n’a la forme d’une faux. »
La réponse de Lizzy était claire, ces deux faux n’avaient rien de normal, et c’était bien ce qui était dangereux. Elle ajouta cependant, pour alléger l’ambiance, qui s’était soudainement alourdie :
« Toutefois, vu que ces deux parasites semblent craindre le Feu, je suggère à Mira de vous accompagner la prochaine fois. Avec un soutien comme elle, vous n’aurez rien à craindre. »
Argand et Ferah opinèrent, la voix de Garam s’éleva soudain, mais avec un ton bizarre, comme s’il parlait en dormant :
« Z’allez la ferme oui ? J’voudrais bien dormir moi. »
Il parlait en dormant, c’était clair désormais. Mira lui envoya un livre qu’elle ramassa sous la main, le « leader » du groupe de chasseur émergea et s’exclama :
« Hein ?! Euh ? Quoi ? J’ai rien fait, je le jure ! »
Tous éclatèrent d’un rire franc. Lizzy expliqua :
« Argand, Mira, je vous laisse lui expliquer ce qui s’est dit. Ferah, viens avec moi, j’ai quelque chose dont j’aurai besoin de te parler en privé.
-Ah ? Euh, d’accord. Opina la jeune femme aux cheveux bleus. »
Elles sortirent toutes les deux, Lizzy s’approcha de son cheval, attaché aux grilles de l’orphelinat sous la surveillance de deux gardes en toge, l’une bleue et l’autre verte. Elle s’approcha de la garde en bleu et lui demanda :
« Hilda, tu aurai un double des Bases sur toi ? »
Les Bases, c’était un terme utilisé par les mages pour évoquer le grimoire de base de leur élément. A chaque élément correspondait un ouvrage typique et chaque mage se devait d’en posséder au moins un exemplaire sur lui et de le travailler au maximum, afin d’en mémoriser la moindre virgule.
La mage farfouilla dans la sacoche de son destrier, pour en tirer un grimoire à la couverture bleue claire. Elle le tendit à Lizzy. Cette dernière le tendit ensuite à Ferah :
« Tiens… Considère ça comme un cadeau de ma part.
-Mais ! Comment avez-vous … Commença Ferah.
-Que ton élément était l’Eau ? Termina Lizzy. Tu as omis de nous dire que tes tirs étaient chargés avec cet élément en nous racontant votre combat contre le scyther, mais j’ai clairement senti des traces de cet élément en entrant sur les lieux. »
Ferah opina, mais ajouta quand même :
« Mais ce livre ne va pas manquer à votre acolyte ?
-Hilda ? Non ! Elle en a toujours au moins trois exemplaires sur elle… Elle est assez tête en l’air, il faut avouer… Ajouta Lizzy en lançant un regard en coin à son acolyte, qui rougit et baissa les yeux. »
Ferah prit donc ledit grimoire et lança :
« Merci… Infiniment… »
Lizzy l’ouvrit et grava un petit cercle de Runes sur la deuxième de couverture. Elle expliqua :
« Si jamais vous découvrez quoi que ce soit d’intéressant sur cette créature, contacte moi grâce à ça, tu pourras l’activer en y rejetant un peu de ton énergie dedans.
-Bien, d’accord. Avoua Ferah.
-Sur ce… Je vous souhaite bon courage pour votre prochain combat, je vais y aller, Asmall serait bien capable de m’abandonner si je mettais trop de temps. Avoua Lizzy en grimaçant. »
Ferah lui sourit, après cet au revoir, les trois mages partirent et Ferah entra, toute joyeuse dans l’infirmerie, pour y trouver un Garam qui râlait déjà :
« Quoi ?! Mira viens avec nous ?! Pas question !
-Garam, on a besoin d’elle ! S’exclama Argand.
-Ouais mais non ! Ferah oui, à la rigueur, mais pas Mira… Elle est trop flippante… Avoua le jeune blond.
-Qui est-ce qui est flippant ?! S’exclama la mage improvisée. »
Ferah soupira, visiblement, leur équipe avait encore gagné un membre pour ainsi dire atypique.
Quelques jours de convalescence plus tard, l’équipe sur pied se prépara à repartir à l’assaut des égouts, pour en finir avec le scyther.
Mira rejoignit Argand, Garam et Ferah, qui attendaient devant la porte de l’orphelinat. Argand termina sa phrase :
« Lizzy est vraiment sympa de t’avoir laissé ce grimoire Ferah.
-Ouais, j’ai déjà à peu près compris comment utiliser les portails, d’ici peu, je pourrais peut-être lancer un sort. Avoua-t-elle, en poussant sa poitrine en avant, fièrement. »
Garam et Argand se figèrent, se rendant subitement compte que leur camarade était aussi un membre de la gente féminine. Mira s’éclaircit la gorge, les ramenant tous les deux à la réalité. Avec ce qui leur restait, ils n’avaient pas pu lui acheter d’armure, mais ils avaient pu tout de même lui acheter un fusil, afin qu’elle puisse se défendre en cas de soucis.
C’était une arme de base, tout comme les pistolets de Ferah, il était chargé avec une ou plusieurs balles selon que l’on veuille ou non se servir de sortilèges. L’absence de chargeur faisait aussi que l’on devait entrer manuellement chaque balle, mais Mira semblait savoir s’en servir à merveille. Elle avoua que c’était sa mère qui l’avait incitée à s’entraîner et, vu la cadre dans lequel ils avaient grandi au beau milieu de cette ville mal famée, ils ne purent que comprendre ce geste.
Argand demanda :
« Mais Mira, ça ne te pose aucun souci de venir avec nous ?
-Bah ! J’ai pris ma décision, je rejoins officiellement votre groupe à compter d’aujourd’hui, maman saura se débrouiller avec les filles de l’orphelinat pour le faire tourner. Et de toute façon, je lui ai d’ores et déjà annoncé ma décision. »
Elle avait souri, radieusement. Garam soupira, visiblement insatisfait et maugréa :
« Si même la vieille est de ton côté… Donc bienvenue parmi nous, Mira.
-Yep ! Opina-t-elle avec un grand sourire.
-Direction les égouts ! On a du lézard à casser ! S’exclama Argand. »
Et le petit groupe se remit ainsi en marche, les armes avaient été affutées et réparées, les armures avaient été réparées elles aussi, tous étaient fin prêts à terminer leur chasse.

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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Dim 19 Mai 2013 - 15:11


Oh oui ! C'est génial c'te fic ! Very Happy J'aime, j'aime, j'aime !

Vivement la suite !

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Mer 29 Mai 2013 - 17:24

Voilà la suite, bonne lecture à vous =)

III. Parasite

Ainsi, le groupe nouvellement formé se rendit dans les égouts, en entrant par la même ouverture que celle qu’ils avaient empruntés quelques jours auparavant.
C’est en arrivant, que Mira râla un peu, car crapahuter dans l’eau usée des égouts n’était l’une des premières choses auxquelles elle aspirait dans sa vie. Et, malgré qu’elle ait râlé un bon moment, elle concéda à bien vouloir entrer… Portée par Argand.
Ferah et Garam poussèrent un profond soupir, le jeune brun soupira et la prit dans ses bras, comme on porte sa bien-aimée. Elle s’agrippa à son cou et ils entrèrent ainsi.
Ferah et Garam ouvrirent la marche, Argand, les bras ainsi chargés, suivit. Une fois le chemin dallé atteint, Mira retoucha le sol et remercia son porteur avec un sourire timide et un rougissement notable sur ses joues.
Argand lui rendit un sourire, qualifié de béat par Ferah dans un soupir. Le groupe se remit en marche. Ils arrivèrent de nouveau dans la zone où avait eu lieu le premier round contre le scyther. Les déchets magiques coulaient encore du plafond, Mira s’en étonna :
« Mais ?! Des déchets magiques ?!
-Visiblement. Avoua Ferah. On les a vus la dernière fois, je pense qu’enquêter la dessus serait une bonne idée une fois le scyther vaincu.
-Ouais. Avoua Garam. Excellent plan princesse. »
Elle piqua un léger fard. Garam se prit à sourire, Argand déclara :
« D’abord, le scyther, ensuite on verra pour ceux qui produisent ces saletés »
Tout le monde opina. Ils cherchèrent des traces du monstre, du sang leur indiqua le tunnel dans lequel le géant avait fui. En voyant l’obscurité du tunnel, Ferah demanda :
« Mira, tu saurais nous éclairer ça ?
-Bien sûr ! Répliqua-t-elle. »
Elle ouvrit un portail devant elle. Un portail de Runes, c’était ce que les mages inexpérimentés utilisaient pour utiliser des sortilèges, en y gravant une Rune avec leur énergie, ils convoquaient un sort. Le portail créé par Mira, était un cercle simple, doublé d’un second cercle, cerné de plusieurs dizaines de Runes. Le cercle était rouge. Elle y grava un symbole simple, en forme d’un léger triangle. Le portail dégagea un peu d’énergie, elle ne nomma pas le sort, mais une petite sphère se forma dans sa main. Une petite sphère rouge vive, qui éclairait les environs d’une douce lueur.
Mira expliqua :
« C’est une Sphère étincelle, un sort simple, je sais l’utiliser sans incantations. »
Le fait d’utiliser des incantations pour un sortilège était un moyen connu en Asfallon pour pouvoir aider les mages inexpérimentés à concentrer leur pouvoir pour lancer des sorts. De fait, une Sphère étincelle était un petit sortilège simple, assez simple pour n’avoir aucun besoin d’incantation pour être lancé.
Ainsi éclairés par la lueur rougeoyante de la sphère, ils avancèrent dans la galerie, suivant les traces de sang laissées au sol par le scyther. Lesdites traces étaient assez importantes, mais pas de quoi vider un animal de cette taille, tout au plus serait-il un peu fatigué lorsqu’ils le retrouveraient. Ils suivirent le couloir jusqu’à arriver à un embranchement, qui était tout sauf naturel. Un des deux chemins était en effet un mur démoli sauvagement et vers le couloir qui plus est. Ferah commenta :
« Les pierres sont côté couloir, il a dû défoncer ce mur pour sortir. »
Ils opinèrent tous, cette déduction était évidente. Tous étaient concentrés à leur paroxysme. Garam et Mira avaient des airs de prédateurs sauvages, Argand l’air froid qu’il avait quand il devenait sérieux et Ferah était sur ses gardes et scrutait les moindres recoins de ses yeux noirs.
Le petit groupe était paré, leurs armes au poing, ils avançaient dans la galerie, qui avait été dégagée par le gigantesque monstre.
En fait, les égouts de la ville avaient plusieurs réseaux de galeries qui n’étaient pas ou plus utilisés et partiellement condamnés. Et le réseau en question était identique au tunnel servant d’entrée : un canal bordé de deux zones pour marcher en dalles de pierre de part et d’autre de ce canal. Les eaux de cette partie confluaient vers la grande salle qu’ils avaient quittée précédemment. Elles n’avaient pas l’éclat bleuté, preuve qu’elles n’étaient pas infectées par les déchets magiques.
Le canal se perdait dans les ténèbres, ils le longèrent, comme précédemment, aux aguets. Ils parvinrent dans une nouvelle salle après plusieurs minutes de marche. Une salle bien plus vaste dans laquelle s’écoulaient quatre cascades depuis le plafond. La lumière du soleil filtrait encore par les quatre grilles et aux bruits de foule qu’ils percevaient, les jeunes gens déduisirent qu’ils étaient sous la place du marché et sa fontaine.
La salle en elle-même était remplie d’eau et ils pouvaient accéder à une zone centrale en suivant les deux chemins, qui longeaient ce vaste réservoir hydraulique souterrain et avaient même des rambardes pour éviter une chute. La zone centrale était une zone de plongée dans le réservoir avec un carré de trois bons mètres de côté qui permettait la plongée. Ladite zone faisait une quinzaine de mètres carrés, ce qui n’était rien comparé aux trente bons mètres de la salle complète.
Deux autres chemins repartaient de ce carré, par son centre. Partant à gauche et à droite.
Argand demanda :
« Alors, on va par où ? Je ne vois plus aucune trace de sang.
-Il n’est peut-être pas passé par là, retournons au mur défoncé. Suggéra Mira. »
L’aînée du groupe avait suggéré une bonne chose, mais Ferah se figea :
« Plus un geste !
-Pourquoi donc ? Demanda Garam, crispé sur la garde de ses épées.
-Quelque chose dans l’eau, j’en suis presque certaine. Avoua-t-elle. »
Ils se demandèrent ce qu’elle avait bien pu croire qu’il y avait, mais après un instant de silence, une sorte de grincement sourd se fit entendre et un bruit de mouvement à la surface de l’eau fut bien perceptible. Argand murmura :
« Qu’est-ce que c’est ?
-J’en sais rien, je les ai juste entendus, c’est tout. Répliqua Ferah elle aussi à voix basse.
-Les ? Répéta Mira. Tu veux dire qu’il n’y en a pas qu’un ?
-J’ai entendu deux mouvements simultanément, je suppose qu’il y en a deux, oui. Avoua la jeune femme aux cheveux bleus.
-Ou peut être plus. Ajouta Garam. »
Un hochement de tête collectif, même Mira, qui n’était pourtant pas vraiment familière avec le petit groupe comprit instinctivement ce qu’il venait de dire : Il allait y avoir un combat, contre un ou plusieurs monstres très probablement à l’aise dans leur environnement, donc plus difficiles à tuer.
Ils furent tirés de leurs pensées par un cliquètement venu de derrière eux, ils firent volte-face : Depuis derrière eux, il avait émergé de la zone de plongée. Un poisson serpentiforme, trois bons mètres de long, des mâchoires garnies de crocs saillants de couleur noirâtre, des yeux verdâtres et luisants, des voiles magnifiques qui semblaient battues même par l’air. Les écailles de son corps étaient bleues sur le dessus et blanchâtres sur son ventre. Il poussa un cri aigu, deux autres de ses congénères émergèrent des eaux pour bondir sur la zone centrale. Les poissons avaient beau se trouver hors de l’eau, ils se mouvaient avec l’agilité de serpents. Les trois créatures commencèrent à siffler en faisant vibrer leurs voiles.
Argand passa devant Mira et Ferah, qui étaient restées en arrière. Garam le suivit. Tous les deux se mirent en garde. Les deux jeunes femmes derrière eux dégainèrent et chargèrent leurs armes, Ferah commenta :
« Sur de tels monstres, utiliser mes balles magiques serait inutile, je te laisse t’en charge Mira, je ne tirerai que des projectiles normaux.
-Bien reçu. Opinèrent les trois autres. »
Ferah avait donné un conseil qui sonnait comme un ordre, ils l’acceptèrent tous, Ferah savait s’imposer en leader dans les moments comme celui-là.
Le premier des monstres chargea, crocs en avant, ses voiles repliées sur son corps pour lui fournir plus d’aérodynamisme. D’un bond, il couvrit les quelques mètres qui le séparaient des humains. Argand et Garam esquivèrent en bondissant de côté. Le blond au crâne rasé reprit un rapide appui au sol et porta un double coup d’épée dans les écailles du monstre pisciforme, qui glapit en encaissant l’attaque et se dressa immédiatement après, déployant ses voiles pour intimider celui qui venait de l’agresser. L’effet fut bien meilleur qu’escompté, puisque Garam fit plusieurs pas en arrière, effrayé par la proximité et les couleurs trop vives du monstre. Argand bondit mais se plaça entre lui et les deux autres monstres. Il bloqua les deux crachats d’eau du plat de sa lame.
Garam s’en rendit compte et le remercia d’un hochement de tête. Visiblement, ces créatures pouvaient cracher de l’eau sous haute-pression. Et vu la vitesse de ces crachats, Argand venait d’éviter à Garam de finir comme du gruyère sanguinolent. Ferah et Mira ouvrirent le feu de concert, les deux pistolets de la jeune femme aux cheveux bleus laissèrent partir deux projectiles non chargés en magie, le premier manqua sa cible, le monstre qui était à gauche du bassin, de peu, mais la seconde balle lui perfora la peau au niveau du cou.
Le monstre rugit en reculant de douleur et siffla en faisant vibrer ses voiles. Son camarade fut perforé par un trait rouge vif qui était issu du fusil de Mira, qui s’était paré d’un cercle de Rune rouge miniature au bout du canon, ce dernier disparut, la blessure fuma, le monstre plongea rapidement dans l’eau.
En voyant cette réaction, Mira se prit à sourire et psalmodia une phrase :
« Qu’il rugisse depuis les méandres, de sa prison pleine de cendres, j’en appelle à toi, Salamandre ! »
Invoquer le nom de Dieu du Feu afin de renforcer ses sortilèges, c’était une pratique courante chez les mages assez jeunes et qui désiraient renforcer le pouvoir de leurs sorts. Chaque élément avait un dieu qui lui était propre : Salamandre pour le Feu, Léviathan pour l’Eau, Light Horn pour le Vent, Cascadron pour la terre, Sphallow pour les Ténèbres et Lumina pour la Lumière. Chaque élément mineur, tel que le poison ou le métal avait aussi un Dieu qui lui était dédié, mais ces déités avaient vraisemblablement moins de pouvoir à prêter que leurs équivalents qui régnaient sur les six éléments primaires.
Un cercle de Runes apparut devant Mira, qui tendit la main vers ce dernier. Il s’illumina et soudain, un bruit de détonation retentit, envoyant de l’eau un peu partout et en soulevant un pilier. Un cri strident parvint de l’eau et le monstre blessé bondit littéralement vers Mira depuis la zone aquatique, couvert de sang et portant une plaie béante sur le côté de son corps par lequel la balle était entrée. Argand bondit littéralement et tailla en deux le crâne du monstre, qui s’affala lourdement au sol, à ses pieds. Le sang vert de la créature gicla et l’entacha, mais au moins, ni lui ni Mira n’avaient subis de dommages.
Un nouveau sifflement se fit entendre et deux crachats partirent, les deux monstres restant avaient ouvert le feu sur lui et Mira. Celui qui était face à Garam l’ignora même totalement. Ce dernier n’apprécia pas et vociféra :
« Hé ! Du gland ! Je suis là moi ! »
Un coup croisé de ses deux épées et tout fut terminé, la tête tranchée du monstre roula au sol. Le cou et le corps de la créature avaient la même épaisseur, une bonne cinquantaine de centimètres, mais cette épaisseur de chair bardée d’écailles ne fut pas suffisante pour retenir la fureur du jeune homme.
Ferah tira deux nouvelles balles en visant le dernier monstre, resté en arrière. Les deux projectiles perforèrent respectivement l’une des voiles et le corps du monstre, envoyant du sang vert gicler. Le monstre émit un sifflement plaintif mais non moins intimidant, il fit trembler ses voiles, en vue d’intimider ses agresseurs. Ferah n’avait pas chargé ses balles avec sa magie, d’une part pour économiser son énergie, mais aussi parce qu’un sortilège de l’Eau lancé sur une créature aquatique aurait très probablement très peu d’effets, pour ne pas dire aucun.
Le monstre se contracta sur lui-même et s’élança droit vers elle. Argand fit un pas en avant et tendit sa lame de manière à ce qu’elle taille littéralement en deux le monstre durant sa charge. Les deux moitiés tombèrent lourdement au sol, répandant quantité de liquide verdâtre. Argand en était couvert, mais il saignait aussi de l’épaule. En effet, les deux tirs visaient bel et bien Mira et lui, il avait bien paré le premier, mais le second était passé un peu trop juste et il lui avait entaillé l’épaule assez profondément.
Il se laissa tomber sur le derrière, puis râla en se tenant l’épaule :
« On peut savoir qu’est-ce que c’est que ces saloperies ?!
-Des poissons Rakha je dirais. Avoua Ferah.
-Des poissons Rakha ?! S’exclama Argand, choqué. Ferah, les blagues garde les pour plus tard tu veux ? Ce genre de poissons ça fait même pas quarante centimètres et encore, s’ils y arrivent c’est des gros spécimens. »
Argand avait appris ça pour avoir souvent été de corvée de courses ou de cuisine, il avait donc quelques notions de bases concernant les espèces locales, comme les poissons évoqués.
Mira répliqua :
« Et pourtant, je suis presque sûre de ça aussi. La même forme, les nageoires en forme de voile.
-Oui, mais les crocs de vingt centimètres et un corps de trois mètres de long c’est pas vraiment typique de ces poissons hein. Commenta Garam.
-Les déchets magiques de l’entrée, ces trois-là ont dû nager un peu trop près de ces derniers, ils ont donc mutés pour devenir ça. Expliqua l’aînée rousse du groupe. »
Les deux garçons opinèrent, visiblement convaincus. Ferah demanda :
« Argand, ton épaule va aller ?
-Je pense, mais je n’aurai rien contre un sort de soin. Répliqua-t-il.
-Malheureusement, c’est pas dans mes compétences. Maugréa Mira.
-Je crois que… Commença Ferah. »
Elle ouvrit sa sacoche, pour en tirer le grimoire bleuté. En effet, par précaution, elle et Mira avaient emmené leurs deux grimoires, afin d’en tirer les informations pour un sort au besoin. Ferah feuilleta rapidement, elle avait déjà rangé ses pistolets avant de prendre son grimoire, pour bouger plus vite. Elle s’arrêta soudain :
« Ah, ah ! »
Elle marcha vers la zone de plongée et demanda :
« Argand, viens par-là. »
Il obéit, elle le fit s’asseoir à côté d’elle, qui était accroupie à côté de l’eau. Elle en prit dans ses mains et commença à psalmodier :
« Par la grâce du torrent, soulage les de leurs tourments, aide moi, Léviathan ! »
Un petit cercle de Rune bleuté s’ouvrit au-dessus de l’eau qu’elle tenait, la faisant briller d’une lueur turquoise. Ferah l’appliqua sur la blessure, qui fuma et se referma à vue d’œil. Elle poussa un soupir de décontraction :
« Pfiou… C’est vraiment crevant de lancer des sorts en fait…
-Je peux bouger mon bras sans risque que ça se rouvre ? Demanda le guéri, inquiet.
-Normalement, oui, j’ai transformé cette eau en une Eau Cicatrisante. Expliqua Ferah. C’est quelque chose qui a des effets similaires au sort que Lizzy a utilisé pour soigner vos plaies, en moins efficace, je dois l’avouer.
-C’est-à-dire ? Demanda Garam, visiblement intéressé par le fait de pouvoir compter sur ce type de magie.
-Concrètement, tant que ce sont des coupures moyennement profondes qui ne touchent que la chair, je peux les soigner, si ça vient à toucher l’os je ne pourrais rien faire sinon refermer la peau dessus. Déclara-t-elle. »
Garam opina : Ils devraient donc être très prudents, quoiqu’il arrive.
Ils allaient repartir lorsque Mira réalisa soudain :
« Argand ! Plonge dans l’eau.
-Pardon ?! Répéta le jeune homme, troublé.
-Plonge dans l’eau. Répéta à son tour l’aînée du groupe.
-Ecoute Mira, je sais que des idées bizarres traversent parfois ton esprit, mais de là à le faire plonger dans les égouts ? Railla Garam.
-Idiot. Répliqua-t-elle simplement. »
Garam fronça les sourcils, elle expliqua, ne lui laissant aucun temps pour répondre :
« Garam, Argand est couvert du sang de ces créatures et s’il empeste même pour nous, je peux te garantir que le scyther va le sentir venir de très loin. D’ailleurs, tu devrais plonger aussi, tu en es couvert toi aussi. »
Argand et Garam échangèrent un regard : C’est vrai qu’en plus d’être poisseux, le sang de ces poissons mutants sentait très fort. Ils soupirèrent, retirèrent leurs sacoches et leurs armes et plongèrent tous les deux dans le carré d’eau du centre de la zone accessible à pied.
Ils s’immergèrent complètement et se rendirent compte de la profondeur du réservoir. Aussi étrange que cela puisse paraître, l’eau de ce coin des égouts n’était pas marron mais bleu bien claire. La visibilité était quasi parfaite et ils pouvaient discerner les parois en pierres des bords de la salle. En revanche, le fond n’était qu’un noir abyssal, ils ne pouvaient même pas estimer la profondeur de la salle. Bonne nouvelle en tout cas, plus aucun poisson mutant en vue, mais cela ne voulait pas pour autant dire qu’ils en risquaient pas de se faire attaquer pour autant.
Ils remontèrent, Ferah et Mira avaient terminé de laver leurs armes. Ils sortirent de l’eau, Garam commenta, après s’être rééquipé :
« C’est carrément bizarre, l’eau est super bleu ici, j’espère qu’y a pas un de ces déchets qui traîne et que je vais pas muter.
-Ne t’en fais pas, ces poissons ont dû être en contact avec les déchets dans la zone ou on a affrontés le scyther la première fois, puis ils sont remontés jusqu’ici par les grilles et sont devenus ce qu’on a vu. Expliqua Ferah.
-C’est pas un gage de sécurité pour autant. Avoua Argand, aussi anxieux que son ami.
-Ne t’en fais pas. Répondit Mira. Si des déchets magiques avaient traînés ici, on aurait clairement vu des éclats turquoise partout dans l’eau et une lueur surnaturelle et, la couleur claire de cette eau exceptée, je ne vois aucune lueur surnaturelle ici. »
Son sourire franc couplé à son explications terminèrent de convaincre Argand et Garam. Mira savait comment leur parler et les mener à la baguette au besoin. Elle avait toujours su le faire, avec huit ans de plus qu’Argand et quatre de plus que Garam, quoi de plus naturel ?
Le petit quatuor entama sa sortie, Ferah demanda :
« Au passage Mira, depuis quand tu sais faire exploser tes balles ?
-Hier soir en fait. Répliqua-t-elle. J’ai lu un paragraphe visant à augmenter l’explosivité de mes attaques magiques, donc je l’ai mémorisé et utilisé. »
Garam, Argand et Ferah opinèrent, certes cela pouvait être utile, en effet, mais les poissons mutés avaient survécu à l’attaque, donc compter dessus s’avèrerait plutôt risqué.
Ils rejoignirent l’extérieur, et, effectivement, les traces de sang furent de nouveau visibles au sol. Mira invoqua de nouveau une Sphère étincelle pour les éclairer. En suivant lesdites traces au sol, ils parvinrent à une nouvelle salle disproportionnée : Les deux chemins de part et d’autre du canal s’élargissaient de plusieurs mètres chacun. Ce genre d’espaces servaient aux employés du service public d’effectuer leur manipulation sur l’eau qui s’y écoulait, en témoignait l’échelle remontant jusqu’à la surface. En revanche, le mur démoli du côté opposé au leur n’était pas là pour décorer. Ils durent donc se résigner à traverser l’eau puante et très peu engageante.
Mira monta sur les épaules d’Argand, car sinon elle aurait refusé de traverser, Ferah et Garam entrèrent en premier, afin de tester la profondeur de l’eau, leurs armes au poing et soulevées au-dessus du liquide pour Ferah, afin de ne pas les abîmer. Ils s’enfoncèrent jusqu’à la taille au plus profond du canal et parvinrent à terminer la traversée sans tomber, malgré qu’Argand tente une blague que Mira réprimanda par un coup de poing sur son crâne.
Une fois arrivés sur l’autre rive, ils sortirent de l’eau et Mira retoucha le sol. Ils virent les traces de sang qui allaient vers ce trou dans le mur, défoncé depuis le côté où ils étaient.
Ils passèrent la tête et ce qu’ils virent les troubla au plus haut point : Une sorte de grotte naturelle, une cavité creusée par quelque chose, quelque chose de gros visiblement. L’entrée que le scyther avait créée était une nouvelle entrée à la salle, qui en possédait déjà trois du même genre. La salle en elle-même était une vaste étendue terreuse et creusée à même la roche. Le sol était couvert de débris rocheux et de mousses en tous genres, de l’eau s’écoulait depuis le plafond. Une trentaine de mètres de long pour quarante de large et une quinzaine en hauteur, cette cavité était immense. Mais le plus impressionnant restait les champignons luminescents qui éclairaient la salle çà et là. Mira commenta, à voix basse :
« On va éviter tout contact avec ces champignons, hein.
-Ouais. Répliqua Argand. »
Rien qu’à la couleur, il avait compris que ces champignons avaient très probablement mutés au contact des déchets magiques. Mais l’apparence de cette cave était vraiment quelque chose à laquelle ils ne s’attendaient pas en entrant dans les égouts.
Ferah lança :
« Hey, faites attention, il est probablement par là en train de nous guetter. »
Elle avait parlé à voix basse, mais les trois autres ne répondirent que par un hochement de tête. Ils entendaient un ronflement régulier, provenant de ce qui semblait être le centre de la pièce, en s’approchant discrètement et au couvert des rochers épars, ils le virent. Le géant était en train de dormir, ses deux faux noirs étaient platées dans le sol et lui il était allongé entre elles. Ils eurent tous des sueurs froides en réalisant que sur les faux, plusieurs yeux jaunes pâles étaient ouverts et guettaient les alentours. Certains desdits yeux étaient gros, plusieurs dizaines de centimètres de diamètres, et d’autres minuscules, plus petits que des yeux humains.
Ils se figèrent en voyant cela, Argand murmura :
« Mais qu’est-ce que … ?
-Lizzy nous avait bien dit que c’était un parasite, non ? Répliqua Mira. Rien d’étonnant à ce qu’il ait sa propre conscience.
-Je veux bien, mais des yeux ?! S’exclama presque Garam. »
Il ne réalisa son erreur que lorsque Ferah lui colla un coup de pied en plein ventre. Il était déjà trop tard, les faux émirent un sifflement suraigu, qui fit se redresser subitement le scyther. Et quand il se tourna vers eux, ils eurent un choc : La faux du côté où Argand avait tranché l’œil avait étendu ses racines noires dans le scyther. En effet, c’était maintenant toute la partie gauche de son cou et son œil qui étaient englobés dans cette matière noirâtre. Et un des yeux jaunes de la faux semblait avoir poussé à la place de celui qui aurait dû être au scyther.
Le monstre poussa un hurlement tonitruant, ses faux fouettèrent l’air devant lui, visiblement prêtes à en finir pour de bon avec les humains. Le monstre leur chargea droit dessus, ses deux faux tendues de côté. Argand et Garam firent deux bonds de côté, afin d’attirer l’attention du monstre et de le perdre, car chacun d’un côté. Mais le monstre ne réagit qu’à la présence d’Argand, visiblement, il était rancunier. Il dévia sa courser et lui fonça dessus, gueule grande ouverte.
Argand l’esquiva en se jetant au sol, il roula ensuite pour esquiver la faux qui se ficha dans le sol juste derrière lui. Un dernier bond le mit définitivement hors de sa portée car elle avait entamé un mouvement visant à racler le sol pour trancher le jeune humain en deux depuis son dos.
Garam en profita pour aller frapper les jambes du monstre, faisant danser ses lames sur son cuir, qui se couvrit d’entailles sanguinolentes. Il comprit que la faux allait défendre son hôte, il bondit en arrière, afin de l’esquiver. La lame ne fendit que l’air. Trois détonations retentirent, un trait rouge fusa depuis le fusil de Mira, deux traits bleutés jaillirent des pistolets de Ferah.
Le trait rouge perfora aisément le cuir du ventre du scyther et explosa sans grande véhémence, mais assez pour brûler la peau du monstre, ce qui lui arracha un cri de douleur et un sifflement aigu aux faux. Les traits bleutés de mira s fichèrent dans sa peau et firent jaillir des pointes qui perforèrent de nouveau l’intérieur de la bête. Elle poussa un nouveau rugissement et se tourna vers elles.
Mira ouvrit deux portails de Runes, un devant chaque main, elle y traça rapidement la même Rune, un triangle non fermé avec un côté bien plus long. Elle psalmodia pendant que les deux cercles de Runes brillaient :
« Père des flammes, calcine leurs âmes. Qu’ils deviennent des cendres, qu’ils endurent ton courroux ô Salamandre ! »
Les deux cercles rayonnèrent, deux traits enflammés en jaillirent, chacun heurta le flanc déjà sanglant du scyther, qui poussa un rugissement plaintif quand les Boules de Feu explosèrent contre lui. Les dommages n’était pas bien importants, mais suffisants pour inquiéter les deux faux qui sifflèrent en continu et ne purent protéger le scyther efficacement. Argand en profita, il porta un grand coup avec son épée à deux mains, laissant une entaille très profonde dans l’une des pattes du scyther, qui perdit l’équilibre et s’effondra lourdement, manquant d’écraser Argand, qui esquiva l’attaque en roulant.
Le monstre était tombé du côté de son œil pris par Argand, du côté où la faux avait étendue son influence jusqu’à l’œil. Garam bondit littéralement et fit virevolter ses lames sur le ventre du monstre, le couvrant de plusieurs entailles profondes. Argand bloqua la faux qui tenta de contre-attaquer. Il dut y mettre toute sa force pour éviter d’être envoyé valser.
Mira tira un nouveau projectile chargé en magie du Feu vers le crâne du scyther, projectile qui explosa suite à l’incantation de la jeune femme. Les dégâts n’étaient pas très importants, mais arrachèrent un nouveau cri de douleur au monstre.
La faux frappait sauvagement sur la garde d’Argand, qui tenait bon malgré la force énorme de son opposant. Il devait couvrir Garam le temps qu’il achève le monstre au sol. Il prévint cependant :
« Garam ! Recule ! Je pourrais pas en parer plus !
-Reçu ! Répliqua le grand blond. »
Il recula rapidement, Argand ne tenta pas de parer le nouveau coup, mais l’esquiva en bondissant de côté. La faux fendit l’air, le monstre manqua de se trancher lui-même. Il rugit et s’agita nerveusement au sol, mais il ne parvenait pas à se redresser, sa jambe presque tranchée par Argand l’en empêchait.
Ferah ouvrit un portail devant elle et traça une Rune, en forme de S mais plus ondulé. Elle psalmodia :
« Avec la force d’une torrent et la déchainement des éléments, que ta lance perce leur tégument, ô Léviathan ! »
Même avec l’incantation, le cercle de Runes ouvert par Ferah vrilla un peu mais brilla aussi très fort. Un projectile formé d’eau fila droit vers le monstre au sol, perforant son ventre et laissant une entaille béante et sanglante.
Elle sourit, visiblement fière de son sortilège. Un Tir aqueux, un sort de combat basique de l’Eau, ce sort était simple, tirer de l’eau sous haute pression pour en faire un projectile capable de percer efficacement les carapaces relativement épaisses. Par chance, le ventre du monstre était très mou n’offrit qu’une résistance moindre au sort et la faux était trop affolée par les flammes relâchées pour tenter une parade.
Garam et Argand rejoignirent les deux pistomanciennes. Argand se mit en garde devant elles, il ahanait, Mira aussi mais elle tenait bon et gardait le monstre en joue. Garam aida Ferah, qui était tombée à genou après son sort, à se relever. Il lui lança :
« Hey, fais plus de folies comme ça, même moi j’ai pu me rendre compte que ton sort avait des soucis.
-Si je tente rien, je progresserais jamais. Répliqua-t-elle avec un grand sourire. »
Il soupira. Argand demanda :
« Ferah, on peut compter sur toi pour le second round ?
-Ouais, maintenant, va falloir tabasser ce parasite. Répliqua la jeune femme aux cheveux bleus. Mira, tu penses pouvoir lancer un sortilège ou pas ?
-Oui, un ou deux, grand maximum. Avoua-t-elle.
-Bien, on va donc te couvrir. Termina Garam. »
Ferah reprit une grande inspiration et tira ses deux pistolets, les braquant sur le scyther. Argand et Garam se mirent en garde, Mira n’avait pas bougé.
Le monstre s’agita nerveusement avant de s’immobiliser, le Tir aqueux lui avait fait des dommages assez lourds et avait très probablement tué le Carapaconeos.
Les faux tremblèrent et semblèrent se liquéfier, elles formèrent une flaque au sol, flaque qui avança au sol et se mit à mi-distance entre le cadavre de son hôte et ses bourreaux. Le liquide noir s’aggloméra, pour former un nouveau monstre, probablement une forme de combat propre au parasite. C’était un long ver, noir comme la nuit, avec trois lames semblables aux faux cernant sa tête, tête couverte d’innombrables yeux jaunes et se terminant par une sorte de pointe osseuse. Le corps était assez long, environ cinq mètres de long pour cinquante centimètres de diamètres et paraissait très solide, comme les faux qui couvraient les bras de feu le scyther.
Tous firent un pas en arrière, le parasite émit un sifflement aigu, il les menaçait clairement. Ferah lança :
« Qu’est-ce que ?! Les garçons, protégez seulement Mira, vous avez du vous rendre compte que le trancher sera impossible.
-Bien reçu ! S’exclama Garam.
-Ok ! Répondit à son tour Argand. »
Mira se concentra et ouvrit un cercle de Rune face à elle, elle y traça de nouveau la Rune correspondant à la Boule de Feu. Avant de psalmodier pour le renforcer, elle déclara :
« Argand ! Garam ! Immobilisez-le ! Je ne tirerai que lorsque j’aurai un tir certain, je ne peux pas risquer de la manquer ! »
Ils opinèrent tous les deux et se préparèrent à attaquer le monstre, afin de détourner son attention. Le parasite fit darder la lame au bout de sa queue vers Argand, ce dernier bloqua avec le plat de sa massive épée mais recula de plusieurs pas quand il reçut l’impact. Le monstre siffla pour les intimider, Garam bondit de côté, frappant rapidement sur le corps de la bête, sans aucun résultat. Il avait même l’impression de frapper dans un mur de métal en se heurtant à la solide peau de la bête.
Le monstre nota sa présence et lança les lames et la pointe de sa face pour tenter de transpercer le jeune humain. Ce dernier esquiva d’un bond de côté, puis frappa dans la tête, exposée du monstre. Les yeux de la bête se fermèrent, afin de les protéger d’un coup de lame malencontreux.
Argand enchaîna en frappant dans le corps serpentiforme de la bête avec sa lame, qui ne perfora pas l’épaisse peau du parasite.
Le monstre se tourna vers lui. Il planta sa lame dans le sol pour bloquer la contre-attaque venant de la queue. Il tourna autour de cette dernière pour esquiver la frappe venant de la tête. Enfin, d’un puissant coup ascendant, il envoya le plat de sa lame dans la tête du monstre, ce qui le sonna un petit peu. Argand s’exclama :
« Mira ! Maintenant !
-Non ! Répliqua-t-elle. T’es bien trop près ! »
Argand ragea, il bondit en arrière, mais le parasite le suivit en chargeant, ses lames en avant. Il bloqua l’attaque avec le plat de sa lame, mais la fatigue commençait à se faire sentir et il manqua de tomber à la renverse.
Garam tenta de lui venir en aide, en frappant le corps du monstre, mais ce dernier le vit venir et darda vers lui de sa lame caudale. Les deux épées du jeune homme se croisèrent afin qu’il puisse parer. La parade eut un lourd coût, il glissa au sol et se retrouva assez loin pour ne pas pouvoir interférer. Le monstre poussa de nouveau et renversa Argand.
Allongé sur le dos, seule son épée à deux mains et sa large lame le séparait du dard du monstre, dont les lames avaient d’ores et déjà atteint le sol et s’y étaient fichées. Argand s’exclama :
« Mira ! Maintenant ! T’en fais pas pour moi ! »
Elle allait râler, mais elle était incapable de maintenir son sortilège en stand-by plus longtemps. Ferah lui tint les épaules et fit infuser un peu de son pouvoir dans son sort, pour l’aider à canaliser le sort et le renforcer également.
Mira relâcha le sort, qu’elle avait déjà renforcé par des incantations, mais au lieu d’être rouges orangées, les flammes étaient d’un bleu turquoise hypnotisant. La Boule de Feu bleue fila droit vers sa cible et la percuta, bien trop vite pour que la bête n’ait le temps de réagir. Les flammes explosèrent au contact de la créature qui émit un sifflement suraigu inquiétant. Argand ne fut pas brûlé, car il s’abrita sommairement sous sa lame. De ce fait, il ne fut que très légèrement brûlé par le sortilège.
La créature tomba de côté et s’agita comme un dément. Les flammes rugissaient sauvagement, mais s’éteignirent bien vite, laissant une dépouille totalement calcinée qui se liquéfia et disparut au travers des crevasses du sol. Garam, Ferah et Mira filèrent droit vers Argand, encore sous sa lame. Il la poussa de côté et poussa un grand soupir :
« Pfiou ! J’ai eu sacrément chaud là.
-Abruti ! Je t’avais dit que t’étais trop près ! Répliqua Mira, boudeuse. »
Il se prit à sourire. Les autres l’imitèrent rapidement et ils éclatèrent tous de rire. Ils avaient finalement vaincus, ils avaient réussi à tuer le scyther ! Leur premier contrat avait été accompli avec succès !
Il ne leur restait désormais plus qu’à se reposer pour récupérer de ces acharnées batailles. Garam soupira et prit l’épée d’Argand, encore chaude :
« Je vais prendre le haut de sa tête, ça fera une preuve impeccable. »
Les autres opinèrent, sans preuve, il leur aurait été difficile de faire croire que leur contrat avait été effectué avec succès. Garam découpa facilement le haut du crâne du scyther. La mâchoire supérieure de la bête ne faisait pas moins de deux mètres, et c’était ce que le blond aux yeux vairons venait de s’attacher sur le dos. Il rendit sa lame à Argand, qui venait de se relever.
Les deux jeunes hommes et leurs compagnons féminins sortirent donc des égouts, Argand portant de nouveau Mira quand il fallait passer dans des zones inondées, à sa demande et pour éviter qu’elle ne s’empeste avec cette eau.
Une fois sortis des égouts, Ferah se souvint de quelque chose, puisqu’elle fit un « oh ! » rapide.
Elle tira son grimoire et infusa un peu de son pouvoir dans le cercle complexe gravé en deuxième de couverture. Il s’illumina en jaune et une voix retentit presque de suite :
« Ferah ? Vous avez déjà terminé ? »
C’était Lizzy, même au travers de ce cercle de Runes, Argand reconnaissait parfaitement sa voix calme et posée.
Ferah répondit :
« Oui, nous avons terminé. Je ne te dérange pas ?
-Non, ne t’en fais pas, j’étais en repos. Répondit la mage de la Lumière.
-Bien, nous avons eu le scyther et ses faux sont devenues une sorte de ver étrange et en cette matière noire. Expliqua la jeune femme aux cheveux bleus.
-Un ver ? Trois lames autour de la tête et une pointe au milieu ? Demanda Lizzy.
-Oui, comment sais-tu ? Demanda Ferah.
-Vous avez bien incinéré cette bête ?
-Oui.
-Pfiou… Vous m’enlevez une sacré épine du pied là… Répliqua Lizzy.
-Hein ? Demanda Ferah.
-Ce parasite, je m’en suis rappelée après être partie, mais j’ai déjà vu deux ou trois témoignages parlant de créatures couvertes d’excroissances qu’elles ne devraient pas avoir et noires. Expliqua-t-elle. C’est une espèce très, très, très dangereuse.
-A ce point ? Demanda Ferah.
-Oui. Répliqua Lizzy. Ne parlez à personne des faux ni de ces vers, c’est un secret gardé par le royaume. Ce parasite, on l’a appelé le parasite dzêta.
-Il est dangereux à ce point-là ? Demanda de nouveau la jeune femme aux cheveux bleus.
-Je viendrai vous voir d’ici la semaine prochaine, je vous expliquerai le tout à ce moment-là. En attendant, ne quittez pas la ville et ne parlez pas de cette créature. Répliqua Lizzy.
-Bien reçu. Opina Ferah. »
La conversation se termina et le petit groupe repartit en direction de la ville, afin de se reposer en paix.

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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Mer 29 Mai 2013 - 18:05

Excellent chapitre ! Vivement la suite =)

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Sam 8 Juin 2013 - 18:34

Voilà la suite, bonne lecture à vous ! =) comme d'habitude, pour toute question/remarque, je suis là.

IV. Enquête

Leur prime reçue, ils se reposèrent dans l’orphelinat, afin de s’occuper et de guérir leurs blessures. La petite infirmerie servit de chambre à Argand et Garam, Mira et Ferah partagèrent la chambre de la première. Malgré qu’elle ait dit partir, Mira fut toute de même accueillie chaleureusement par sa mère.
Argand émergea assez tôt dans la matinée, il se leva, sans faire attention à Garam, qui aurait pu dormir paisiblement pendant une attaque de dragons, puis partit vers le réfectoire, en quête de nourriture.
Il erra un peu, puis parvint à destination. Mira était déjà là et préparait le petit déjeuner, ce qui étonna le jeune brun, qui ne savait pas qu’elle était aussi matinale. Il lui parla, car elle était concentrée sur sa besogne :
« Salut Mira. »
Elle se tourna vers lui en lâchant un « Hum ? », puis rougit un peu en le voyant. Elle répliqua :
« Ah ! Salut Argand, bien dormi ?
-Super bien. Avoua-t-il en souriant.
-Tes blessures vont un peu mieux ? Demanda-t-elle inquiète. »
En effet, Argand avait été brûlé légèrement par un des sorts de Mira, mais fort heureusement pour lui, ces dernières n’étaient pas bien graves et il en était sorti en forme après deux ou trois applications d’eau curative de Ferah, ce qui contribua à l’épuiser.
Le jeune brun répondit :
« Oui, oui, merci aux soins que Ferah et toi m’avez apportés, je suis plus en forme que jamais. »
Elle se prit à lui sourire, il fit de même. Il déclara :
« Donc, une fois que tout le monde sera levé, on va aller faire deux-trois emplettes pour toi, d’accord ?
-Oui, pas de souci. Avoua-t-elle avec un sourire. Mais…
-Quoi donc ? Demanda-t-il à son tour.
-En fait, je pensais qu’on pourrait y aller ce matin, ensemble. Avoua Mira en rougissant légèrement.
-Ah ? Répliqua Argand en prenant une expression surprise. Oui, c’est pas une mauvaise idée, vu que les deux autres vont dormir encore un moment… Mais si t’es supposée faire les petits déjeuners, prends pas le risque de te faire gueuler dessus par ta mère.
-Ne t’en fais pas, j’ai juste fait ceux pour nous quatre et avancé un peu le boulot des deux qu’elle a nommé responsables à ma place. Expliqua la jeune rousse.
-Ah ! Vu comme ça. Répondit-il avec un sourire. »
Elle lui sourit aussi. Il prit son petit déjeuner, avec Mira. Ils mangèrent rapidement puis, après qu’Argand ait récupéré la bourse contenant leur prime, que Garam gardait, tous les deux partirent en laissant un mot expliquant leur absence, au cas où.
Argand ne portait pas son armure, ni même son arme, il portait des vêtements habituels, un tee-shirt noir et un pantalon en tissus assorti. Mira, elle, portait encore la même robe noire coupée au-dessus des genoux et avec des collants noirs en dessous.
Les deux jeunes gens marchèrent ensemble, la joie semblait s’être répandue dans la cité à l’annonce de la mort du scyther. La criminalité allait sans aucun doute connaître un pic vu que les rues étaient désormais un peu plus sûres la nuit, c’était aussi le point négatif d’avoir vaincu le monstre. Son crâne, rapporté par Garam, avait été exposé sur la place du marché, au-dessous de laquelle ils avaient vaincu les poissons mutants. Ce qui avait engendré une vague de stupeur des habitants au vu du crâne de la bête, pourtant la nuit avait été calme, exceptionnellement calme même. Au petit matin, la nouvelle de la disparition du scyther avait d’ores et déjà fait un bon tour de la ville. Dans le milieu de la chasse, le nom du petit quatuor qui avait combattu la bête avait pris une certaine notoriété, mais limitée toutefois, car ces derniers avaient certes abattu un fléau, mais le monstre en lui-même n’avait rien d’impressionnant, toute équipe de chasseurs un tant soit peu entraînée aurait pu le vaincre aisément. Toutefois, les détails sur les faux parasitiques furent éludés lorsqu’ils racontèrent leur affrontement.
Les deux jeunes gens marchèrent ensemble un petit moment, dans l’un des quartiers marchands. Ils entrèrent dans un magasin, le même qu’ils avaient visités une semaine auparavant environ, afin de s’équiper. Le gérant reconnut Argand et le salua.
Le magasin n’était pas bien grand, une dizaine de mètres de long sur cinq de large, des armures étaient disposées sur des mannequins de bois, certaines en cuir, d’autres en métaux et certaines même en écailles. Le sol carrelé était assez propre, malgré que les étagères ou étaient présentées les bottes étaient assez poussiéreuses. Le comptoir du fond laissait voir un vieil homme, qui faisait deux bons mètres quarante, il avait de cheveux gris qui lui tombaient sur le visage et une cicatrice sur la joue gauche. Ses deux yeux étaient marrons, du moins l’un d’eux l’était, l’autre était dévoré par la cataracte et avait un éclat vide et une couleur blanchâtre. Il était musculeux, trop pour sa taille, au point qu’il en paraissait trapu.
Argand et Mira avancèrent vers le comptoir, le patron demanda :
« Yo p’tit, alors ce sera quoi cette fois ?
-Une armure de cuir comme les nôtres pour mon amie. Répliqua-t-il. »
Le forgeron fixa la jeune femme et se prit à sourire :
« C’est possible, tout à fait possible. Z’avez de quoi payer ? »
Argand fit tinter les pièces dans sa bourse. Le forgeron se prit à sourire, il appela :
« Lolya ! On a besoin de toi ici ! »
Une petite porte à côté du comptoir s’ouvrit, laissant passer une jeune femme. Brune, avec les cheveux attachés en une natte et un bandana qui les attachait sur sa tête. Elle portait une tunique verte avec un tablier blanc par-dessus cette dernière. La jeune femme faisait dans les deux mètres vingt, tout au plus et ses yeux ambrés luisaient avec malice. Lolya, c’était la fille du tenant de la boutique, forte de caractère au possible, mais quelqu’un sur qui on pouvait compter.
Elle s’avança vers Mira et lui demanda :
« Venez avec moi, je vais prendre vos mensurations pour l’armure. »
Mira suivit la jeune forgeronne dans l’arrière-boutique et en ressortit quelques minutes plus tard, un peu rouge. Elle expliqua plus tard qu’elle ne savait pas qu’il fallait mesurer autant son corps pour pouvoir faire une simple armure. La commande passée et l’acompte versé, ils durent laisser l’artisan travailler, ce qui lui prendrait la journée très probablement.
Ils sortirent donc, Mira demanda :
« Au passage, il va nous rester beaucoup après ça ?
-Oui, assez pour vivre deux bonnes semaines si on ne fait pas de folies. Les armures de cuir ne sont pas chères et relativement solides, c’est assez pratique. Expliqua Argand. »
Elle opina, malgré les connaissances qu’elle avait, Mira ignorait absolument tout des types d’armures et de leurs résistances. Argand se prit à sourire, content de pouvoir apprendre quelque chose à son aînée.
Tous les deux marchèrent dans la rue marchande, pour retourner à l’orphelinat. Ils parlèrent un peu ne chemin :
« Ah… La ville est calme ce matin. Avoua Mira.
-Oui, c’est pas plus mal de ne plus avoir peur de retrouver des corps dans les rues parce que le scyther est passé. Répliqua-t-il.
-Mais je suis inquiète, les rues n’étaient pas sûres, c’est un fait, mais maintenant, elles le seront peut-être encore moins… Répliqua la jeune femme rousse.
-Tu t’en fais pour l’orphelinat ? Demanda Argand.
-… Un peu. Avoua Mira. J’ai peur que des types mal intentionnés veuillent s’en emparer… »
Il lui mit la main sur l’épaule et la rassura d’un clin d’œil :
« Ne t’en fais pas, tant qu’on est là, personne ne se pointera.
-Oui, tu as sans doute raison. Avoua-t-elle avec un sourire.
-Ne t’en fais pas, vous nous avez élevés, tous, et on ne laissera jamais tomber l’orphelinat. Avoua Argand, avec un air des plus sérieux. »
Mira se prit à rougir et lui sourit timidement :
« Merci Argand. »
Il rougit aussi, elle ne lui avait jamais parlé comme ça avant, c’était même plutôt le contraire, elle l’avait royalement ignoré pendant plusieurs années, ce n’était qu’aux environs de ses quatorze ans qu’elle avait commencé à agir de cette manière avec lui, et d’ailleurs, il ne savait pas pourquoi elle agissait comme ça à son égard vu comment elle parlait avec Garam, sans aucun souci ni rougissement.
Ils marchèrent tous les deux, côte à côte pendant plusieurs minutes. Et ainsi, après quelques minutes de marche, ils parvinrent à l’orphelinat. Garam et Ferah étaient visiblement réveillés et avaient terminé leur déjeuner, puisqu’ils s’entraînaient au combat ensemble dans la cour, sous le regard de plusieurs des orphelins, qui admiraient cette animation.
En effet, beaucoup des orphelins partaient aux alentours de leurs seize ans, une fois qu’ils s’étaient fait embaucher chez des marchands, des artisans ou pire, des groupes de bandits.
Les deux jeunes chasseurs s’entraînaient avec des lames en bois. S’entraîner avec de vraies armes aurait été bien trop dangereux. Ainsi, Garam s’élança sur Ferah, qui bloqua le coup de bâton vertical en mettant le sien de façon horizontale. Elle ne chercha pas à forcer sur sa garde et lui colla une balayette, pour le faire tomber. Il esquiva d’un bond en arrière, libérant ainsi Ferah de l’entrave que représentait sa garde.
Elle chargea vers lui, sa lame de fortune en avant. Il la dévia en frappant dedans avec la sienne. Ferah stoppa sa charge et tourna sur elle-même, pour frapper le côté gauche de son adversaire, qui esquiva l’attaque d’un souple bond en arrière. Ils se remirent en garde, l’un face à l’autre.
Mira les regardait, inquiète, mais Argand la dissuada d’intervenir : Ces deux-là s’entraînaient très souvent de la sorte.
Garam et Ferah notèrent la présence de leurs deux camarades, mais ils n’interrompirent pas leur duel pour autant. Le jeune blond chargea sa camarade aux cheveux bleus, elle lui sourit et bloqua le coup de taille avec son arme, qu’elle planta presque dans le sol, puis envoya un coup de pied en plein dans l’estomac de Garam, qui se plia en deux en grimaçant. Elle poursuivit l’attaque en lui collant une balayette, qui le fit lourdement tomber au sol. En tendant sa main en arrière, elle attrapa son arme et bondit sur lui, sa mettant à cheval sur ses épaules et lui braquant son arme vers le visage.
Garam passa au rouge au vu de la position de la jeune femme, qui souriait et s’apprêtait à clamer sa victoire. Elle nota aussi et rougit vivement avant de se relever tout aussi rapidement.
Argand applaudit, tout comme certains des enfants qui avaient assistés en spectateurs à cette scène. Garam soupira :
« Ah… Cette fois tu gagnes, mais espère pas que ce sera pareil à chaque fois ! »
Elle se prit à lui sourire et lui tira la langue, Garam leva les yeux au ciel. Argand parla ensuite :
« On est partis commander l’armure de Mira.
-Très bien, elle devrait être prête pour ce soir donc ? Demanda Ferah.
-Ouais. Avoua-t-il.
-Bien, donc allons dans le réfectoire, on va causer un peu de la suite des opérations. Expliqua Ferah.
-Ah ! Non, pas de suite. Répondit Garam. Je vais aller régler une affaire en premier lieu, profites-en pour prendre une douche toi, ce sera pas cher payé. »
Il avait parlé à Ferah, elle soupira et lui frappa la tête du poing, il lâcha un « Aïe ! ». Elle termina :
« Et toi alors feignasse !
-Mais euh ! C’est urgent ce que je fais ! Se justifia le jeune blond.
-Tsss. Siffla la jeune femme aux cheveux bleus. T’es irrécupérable, vas-y donc. »
Il partit donc, laissant les trois autres dans la cour. Ferah partit donc prendre une douche, puis rejoignit Argand et Mira dans le réfectoire, quelques minutes après. Elle portait les mêmes vêtements que lors de son entraînement avec Garam : un tee-shirt bleu clair avec un short marron clair.
Elle s’assit devant Argand, pendant que Mira leur servait leur déjeuner. Les repas servis, Garam les rejoignit, visiblement, son affaire s’était réglée assez vite. Ils s’installèrent tous à table, Ferah demanda :
« Donc, t’as été voir quoi ?
-C’était bien toi qui voulais enquêter sur les déchets magiques, non ? Demanda-t-il.
-Oui, mais quel rapport ? Demanda la jeune femme aux cheveux bleus.
-Bah j’ai été voir si il ne restait pas un contrat pour quelques bestioles un poil gênantes dans les entrepôts de la ville. Expliqua le jeune blond. En fait, j’ai remarqué qu’on devait être au-dessus des entrepôts de la ville quand on les a vus, j’en veux pour preuve la proximité de la grande place.
-Effectivement. Avoua Ferah. J’aurai jamais pensé que tu ferais attention à ça.
-Ne me sous-estime pas à ce point, j’ai peut-être des réactions un peu vives parfois, mais je sais bien me repérer dans cette ville, quand bien même je serai dans les égouts. Se justifia Garam. »
Elle lui sourit et l’invita à poursuivre. Il continua donc :
« Donc, j’ai vérifié si un des contrats que j’avais vu en prenant celui du scyther était encore là. Et il y était, une désinsectisation, quelque chose de simple au final.
-Désinsectisation ? Répéta Mira. Quel genre d’insectes pourrait être cible d’un contrat ?
-C’est assez variable, mais plusieurs types d’insectes peuvent être des cibles, comme des araignées géantes, là aussi y en a plusieurs espèces. Expliqua Ferah. »
Mira écouta attentivement les explications de sa cadette. Elle termina ensuite :
« Donc Garam, une idée de ce que c’est ?
-J’ai été voir le client, son entrepôt est visiblement la cible de deux ou trois Phalènes des sables. Expliqua-t-il.
-Des quoi ? Répéta Argand.
-C’est pas une bestiole du coin, mais la ville sert de stock à de nombreux marchands de passages, suffit que des œufs aient éclos dans une caisse et bingo, voilà tout un petit groupe de bestioles qui envahit un entrepôt. Expliqua le blond. C’est déjà arrivé une fois y a quelques années, tout un entrepôt a dû être nettoyé d’un groupe de lézards araignées par des gardes.
-Hum… Commença Mira. Je suppose qu’ils sont intervenus parce que les chasseurs ne prenaient pas ce contrat.
-Précisément. Avoua Garam. »
Argand et Ferah écoutèrent avec attention. Ferah termina :
« Donc tu comptes profiter de ce contrat pour pouvoir fouiller les autres entrepôts ?
-On justifiera ça en vérification de non infestation par les Phalènes. Avoua Garam.
-Très bon plan… Tu m’étonnes vraiment aujourd’hui Garam. Répliqua Ferah avec étonnement.
-Arrête de te foutre de moi ! S’exclama-t-il. »
Elle se prit à rire, visiblement, elle s’était fixé comme objectif de le faire râler aujourd’hui. Garam termina toutefois en toussotant après avoir repris son calme :
« Bien, donc quand Mira aura reçu son armure, on pourra y aller.
-Ok ! Opinèrent les trois autres. »
Ainsi, le soir venu, ils passèrent récupérer l’armure de Mira, qui l’enfila de suite après leur retour dans l’orphelinat. Ainsi rééquipé, le petit groupe se prépara à partir chasser les monstres en question. Le quartier des entrepôts était assez peu peuplé, d’une part parce qu’il était surtout constitué d’entrepôts, et d’autre part, parce qu’il était le lieu de toutes sortes de trafics. Les entrepôts en question étaient de tailles variables, on allait de ceux d’une dizaine de mètres de long pour cinq ou six de haut à des géants qui pouvaient faire une bonne cinquantaine de mètres sur trois ou quatre étages.
Ils arrivèrent donc devant l’entrepôt concerné, sa porte marquée à la peinture était ce qui le différenciait, il n’était pas bien grand, tout au plus quelque chose comme dix mètres de haut, soit deux ou trois étages, pour une vingtaine de long. Ils passèrent par une petite porte, adjacente à une, bien plus grande, qui servait d’accès aux charrettes de marchandises. En entrant dans le bâtiment, ils se retrouvèrent éclairés par la lumière du jour, qui filtrait par une des fenêtres, mais le soir tombant, ils devraient faire vite car ils se retrouveraient bientôt dans le noir complet.
Mira et Ferah avaient chargées leurs armes, Garam et Argand passèrent en tête, pour assurer l’avant-garde. La zone était silencieuse, pas un son. L’entrepôt comportait plusieurs rangées de caisses rangées sur des étagères, assez hautes, qui atteignaient presque le plafond. Le sol était dallé en pierres sombres, mais qui ne glissaient pas et étaient assez pratiques pour avoir de bons appuis. Une bonne dizaine de rangées s’offraient à eux, ils devraient fouiller minutieusement la zone pour s’assurer d’éliminer toutes les Phalènes.
Ils avancèrent, prudemment, toujours aucun son. Garam les prévint :
« Faites attention, ces bestioles sont supposées être de véritables pro du camouflage. »
Ils hochèrent tous la tête, la chasse s’annonçait donc un peu plus difficile que prévue.
Ils s’engagèrent dans la rangée face à eux, après avoir refermé la porte d’entrée derrière eux et l’avoir verrouillée. Mira resta en joue, tout comme Ferah, Argand était derrière elles et avançait à reculons, surveillant les arrières, Garam était devant et scrutait la zone. Un bruissement leur parvint depuis la gauche, les deux tireuses braquèrent leurs armes dans ladite direction : Rien, juste une caisse. Mais quelque chose clochait avec elle… Pourquoi est-ce qu’elle avait la forme d’une étoile à huit branches et pas d’un carré comme toutes les caisses ?
Garam comprit soudain, il murmura :
« Y en a une juste dessus… La loupez pas. »
Elles braquèrent leurs armes sur la créature, qui, maintenant qu’on les avait prévenues de sa présence, leur apparaissait bien plus clairement. Deux bons mètres de long, des ailes repliées sur son long corps et sa tête, orientée en haut, avec deux yeux à facette. La couleur sable de la créature lui permettait de se fondre aisément sur la caisse, qui avait aussi une couleur semblable.
Mira et Ferah visèrent bien, puis les coups partirent, trois balles, deux chargées de l’élément de l’Eau et une de l’élément du Feu, en témoignaient les deux cercles de runes qui apparurent devant les canons des armes à feu.
Les trois balles percèrent aisément le monstre, la magie accomplissant son œuvre destructrice aux divers impacts, elle gela partiellement une des ailes et le bas du thorax de la Phalène, alors que la balle enflammée lui perça le crâne.
Le corps sans vie du monstre insectoïde toucha le sol, elle poussa un petit cri plaintif avant de s’immobiliser. Ferah soupira :
« Pfiou… C’est de suite bien plus simple que le scyther.
-En même temps, ces bestioles ont dix mètres de moins. Répliqua Garam en riant. »
Ils se prirent tous à sourire à la blague du leader du groupe. Pourtant, leur attention fut bin vite attirée par autre chose. Une autre Phalène, mais celle-ci agitait déjà ses mandibules envers eux, qui plus est, elle leur faisait face. Le monstre cracha droit vers eux, un liquide verdâtre. Garam le bloqua en croisant ses lames pour le stopper, la parade fut une réussite, mais les lames commencèrent à fumer, rongées par le liquide. Le jeune blond les agita en faisant des moulinets avec, les épurant du liquide corrosif. Il râla :
« Une paire d’épées quasi neuve, tu vas payer ça cher saloperie. »
Il se mit en garde, un coup de feu résonna, la Phalène s’écrasa lourdement au sol, une de ses ailes déchirée par des flammes. Mira souriait : Son tir avait été une réussite totale.
Garam fila droit vers sa cibla et abattit ses deux lames au travers du crâne de la bête, qui s’immobilisa définitivement. Argand, lui, para aussi un jet d’acide venu d’au-dessus de lui et qui visait Ferah. Cette dernière fit volte-face et visa en se servant des épaules de son camarade comme de cales. Les deux coups de feu partirent, touchant la Phalène qui les surplombait et la faisant s’écraser lourdement au sol. Toutefois, les balles avaient atteint seulement légèrement la bête, la précision des pistolets de Ferah n’était pas aussi bonne que celle du fusil de Mira.
Le monstre roula de côté et se remit sur ses six pattes, fixant le groupe et prêt à faire un nouveau crachat d’acide. C’était sans compter sur Argand, qui abattit sa lourde épée à deux mains sur la bête au sol, cette dernière fut taillée en deux net, dans une giclée de sang atroce son corps divisé en deux s’effondra de chaque côté. Ferah soupira, Argand et Garam se regroupèrent avec les deux jeunes femmes. Mira demanda :
« Dis, tu sais combien y en a aurait Garam ?
-Justement, c’est ça le souci, le client en avait aucune idée.
-Chier, pareil y en a une cinquantaine qu’on en sait rien. Pesta Argand.
-C’est pas forcément dit. Avoua Ferah. S’ils sont entrés par une caisse, il ne doit pas y avoir plus d’une dizaine de ces monstres.
-Donc dans le meilleur des cas, on a un tiers du boulot de fait. Répliqua Garam avec un sourire. »
Ils opinèrent tous. Le groupe se remit en marche, ils terminèrent de fouiller cette allée sans rien rencontrer d’autre. L’allée suivante et celle qui vint ensuite ne montrèrent rien de bien plus probant, mais c’est dans la suivante qu’ils découvrirent quelque chose de troublant : Plusieurs cocons, blancs, de deux bons mètres, faits de fils soyeux qui les attachaient en hauteur ou à même le sol. Ferah pesta :
« Et évidemment, fallait que l’un d’eux soit une femelle pleine hein.
-Tu penses que ce sont des petits qui ont grandi ? Demanda Argand.
-Sans aucun doute. Avoua-t-elle. »
Ils commencèrent à compter : Pas moins de six cocons, c’était plutôt bon signe, au moins ils n’auraient pas beaucoup de travail en plus.
Un bruissement attira leur attention, il venait des escaliers derrière eux, ces derniers permettaient d’accéder aux stocks de l’étage depuis le rez-de-chaussée.
Ils y virent deux Phalènes, un peu plus grosses, dans les deux mètres trente, qui sifflaient dans leur direction. Trois coups de feu, le crâne de l’une d’elles explosa sous la balle de Mira, la seconde heurta le sol en encaissant les deux tirs gelés de Ferah. Garam lui porta le coup de grâce en la traversant de ses épées.
Il se rapprocha du groupe et demanda :
« Pas trop fatiguées ?
-Un peu. Avoua Mira. Mais c’est déjà bien moins fatiguant que d’employer un sort.
-La même ici. Avoua Ferah. Je préfère ça à la magie pure et dure, c’est bien plus difficile à utiliser à long terme.
-Bien. Répondit-il. Mira, Argand, vous allez rester ici et garder l’escalier, pour s’assurer qu’aucune d’elles ne monte ou ne descends. Avec Ferah on va terminer de vérifier l’étage. »
Tous les deux opinèrent, ils restèrent donc ici, pendant que les deux autres partaient vérifier le reste du rez-de-chaussée. Argand s’adossa au mur et demanda :
« Alors ?
-Alors quoi ? Répéta Mira, visiblement un peu tendue.
-Tu n’as plus peur des insectes ? Demanda-t-il avec un sourire.
-… Comment tu sais ça toi ? S’étonna-t-elle.
-Facile, chaque fois que t’en voyais un, tu appelais toujours quelqu’un d’autre pour s’en occuper. Avoua le jeune brun avec un sourire. »
Elle passa au rouge et détourna le regard, puis elle râla :
« M…M…Même pas vrai !
-Une Phalène, derrière-toi ! S’exclama-t-il.
-Ah ?! Où ça ?! S’exclama-t-elle à son tour en visant un peu partout avec son fusil. »
Il se mit à rire, elle se tourna vers lui et l’engueula :
« C’est tout sauf drôle Argand !
-Oh si t’avais vu ta tête, je t’assure que t’aurais rigolé aussi. Répondit le jeune brun. »
Elle lâcha un « Hum ! » et lui tourna le dos. Il se prit à rire encore un peu plus. Soudain il se figea, il tapota le dos de Mira, qui se retourna en râlant :
« Quoi encore ? »
Il lui mit l’index sur la bouche et pointa l’escalier, duquel descendaient deux vers blanchâtres à la tête marron garnie de mandibules qui s’agitaient frénétiquement. Ils faisaient dans les deux mètres de long et avançaient péniblement sur le sol, en rampant. Argand prit son épée et se mit entre les deux vers et Mira, qui chargea son fusil.
Le premier des deux vers se dressa comme l’aurait fait un serpent et s’élança droit vers eux, d’un bond. Argand l’esquiva en sautant en arrière, le ver s’écrasa donc au sol et se dressa immédiatement, pour essayer d’intimider Argand, qui s’était retrouvé séparé de Mira par ledit ver.
Cette dernière gardait le second ver en joue, mais elle déclara bientôt :
« Argand, deux de plus. »
Il opina, le ver tenta un nouveau bond, rapide, vers Argand, mais ce dernier fit un pas de côté et abattit sa lame, qui loupa sa cible. Le ver reprit un appui au sol et lui sauta dessus, toutes ses mandibules en avant. La morsure fit très mal à Argand, qui lâcha un cri de douleur. Pourtant, il surmonta ça et abattit sa lame au travers du corps du monstre, qui ne cessa pas de mordre pour autant, arrachant de nouveaux cris de douleur au jeune homme. Mira paniqua, elle tira sur un des vers avec une balle enflammée, qui toucha le second ver arrivé en plein dans son corps et le fit siffler de douleur. Elle tira sur la tête du monstre avec ses bras, la séparant d’Argand qui tomba sur le derrière en tenant sa plaie ensanglantée. Elle jeta ensuite la tête au sol et tendit la main vers elle. Immédiatement, un cercle de Runes s’ouvrit et, après qu’elle l’ait tracée, une Boule de Feu partit. Pas besoin de psalmodier des mots de pouvoir, l’attaque était suffisamment puissante pour calciner le monstre.
La jeune femme s’approcha d’Argand, qui grimaçait, puis demanda, paniquée :
« Hey ! Argand ! Tu vas bien ?!
-Oui, oui, calme-toi. Répondit-il, en grimaçant encore. Ça fait un mal de chien, mais je vais bien. »
Il lâcha la plaie, la chair avait été dévorée sur l’endroit, c’était clair qu’il avait grand besoin de soins, et du genre immédiatement. Mira prit son fusil au sol : Deux autres larves venaient de descendre et deux de plus commençaient à apparaître. Elle posa son fusil, ouvrit un cercle de Runes devant elle et en traça rapidement une. Elle récita ensuite :
« Calcination, extermination. Qu’ils brûlent comme les flammes de la passion. »
Le sort était légèrement différent d’une simple Boule de Feu, la Rune aussi d’ailleurs, plutôt en forme de W qu’autre chose. Cinq traits enflammés apparurent autour de Mira, ils partirent chacun vers un des vers, les calcinant lourdement et les tuant tous sur le coup, le cinquième partit frapper un des vers déjà touchés, afin d’être sûr de la terminer, car celui-ci était plus imposant que ses camarades.
Mira ahanait, c’était visiblement un sort qu’elle maîtrisait depuis peu, ou qu’elle utilisait pour la première fois pour être exact. Une Salve ardente, un sort offensif commun et plus efficace qu’une Boule de Feu classique. Au lieu de concentrer les dommages sur un point, il les diffusait en cinq traits, voire plus selon le niveau du mage. Ce style de sort était très pratique pour frapper plusieurs cibles en même temps et Mira venait d’en faire une parfaite démonstration. Toutefois, il coutait bien plus d’énergie à son utilisateur qu’une simple Boule de Feu, ce qui expliquait que Mira était fatiguée après son utilisation.
Elle se tourna vers Argand, un genou encore au sol, puis lui demanda :
« Donc, faut s’occuper de cette blessure.
-Repose-toi d’abord, on verra plus tard pour ça. Avoua-t-il en grimaçant encore un peu. »
Ferah et Garam revinrent en courant à peine quelques secondes plus tard. La jeune femme aux cheveux bleu s’enquit rapidement des blessures d’Argand, Garam demanda à Mira :
« Qu’est-ce qui s’est passé ici ? On a entendu les coups de feu, puis les explosions.
-Plusieurs larves ont attaquées. Expliqua Mira. J’ai un peu perdu mon self control et j’ai utilisé un sort que je maîtrise mal contre elles, mais ça a été un succès.
-Tu n’es pas blessée ? Demanda le leader.
-Non, mais Argand a été salement mordu par ces saletés. Et même décapitées elles continuent à mordre. Répondit Mira. »
Garam fixa anxieusement Argand, qui recevait une dose d’Eau Cicatrisante qu’elle avait préparée avant de partir. Les effets ne furent pas immédiats, mais la blessure commença à se refermer d’elle-même. Ferah lança :
« Je vais utiliser une deuxième dose. Mais ne joue plus les héros, d’accord ? Je n’en ai plus que trois et j’aimerai autant les garder. »
Il opina en souriant et la laissa faire. La plaie se referma après l’application de la deuxième dose. Argand râla :
« Au moins on est fixés, nos armures servent à rien.
-Je dois avouer que jusqu’à présent, elles ne nous ont pas aidés à grand-chose. Commenta Garam. Faudra voir à acheter mieux une fois qu’on aura un peu plus de blé.
-C’est surtout pour vous deux en fait, Mira et moi n’avons pas été blessées pour le moment. Exposa la jeune femme aux cheveux bleus.
-Effectivement, mais vu que vous utilisez la magie, c’est mieux si vous restez en arrière. Avoua Garam.
-Garam, ne nous pense pas plus faible que nous le sommes vraiment, d’accord ? S’emporta Ferah.
-Ecoute princesse, j’aimerai autant que nos deux magiciennes s’en tirent indemne à chaque mission, vous êtes nos deux meilleurs éléments, à côté, Argand et moi avons encore du chemin à faire. Ce n’est en rien un reproche que je vous faisais, bien au contraire. Exposa le leader. »
Ferah rougit légèrement et soupira de décontraction en murmurant quelque chose comme « J’te jure, irrécupérable. »
C’était un fait, dans les situations comme ça, Garam savait se montrer capable d’actions dignes d’un véritable chef. C’était exactement ce qui venait de se passer. Argand se redressa, Ferah le prévint :
« Fais gaffe Argand, c’est quand même un peu moins efficace que la magie de Lizzy, ça peut se rouvrir à la moindre si tu forces trop dessus.
-Bien reçu. Opina-t-il. »
Garam expliqua :
« On a été retenus un petit moment par deux Phalènes, mais le reste de l’étage est propre, on a vérifié ça.
-Bien, reste donc l’étage. Déclara Mira en fixant l’escalier. »
Ils s’y engagèrent, Garam et Ferah en premiers, Mira et Argand fermant la marche. Une fois l’étage atteint, ils virent de suite deux Phalènes, probablement dans les dernières écloses car elles étaient plus petites que leurs congénères, environ un mètre quatre-vingt. Rapides, Garam et Ferah bondirent chacun vers l’une des monstres. Garam taillada son adversaire en morceaux avec ses deux épées. Ferah, elle, abattit sa cibla de deux tirs à bouts portants chargés de la magie de l’Eau, en plein dans la tête du monstre, qui s’affala lourdement au sol, le crâne explosé.
Les deux autres membres du groupe les rejoignirent, ils avancèrent encore un peu, ici, il n’y avait que quatre rangées, puis deux autres rangées, mais dans le sens horizontal. En avançant, ils entendirent un sifflement suraigu. Ils ne terminèrent pas d’avancer dans la rangée qu’ils le virent, lorsqu’il renversa l’étagère face à eux.
Il était grand, bien plus grand que les Phalènes qu’ils avaient combattu jusqu’à présent. Dans les cinq mètres de long pour autant d’envergure, un corps violacé et des ailes violettes et blanches. Deux yeux couleur prune, qui avaient eux aussi des facettes. On appelait ce genre de monstres un Suzerain Phalène, en effet, ces créatures vivaient sous le joug d’un leader qui était plus grand et le seul mâle reproducteur du groupe. Ferah soupira :
« Je vois, un leader, ceci explique cela… Mira, tu te sens d’attaque pour un nouveau sort ?
-Je vais essayer. Répondit-elle.
-Non, économise-toi, tire juste des balles magiques. Répondit Garam. On va devoir fouiller la zone après, n’oubliez-pas ça. »
Tous les trois autres opinèrent. Mira arma son fusil, Argand se mit en garde à ses côtés, Ferah braqua ses deux pistolets sur la bête et Garam, en tête du groupe, fit des moulinets avec ses épées.
Le Suzerain poussa un cri aigu et quatre Phalènes surgirent de plusieurs coins de la pièce. Argand para un nouveau jet de liquide acide de celle qui visa Mira. Cette dernière visa en utilisant l’épaule d’Argand comme cale et tira, la balle perfora le crâne de la Phalène, qui s’effondra lourdement au sol. Elle rechargea son arme, laissant à Argand le soin de parer les jets de liquide acide, ce qu’il fit, non sans mal.
Le Suzerain chargea Ferah et Garam, en même temps que ses deux autres sbires. Ferah esquiva un jet d’acide et tira deux balles en même temps, chargées en magie de l’Eau. Le monstre s’affala au sol, elle lui fonça dessus en rechargeant seulement une de ses armes et, l’immobilisant au sol en lui marchant dessus, elle lui tira en pleine tête, sans même utiliser de magie, l’effet fut tout de même celui escompté, le crâne vola en éclats.
Garam dévia un jet d’acide, mais quand il se prépara à s’élancer sur sa cible, il dut parer les crochets acérés des pattes du Suzerain. Il la bloqua, non sans grimacer devant la force de la bête. La Phalène à ses côtés menaça de lui tirer dessus de nouveau, ce fut sans compter sur l’intervention de Mira, qui l’abattit d’un balle enflammée en pleine tête. Le corps sans vie de l’insecte géant toucha lourdement le sol.
Argand, de son côté, para un jet d’acide et fracassa sa lame sur l’insecte, d’un geste tournant, la bête fut taillée en deux, mais pas tuée. Il planta ensuite sa lame dans le crâne de son adversaire, d’un mouvement puissant. Il retira sa lame et se tourna vers le Suzerain, qui émit un sifflement aigu qui les fit tous grimacer.
Argand chargea en premier, fonçant vers son opposant à sa vitesse maximale, il sauta et abattit sa lame, qui trancha net l’aile de la Phalène, qui s’écrasa au sol. Garam bondit de suite, et abattit ses deux lames sur le monstre, ce qui lui perfora le crâne. Pourtant, la bête rugit et repoussa Garam, qui lâcha les poignées de ses épées sous le coup et fut projeté en arrière.
Ferah et Mira s’accolèrent et braquèrent leurs armes ensemble vers le monstre, les trois coups de feu partirent ensemble, traversant les deux cercles de Runes superposés. Cernés de flammes bleues, les trois balles fusèrent vers l’ennemi, qui encaissa les trois balles, deux en plein thorax et une en pleine tête. Le monstre rugit et s’effondra lourdement au sol.
Ils soupirèrent tous de décontraction et récupérèrent leurs armes. Ensuite, ils décidèrent de rassembler les cadavres des Phalènes et des vers au rez-de-chaussée, pour prouver leur œuvre.
Ils sortirent ensuite de l’entrepôt, qu’ils fermèrent. Garam déclara :
« Bien, maintenant, fouillons la zone. Si je me souviens bien de la disposition de lieux vu des égouts, ça devrait être ce bâtiment là-bas. »
Il désigna un gros entrepôt, non loin. Ils s’en approchèrent, utilisant les caisses stockées çà et là pour s’abriter. En s’approchant, ils virent plusieurs personnes proches de l’entrée : des brigands visiblement, beaucoup étaient masqués, d’autres encapuchonnés, mais tous portaient des armes, épées, couteaux voire arbalètes ou pistolets, tous portaient au moins une de ces armes, certains en portaient plusieurs.
Garam déclara, à voix basse :
« Bien, maintenant, va falloir entrer… »
Ils opinèrent tous, mais avant qu’ils aient pu faire quoi que ce soit, quatre coups de feux partirent. Ils se sentirent tous très lourds rapidement et tombèrent quasi instantanément dans les vapes. Quatre tireurs, sur les toits, c’était ces quatre hommes qui leur avaient tiré des tranquillisants dessus, afin de ne pas laisser ces gêneurs décidés investiguer plus avant. Après plusieurs signes échangés avec ceux au sol, les quatre autres furent emmenés dans le bâtiment.
Les quatre corps furent jetés dans une geôle, aux côtés de deux femmes, visiblement des elfes à leurs oreilles et un homme encapuchonné et lourdement enchaîné. Un homme se frotta les mains après les avoirs lancés :
« Ces quatre-là feront de parfaits esclaves !
-Surtout les deux filles, avec les deux elfes de là-bas, y aurait de quoi se faire plaisir un moment. Avoua un second, derrière lui.
-Amuse-toi donc, maîtresse Azalée n’en saura rien mec. Sourit son camarade. »
Deux gaillards, dans les deux mètres soixante chacun. Les deux elfes faisaient respectivement deux mètres quarante et deux mètres trente, la plus grande, blonde aux yeux verts tremblait imperceptiblement et se serrait contre son amie, brune aux yeux violacés.
L’homme enchaîné et encapuchonné faisait tout au plus deux mètres, il ne parlait pas et rien chez lui n’était visible, pourtant, il parla, avec une voix sifflante :
« Tu sais, même attaché, je suis parfaitement capable de tous vous tuer.
-Ah ? Tu parles enfin ? S’étonna l’un des geôliers. Mais je vais te punir pour tes idioties !
-Tu entres ici à tes risques et périls. Répondit l’homme avec flegme. »
Le garde s’énerva et entra, portant une masse à pointes, les deux elfes se recroquevillèrent l’une vers l’autre. L’autre garde riait, jusqu’à ce que ça arrive. En un éclair, l’homme encapuchonné envoya voler sa cape d’un rapide mouvement. Il laissa voir ainsi ses écailles bleutées, sa crête osseuse à l’arrière de son crâne et ses yeux jaunes reptiliens, coupés par une pupille. Il portait un genre de short, déchiré pour laisser passer sa lourde queue osseuse. Ses crocs saillants luisaient, tout comme ses griffes, son identité était évidente : Un homme lézard !
Il avait beau être attaché, c’était un fait, un homme lézard était largement capable de démolir un humain, rien que par sa vitesse ahurissante et sa force surprenante.
Il marcha paisiblement face au geôlier, qui ignorait ce détail. Le mouvement fut vif, un coup de pied sauté, en pleine joue. L’homme s’écrasa au sol, crachant une gerbe de sang. L’homme se releva en rageant :
« Espèce de petite merde ! »
Le coup partit vite, un coup de pied ascendant, qui le fit se redresser malgré lui. Il termina l’assaut par un dernier coup de pied, qui agrippa l’homme au cou avec les griffes qui terminaient sa jambe. L’homme se retrouva plaqué au mur, étouffant. Un coup rapide, il s’agrippa au sol avec ses deux mains et attrapa le col du garde, avec son autre jambe. Le mouvement acrobatique lui permit de tirer parti de son agilité et de sa force, il catapulta l’homme hors de la cellule. L’autre garde referma vivement la porte, pendant qu’un autre garde s’occupait de lui. L’homme lézard lança :
« Je t’avais prévenu.
-Minable ! Tu payeras ça cher ! S’exclama le garde qui avait fermé la porte.
-Venez. Répondit l’homme lézard avec flegme. Moi, Raksha Sharak vous attend de pied ferme. »
Le flegme de sa voix ne changea pas d’un iota, il était sûr de lui et, visiblement, cela aida les deux elfes à se détendre, avec un tel protecteur, elles ne risquaient pas grand-chose à vrai dire.
Raksha se rassit à sa place, il décida d’attendre que ses nouveaux compagnons de cellule se réveillent avant de passer à l’action.

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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Jeu 13 Juin 2013 - 19:44

Ouah........ Raksha impose du lourd *_*

Vivement la suite *-*

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Dim 16 Juin 2013 - 18:42


Voilà la suite, bonne lecture à vous ! =)


V.                   Azalée, membre des Quatre vents.
 
Il ouvrit les yeux : Sa tête lui faisait atrocement mal, un voile floutait sa vision, il mit plusieurs minutes à comprendre où il était. Il tenta de se relever et y parvint péniblement, il sentit deux mains, douce et chaleureuse qui le soutenaient. Il eut un instant de black-out, il ne se souvenait d’absolument rien. Puis tout lui revint, les Phalènes, l’enquête sur les déchets et la manière minable dont ils s’étaient fait avoir.
Une voix le tira de sa rêverie :
« Ne force pas trop, les tranquillisants qu’ils utilisent sont plutôt costauds. »
Il comprit que cette voix douce et cristalline devait appartenir à la même personne que ces mains qui le soutenaient.
Revenant à tous ses sens, il constata que ses trois compagnons étaient encore allongés au sol, ne portant plus que des loques et plus leurs armures. Une autre voix, tout aussi douce que la première lui parvint, venant de l’autre côté :
« Alors, ça va aller ? »
Il opina : tous ses sens commençaient à lui revenir. Sa vision s’améliora nettement, il put ainsi discerner clairement les visages angéliques de ses deux bienfaitrices, mais aussi l’homme encapuchonné dans un coin de ce qui semblait être une cellule. Il pesta : Ils s’étaient tous fait avoir facilement… Mais étrangement, la cellule n’était pas gardée.
Il se tourna ensuite vers la jeune femme à sa droite : Une brune aux yeux violacés, ses cheveux étaient attachés en une sorte de caducée sur sa poitrine. Elle portait elle aussi des loques. A genou au sol, elle avait une de ses mains appuyées sur le dos du jeune homme, pour le soutenir. Une beauté à couper le souffle, des proportions dignes des fantasmes les plus récurrents, mais comment pouvait-il en être autrement ? En effet, en dépit de la discrimination raciale qui gangrenait Asfallon, il était reconnu au travers de tout le pays que les elfes, et surtout leurs représentants féminins, étaient magnifiques au point d’en faire pâlir les plus belles femmes Asfallanes. De fait, ladite elfe brune ne faisait pas exception à la règle.
Il se surprit à rougir, elle lui sourit simplement devant sa réaction. Son amie, de l’autre côté, le rassura :
« Si ça peut t’inquiéter, non tu n’es pas mort, du moins pas encore. »
Il se tourna vers elle : Un visage tout aussi angélique que celui de sa camarade, mais de longs cheveux blonds, qui tombaient dans son dos. Elle avait des yeux verts pomme, qui le fixaient avec une certaine inquiétude. Elle était elle aussi accroupie et le soutenait de l’une de ses mains. Elle demanda :
« Donc, tu t’appelles ?
-G…Garam. Bafouilla-t-il.
-Garam, enchantée, moi c’est Welans. Avoua la brune.
-Et moi c’est Arali. Expliqua la blonde. »
Il opina, puis demanda :
« C’est normal qu’y ait aucun garde ?
-C’est mon fait ça, ils ont peur de s’approcher depuis que j’en ai tabassé un sans utiliser mes mains quand vous êtes arrivés. Répondit l’homme encapuchonné, avec une voix sifflante mais étrangement calme. »
Garam se tourna vers lui : Il respirait le calme, mais sa présence inspirait une sorte de peur profonde.
Le jeune homme blond demanda :
« Sans utiliser vos mains ?! Vous êtes un funambule ou quoi ?
-En quelque sorte. Répondit-il. »
Il envoya voler sa cape, dévoilant sa véritable identité d’homme lézard. Il se présenta plus amplement :
« Raksha Sharak, guerrier errant.
-Vous êtes un homme-lézard ? Demanda Garam, surpris par l’individu. »
Raksha opina simplement pour répondre à sa question. Il ne tergiversa pas plus longtemps et resta silencieux, à contempler la pièce. Ce fut Welans, qui reprit la conversation :
« Raksha nous a sauvées, nous ainsi que tes camarades d’un de nos geôliers.
-Ah ! Dans ce cas, je ne peux que vous remercier. Répondit Garam en inclinant sa tête vers Raksha après avoir deviné de quoi il retournait. »
Raksha le fixa, mais ne répondit pas. Comme le disaient les rumeurs, ces êtres étaient vraiment très étranges. Garam poursuivit :
« Désolé, mais, vous êtes si fort que ça ?
-Je ne suis qu’un Saurien, je reste un guerrier assez basique au final. Expliqua-t-il. »
Les autres ne virent pas de quoi il parlait et prirent ça pour de la modestie. En fait, il faisait référence à son espèce, la bannière des hommes-lézards regroupait une myriade de peuples divers et variés. On trouvait les Sauriens, peuple d’homme-lézards au sens propre du terme, mais on trouvait aussi les Archodons, des hommes-crocodiles bien plus puissamment bâtis, mais moins rapides, les Komodoensis, hommes-varans vraiment grands et puissants, à la peau dure comme de la pierre, mais à la vitesse dérisoire. On pouvait aussi trouver les Ashiganatas et les Nagas, deux types d’hommes serpents, le premier étant plus frêle que le second, mais ayant plus d’affinités avec la magie qu’eux. Finalement, on trouvait les Geckiens, hommes geckos très frêles, mais avec de grandes affinités pour la magie, d’ailleurs, les Chaméléins étaient une race d’homme-caméléons dérivés de cette dernière.
Il était facile de prendre chacun de ces peuples pour un vulgaire homme-lézard, mais chacun d’eux avait sa propre stratégie de combat et nécessitait une approche différente car plus ou moins sociable.
Raksha était un Saurien, pas un des plus forts donc. Il fixait encore la pièce avec son flegme habituel. Argand commença à grommeler et à se redresser, Arali s’approcha de lui, pour l’aider au besoin. Elle lui demanda s’il allait bien, mais il mit du temps ne serai-ce que pour regarder dans sa direction et visiblement comprendre le pourquoi du comment de la situation. Quand il revint totalement à lui et se souvint un peu mieux des raisons de son emprisonnement, il chercha nerveusement autour de lui, Arali le rassura :
« Ne t’en fais pas, ça devrait aller tant que tu ne fais pas trop de bruit. »
Il opina, puis vit Raksha et parut surpris : Lui aussi, c’était le premier homme-lézard qu’il voyait de sa vie et Garam se prit à parier intérieurement qu’il n’avait pas réalisé qu’Arali était une elfe.
Arali lui expliqua la situation, puis il vit Garam et râla :
« Désolé Garam, j’ai pas du tout fait attention…
-T’en fais pas, on est tous en faute pour ça. Avoua-t-il. Puis au moins, l’infiltration est réussie.
-Ton optimisme me fait presque croire que t’es qu’un idiot fini… Répliqua Argand avec les yeux mi-clos. »
Garam se mit à rire en guise de réponse. Welans s’approcha de Ferah, qui émergeait, Arali passa à Mira, qui revenait elle aussi du royaume des songes.
Les deux jeunes femmes passèrent par les mêmes réactions en voyant tour à tour leur environnement, Raksha, puis les oreilles pointues de Welans et Arali, qui se présentèrent à tous, une fois qu’ils furent tous revenus.
Garam demanda :
« Au passage, comment est-ce que vous vous êtes fait avoir ?
-Moment d’inattention. Commenta simplement et calmement Raksha.
-Nous deux étions en voyage, Welans s’est blessée lors d’un affrontement avec la faune locale, nous avons donc décidé de demander de l’aide dans cette ville et avant que nous ayons pu faire quoi que ce soit, on a terminé en cage. »
Garam opina, puis il fixa Ferah, qui regardait les deux elfes, avec des yeux brillants presque d’excitation. Il lui fit un sourire, qu’elle lui rendit. Ferah demanda donc :
« Vous êtes donc des elfes toutes les deux ?
-Oui. Confirma Arali. C’est assez évident il me semble.
-A vrai dire, c’est la première fois que je croise des elfes… Et un homme-lézard. Avoua Ferah en se grattant la tête. »
Les deux elfes se prirent à sourire, Raksha ne cilla pas le moins du monde. Welans demanda :
« Toutefois, je sens une présence familière en toi… Tu connais d’autres tribus elfes ?
-Ah ! Euh… En fait non. Avoua Ferah. »
La jeune femme aux cheveux bleus expliqua aux deux elfes le pourquoi du comment de la situation. Arali se prit à rire, elle déclara :
« Donc on doit la considérer comme une demi-sœur ? Non Welans ?
-Quelque chose comme ça. Avoua-t-elle, pensive. C’est bien la première fois que j’entends parler d’une telle histoire… »
Ferah rougit un peu. Elle ne savait probablement pas que tous les elfes se considéraient comme frère et sœur entre eux, même s’ils venaient de deux tribus différentes et éloignées de plusieurs centaines de kilomètres.
Raksha les coupa net :
« Un garde arrive, j’ai un petit plan pour nous faire nous échapper, mais j’aurai besoin de votre participation… A tous. »
Tous se tournèrent vers le flegmatique homme-lézard. Il expliqua :
« J’ai cru comprendre ces types assez intéressés par vous quatre. »
Il désigna les deux elfes et les deux jeunes femmes du regard, puis expliqua plus amplement :
« L’une d’entre vous, voire deux vont tout simplement leur faire du grain, me restera ensuite qu’à attraper le type, le tuer et lui subtiliser les clés. 
-Minute ! Répondit Garam. Avec tes mains attachées ?
-Il a tabassé un garde juste avant rien qu’en utilisant ses jambes. Avoua Arali. »
Les quatre jeunes gens fixèrent Raksha avec incrédulité, ce dernier se justifia :
« Rien de bien exceptionnel, ce mec savait pas se battre. Bref, des volontaires ?
-Je m’en charge. Répondit Arali. 
-Très bien, vous quatre, faites encore les endormis au sol, Welans, fais comme si tu t’étais endormie, je ferai de même.
-Et le garde va croire ça ? Demanda Mira, perplexe.
-J’ai assez vu d’humains pour savoir que ça marchera. Avoua l’homme-lézard.
-Je sais pas comment je dois prendre ça. Avoua Garam. »
Raksha n’ajouta rien de plus, Arali se redressa et déclara :
« Quoiqu’il en soit, allons-y, c’est probablement notre seule chance de nous échapper.
-Sans nos armes, on n’ira pas bien loin. Répondit Mira.
-Je pense savoir où ils les stockent, ce n’est pas loin. Expliqua Raksha. »
Plus aucune objection de formulable, ils décidèrent donc de mettre le plan de l’homme lézard à exécution.
Les quatre jeunes gens se rallongèrent au sol, tentant de reprendre à peu près leurs positions initiales. Welans s’assit sur le banc du fond et s’adossa au mur, fermant les yeux. Arali resta debout au centre de la cellule, Raksha ferma les yeux.
Le garde arriva effectivement quelques instants plus tard, il fit un rapide tour de la cellule du regard, puis se retourna, de dos à la porte. Arali s’avança et parla :
« Dîtes… »
Il se retourna, l’elfe se força à prendre une position des plus séduisantes possibles :
« Ce types aux écailles m’effraye, j’aurai besoin d’un peu de compagnie pour me réconforter… »
Garam et Argand froncèrent les sourcils, avec l’apparence et la voix utilisée par l’elfe, tous les autres auraient bien pu commencer à creuser un tunnel à la pioche que ça n’aurait pas attiré l’attention du garde. L’homme, un grand gaillard de deux bons mètres soixante, se prit à sourire comme un sauvage et, après avoir vérifié que tous les autres dormaient bien, ouvrit la cellule pour entrer et prendre Arali.
Le mouvement fut vif, Raksha sauta et courut à une vitesse ahurissante. Le bruit fut atroce, Mira se boucha les oreilles, tout comme Ferah, Welans et Arali pâlirent à la vision de ce qui venait d’arriver : Raksha avait attrapé la tête de l’homme dans ses mâchoires et, d’un mouvement sec, il lui avait broyé les cervicales, le tuant net en brisant sa nuque et faisant aussi craquer le crâne de l’homme entre ses deux puissantes mâchoires garnies de crocs.
Il rouvrit cette dernière et laissa tomber le corps sans vie de l’homme. Il cracha ensuite et râla :
« Vraiment dégeulasse… »
Il se tourna vers les autres, puis demanda, ne faisant pas de cas de leur couleur générale, qui était plutôt vers le blanc ou le vert dans le cas de Welans :
« Vous le fouillez ou non, attaché comme je suis, ce sera difficile pour moi.
-O… Oui. Répondit enfin Arali après un temps d’hésitation. »
Elle fouilla, elle trouva deux jeux de clés, elle les utilisa pour retirer les chaînes qui maintenaient les mains de Raksha. Il fit craquer ses épaules et soupira :
« Penser que j’y arriverai du premier coup.
-Quoi donc ? Demanda Welans, qui s’était un peu remise de la scène.
-A le tuer comme ça. Expliqua Raksha. Vous vous ressemblez tous, j’ai dû me repérer aux odeurs pour trouver ma cible, heureusement que ce n’était pas un des deux humaines, j’aurai très bien pu confondre et vous tuer vous au lieu de lui. »
Mira et Ferah blanchirent, Garam râla :
« Hé ! Tu peux franchement pas nous différencier à autre chose que ça ?!
-A la rigueur celle-là. Avoua Raksha en désignant Ferah d’une main. Elle sent un peu comme une elfe, c’est assez facile à ressentir, mais sinon, vous vous ressemblez tous pour moi, même au niveau de l’odeur. »
Ils se regardèrent tous incrédules quant aux propos de l’homme-lézards, exposés avec un calme bien trop effrayant à leur goût. Ils se relevèrent tous, Argand déclara :
« Donc tu vas nous guider ? »
L’homme-lézard opina, il sortit, regarda à droite, à gauche, huma un peu l’air, puis partit à droite. Les autres suivirent, ils parvinrent, après avoir longé plusieurs cellules vides, à une porte en bois. Raksha s’arrêta et déclara :
« Le stock me semble-t-il. »
Il ouvrit la porte : Dans une petite salle au sol en pierre, on trouvait plusieurs étagères, contenant des armures, des armes et plein d’autres objets, visiblement saisis aux prisonniers. Tous partirent à la recherche de leurs biens.
Ainsi, les quatre humains purent retrouver leurs armures de cuir et leurs armes. Raksha, quant à lui, portait simplement un bouclier, plus un crâne imposant qui couvrait son bras et qui était orné de plumes rouges et vertes, en fait, ainsi qu’une épée, une lame d’un bon mètre de long pour vingt centimètres d’épaisseur, forgée dans un métal noir, elle ne brillait que peu malgré les éclairages.
C’était un glaive en ébolithe, un métal assez rare qui se trouvait dans certaines régions du territoire des hommes-lézards, assez dur pour permettre de forger des armes tranchant des arbres comme du papier, mais avec cette forme, ce serait assez difficile.
Welans et Arali, elles, prirent deux armures en cuir vertes, portant des dorures en formes de feuilles ou d’animaux, des ornements sans aucun but réel à vrai dire. Welans avait un carquois attaché sur son derrière et un arc dans son dos, tous deux finement ouvragés dans un bois assez clair, probablement un des arbres des forêts millénaires elfiques, l’arc en question devait avoir des propriétés magiques, mais rien n’était moins sûr. Arali, quant à elle, portait deux dagues, somme toutes assez courtes et ouvragées dans un métal assez grossier, même si leurs lames étaient légèrement courbées et finement ouvragées, elles n’étaient pas aussi efficaces que si elles avaient été faites dans un autre type de métal, qui conviendrait bien mieux à l’image surnaturelle de son manieur, comme du mithril par exemple.
Ils se doutèrent donc qu’Arali savait utiliser la magie, Ferah confirma toutefois :
« Arali, tu te bats seulement avec ces deux dagues ?
-Non. Avoua-t-elle. J’utilise surtout la magie, mais la mienne est assez faible. »
Elle avait l’air gênée, Welans expliqua :
« En fait, j’escorte dame Arali.
-Dame ?! S’étonnèrent les quatre humains.
-Ah ? Je ne vous ai pas dit ? S’étonna Arali. Je suis issue d’une famille noble, celle de Welans sert la mienne en tant que garde du corps. »
Ils écarquillèrent leurs yeux. Welans termina l’explication :
« Et nous sommes parties en voyage sur demande de maîtresse Arali, qui souhaitait renforcer ses pouvoirs. »
Ils opinèrent tous. Un cri retentit depuis la direction d’où ils venaient, Raksha expliqua :
« Visiblement, ils savent qu’on est sortis. »
Des bruits de pas résonnèrent, deux hommes entrèrent dans le dépôt, armés de fusils et de lames respectivement. Raksha colle un coup de bouclier dans la face du premier, une flèche empêcha celui au fusil d’épauler vers l’homme-lézard en se fichant dans son épaule. Welans avait effectivement une précision diabolique à l’arc, mais Raksha s’occupa rapidement de l’homme. Le coup de bouclier avait laissé celui aux dagues au sol, baignant dans le sang de son nez, cassé. L’homme-lézard porta ensuite un coup de lame dans le torse du second homme, le faisant tomber en arrière, immobilisé par la blessure.
Le petit groupe d’humains écarquilla les yeux : Ces deux-là étaient fort, très fort.
Garam déclara :
« Raksha, nous comptons sur toi, conduis-nous en dehors de cet entrepôt.
-Entendu. Répondit simplement l’homme-lézard. »
Il se mit en marche, à un rythme assez soutenu, mais n’utilisant clairement pas la vitesse fulgurante propre à sa race. Ils se prirent tous à comprendre que Raksha faisait preuve de considération à leur égard, ce qui les fit sourire. Ils retraversèrent la salle pleine de cellules, puis trouvèrent une porte ouverte, visiblement là d’où venaient les gardes. Raksha huma l’air et déclara :
« Deux hommes à gauche et trois à droite, ils attendent, visiblement. Et un d’entre eux de chaque côté porte un fusil. 
-Je prends celui de droite, occupe-toi de celui de gauche. Répondit Welans.
-Je m’en chargerai. Répondit Ferah. »
Ils opinèrent tous, Raksha bondit en premier, rapidement, il attira leur attention, laissant une occasion pour Ferah et Welans de jaillir en premières et coller un tir chacune dans le porteur de fusil de chaque côté.
Une flèche se ficha dans la tête de celui de droite, celui de gauche reçut une balle dans l’épaule, puis une dans le torse. Les deux tombèrent lourdement au sol. Leurs camarades, portant respectivement, des dagues et une épée à gauche et un marteau à droite, se prirent à rager quand ils virent qu’ils avaient été trompés. Argand et Garam sortirent et foncèrent sur les deux de gauche, Raksha chargea celui de droite. Mira et Arali restèrent en arrière, la tireuse ne chercha pas à faire usage de son arme, elle risquait de blesser ses alliés plus qu’autre chose.
Une fois cette petite troupe éliminée, ils partirent, suivant Raksha, qui était parti à droite, dans le couloir dallé. Cet entrepôt se révéla être un immense dédale labyrinthique.
Après être passés devant plusieurs portes, le couloir bifurqua, tournant à gauche subitement. Raksha les fit tourner, il continua de les guide plus avant dans ce couloir, ils passèrent deux portes de plus, puis il se stoppa sur une d’elles, à droite. Il expliqua :
« La piste que je suis passe par là, je ne saurai pas dire ce qui est derrière, mais ça empeste, soyez prêts à vous battre. »
Ils opinèrent tous, prêts à se battre et à défendre chèrement leur peau. Raksha colla un coup de pied dans la porte, l’ouvrant pour laisser voir un laboratoire, désormais vidé. Ils entrèrent tous dans ledit laboratoire, une grande pièce de cinquante bons mètres carrés, comportant de nombreuses tables sur lesquelles on trouvait du matériel et des dossiers. De plus, on pouvait voir des tubes contenant un liquide bleuté, turquoise même, dans lesquels flottaient plusieurs créatures noires. Les quatre humains comprirent immédiatement : Ces tubes contenaient le liquide rejeté dans les égouts et ces créatures étaient infectées par le parasite dzêta !
Arali demanda :
« Vous semblez savoir ce qui se trame ici, j’ai tort ?
-Tout commence à s’assembler, en effet. Expliqua Garam. Mais tout vous dire nous mettrai en danger, je préfère donc me taire.
-Si c’est comme ça, alors faîtes donc. Répondit Raksha. »
Il contempla un peu les divers tubes, puis grommela :
« Cette chose noire… Elle empeste.
-Ah ? Demanda Argand.
-Oui, clairement, elle empeste, elle ne cherche qu’à dévorer ce qui l’entoure. Expliqua l’homme-lézard. »
Argand lâcha un « hum » : Oui, c’était un fait, cette créature s’était effectivement répandue sur le scyther, mais quel intérêt de garder cette chose et ces monstres infectés sous verre ?
Les deux elfes avancèrent un peu plus, puis Arali lança :
« Raksha, par où part cette piste que tu suis ? Je n’ai pas envie de m’attarder ici…
-Il ne vaudrait pas mieux détruire ces tubes ? Demanda Ferah.
-Effectivement. Répondit Raksha. Mais je ne pense pas qu’ils soient facilement destructibles, même en utilisant de la magie.
-Alors qu’est-ce qu’on fait ? Demanda-t-elle.
-Prévenir Lizzy ? Suggéra Argand. Je suppose qu’elle saura mieux que quiconque quoi faire avec ça. »
Ferah, Mira et Garam opinèrent, c’était la meilleure option possible. Raksha proposa :
« Bien, si vous savez quoi faire, continuons. »
Il s’avança vers une porte, au fond du laboratoire, et l’ouvrit. Ils débuchèrent sur un couloir. Après avoir marché un moment dans ce dédale qui tournait tantôt à gauche, tantôt à droite, ils arrivèrent devant une grande porte, Raksha lança :
« Quelque chose est derrière cette porte aussi, je ne peux pas dire quoi, mais on dirait… Hein ?!
-Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda Welans.
-Le type que je pistais, il s’est arrêté net… Et là-derrière, ça empeste le sang humain. Expliqua l’homme-lézard. »
Ils se crispèrent sur leurs armes, s’attendant à tout. Raksha ouvrit la porte les autres passèrent en suivant et se mirent en position, Arali derrière, Welans et Mira sur ses côtés, Ferah juste devant, Argand et Garam à ses côtés et Raksha devant.
Ce qui se trouva devant eux les fit pâlir : Des corps, des dizaines de corps, les dalles du sol étaient rougies par le sang qui s’écoulait des nombreux cadavres. Tous les hommes étaient au sol, morts, baignant dans leur propre sang. Et au milieu de tout ça, une jeune femme, dans les vingt ans, deux bons mètres quarante. Elle portait un gilet noir et rouge, ainsi qu’un pantalon assorti. Le gilet couvrait un corset noir qui mettait sa poitrine an valeur. Elle avait deux yeux orangés et de longs cheveux bordeaux qui tombaient jusque dans son dos et faisaient des pointes un peu partout.
Elle lâcha le corps qu’elle tenait, ses gants noirs étaient tâchés de sang, de plus, elle portait un bâton noire aux extrémités métalliques dans son dos.
Le cadavre toucha le sol, elle se tourna vers les nouveaux arrivants et déclara, d’une voix enjouée :
« Oh ! Les fameux prisonniers, hein ?
-Qui êtes-vous ? Demanda Welans, la mettant en joue avec son arc.
-Moi ? Appelez-moi Azalée, guerrière mage des Quatre Vents. »
Guerrière mage ?! Ils firent tous un bond à la mention de ce titre. C’était extrêmement rare d’en voir un, ces personnes avaient terminé leurs apprentissages à l’école des soldats extrêmement tôt, généralement avec un ou deux ans d’avance tant leur talent au combat était grand, mais ce n’était pas tout, ces individus possédaient des prédispositions à la magie très importantes et ainsi, après qu’ils aient terminé leur apprentissage au combat, on leur apprenait à se servir de la magie dans une école adaptée. L’inverse existait aussi, mais était déjà quelque chose de plus rare. Ces individus étaient, de manière générale, forts, extrêmement forts même, ils savaient combiner magie et combat aux armes. En affronter un était souvent difficile et ces bandits en avaient fait les frais.
Ils se détendirent tous, tous sauf Welans, Arali et Raksha, qui restaient ne garde, Argand lança :
« Hey, calmez-vous, elle a éclaté tous ces bandits, je suppose que les Quatre vents est une organisation gérée par le royaume.
-Argand. Commença Welans. Ceux qui nous gardaient et que Raksha a dissuadé de s’amuser avec nous évoquaient une certaine maîtresse Azalée, je doute que ce soit une belle coïncidence.
-Oh… Commença l’intéressée. Je vois que vous savez déjà deux ou trois choses ennuyeuses…
-Donc c’est toi qui dirige ce lieu ? Demanda Arali.
-Oui, nous, les Quatre vents, dirigeons ce lieu. Avoua-t-elle.
-Mais pourquoi avoir fait ça, c’est quelque chose qui m’échappe. Se questionna Mira.
-C’est simple, nous savons ce que nous avons à savoir et ce laboratoire avait d’ores et déjà commis trop d’erreurs, laisser ce spécimen s’échapper dans les égouts en était déjà une belle, mais rejeter des déchets facilement traçables, c’est presque risible. Donc je me suis chargé de leur faire comprendre le message. »
Elle souriait, comme si c’était normal. Les quatre humains comprirent immédiatement qu’elle parlait du scyther et des déchets qui s’écoulaient dans les égouts. Ces savants élevaient donc bien des créatures infestées par le parasite dzêta. Et leur présence expliquait comment un Carapaconeos, ce monstre des terres du Sud avait pu se retrouver ici. Elle poursuivit :
« De toute façon, nous savons ce que nous avons à savoir. »
Elle tira son bâton et, après l’avoir fait mouliner, elle se mit en garde, dans une position martial quasi parfait. Elle déclara ensuite :
« Ne m’en voulez pas, vous préfèrerez ça au sort qu’ils vous réservaient. »
Raksha fit un pas en avant, tous se mirent en garde : Elle était seule, ce n’était pas comme si elle avait de grandes chances de gagner.
Du moins c’est ce que pensait Garam, avant qu’un coup ne parte, vif, puissant. Il la vit à peine bouger tant elle se déplaça rapidement : Un coup de l’extrémité du bâton, utilisée comme une lance, qui le percuta en plein thorax, l’envoyant rouler au sol après un vol plané de trois bons mètres. Ferah s’exclama :
« Garam ! »
Argand se mit entre Azalée et lui, Ferah se pressa à ses côtés, Arali fit de même, Mira se mit aux côtés d’Argand avec Welans. Azalée se prit à rire :
« Ah, ah, ah ! Minable ! Même pas capable d’encaisser ça ? »
Garam toussa une gerbe de sang : Le coup avait été porté avec une force défiant l’imagination, comment cette fille parvenait-elle à frapper aussi fort ?! Il avait non seulement coupé sa respiration, mais en plus de ça, elle avait dû lui casser une ou deux côtes.
Arali appliqua sa main sur les blessures, un cercle de Runes s’ouvrit sous Garam, jaune clair, il brilla rapidement et, peu à peu, la douleur s’atténua. Arali expliqua :
« Mon élément est la Lumière, lancer des sorts de soin comme celui-là n’est pas très difficile, mais je ne pourrais pas en utiliser beaucoup, alors fait attention, d’accord ?
-O…Ouais. Concéda-t-il entre deux bouffées d’air. »
Azalée se remit en garde, mais au moment où elle allait charger Argand, un coup de Raksha fila droit vers elle. Elle bloqua le coup de bouclier de l’homme-lézard en plaçant son bâton verticalement face à elle. Avec pas loin de deux mètres de long pour dix centimètres de large, l’arme semblait peser un poids énorme et pourtant, Azalée la maniait comme si de rien n’était avec une efficacité plus qu’effrayante.
Elle repoussa le bouclier de Raksha en forçant sur la garde, mais ce dernier pivota sur lui-même et tenta de lui faucher la tête d’un coup d’épée. En inclinant la partie supérieure de son corps, Azalée esquiva l’attaque habilement, de plus, elle frappa le bâton du pied et se l’envoya sur le dos. En le recevant, elle prit un appui et réalisa un salto, pour frapper en abattant son arme avec plus de force. Raksha, qui venait d’échouer à la frapper, ne put que tenter vainement de parer un coup qui était de toute façon trop puissant pour qu’il ait la moindre chance d’y parvenir. Le bâton s’abattit, Raksha bloqua l’impact au-dessus de sa tête en utilisant son bouclier, qui craqua sèchement.
Aucun doute possible, cette femme frappait fort et bien, Raksha se sentit bien plus stimulé que lors des précédents combats, il se laissa donc aller à sa sauvagerie. Il tenta de lui faucher les jambes d’un coup de tranche de sa lame. Azalée esquiva en sautant simplement, une fois qu’elle retoucha le sol, elle pivota autour de son bâton et frappa le ventre de l’homme-lézard avec sa paume chargée d’éclairs. Raksha glissa au sol sur deux bons mètres. Il termina accroupi, mais se redressa bien vite.
Azalée se prit à sourire :
« Encore debout ? Vraiment pas mal, t’es plus costaud que la plupart des autres membres de ton espèce. »
En guise de réponse, il chargea en tirant parti de son agilité hors du commun. Il oublia cependant que son adversaire était un guerrier mage, l’élite des combattants humains. Pour eux, un homme-lézard n’était pas aussi rapide que pour un de leurs compatriotes dénués de talents au combat ou en magie et ce, grâce à leurs réflexes poussés et leurs caractéristiques hors du commun.
Ainsi, Azalée esquiva habilement le coup descendant qui visait à la tailler en deux depuis l’épaule. Elle contre-attaqua même en tournant sur elle-même et abattant son arme dans les côtes de Raksha, qui vola sur un bon mètre pour s’écraser lourdement au sol.
Elle soupira :
« Pas mauvais, tu manques encore un peu de force, mais c’est pas mal du tout. »
Elle était top concentrée sur son adversaire, qui se relevait tant bien que mal, pour remarquer les autres, qui eux, étaient un peu paniqués : Si même Raksha, qui paraissait si fort, ne pouvait rien faire contre elle, que pourraient-ils faire, eux ?
Welans demanda :
« Ferah, Mira, vous savez lancer des sorts ?
-Oui. Opinèrent-elles ensemble.
-Très bien… Dame Arali, essayez de combiner vos pouvoirs avec elles, si un sort triplé la touche, même avec toute sa force, cette Azalée ne pourra rien faire. »
Toutes les trois échangèrent un regard entendu, elles se mirent côte à côte. Azalée se tourna vers le petit groupe et lança, avec un sourire enjoué :
« Non, non, non. C’est vrai que face à un tel sort, j’aurai peut-être du mal à en sortir indemne, mais vous ne m’aurez définitivement pas avec ça. Et il faudrait que je vous laisse le temps de créer vos portails et tracer vos Runes, ce que je ne suis pas disposée à faire. »
Tous écarquillèrent les yeux : Comment avait-elle entendu ?!
Mais bien vite ils réalisèrent, leur adversaire savait aussi comment marchait la magie, Azalée avait dû ressentir leur énergie se rassembler quand elles s’étaient relevées, de plus, elle ne les laisserait clairement pas faire, c’était dit.
Elle se mit en garde, prête à bondir, Welans arma deux flèches en même temps et décocha, les deux traits partirent, Azalée esquiva simplement le premier en se penchant et dévia le second d’un coup de bâton dedans. Garam fila droit vers elle, abattant ses deux lames de concert et pensant profiter de l’effet de surprise. Ce fut raté, la guerrière mage para avec son bâton et lui colla un coup de boule, pour l’avertir. Elle enchaîna en lui fauchant les jambes d’un balayage de son arme, ce qui fit chuter lourdement Garam. En tenta ensuite de l’écraser avec des coups visant sa tête. Le jeune homme ne les esquiva que par pur instinct, ces derniers fissurant les dalles à l’impact.
Argand intervint, tentant un coup descendant pour trancher en deux son adversaire. Cette dernière para avec son bâton. Garam en profita pour lui coller un coup de pied joint en plein dans l’estomac. Azalée glissa sur un bon mètre et cracha une petite glaire ensanglantée. Elle ricana :
« Eh bien, c’était pas mauvais du tout ça. »
Elle planta littéralement son bâton à côté d’elle, fracturant le sol à l’impact. Elle le tenait avec seulement une de ses mains, à sa droite. Elle ferma ses yeux et souffla un grand coup. Son corps sembla briller, comme entouré d’énergie verte. Elle se dissipa d’un coup, puis, quand Azalée tendit sa main libre devant elle, le vent se déchaîna.
Elle nomme ce sort, qu’elle venait de lancer sans avoir à recourir à des incantations, ni à des Runes :
« Lames de Vent ! »
Une mage du Vent, c’était ce qui expliquait le fait qu’elle puisse soulever aussi aisément une arme aussi lourde. En utilisant sa magie, elle faisait en sorte de l’alléger en faisant porter une partie du poids par l’air autour d’elle, de plus, elle augmentait sa propre vitesse en utilisant le même genre de sorts. Azalée avait un niveau élevé et, même si elle venait d’utiliser un des sorts de base du Vent, sa puissance était suffisante pour tous les tuer d’un coup.
Les lames dansèrent devant elle, mais ne partirent pas, au contraire, elles gagnaient en violence avec le temps. Azalée cherchait très probablement à les déchiqueter tous ensembles avec son sort. Pourtant, il ne partit pas, il fut dissipé, dès que sa maîtresse perdit sa concentration, après avoir reçu un violent coup de bouclier de Raksha, qui était venu de côté. Elle se rattrapa à son bâton, afin d’éviter de tomber, son aura verte s’intensifia, elle tendit son bâton vers Raksha et, après l’avoir fait passer au-dessus de sa tête, elle tendit sa paume.
Un éclair jaillit de sa paume et heurta de plein fouet Raksha, l’envoyant rouler au sol en grimaçant, mais mettant un terme à sa charge. Elle saignait de l’arcade, visiblement, le coup porté par Raksha lui avait fait mal. Mais elle ne comprit que trop tard que cette manœuvre était une diversion. Le fait qu’elle ait à jongler avec ses sorts l’avait déconcentrée du petit groupe et l’Etincelle foudroyante qu’elle avait dû lancer pour contrer Raksha avait terminé de la faire dévier de ce qu’elle aurait dû surveiller.
Raksha lui sourit, ses crocs luisants. Azalée se tourna vivement vers les trois autres mages, ces dernières avaient toute ouvert un cercle de Rune devant elles, un cercle jaune pour Arali, un rouge pour Mira et un bleu pour Ferah. Chacun d’eux contenait une rune, en forme de quatre mais plus courbé pour Arali, un W pour Mira et un S courbé pour Ferah.
Mira parla en première :
« Calcination, extermination. Qu’ils brûlent comme les flammes de la passion. »
Ferah reprit immédiatement après :
« Avec la force d’une torrent et la déchainement des éléments, que ta lance perce leur tégument, ô Léviathan ! »
Et pour finir, ce fut Arali :
« Tel un trait qui chasse le mal et les ténèbres, chasse à présent l’ennemi, servant de l’ombre ! »
Mira avait utilisé une nouvelle fois la Salve ardente, malgré qu’elle la maîtrise mal, Ferah utilisa un Tir aqueux et Arali utilisa un Rayon luminescent, un sort de base de la Lumière qui avait un but offensif et consistait en un rayon extrêmement rapide et précis de l’élément de la Lumière.
Les trois sorts se combinèrent, le rayon, normalement blanc jaunâtre vira au bleu turquoise, de plus, il y en eut trois et non un seul. Les trois rayons partirent de concert. Azalée écarquilla les yeux et planta son bâton devant elle. Elle tendit ses mains de chaque côté de son corps et psalmodia :
« Light Horn ! J’invoque ta protection ! Que la foudre et le vent arrête cet assaut en ton nom ! »
Des éclairs et des lames d vent formèrent une véritable muraille devant elle, prenant la forme d’un cercle de Runes, gravé d’une rune en forme de K aux extrémités bouclées. La foudre comme les vents en eux même faisaient partie intégrante de l’élément du Vent, au même titre que la glace pour l’Eau.
Ce bouclier magique était puissant, il encaissa les trois rayons turquoise, qui explosèrent violemment au contact de ce dernier, soulevant un nuage de poussière, qui voila leur vue.
Quand il se dissipa, ils purent la voir, elle était là, encore debout, toujours dans cette position, mais son gilet n’était plus là, il avait été détruit lors de l’attaque. Elle était aussi légèrement brûlée un peu partout sur elle. Arali, Ferah et Mira écarquillèrent les yeux : Comment pouvait-elle avoir survécu à un tel sort ?!
Les trois mages étaient épuisées et ahanaient, elles ne pourraient pas renouveler un tel exploit. Azalée se prit à rire :
« Ah, ah, ah ! Vraiment pas mauvais du tout ! C’est bien la première fois que j’ai autant de mal à vaincre des adversaires ! Bien, puisque vous y tenez tant, je vous accorde la victoire pour cette fois. »
Elle prit son bâton et l’attacha dans son dos. Puis elle courut vers la sortie et, après avoir lancé une petite sphère au sol, elle disparut littéralement au travers d’un cercle de Runes dans lequel elle sauta.
Le petit groupe ne comprit pas pourquoi Azalée avait agi ainsi, mais la raison leur vint quand ils virent entrer le groupe de gardes de la ville, attirés par le bruit. Après quelques explications, le groupe fut autorisé à partir et, à peine eurent-ils mit un pied dehors qu’un énorme éclair frappa le bâtiment, le balayant tout simplement, lui et son contenu, ne laissant qu’un cratère fumant dans le sol. Ils écarquillèrent tous les yeux, choqués par la scène.
Ils ne purent qu’être raccompagnés par les gardes, qui avaient finalement décidé de les escorter jusqu’à l’orphelinat, pour qu’ils puissent enfin prendre un repos mérité sans provoquer de grabuge. Ainsi, ils y arrivèrent sans que personne ne déclenche d’incident à cause des membres de races différentes qu’étaient Raksha, Welans et Arali.
Ils partirent se reposer, du moins presque tous, puisque Garam décida d’aller rendre son contrat pour recevoir sa prime, le matin étant levé depuis un petit moment, et Mira devant négocier l’accueil des trois invités dans l’orphelinat avec sa mère.
Quelques instants plus tôt, au sommet du toit d’un haut bâtiment surplombant la zone industrielle.
Trois personnes fixaient un bâtiment en particulier, celui dans lequel se battait Azalée, encapuchonnées. Un cercle de Runes s’ouvrit à côté d’eux et elle arriva, visiblement assez égratignée.
Celui le plus en avant râla :
« Tu n’as pas pu tuer tous ces types sans te faire blesser, hein ?
-Ne sois pas si dur avec moi ! Il y avait des mages dans leurs prisonniers ! Et un homme-lézard avec ça en plus ! Se justifia-t-elle.
-Soit. Concéda-t-il. »
Il ouvrit un cercle de Runes et y traça rapidement une Rune complexe, qui semblait être un mélange entre un six et un W, très ondulé. Le cercle vert brilla et, dans un flash aveuglant, un éclair titanesque frappe le bâtiment, le vaporisant purement et simplement.
Azalée siffla :
« Sans pitié, comme d’habitude Zéphyr. »
Il se prit à sourire sous sa cape et répondit :
« C’est ainsi que nous sommes, nous, les Quatre vents, ne l’oublie pas Azalée.
-Oui ! Répondit-elle en souriant fièrement.
-Bien, on y va. Termina l’homme. »
Un cercle de Rune fut ouvert et une Rune y fut tracée, complexe, puis ils passèrent tous au travers de ce cercle, qui se referma de lui-même ensuite.


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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Dim 16 Juin 2013 - 20:54

Juste. Enorme. 

C'est vraiment excellent, je te félicite Sab' :°

Raksha est mon préféré pour le moment, ce mec en impose trop xD

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Lun 8 Juil 2013 - 2:04

Voilà la suite, bonne lecture à vous tous ! =)

VI. Conseil avant un voyage.

Au final, la mère de Mira accepta de recevoir et loger leurs trois invités, non sans rechigner. Raksha fut prié de garder une cape de voyage, afin d’éviter que son apparence n’effraye les plus jeunes enfants. Il accepta cette condition, sans réellement y prêter attention.
Après une bonne nuit de repos, ils décidèrent de se réunir dans le réfectoire, pour discuter plus amplement des récents évènements. Argand, qui s’était levé en dernier, les rejoignit tous autour de la table et prit place. Garam déclara :
« Bien, on a reçu notre prime, reste plus qu’à décider qu’est-ce qu’on fera maintenant.
-Je pense qu’on va pouvoir attendre Lizzy. Répondit Ferah.
-Lizzy ? Demanda Welans.
-Une mage royale et une amie. Expliqua Argand. Elle saura quoi faire vis-à-vis de ces fameux Quatre vents.
-Si vous le dites. Répondit l’elfe. Nous allons rester aussi, j’aimerai m’entretenir avec cette mage royale.
-Bien, Raksha, que fais-tu ? Demanda Garam.
-Je reste, j’ai le pressentiment qu’en restant avec vous, j’aurai ma revanche sur cette Azalée et rien qu’à cette idée, j’ai le sang qui bout. Expliqua-t-il, avec son flegme habituel. »
Ils échangèrent tous un regard : Bien, ils allaient donc vivre ensemble pendant un petit moment donc.
Mira suggéra :
« Bien, Welans, Arali, Raksha, si vous nous parliez un peu plus de vous ?
-C’est vrai qu’on ne sait pas grand-chose d’autre que vos noms. Avoua ensuite Garam, curieux visiblement.
-Et bien… Commença Arali, gênée.
-Dame Arali s’est enfuie de chez elle assez jeune pour renforcer ses pouvoirs et aider notre tribu, en lutte contre un envahisseur étrange. Expliqua Welans, sans sourciller le moins du monde.
-Dis comme ça, je passe pour une fugueuse… Soupira l’elfe blonde.
-A vrai dire, je crois que c’est bel et bien le cas, peu de personnes ont été mises au courant de votre départ. Avoua sa comparse brune avec un sourire.
-Welans ! Fulmina Arali. T’es supposée être ici pour me protéger, pas m’enfoncer, être mon aînée de dix ans ne t’octroie pas de tel droits !
-Dix ans ?! S’étonnèrent en cœur Argand, Garam, Mira et Ferah.
-Et bien, oui. Avoua Welans, j’ai actuellement quelque chose comme trois cent soixante ans. »
Elle avait eu un léger rougissement en avouant cela, ils la fixèrent tous avec de grands yeux. Argand demanda :
« C’est pas un peu beaucoup ?
-Nous pouvons vivres plusieurs siècles vous savez. Expliqua Welans. A vrai dire, cela correspond à quelque chose comme vingt-deux ans en âge humain.
-Et en âge humain, j’aurai vingt et un ans. Expliqua Arali.
-Et toi Raksha ? Demanda Garam, souriant.
-J’ai actuellement deux cent cinquante ans. Répondit l’intéressé. Cela doit être équivalent à vingt ans… Je crois. »
Il ne leur avoua pas le fait que même si cela correspondait effectivement à vingt ans en âge humain, un homme-lézard mourrait rarement de mort naturelle, la seule cause pouvant en être des maladies. Quelle que soit leur espèce, il était reconnu par ceux qui les avaient déjà côtoyés que ces créatures ne mourraient pas de vieillesse, mais seulement de maladie ou de mort violente.
Argand soupira :
« Chier, c’est donc encore moi le gamin de la bande…
-T’en fais pas va. Répondit Garam en lui collant une tape dans le dos.
-Même vu comme ça c’est pas top. Répliqua-t-il avec un sourire blasé.
-Oh ! Au passage ! Mira, Ferah, vous allez venir avec nous tout à l’heure, il est temps qu’on se trouve de l’équipement un peu plus digne de ce nom. Ajouta Garam. »
Elles opinèrent, Mira demanda :
« Il nous reste tellement de blé que ça ?
-Le contrat pour les Phalènes était payé à la quantité et vu le paquet qu’on en a tué, le type a été généreux. Avoua-t-il. De plus, il nous en reste encore un peu de la prime pour le scyther.
-Donc, arme ou armures en premier ? Demanda Ferah.
-On décide maintenant, histoire de pas crapahuter trop longtemps va. Suggéra Argand.
-De toute façon, pour l’un ou l’autre, on ira chez le père Aliand. Maugréa le grand brun. »
Ils ne répondirent que par un hochement de tête : Le père Aliand, c’était la boutique dans laquelle ils s’étaient toujours équipés, là où Lolya travaillait en tant que forgeronne pour son père. Ferah demanda :
« Mais ils font aussi des armes là-bas ?
-Oui, du moment qu’on allonge la monnaie, c’est pas un problème. Avoua le leader désigné du groupe.
-Donc armes ou armures ? Demanda Argand. Parce que je suppose qu’on a pas assez pour les deux.
-En effet… Avoua Garam. Je pense même qu’on ne va pas pouvoir tous s’équiper. »
Il avait compris ça en recomptant un peu leur argent, ils en avaient une bonne quantité, certes, mais pas une somme si énorme que ça au final.
Mira proposa :
« Je pense que Ferah et moi pouvons nous en passer pour le moment, nos armes et la magie nous suffisent.
-Certaine ? Demanda Garam. Parce qu’on a plus de chances de trouver des épées dans des lieux abandonnés que des pistolets ou un fusil.
-C’est un fait, mais on fera avec. Avoua Ferah avec un sourire.
-Excusez-moi d’intervenir… Commença Welans. Mais je pourrais vous apprendre deux ou trois choses pour améliorer votre combat à distance si vous voulez.
-Avec plaisir ! Répondirent en chœur Mira et Ferah. »
Toutes les deux avaient répondu rapidement, elles voulaient s’améliorer et Welans pourrait les y aider, c’était certain, y avait-il seulement meilleur professeur dans le combat à distance qu’un elfe ? Leur race était réputée pour leur précision diabolique dans les combats sur de longues distances.
Arali ajouta :
« Welans, tu pourrais aussi les aider à travailler leur pistomancie ? Après tout, tu es une archeromancienne toi aussi.
-Bien madame. Répondit-elle avec une légère révérence. »
L’archeromancie était un art ayant précédé la création de la pistomancie. En fait, le concept était le même, utiliser de la magie pour renforcer ses flèches, mais la plus grande flexibilité de ces dernières permettait d’avoir des résultats parfois bien plus spectaculaires et efficaces qu’avec des balles de pistolets ou fusils.
Welans s’expliqua cependant :
« Par contre, je préfère vous avertir, je ne sais pas bien utiliser mes pouvoirs du tout.
-A ce point-là ? Demanda Ferah, un peu inquiète.
-Et bien pour faire simple, le mana de Welans est bien trop instable pour qu’elle utilise ses pouvoirs correctement. Avoua Arali avec un soupir. »
Ferah et Mira opinèrent, Welans baissa la tête en rougissant un peu. Le mana, c’était l’énergie qui composait toute chose en ce monde, affilié à un des grands éléments, mais parfois à un des secondaires quand ils s’assemblaient entre eux. C’était aussi ce qui représentait l’énergie de chaque être, humain ou non, et c’était ce que les mages pliaient à leur volonté pour lancer des sorts.
Argand demanda :
« Mais, une archeromancienne aura pas du mal à apprendre des choses à deux pistomanciennes ?
-Peut-être, ça va dépendre d’elles. Avoua Welans. Elles pourraient très bien ne pas réussir à apprendre une seule de mes techniques. »
Mira et Ferah lui sourirent quand son regard se porta vers elles : Visiblement, elles étaient déterminées.
Argand s’en rassura, car avec ce genre d’état d’esprits, elles y arriveraient très probablement.
Raksha déclara ensuite :
« Si vous voulez, je pourrais peut être vous apprendre un ou deux trucs moi aussi. »
Il avait parlé à Argand et Garam, ce dernier ajouta :
« Si c’est vis-à-vis de magie, pas la peine, ni Argand ni moi n’y sommes prédisposés.
-Rien de tel, juste travailler un peu vos réflexes, vous êtes quand même assez mous. Expliqua Raksha. »
Argand et Garam eurent un sourire désabusé : Mous ? Pourtant ils se trouvaient assez rapides. Le premier demanda :
« Mous à quel point ?
-Rappelle-toi juste notre affrontement contre Azalée. Suggéra l’homme-lézard. »
Les deux humains échangèrent un regard qui se voulait entendu : En effet, ils n’avaient été capables de ne porter qu’un seul coup à la guerrière mage qui, quant à elle, s’était défoulée allègrement sur eux.
Garam déclara :
« Dans ce cas, on attaquera ça dès que possible, j’aimerai d’abord aller voir à prendre une arme pour Argand.
-Pour moi ? S’étonna le jeune brun.
-Oui. Commenta Garam. Plusieurs raisons à ça, d’abord, Mira et Ferah n’ont que des armes provisoires en attendant de pouvoir lancer plusieurs sorts d’affilée sans ressentir de fatigue, ensuite, parce que mes épées me vont très bien comme ça et n’ont pas été trop abîmées lors de nos précédents combats.
-Et enfin ? Demanda-t-il.
-Bah c’est ton anniversaire aujourd’hui, non ? Commenta le leader blond avec un grand sourire. »
Argand écarquilla les yeux. C’était vrai que c’était aujourd’hui, la date il s’en rappelait d’avant qu’il n’arrive à l’orphelinat, mais il préférait la terrer au plus profond de son esprit, avec le reste de ses souvenirs de cette époque.
Mira et Ferah lui mirent chacune une main sur l’épaule, la première commenta :
« On en avait parlé un peu ce matin, on s’est dit que pour tes dix-sept ans on pouvait bien t’offrir ça.
-Exact, même si ça m’étonne que Garam ait soulevé l’idée. Commenta Ferah.
-Hé ! Je te permets pas ! S’exclama la cible de la boutade.
-Je vois… Dans ce cas, merci à vous tous. Répondit Argand, le sourire aux lèvres. »
Garam se leva d’un bond et déclara :
« Allez ! C’est parti !
-Welans, Arali, Raksha, on peut vous laisser seuls quelques heures ? Demanda Mira, un peu inquiète.
-Sans souci. Répondit Raksha avec flegme et au nom de tous. »
Le petit quatuor partit donc, ils avaient tous pris leur équipement, afin de faire rafistoler leurs armures et réparer leurs armes.
Ils parvinrent donc devant la forge qu’ils connaissaient si bien, avec marqué sur une enseigne en bois se ballotant au gré du vent « Le père Aliand ». Garam entra, sans prendre le temps de frapper au préalable.
Le vieil homme était encore là, derrière son comptoir. C’était une véritable force de la nature, comme tout bon forgeron, ses muscles saillants en témoignaient. Il se tourna vers les nouveaux arrivants et déclara :
« Yo les jeunes ! Vous v’nez pour quoi cette fois ?
-Y nous faudrait une nouvelle arme. Expliqua Garam. Une épée à deux mains, le mieux qu’on puisse avoir pour cette somme. »
Il déposa la bourse sur le comptoir, Argand y déposa ensuite son épée en fer et ajouta :
« Si possible, comptez aussi cette épée dans l’échange. »
Le forgeron se gratta la barbe, puis il cria :
« Lolya ! »
La jeune femme entra, par la porte qu’elle avait utilisé la fois précédente. Elle demanda, avec sa voix douce, qui aurait pu la faire passer pour une jeune fille frêle si son apparence n’avait pas joué en sa défaveur :
« Oui papa ? »
Papa ? Cette phrase les étonna tous, ils pensaient que Lolya travaillait ici comme employée, pas comme la fille du gérant. Le vieil homme répondit :
« J’aurai besoin que tu voies avec le jeune brun là-bas pour une épée à deux mains. Une à trois mille max.
-Trois-mille… Répéta-t-elle, pensivement. J’ai peut-être une idée.
-A savoir ? Demanda Argand.
-Et bien… Commença-t-elle. Vous comptez en faire quel usage, déjà ?
-Principalement pour combattre des monstres, on est un groupe de Chasseurs. Expliqua le jeune brun.
-Des Chasseurs ?! S’étonna-t-elle avec les yeux brillants d’excitation. Je vois, je vois… »
Elle avait repris son calme sur la fin de sa phrase. Elle se tourna ensuite vers son paternel, qui hocha la tête. La jeune forgeronne déclara :
« Je voudrais parler un peu plus avec vous, histoire de faire quelque chose de vraiment bien.
-P-p-p-pas la peine d’en faire autant ! S’exclama Argand en bafouillant et en rougissant.
-J’insiste ! Répliqua Lolya.
-D’accord. Concéda le jeune brun, qui ne voulait pas tenter de négocier avec cette tête de mule en tablier. »
Lolya sourit, retira son tablier, ses deux gants imposants et défit son bandana. Elle portait donc simplement un tee-shirt vert et un short marron foncé. Elle déclara ensuite :
« Bien ! Allons-y ! »
Les quatre jeunes gens opinèrent et sortirent, sans vraiment comprendre où voulait en venir la jeune femme. Une fois dehors, elle les mena jusqu’à la taverne d’en face. Le bâtiment était assez spacieux, vingt bons mètres de long par dix de large, un étage avec les alvéoles réservées au habitués et plusieurs tables et banquettes disposées dans la sale en elle-même, le mur de gauche en entrant portait l’escalier qui montait, celui de droite, le long comptoir et une porte menant probablement sur des cuisines.
Elle salua le barman d’un geste de main et s’installa à une table, les quatre Chasseurs suivirent le mouvement, notant que des serveuses s’affairaient à prendre les commandes ou à servir les autres clients. Le barman lui-même arriva à la table qu’ils avaient prise. Il était grand, pratiquement trois mètres, très fin, mais assez musculeux pour imposer le respect à quiconque tenterait de mettre le souk dans son bar. Ses cheveux bruns étaient coupés courts et étaient parsemés de cheveux blancs, il devait avoir dans les trente ans, guère plus. Il avait aussi deux yeux verts pomme qui brillaient encore avec vivacité.
Il demanda :
« Salut Lolya, vous prendrez quoi ?
-Comme d’hab pour moi… Et vous ? Demanda-t-elle à ses quatre accompagnateurs.
-Liqueur de Fraiselles. Répondit Mira.
-La même ici. Répliqua Ferah.
-Souffle de Dragon pour nous deux. Ajouta Garam et désignant Argand avec lui. »
Le barman opina et partit, pour revenir quelques instants plus tard, avec leur commande. Lolya paya, ne laissant pas de temps aux autres pour négocier. L’homme partit, en leur souhaitant un agréable moment dans « Le bonheur de l’aventurier ».
Ferah demanda, voyant que la jeune femme avait devant elle un verre d’Envol de Phénix, un des alcools les plus forts du royaume tout entier :
« Dis, tu vas vraiment boire ça ?
-Bah oui. Répondit Lolya.
-T’es pas un peu jeune pour taper dans un alcool aussi costaud ? Demanda à son tour Garam.
-J’ai dix-sept ans je te signale ! S’exclama-t-elle. Et j’ai l’habitude. »
Avec un « hum » collectif, ils attaquèrent leur verre. En effet, si la Liqueur de Fraiselles ou le Souffle de Dragon étaient des alcools relativement faibles, l’Envol de Phénix était quelque chose d’assez fort pour « endormir en moins de deux les petits buveurs », comme s’amusaient à le dire les plus âgés.
Argand déclara :
« Donc, tu voulais savoir quoi au juste ?
-Vous êtes des Chasseurs, je suppose que c’est vous qui avez tué le scyther ? Demanda Lolya, avec un sérieux qui paraissait presque exagéré.
-Oui, c’est nous. Avoua Garam, avec fierté. »
Lolya baissa la tête, elle sembla sangloter un moment, Ferah s’emporta :
« Garam ! Qu’est-ce que tu lui as fait ?
-Mais rien ! Tu l’as bien vu ! Se justifia-t-il.
-Désolé, c’est moi qui… Avoua Lolya entre deux sanglots. Juste, merci.
-Euh… Une explication serait pas du luxe. Avoua à son tour Garam.
-Effectivement. Ajouta le jeune homme brun. Je veux bien que tu nous remercie, mais pourquoi ?
-En fait… Commença la jeune femme en sanglotant. Ma mère… »
Mira lui mit la main sur l’épaule, puis la ramena contre elle, pour la consoler probablement. Elle soupira et parla à son tour :
« Ne t’en fais pas, je comprends le pourquoi du comment maintenant, tu n’es pas obligée de finir. »
Ils comprirent tous de quoi il retournait, et Mira avait fait ce qu’il fallait faire. Argand demanda :
« Donc, c’est pour ça que tu veux nous faire quelque chose d’aussi bien ?
-Oui. Avoua-t-elle. J’ai même une meilleure idée.
-Du genre ? Demanda le leader du petit groupe.
-Vous comptez monter un clan, non ? Demanda Lolya.
-Un clan… Songea Garam. Peut-être, je n’ai pas encore envisagé cette possibilité. »
Les clans étaient de grands groupements de Chasseurs, généralement, ces derniers avaient beaucoup de renommée et participaient à des évènements comme les grands jeux royaux, des évènements dont la notoriété était retentissante dans tout le royaume humain.
Ils fixèrent Garam, qui répondit :
« Honnêtement, je ne saurai pas te dire, ça pourrait être pas mal, oui, mais on n’est que quatre actuellement et niveau renommée… On a fait deux contrats seulement, faudrait mieux.
-Dans ce cas, j’ai une proposition à vous faire. Répondit Lolya.
-A savoir ? Déclara le leader, intéressé.
-Je veux devenir votre forgeronne attitrée. Répliqua la jeune femme.
-Forgeronne attitrée ? Répéta Ferah.
-En somme, elle travaillera en partenariat avec nous, on lui fournit l’argent et éventuellement les matériaux, puis elle nous forge des armes uniques avec ses compétences. Expliqua Garam.
-Je vois… Avoua la jeune femme aux cheveux bleus. Et donc, du voudrais travailler avec nous ?
-Oui. Avoua Lolya. Vous êtes de véritables héros, si tout le monde ne le pense pas encore, je vous garantis qu’ils finiront par le penser, et je serai là pour vous fournir des armes et des armures de qualité ! »
Elle avait plaqué son poing sur son cœur, montrant la fierté qu’elle en tirerait. Les quatre autres échangèrent quelques regards. Ferah, Mira et Argand opinèrent, Garam déclara donc à la jeune femme, dont les yeux ambrés brillaient en attendant la réponse du leader :
« Bon, c’est d’accord, on te prends comme notre forgeronne attitrée Lolya. »
Son visage s’illumina et elle bondit presque sur place :
« Merci ! Merci infiniment ! Vous ne le regretterez pas ! »
Il se prit à lui sourire et répondit :
« J’espère bien.
-Donc, vous avez une base ou ce n’est pas encore le cas ? S’enquit Lolya.
-Euh… A vrai dire, on squatte encore à l’orphelinat dans lequel on a grandi… Avoua Garam, en se grattant bêtement la tête. »
Lolya prit une mine désabusée. Elle avoua :
« J’aurai peut-être pas dû m’attendre à autant.
-Désolé. Avoua Garam en joignant ses mains.
-Mah… Donc, Faisons les présentations et signons l’accord une fois retournés à l’atelier, vous voulez bien ? Ajouta la jeune femme brune.
-Yeah. Répondit Garam. Donc moi, c’est Garam, le leader du groupe.
-Argand.
-Ferah.
-Mira.
-Enchantée ! Avoua Lolya avec un large sourire.
-Donc, tu voulais savoir si on a une base pour quoi au juste ? Demanda Argand.
-C’est simple, pour m’installer une forge dans vos locaux, à mes frais bien sûr. Exposa-t-elle. »
Ils en restèrent sans voix : Pour son âge et sa taille, Lolya avait un sacré caractère.
Garam opina donc et demanda :
« Donc, c’est réglé ?
-En fait, un dernier truc. Avoua Lolya. J’aimerai tester quelque chose en faisant ton arme Argand. Ce n’est qu’un prototype d’arme dont j’ai eu l’idée, mais je pense qu’il pourrait aider… Vous avez des mages dans votre groupe ?
-Moi et Mira. Répondit Ferah. Je suis une mage de l’Eau et Mira du Feu.
-Excellent… ça permettra des tests plus poussés. Avoua-t-elle.
-Tests ? Répéta Garam. Tu veux pas nous refourguer une arme expérimentale quand même ?!
-De ma création ! S’exclama-t-elle. Une claymore à capsules, actionné par une gâchette !
-Capsules ? Répéta Ferah.
-Vous verrez bien, je vous montrerai ça d’ici demain matin. Expliqua-t-elle.
-Soit… Avoua Garam. Et si ça marche pas ? Je veux pas d’une arme qui nous explose à la gueule.
-Ne t’en fais pas, je m’engage personnellement à ce qu’elle marche, si ça n’arrive pas, je vous offrirai une arme classique de valeur deux fois supérieure. Expliqua Lolya avec un grand sourire. »
Garam soupira :
« Je commencerais presque à regretter ce partenariat. »
Lolya se prit à sourire, ils terminèrent rapidement leurs verres et partirent dans la forge, pour signer l’accord. Une fois l’accord signé, Lolya leur lança, avec un grand sourire :
« Dans ce cas, à demain ! »
Ils opinèrent tous et partirent, laissant leur nouvelle associée à ses affaires.
En rentrant, ils retrouvèrent Welans, Arali et Raksha, affairés à prêter main forte en cuisines. Ils s’y attelèrent aussi et prirent leur repas une fois les orphelins partis.
Une fois tous attablés, on raconta aux absents ce qui s’était passé et il fut décidé que l’après-midi serait consacré aux entraînements de chacun.
Ainsi, Welans, Mira et Ferah partirent derrière l’orphelinat, dans une sorte de cour aménagée avec plusieurs cibles contre un mur épais, celui du débarras de l’orphelinat. C’était là que Mira pratiquait au fusil, un endroit que Ferah n’avait jamais vu et qu’elle aurait aimé avoir pour s’entraîner auparavant.
Welans lança :
« Donc, c’est ici qu’on va s’entraîner ?
-Yep. Confirma Mira. C’est aussi là que je m’entraînais à tirer au fusil.
-La distance est assez faible au final, toucher la cible n’est pas difficile, même de l’autre bout de la cour. Avoua Welans.
-A ce point ?! S’exclama Mira, qui elle-même avait du mal à réaliser un tel exploit. »
Pour appuyer le geste à la parole, Welans se mit au fond de la cour, à cinquante bons mètres de la cible, elle arma sa flèche et la laissa partir, presque sans faire d’ajustements. Cette dernière fusa littéralement vers la cible, un sac de sable peint, qu’elle perfora aisément pour se ficher dans le mur. Welans sourit, Ferah et Mira restèrent sans voix : Un tel tir ! C’était fou !
Pourtant, c’était parfaitement naturel, les elfes étaient reconnus pour avoir une vision quasi similaire à celles d’oiseaux de proies, un tel tir ne demandait quasiment aucun effort de concentration à Welans.
Elle se prit à sourire, puis demanda :
« Vous ne vous sentez pas capable de faire pareil ?
-Je veux bien essayer. Avoua Ferah, souriant à l’idée de relever le défi.
-Pareil pour moi. Ajouta Mira. »
La jeune femme aux cheveux bleu et sa comparse aux cheveux rouge se mirent en position, visant chacune un des trois sacs de sable. Elles épaulèrent et, après un petit moment, les trois coups de feu partirent. Le coup de Mira manqua sa cible de deux mètres, ceux de Ferah de trois et un mètre cinquante respectivement.
Welans se prit à rire et expliqua le pourquoi du comment aux deux humaines, qui râlèrent. Visiblement, Ferah n’avait pas hérité de ce trait de sa mère.
Elle se mit ensuite à leurs côtés et leur expliqua :
« Voilà ce que je pourrais vous apprendre : Je vais réaliser ce qu’on appelle un Tir chargé. »
Les deux opinèrent, Welans prit une flèche, l’encocha sur son arc et, après avoir armé la flèche, les deux pistomanciennes purent ressentir de l’énergie se concentrer autour de cette dernière. L’énergie se concentra tellement que la flèche fut cernée d’une aura bleutée. Welans lâcha l’empennage et la trait partit, faisant exploser le sac et se fichant dans le mur, qui se fissura sur plusieurs mètres. Welans soupira, puis s’excusa :
« Désolé, j’ai du mal à me retenir quand j’en tire. »
Ferah et Mira étaient sans voix : Comment Welans pouvait-elle avoir une telle puissance ?!
A y regarder de plus près, on pouvait voir la sueur qui perlait à son front : Visiblement, ce sort avait un coût certain en énergie.
L’archère expliqua :
« C’est un sort qui demande pas mal d’énergie, mais c’est assez efficace, vous en avez eu la preuve.
-Comment tu peux faire un sort sans cercle de Runes ? Questionna la jeune femme aux cheveux bleus.
-C’est simple, ce sort n’est pas un sort lié à un élément quelconque, ce n’est même pas un sort à proprement parler. Avoua Welans. J’ai juste laissé mon énergie se concentrer sur le projectile, pas sur sa trajectoire, pour le renforcer. »
Mira et Ferah opinèrent. Elles empoignèrent fermement leurs armes, prêtes à tenter d’utiliser un Tir chargé à leur tour.
Elles épaulèrent et fermèrent leurs yeux, laissant leurs énergies se concentrer sur leurs balles et non plus sur les embouts de leurs canons. Le premier essai fut désastreux, Mira ne put pas tirer, la balle explosa dans le canon, manquant de détruire son fusil. Quant à Ferah, elle subit le même contrecoup et ses deux pistolets manquèrent d’exploser dans ses mains. Welans vit cela et exposa :
« En fait, pour éviter d’abîmer vos armes, vous devriez tenter de concentrer juste un peu d’énergie dedans pour un premier essai.
-D’accord. Opinèrent-elles. »
Elles épaulèrent de nouveau, puis concentrèrent leur énergie sur les balles, de façon bien moindre cette fois-ci. Elles purent épauler et tirer sans souci. Les coups furent tellement puissants qu’elles en tombèrent à la renverse, les trois balles fusèrent à toute allure. Le tir de Mira perfora aisément le sac de sable, le faisant exploser au passage, mais ne détériorant pas le mur. Les deux tirs de Ferah firent exploser simultanément le sac, sans détériorer le mur non plus.
Les deux jeunes femmes sur leurs derrières, elles n’en revinrent pas. Welans se prit à sourire :
« Ah ! Ah ! Ah ! Excellent ! Je ne pensais pas que vous y arriveriez dès le premier coup !
-Je… Merci. Avoua Ferah.
-Ces Tirs chargés sont moins coûteux en énergie que nos sorts réels mais plus que nos tirs magiques… Songea Mira.
-A ce propos, je pourrais vous demander comment vous faites vos tirs magiques ? Disons que j’ai du mal à en fait, ça m’aiderai peut être… Avoua Welans en rougissant un peu. »
Finalement, les trois jeunes femmes passèrent leur après-midi à s’entraîner aux divers types de tirs, magiques ou chargés.
De leur côté, Argand et Garam s’entraînèrent avec Raksha, sous le regard d’Arali, qui lisait un livre à la couverture jaune à l’ombre d’un arbre de la cour du devant, pendant que les trois autres s’affrontaient plus loin.
Raksha avait gardé sa cape, mais cette dernière ne semblait pas le gêner le moins du monde. Ils se rendirent compte lors de ce combat qu’ils manquaient cruellement de vitesse, Raksha esquivait ou parait leurs coups avec une facilité déconcertante.
Finalement, ils s’épuisèrent avant que Raksha ne commence à fatiguer, mais ils en virent à se demander s’il pouvait aussi se fatiguer. Ils furent tous les deux même légèrement blessés, lors des contre-attaques de l’homme-lézard, qui ne portait aucun coup létal a ses deux opposants humains mais leur laissait juste quelques coupures en guise de souvenir.
Au final, tous les deux tombèrent, totalement épuisés, sur leur derrière. Arali s’avança vers eux :
« Ah, là, là… J’vous jure. Raksha, tu pourrais être un peu plus doux avec eux. »
Elle s’agenouilla aux côtés de Garam, qui passa au pourpre. Elle lui lança ensuite un sort de soin léger, qui mit quelques minutes à commencer à agir. Puis elle alla vers Argand et le soigna à son tour.
C’est à ce moment-là que Mira, Ferah et Welans arrivèrent. Les deux humaines râlèrent sous le regard surpris, puis amusé de Welans. Le soir venu, ils prirent tous leur repas après une bonne douche.
Welans entama une discussion :
« Au fait, votre amie Lizzy arrive quand ?
-D’ici un jour ou deux. Avoua Argand. Du moins c’est ce qu’elle a dit.
-Je vois… Répondit l’elfe brune. »
Le repas se termina dans la bonne humeur générale, chacun y allant de son commentaire sur son entraînement, exception faîte de Raksha.
Ils partirent se coucher de bonne heure. Dans la nuit, Argand se releva, pour aller prendre un verre d’eau dans la cuisine.
Il entra dans la pièce, pour y croiser Arali et Mira, la première portant une nuisette blanche un peu courtement taillée pour elle, la seconde, elle, portait un short beige et un débardeur bleu clair court qui s’arrêtait à la moitié de son ventre.
Argand se stoppa net en entrant, lui-même ne portait que son pantalon, il était torse nu. Les deux jeunes femmes se tournèrent vers lui, Arali se prit à sourire et déclara :
« Tu tombes bien, je vous laisse. Mira, fait comme on a dit, d’accord ?
-O-o-o-o-oui ! Bafouilla la jeune rousse. »
Arali sortit, souhaitant bonne nuit aux deux jeunes gens. Face à Mira, Argand demanda :
« Euh… Il s’est passé quelque chose ?
-R-r-r-r-r-rien ! Bafouilla de nouveau Mira, en passant au rouge. »
Elle détournait le regard, comme si elle le fuyait. Il demanda :
« Mira, t’es sure que ça va ?
-Argand… Ferme les yeux s’il te plait… Dit-elle, doucement. »
Il la regarda bizarrement, mais s’exécuta, si ça pouvait lui faire plaisir. Elle déclara, avec une voix qui semblait bien plus proche désormais :
« Ne les rouvre pas avant que je te le dise, d’accord ?
-D’accord. Promit-il. »
Il attendit, puis sentit quelque chose contre ses lèvres, quelque chose de doux, de voluptueux. Le contact fut fugace, mais il avait bien eu lieu. Mira déclara :
« Vas-y… »
Il s’exécuta, pour la trouver proche de lui, très proche, trop proche. Quelques centimètres la séparait seulement du visage d’Argand, elle était presque collée à lui, ses yeux emplis de quelque chose que le jeune homme brun trouvait attirant.
Il rougit, elle était d’ores et déjà pourpre. Mira déclara :
« Bon anniversaire… »
Ses deux bras se nouèrent autour du cou du jeune homme, elle avança vers lui, qui la prit par la taille, instinctivement. Leurs lèvres se touchèrent de nouveau, bien plus longuement cette fois. Leur baiser dura plusieurs minutes, pendant lesquelles le jeune brun se sentit plein d’allégresse, de joie et de plusieurs autres sentiments qu’il n’avait jamais expérimenté auparavant.
Après qu’ils se soient séparés, Mira resta un moment dans les bras d’Argand. Elle déclara :
« Désolé d’avoir fait ça si soudainement… J’ai pensé que ce serait une bonne occasion aujourd’hui.
-Je… Je… Je ne sais pas quoi dire. Répliqua Argand. »
Il était gêné, jamais une fille ne s’était comporté de la sorte avec lui, en fait, Mira venait très probablement de lui prendre son premier baiser. Ne sachant où se mettre, il ne savait plus que faire ni comment le faire désormais, son cerveau semblait avoir bouilli. Mira se prit à sourire devant sa teinte rouge vive et déclara :
« Bien… Je vais dormir, bonne nuit Argand.
-B-b-b-b-b-b-bonne nuit Mira ! Parvint-il à bafouiller. »
Encore perturbé par ce qui venait d’arriver, Argand en oublia même de boire son verre d’eau et repartit se coucher, il ne parvint à se rendormir qu’après un long moment passé à se repasser cette scène.
Le lendemain venu, les deux jeunes gens osèrent à peine se regarder lors du petit déjeuner, le moindre croisement de leurs yeux leur arrachant un rougissement vif. Arali ricana :
« Oh, on dirait que mon idée a fonctionnée !
-Arali ! S’exclama Mira, rougissant encore plus. »
L’elfe blonde se prit à rire, Ferah sourit aussi, ayant compris de quoi il retournait, tout comme Welans. Garam se gratta la tête sans comprendre la scène et Raksha avait l’air de s’en moquer royalement.
Ferah lâcha même un « Oh, enfin » qui acheva de faire passer au pourpre la jeune femme aux cheveux rouges.
Garam changea de sujet, pour rompre le côté étrange de la scène :
« Bien, nous allons chercher ton arme cet après-midi Argand, ce matin, repos.
-Bien reçu. Avoua l’intéressé.
-Repos ? Déclara une voix depuis la porte d’entrée. Moi qui pensais que vous vous bougeriez un peu, voilà qui m’arrange. »
Ils firent tous volte-face : Lizzy était là, sur le pas de la porte, suivie de près par une autre personne qu’Argand avait connu : Un jeune homme, en armure argentée à la cape rouge vive, il avait les yeux verts pomme et les cheveux bruns en bataille. Une épée dans un fourreau finement ouvragé pendait à sa ceinture.
Les deux étrangers entrèrent, Lizzy expliqua :
« Je vois que vous avez recruté pas mal de monde depuis notre dernière visite.
-Et moi je vois surtout qu’un petit garçon à sacrément bien grandi. Avoua l’homme, du haut de ses deux mètres soixante-quinze, avec un grand sourire. »
Argand lui rendit son sourire, mais se rappela qu’il ne connaissait même pas le nom du jeune chevalier qui lui avait sauvé la vie. Lizzy s’en rendit sans doute compte et présenta l’homme :
« Voici Maxwell, un des chevaliers de la Garde Royale. »
La Garde Royale ?! S’était quelque chose de vraiment unique de voir un de leurs membres ! Ces chevaliers étaient les plus hauts gradés possibles, ils faisaient partie de l’élite qui gardait le Roi lui-même. Leur nombre était inconnu, mais si l’un d’eux se montrait quelque part, c’est que la crise en question était quelque chose d’important.
Argand se prit à se rappeler d’Asmall, le grand guerrier à l’armure couleur platine devait lui aussi être l’un des membres de la Garde Royale, ça n’aurait rien d’étonnant à vrai dire.
Souriant, Maxwell déclara :
« J’ai cru comprendre par Lizzy que vous aviez eu affaire à une certaine créature. »
Il ne souhaitait pas évoquer le parasite dzêta en présence de Raksha et des deux jeunes elfes. Argand expliqua soudain :
« Vous pouvez l’évoquer, nous avons pu apprendre l’origine de cette créature lors de notre rencontre avec eux.
-Ah ! S’exclama le jeune chevalier. Encore des témoins… C’est ennuyeux à force… Bien, je vous écoute, racontez-moi ce qui s’est passé. »
Lizzy et lui s’installèrent, Argand leur expliqua toute l’histoire. Une fois son récit terminé, Lizzy resta pensive un instant :
« Les Quatre Vents, hein ? Encore eux…
-Je commence à en avoir sérieusement marre d’entendre leurs noms, dommage que je n’ai pas pu me défouler sur cette Azalée, faire tomber un des leaders aurait aidé. Avoua Maxwell. Enfin, estimez-vous heureux de vous en être échappés, vous auriez terminés en cobayes sinon. »
Ils eurent du mal à digérer la nouvelle, Garam rompit le silence gêné qui s’était installé :
« Vous les connaissez ?
-Effectivement, ce labo n’est qu’un des leurs, cette organisation mène des recherches, des recherches sur le parasite dzêta. Expliqua Lizzy. Ce parasite, autant qu’on vous explique ce qu’on en sait. Il y a trois mois, le petit village de Ryûka, dans les terres glacées du nord n’a plus envoyé de rapport. On s’est juste dit qu’il devait y avoir eu des chutes de neiges trop importantes, alors on ne s’est pas inquiétés, d’autant que cet hiver avait été rigoureux.
-Mais ce n’était pas ça ? Demanda Ferah.
-Du tout. Avoua Maxwell. Une pierre, elle est tombée du ciel dans un glacier, non loin du village. C’est de là qu’ils sont vraisemblablement sorti les premiers de ces vers noirs. Le parasite dzêta. En contaminant la faune locale, l’espèce a rapidement changé ses mœurs et s’est montrée agressive vis-à-vis des humains.
-Vous avez pris des mesures ? Demanda Argand.
-Nous avons envoyé quelques régiments repousser les créatures, pensant qu’elles étaient devenues trop sauvages et que des survivants attendaient dans les abris de la ville… Mais ces hommes n’étaient pas prêts à combattre ce qui les a attendus. Ces créatures avaient mutées, en des formes hideuses, abominables. Lizzy m’a raconté votre rencontre avec le scyther, ce Carapaconeos avait beau être contaminé, ce n’était rien en comparaison avec celles qui vivaient là-bas… En moins d’une heure, tous les régiments furent décimés. Les quelques survivants ont pu nous faire un rapport… »
Ils avalèrent tous leur salive. Arali demanda soudain :
« Dites-moi, ces parasites, ils couvrent ceux qu’ils contaminent pour en faire progressivement leurs pantins ?
-Oui. Avoua Lizzy. C’est comme ça que ça marche, d’abord, ils forment une symbiose avec l’hôte, lui fournissant des excroissances, coupantes en général, de plus en échange d’un peu de sa nourriture. Puis soudain, quand la contamination se propage suffisamment, le parasite tue l’hôte et prends totalement possession de son corps et en fait ce que bon lui semble. »
De nouveau, ils avalèrent tous leur salive. Arali frappa du poing sur la table :
« Dans ce cas, moi, Arali Von Drakerwarch Sollicite votre aide, au nom de la famille princière des Drakerwarch !
-Princière ?! S’exclamèrent en chœur toutes les personnes présentes, Welans excepté.
-Eh bien… Je vous l’ai caché, oui. Avoua l’intéressée en rougissant un peu.
-Tu sollicite donc nôtre aide… Répéta Maxwell. Je n’aurai rien contre une preuve de ton appartenance à la famille Drakerwarch, personnellement. »
Elle releva sa manche droite, laissant voir un tatouage en forme d’aigle stylisé. Le Garde Royal laissa échapper un sifflement :
« L’Aigle princier… Je vois, ce tatouage en lui seul prouve bien tes dires… Donc, votre majesté, quel est le problème ?
-La forêt des Drakerwarch est sous l’assaut du parasite dzêta, c’est pour cela que j’ai décidé de m’en échapper, pour venir chercher de l’aide chez les humains… »
Tous restèrent pensifs, Arali avait certes menti, mais c’était pour la bonne cause. Lizzy râla :
« Cependant, mobiliser des troupes, mêmes avec l’appel d’un Garde Royal comme Maxwell, cela nous prendrait au moins une semaine…
-Une semaine… Répéta Arali. C’est long, trop long…
-Combien de temps durerait le voyage jusqu’à ces forêts ? Demanda Garam.
-Garam ! S’exclama Ferah. Tu ne penses pas à… ?!
-Arali ! S’exclama Garam. Je t’en dois une pour les soins que tu nous as gracieusement apportée cette fois-là. Alors pour cette fois-là, on fera ça sans demander d’argent. Argand ! Viens, on va chercher ton arme et notre forgeronne. Vous autres, préparez les sacs, on part dès que possible !
-Oui ! S’exclamèrent-ils tous, même Raksha. »
Maxwell se prit à sourire en voyant avec quelle aisance le jeune blond commandait ses troupes. Il déclara :
« Je suppose donc que les retrouvailles ce sera pour plus tard.
-Effectivement. Avoua Argand.
-Soit, dans ce cas, je vais vous faire confiance et mobiliser les troupes pour vous venir en soutien. Expliqua le Garde Royal. Toutefois, attendez-vous à croiser des membres des Quatre Vents là-bas. »
Tous opinèrent, ils se séparèrent du duo de guerriers du royaume, qui partit préparer la mobilisation.
Argand et Garam arrivèrent en courant presque à la forge de Lolya, qui les attendait sur le pas de la porte, une mallette posée devant elle. Elle les vit et leur sourit, ils le lui rendirent, mais Garam expliqua rapidement :
« Lolya, t’es notre forgeron, non ?
-Oui pourquoi ? Répliqua la jeune femme.
-Alors fait tes bagages ! On part dans une forêt elfiques pour défendre un royaume ! Expliqua le leader, contenant à peine son excitation. »
Les yeux ambrés de Lolya brillèrent soudainement, elle tendit sa mallette à Argand, expliquant rapidement :
« J’étais vraiment pressée de vous la montrer mais cette perspective de voyage m’excite presque plus ! J’en ai pour cinq minutes ! »
Elle rentra rapidement, laissant Argand ouvrir sa mallette, admirant ainsi une épée à la lame longue qui s’effilait à la pointe. La garde était faite dans une matière rouge qui était souple mais le faisait pas mal aux mains en la prenant, on pouvait aussi voir une gâchette sous cette dernière, ainsi qu’une pierre rouge au bout de la garde.
Argand la prit, mais constata qu’il y avait aussi une ceinture, contenant plusieurs capsules en forme d’ellipses et en verre. Lolya sortit et expliqua :
« La lame est couverte de rainures, la pierre au bout de la garde est chargée en Mana, en appuyant sur la gâchette, on le laisse infuser dans la lame pour la renforcer avec des éléments. Les capsules vides sortent toute seules et sont rechargeables par des mages, l’intérêt d’en avoir plusieurs et d’éviter d’avoir à attendre un rechargement par un mage, ce qui l’épuiserait un peu. »
Argand et Garam écarquillèrent leurs yeux : C’était une sacré arme qu’ils tenaient là !
Argand rangea l’épée dans son fourreau sur son dos et attacha sa ceinture à la taille. Lolya termina :
« J’ai mis une première recharge en utilisant mon propre Mana.
-Tu sais utiliser la magie ?! S’étonna Garam.
-Quelques rudiments de l’élément de la Terre. Avoua-t-elle en rougissant un peu. »
Les deux jeunes hommes se prirent à sourire, Lolya portait un sac massif sur ses épaules, ainsi que les mêmes vêtements que la veille. Elle déclara :
« Bon, on y va ? »
Le trio rejoignit les autres à l’entrée de l’orphelinat et, sous le soleil de cette après-midi, le groupe nouvellement formé et armé se mit en route, quittant pour la première fois Karzak pour les forêts elfiques de Drakerwarch, afin d’aider la famille d’Arali contre le parasite dzêta et les Quatre Vents.

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Mes fics, merci aux lecteurs Smile : http://m-h-p-2.forumactif.fr/les-fics-f33/les-chroniques-d-asfallon-t15313.htm#179173

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Le RP y a que ça de vrai ! =P
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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Ven 12 Juil 2013 - 1:40

Damn, ça gère trop !

Raksha... C'moi où il est toujours en mode : Like I give a fuck to dat shit. xD

Maxwell... Comme le rival de Night, tiens xD

En tout cas, hâte de voir la suite ! =) C'est génial !

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Sam 13 Juil 2013 - 2:30

Il est tard certes, mais voilà la suite donc je vous souhaite bonne lecture ! et à bientôt pour la suite !

VII. En route pour Drakerwarch, terre elfique.

Ils quittèrent la ville de Karzak en début d’après-midi, sous un soleil qui montait déjà haut dans un ciel bleu azur. Raksha portait encore sa cape, afin que personne ne soit effrayé par son apparence. Arali, Welans et lui attendaient après les portes de la ville, grande ouvertes comme à leur habitude.
Les autres, eux, attendaient un peu avant la porte et fixaient la vaste étendue verte que représentaient les plaines qui cernaient la ville. Après une grande inspiration, les cinq membres du groupe restant passèrent la porte et sourirent béatement. Raksha s’enquit :
« Un problème ?
-A vrai dire… Commença Garam en rougissant un peu. C’est la première fois qu’on sort de notre plein gré de cette ville, ça nous fait un peu bizarre.
-Oh ! S’étonna Arali. C’était exactement pareil quand Welans et moi avons quitté nos forêts pour la première fois. »
Welans opina, pour confirmer les dires de sa camarade elfe. Puis Argand s’avança, pour demander :
« Donc, on est à combien de marche de vos forêts ?
-Trois jours. Expliqua Arali. Les forêts de Drakerwarch sont nommées les bois d’Archwood par les humains si j’ai bonne mémoire.
-Archwood ?! S’étonna Garam. On va crapahuter jusqu’à cette ville de bûcherons ?!
-Oh, je vois que tu connais les humains qui vivaient ici. Répondit juste Welans.
-Vivaient ? Répéta Ferah.
-Ils ont été les premières victimes des attaques du parasite. Exposa l’elfe brune. Et dire qu’on était parvenus à des accords de non-agression de notre part s’ils s’engageaient à détruire seulement certaines parties de la forêt et durant certaines périodes… C’est rageant. »
Ce n’était pas la première fois que de tels accords étaient passés entre humains et elfes, mais ces derniers étaient assez rares pour être notés. En général, les elfes concédaient aux humains certaines parties de leurs forêts, qui dépérissaient où qui devenaient trop sauvages, et en échange, ces derniers s’engageaient à ne pas outrepasser les frontières des zones que l’on leur laissait couper sous peine de sanctions rapides et précises, telles que des volées de flèches entre autres.
Les cinq humains rejoignirent leurs compagnons de voyage et le petit groupe se mit en marche, dans les plaines verdoyantes qui bordaient Karzak. Les routes, faites en terre le plus souvent, étaient assez sûres en bordure de villes, en revanche, quand elles traversaient des forêts, il n’était pas rare qu’elles soient soumises à des barrages de bandits ou des lieux de chasse pour des monstres en quêtes de proies faciles, comme des marchands. Ces deux raisons principalement faisaient que la plupart des gens sur les routes partaient soit en groupes armés, soit escortés par des mercenaires, des gardes, voire de chasseurs.
L’itinéraire du groupe traversait les plaines de Karzak, puis plongeait dans une forêt, celle de Rotenwood, dans laquelle on entrait par le village d’Erhis, village qui servirait d’étape pour la première nuit au petit groupe. Pour la seconde nuit, ils avanceraient dans la forêt jusqu’à arriver dans sa partie la plus profonde, après avoir traversée le ravin de Morenhorn, les bois elfiques d’Archwood et son petit village de bûcherons éponyme. Le village devait avoir été installé ici pour recueillir le bois des forêts elfiques, qui était d’une qualité bien supérieure à celui d’arbres normaux, et c’est dans une auberge peu avant le ravin qu’ils traverseraient.
Le petit groupe commença donc sa marche, guidée par Welans et Arali. Le rythme était assez peu soutenu et Garam, Ferah, Mira et Argand se prirent à s’inquiéter du fait que Lolya porte un sac énorme sur ses épaules. En effet, le sac mesurait bien un bon mètre quatre-vingt de haut pour un mètre soixante de large, ce qui en faisait un imposant paquetage pour la jeune forgeronne. Du haut de ses deux mètres vingt, elle portait pourtant le lourd paquetage avec facilité, ce qui paraissait déconcertant au vu de sa carrure, qui n’était pas du tout musculeuse. Elle leur expliqua que la magie de la Terre lui permettait de se renforcer physiquement sans prendre de masse musculaire, ce qu’elle trouvait pratique pour conserver une certaine féminité malgré son métier.
Pendant le trajet, la jeune forgeronne conseilla à Ferah et Mira, puis à Arali, quand elle apprit qu’elle savait utiliser l’élément de la Lumière, de recharger une des capsules d’Argand chacune, histoire que l’arme puisse être rodée avec chaque élément. Elle déplora cependant l’absence de mages du Vent et des Ténèbres dans le groupe, ce à quoi Garam répondit qu’il ne comptait recruter que des personnes de confiance et qu’il ne connaissait personne qui l’était dans l’un ou l’autre des domaines.
Leur voyage dans les plaines de Karzak leur permit d’admirer des troupeaux de Goliath qui paissaient paisiblement. Ces gigantesques scarabées de cinq bons mètres de haut pour le double de long étaient une des principales sources de nourriture dans le pays. Disposant de six pattes solides dont les deux premières étaient ornées de faux coupantes comme des épées, ils portaient une épaisse cuirasse naturelle de couleur bleue sombre, ainsi qu’une corne sur le front, corne pouvant mesurer deux bons mètres de long pour cinquante centimètres de large. Ces monstres, en dépit de leur apparence, étaient pacifiques et produisaient un nectar que les humains récoltaient comme une denrée, qui se révélait très nutritive.
Les quelques spécimens qu’ils croisèrent étaient des Goliath appartenant très probablement à un éleveur de Karzak, en effet, ces derniers étaient de bien trop puissantes bêtes pour être enfermées, ils les laissaient donc paître et venaient récolter le nectar une fois par mois environ, escortés par des gardes, ou des chasseurs, afin de les protéger des monstres de la région.
D’ailleurs, les monstres de la région commençaient d’ores et déjà à faire leur apparition, plusieurs troupeaux de sprinters passèrent au travers de leurs chemins ou sur les zones avoisinantes. Ces gigantesques oiseaux aux ailes atrophiées et aux pattes puissantes étaient des prédateurs parmi les plus rapides dans ce genre d’environnements. Leurs plumages aux couleurs bleues ou vertes irisées luisaient au soleil, ces créatures tuaient leurs proies à l’aide de leurs becs puissants et tranchants. Un seul coup de bec d’une de ces bêtes pouvait aisément séparer un homme de son bras, et un coup de leurs puissantes pattes pouvait abîmer des plaques de fer, à condition qu’il ne soit pas de trop bonne facture.
Ils en virent deux troupeaux, un de cinq individus qui courait rapidement au travers de la route, suivant quelque chose visiblement, et un d’une dizaine d’individus, qui se repaissait autour d’un Goliath fraichement tué.
Mais ce ne fut pas tout, Raksha leur dit qu’une entité très puissante les surveillait depuis leur départ, quand ils demandèrent de quoi il s’agissait, Arali et Welans avouèrent avoir aperçu à plusieurs reprises l’immense silhouette bardée d’écailles vertes d’un dragon dans les cieux.
Un dragon, une des créatures les plus majestueuses et les plus puissantes qui soit. Les différentes espèces se caractérisaient par la couleur de leurs écailles, et ceux aux écailles vertes étaient assez courants à vrai dire. Aucun des humains n’en avait jamais vu autrement que par des illustrations dans des livres ou dans des histoires de comptoir. Garam demanda toutefois :
« Un dragon aussi près de la ville, c’est pas un poil dangereux ?
-Pas vraiment. Commença Raksha. D’une part, les dragons sont des créatures assez intelligentes pour éviter un conflit, celui-là ne nous suit très probablement que pour s’assurer qu’on n’attaque pas son repaire.
-Et d’autre part ? Demanda Ferah, curieuse.
-C’est un dragon vert, pas un des plus agressifs à vrai dire. Termina l’homme-lézard. »
Il avait raison sur ce point, même s’ils pouvaient atteindre une vingtaine de mètres de long pour cinq ou six de haut, voire plus s’ils dressaient leur immense cou, les dragons verts étaient de nature pacifique. Ils étaient toutefois dotés des mêmes armes monstrueusement puissantes que leurs congénères : Des ailes puissantes permettant un excellent et rapide vol, des griffes acérées et capables de fendre des murs de maisons entiers d’un simple coup, des crocs tranchants capables de tailler des Goliath en deux et pour finir, un corps musculeux au possible, capable de produire des flammes.
Toutefois, et malgré cet arsenal effrayant, les dragons verts n’étaient agressifs que si provoqués, contrairement à certains de leurs congénères, connus pour leurs méfaits tels que les dragons rouges ou noirs, les derniers était un fléau reconnu à travers le royaume.
Le petit groupe d’humains opina, rassuré par les dires de Raksha, mais tout en se demandant où l’homme-lézard avait-il pu apprendre tout ça. Le chemin se poursuivit encore, le petit groupe fit une pause à la moitié de l’après-midi, après quelques bonnes heures passées à crapahuter dans les vertes plaines de Karzak.
Ils s’installèrent au pied d’un groupe d’arbres, qui bordaient un lac assez petit mais à l’eau claire. Mira souffla un grand coup et se laissa tomber dans l’herbe, son sac déposé préalablement contre le tronc de l’arbre. Argand était assis contre un tronc, Garam à côté des sacs à dos avec Ferah, Lolya dormait sur les genoux d’Arali, qui lisait son grimoire. Welans continuait de faire le guet soutenue par Raksha, qui était grimpé dans l’arbre contre lequel étaient posés les sacs à dos.
Ferah demanda :
« Des nouvelles de notre pote à écailles ?
-Il s’est lassé de nous suivre on dirait, ça fait un moment que je ne l’ai pas aperçu. Avoua Welans.
-Et moi j’aimerai que tu parles de lui avec un poil plus de révérence. Déclara Raksha, avec son calme habituel.
-Ah ! Désolé Raksha, mauvaise habitudes humaines je crois. S’excusa la jeune femme aux cheveux bleus. »
L’homme-lézard ne répondit pas, mais il parut satisfait que Ferah se soit au moins excusée. Arali lança à sa compatriote :
« Welans, tu peux te détendre un peu, Raksha est là-haut et je doute qu’il laisse passer quoi que ce soit sans prévenir.
-Comme vous voudrez. Répondit l’elfe brune à sa compatriote. »
Elle posa son arc à côté des sacs, puis fixa le lac. Arali commenta, toujours sans lever son nez de son grimoire :
« Envie de piquer une tête peut être ?
-Presque. Avoua-t-elle. Si nous n’étions pas pressés, je l’aurais probablement fait.
-C’est vrai que ce lac me fait aussi envie… Tu te rappelles de l’allé ? Demanda la blonde.
-Oh ! S’esclaffa Welans en rougissant et détournant son regard d’Arali. Oui, je m’en rappelle.
-Il s’est passé quoi ? Demanda Garam, curieux.
-Je préfère ne pas en parler avec deux mineurs qui nous écoutent. Répondit Arali avec un clin d’œil et en lui tirant la langue. »
Mira et Ferah, qui s’étaient tournées pour écouter la réponse passèrent au rouge vif en un instant. Garam et Argand, eux, ne comprirent pas le pourquoi du comment de cette réponse. Raksha surveillait encore les alentours sans prêter attention à la petite compagnie à ses pieds et Lolya dormait paisiblement, pendant qu’Arali lui caressait machinalement les cheveux, qu’elle avait séparés de leur bandana pour l’occasion, laissant voir leur couleur châtain aux autres membres du groupe.
Arali demanda :
« Au passage, Argand, cette arme qu’elle t’a fait, tu voudrais pas l’essayer ?
-Et sur quoi ? Demanda-t-il. En plus de ça, vous avec tout juste rechargé une sphère chacune, vous devez toutes être fatiguées, je voudrais pas vous réveiller en foutant du bordel.
-Et considérant avec ça ? Répondit l’elfe en souriant. J’en viendrais presque à la comprendre. »
Elle avait appuyé le « la » d’un regard vers Mira, qui passa au pourpre et se tourna vivement sur le dos, pour regarder le ciel. Argand rougit aussi, Arali termina :
« Mais soit, nous reposer un peu ne nous fait pas de mal non plus. Welans, je pense que tu peux aller te baigner, le temps presse certes, mais on n’atteindra pas l’auberge si on part d’ici sans s’être au préalable reposé un minimum.
-Bien. Répondit l’elfe brune. Merci.
-Bah ! S’exclama Arali. Tu sais très bien que je ne pourrais pas te refuser un plaisir de temps en temps. »
Welans sourit simplement et partit vers le lac. Elle s’arrêta sur le rivage et se tourna rapidement :
« Raksha, Argand, Garam, tentez ne serai-ce qu’un regard et je vous tue, clair ?
-Tu vas quand même pas te mettre nue ?! S’exclama Garam, cachant tant bien que mal son rougissement.
-Bien sûr que si. Répondit Welans, comme si c’était naturel. L’eau de ce lac est pure, ce serait insultant d’y entrer avec ma tunique. En plus de ça, je n’ai pas de change autre que pour mes sous-vêtements.
-Welans… Commença Arali.
-Oui madame ? Répondit l’elfe brune.
-En fait, oublie cette idée de bain, on verra ça une fois rentrée à la maison, tu veux ? Suggéra la blonde, pour mettre un terme au conflit d’idéaux qui démarrait.
-Comme vous le voudrez. Répondit l’intéressé en rattachant la boucle de la ceinture de sa tunique, qu’elle avait défaite en parlant avec Garam. »
Elle regagna donc le reste de la troupe et s’assit au pied de l’arbre restant, pour s’y endormir assez vite en fait.
Ferah demanda ensuite, en s’allongeant dans l’herbe :
« Raksha, comment tu savais autant de choses sur le dragon de tout à l’heure au fait ?
-Ma tribu voue un culte aux dragons, c’est donc nécessaire de savoir lesquels vénérer pour en tirer profit et pour éviter de finir en casse-croûte pour dragon. Expliqua-t-il. »
Ils opinèrent tous, Raksha termina :
« En plus de ça, j’ai assez voyagé en territoire humain pour apprendre deux ou trois choses utiles sur les dragons.
-Tu serais capable d’en abattre un ? Demanda Garam, avec un sérieux surprenant.
-Si c’est sur le point de vue de l’éthique, je pourrais sans souci, reste le point de vue pratique qui est une autre paire de manches. Répondit-il. »
Devant la mine déconfite du blond aux yeux vairons, Ferah traduisit :
« En gros ça le dérange pas, mais encore faut-il qu’il soit capable de le tuer dans la réalité.
-Ah ! S’exclama simplement Garam. Je comprends mieux, merci princesse.
-Princesse ? Répéta Arali. Je ne savais pas que je n’étais pas la seule à porter ce titre ici.
-Ah ! Bafouilla Ferah. N-n-n-n-n-non ! En fait… C’est… Euh… Différent ! Oui ! C’est ça !
-C’est-à-dire ? Demanda l’elfe en penchant la tête de côté et fronçant les sourcils en signe d’incompréhension.
-C’est juste affectif. Répliqua trop franchement Garam, ce qui termina de faire virer au pourpre Ferah. J’ai pris l’habitude de l’appeler comme ça. »
Il avait dit ça sans aucune gêne, avec une franchise qui déconcerta même Arali. Tous ouvrirent grand les yeux, exception faite, comme d’habitude, de Raksha, qui surveillait encore les environs. Arali rompit le silence :
« Euh… D’accord. »
Un nouveau silence s’installa, bien plus long, Garam nota la couleur pourpre de Ferah et lui demanda :
« Ferah, ça va bien ? On dirait que t’as pris le soleil.
-Ta gueule, idiot ! S’exclama-t-elle en se tournant vivement pour lui présenter son dos. »
Il se gratta la tête sans comprendre le pourquoi du comment, pourtant évident, de sa réaction. Arali se prit à rire, un rire léger et cristallin, qui paraissait presque irréel.
L’heure qui suivit leur servit surtout à se reposer, Ferah, Lolya, Arali et Mira s’étaient endormies, Welans était encore assise contre son arbre, Raksha à la cime du sien, Garam dormait aussi, les yeux tournés vers le ciel et Argand était allongé. Il demanda :
« Dis-moi Welans ?
-Hum ? Répondit l’intéressée.
-Vous êtes toutes comme ça ?
-Pardon ?! S’énerva l’elfe.
-Ah ! Excuse-moi. Répondit-il. Je voulais juste savoir si tous les elfes étaient comme vous deux.
-Ah ! Comprit-elle. En fait, madame Arali a toujours été comme ça, elle aime que les choses aillent dans son sens et jouer des tours aux gens de son entourage.
-J’ai cru comprendre. Avoua Argand en souriant.
-Ah, ah… Ricana l’elfe. Et dire que je marche aussi alors que je la côtoie depuis des années…
-Ah ? S’étonna le jeune brun.
-Oui, tout à l’heure en a été le parfait exemple. Avoua Welans. Malgré ce qu’elle a dit, j’ai juste eu le privilège de lui laver le dos.
-Privilège ?! S’étonna le jeune humain.
-Oui, seules quelques servantes tirées sur le volet ont le droit de faire cela. Exposa l’elfe. Madame Arali est une princesse au sens propre du terme, même pour moi, qui ai grandie avec lui, le droit d’accès à son bain m’est refusé, alors tu comprends le fait que j’ai pu apprécier un tel honneur. »
Argand opina, c’est vrai que de la façon dont l’avait dit Arali, la confusion avec autre chose pouvait être facile. Le jeune homme demanda :
« Mais… Elle a donc grandi dans un cadre luxueux, et toi aussi non ?
-Oui. Répondit simplement l’elfe. Mais c’est rare de la voir s’ouvrir autant à d’autres personnes qu’aux membres de sa famille. Et pour cela, je vous en suis reconnaissante. »
Son visage avait affiché un sourire bienveillant, Argand ne put que répondre avec un sourire lui aussi. Welans déclara ensuite :
« J’ai cru comprendre que ce qui est arrivé avec Miranda était aussi le fait de madame Arali ? »
Argand passa au pourpre, l’elfe se mit à rire légèrement. Puis elle termina :
« Prends bien soin d’elle, elle a l’air de quelqu’un de bien.
-S… Si tu le dis… Bafouilla Argand, sans réellement savoir ce qu’impliquait cette réponse. »
Welans lui sourit, elle déclara ensuite :
« Pour répondre à ta question, non, tous les elfes ne sont pas tous semblables à madame Arali ou à moi-même. Nous sommes mêmes des exceptions à vrai dire, les anciens sont très imbus d’eux-mêmes, ils refusaient obstinément de demander de l’aide aux humains et régler le souci eux même. Quant aux sujets, généralement, ils sont bien trop révérencieux envers nous deux pour être honnêtes, donc je ne saurais pas dire. »
Argand opina, l’elfe brune suggéra :
« Bien, si on réveillait tout le monde ? Voyager de nuit est dangereux pour des humains et j’aimerai autant éviter d’avoir à tous vous surveiller. »
Raksha se laissa tomber de son arbre, lourdement, puis déclara, en se redressant :
« Je suis on ne peut plus d’accord. Autant partir et arriver à cette auberge avant la nuit. »
Argand opina et il partit réveiller Mira, sur l’ordre non discuté de Welans qui souriait. Ce faisant, la jeune femme aux cheveux rouge rougit légèrement en voyant Argand à ses côtés. Il l’aida à se relever, elle se retrouva assez proche de lui, elle se mordit les lèvres, comme pour se retenir de quelque chose, mais cela la fit paraître bien plus attirante aux yeux du jeune homme brun. Tous les deux restèrent un petit moment à se fixer dans le blanc des yeux, rougissant, Argand tenant encore la main de Mira.
Arali, fraîchement réveillée par Welans se prit à sourire devant cette scène, tout comme Ferah, qui avait été réveillée avec Garam par Raksha. Lolya, elle, s’étira en bâillant, tirant les Argand et Mira de leur torpeur contemplative, ce qui leur arracha un bafouillement et un empourprement communs.
Le petit groupe se remit en marche sur ces entre-faits, chacun récupérant son sac et son équipement. A ce propos, tous les humains du groupe, Lolya exceptée, portaient leurs armures de cuir, ainsi que leurs armes, en prévision d’un éventuel combat en chemin. Il était aussi prévu que la jeune forgeronne se réfugie derrière un des membres du groupe au moindre danger.
Le reste de journée fut tranquille, le groupe croisa même une caravane de marchands, qui prenait la direction de Karzak. C’est cette même caravane qui leur indiqua que la route jusqu’à Erhis était dégagée de tout dangers.
Ils marchèrent pendant le reste de la journée et, effectivement, la route était dégagée. Ils entrèrent dans le village, il comportait plusieurs maisons organisées en lotissements, un bon millier d’âmes résidaient dans ce village. Ce dernier comportait, en plus des installations de base comme une mairie ou une caserne, deux ou trois magasins, dont une forge et deux auberges.
Le petit groupe se rendit dans l’une d’elles, le chant des sylvaniens, elle n’était pas bien grande, trente mètres de long pour une vingtaine de large, deux étages. Une auberge bien basique, construite en pierres et avec une enseigne en bois peinte à la main, comme la majeure partie des auberges Asfallanes.
Raksha avait été prié de garder sa cape et de ne pas laisser paraître le moindre bout de sa peau, provoquer la panique aurait été bien plus aisé dans un village comme celui-ci que dans une grande cité comme Karzak.
Argand poussa la porte en premier, le reste du groupe suivit. Le hall d’accueil était assez grand, dix mètres par cinq. On y voyait des escaliers qui montaient au premier étage, puis grimpaient au second, ainsi qu’un comptoir derrière lequel se trouvait un tableau couvert de niches pour les clés des locataires. Entre ce tableau et ce comptoir se trouvait une femme, portant une robe longue, qui ressemblait presque à un kimono. Cet habit, visiblement cher, était rouge avec plusieurs dorures un peu partout. La femme était assez petite, deux mètres tout au plus, brune avec de longs cheveux attachés en un chignon et les yeux verts clairs. Le kimono laissait très clairement apparaître ses formes opulentes, qui faisaient clairement concurrence avec quelqu’un comme Lizzy, ce qui tranchait d’ailleurs avec le corps presque frêle de la femme.
Elle se tourna vers les nouveaux venus et s’inclina respectueusement :
« Bienvenue au chant des sylvaniens, puis-je vous aider ?
-Oui. Avoua Argand. Vous disposez de quel type de chambres ?
-Simples, doubles ou quadruples. Répondit la femme. Les tarifs sont affichés ici. »
Elle désigna d’un mouvement de sa main un présentoir sur lequel était attaché un bout de papier, qui récapitulait les prix des chambres dans l’établissement.
Argand s’avança vers ledit présentoir et s’approcha ensuite du reste du groupe, pour qu’ils puissent parler entre eux :
« Prendre deux chambres quadruples nous reviendrait moins cher.
-Puisqu’on en parle, on a plus un rond. Avoua Garam. Désolé de ne pas avoir pensé à ça…
-Ne t’en fais pas, ce soir, vous êtes mes hôtes. Répondit Arali avec un clin d’œil. »
Elle fouilla rapidement dans son sac et en tira une petite bourse qu’elle tendit à Argand. Ce dernier s’avança près du comptoir et demanda :
« Deux chambres quadruples, juste pour cette nuit.
-Voici vos clés. Répondit la femme en décrochant deux jeux de leurs niches. Les deux chambres sont au premier étage. Le dîner sera servi dans le bar dans une heure environ, passez par la porte entre les escaliers pour y accéder. »
Ils opinèrent puis montèrent au premier étage pour se retrouver devant deux portes numérotées. Arali déclara :
« Hum… Maintenant reste la question de la répartition des lits.
-Ah ! J’avais oublié ça aussi. Avoua Garam en se frottant l’arrière du crâne. »
Arali resta pensive un petit moment, puis elle proposa :
« Je pense qu’on pourrait faire comme ça : Ferah, Mira, Garam et Argand dans une des chambres, Welans, Lolya, Raksha et moi dans l’autre. Ça vous va ? »
Ferah et Mira allaient protester, mais Garam les devança :
« Ouais, impeccable… Au passage, t’as aussi besoin de dormir Raksha ?
-Pas vraiment. Avoua l’homme-lézard. J’ai eu l’impression de me traîner aujourd’hui en marchant à votre rythme. »
Sa franchise était inquiétante, mais Garam se prit à rire et s’excusa :
« Ha ! Ha ! Ha ! Désolé ! D’ici peu devrait y avoir de l’action toutefois.
-J’espère bien, j’ai tout sauf envie de rouiller. Répondit calmement l’homme-lézard. »
Garam se mit à rire, les autres ne comprirent que très peu ce genre d’humour. Ils entrèrent donc dans leurs chambres, selon la disposition qu’Arali avait proposée.
Les chambres étaient assez spacieuses, environ six mètres de long sur quatre de large. On trouvait quatre lits, deux de chaque côté, bordés d’une table de nuit et d’une commode pour ranger ses affaires. De plus, on voyait une table, juste devant la fenêtre, probablement pour que les occupants de la chambre puisent discuter tranquillement.
Ferah et Mira se mirent d’un côté, Argand et Garam de l’autre. La jeune femme aux cheveux bleus râla :
« Sérieusement… Qu’elle soit joueuse je veux bien, mais là, Arali abuse carrément.
-De quoi tu causes ? Demanda Garam.
-Toi tu te tais idiot ! S’exclama Ferah en rougissant.
-Chef oui chef ! Répondit le jeune blond aux yeux vairons en souriant. »
Elle soupira, Garam ne comprit pas du tout ce qui gênait, mais Argand comprit lui, pour une fois. Il s’excusa :
« Désolé, on aurait pas dû laisser la décision à Garam…
-Pas grave, le mal est fait. Soupira Ferah. De toute manière, c’est juste pour cette nuit, ça devrait aller. »
Elle demanda ensuite :
« Bon, vous pourriez sortir ?
-Pourquoi donc ? Demanda Garam.
-Parce qu’on va peut-être se changer ! S’exclama Ferah en réponse. »
Craignant son ire, Argand et Garam se précipitèrent dehors. C’est là qu’ils croisèrent Raksha qui attendait, bras croisés, adossé à la porte.
Garam plaisanta :
« Toi aussi tu t’es fait jeter ?
-Oui. Répondit-il sans aucune émotion. »
Garam se prit à sourire et décida qu’il faudrait attendre. Lolya sortit en première, portant les mêmes vêtements que lors de la journée, Arali et Welans suivirent bientôt, portant toutes les deux leurs tuniques vertes claires sur un pantalon noir. Pour finir, Mira et Ferah sortirent, la première portant une haut noir ainsi qu’un short beige et la seconde un short ocre et un tee-shirt bleu.
Les deux jeunes hommes entrèrent se débarrasser de leurs armures et ils rejoignirent le reste du groupe dans la salle de repas, vêtus plus casuellement de tee-shirts noirs et de pantalons assortis
Le repas fut rapidement consommé et le petit groupe se décida donc à monter dormir.
Ferah, Mira et Argand étaient assis sur leurs lits, alors que Garam dormait déjà à poings fermés. Ils échangèrent des regards, Mira soupira :
« J’envie carrément sa simplicité…
-Moi de même. Avoua la jeune femme aux cheveux bleus.
-Pareil ici. Ajouta Argand. »
Tous les trois soupirèrent. Ferah s’allongea, puis déclara :
« Allez, essayons quand même de dormir, nous aurons besoin d’énergie demain. »
Les deux autres opinèrent. Ils avaient, après que Ferah ait « discuté » avec Garam, décidé de laisser les filles entrer en premières pour qu’elles se changent, puis étaient entrés à leur tour et avaient fait de même, exception faite de Garam, qui s’était endormi dès son entrée. Actuellement, Argand était torse nu, Mira portait un short beige et un haut noir et Ferah une nuisette bleue.
Les deux derniers s’allongèrent et, petit à petit, le sommeil pris le pas sur la gêne et commença à les gagner. Mais, alors qu’il commençait à bien dormir, Argand fut réveillé par un bruit venant d’en face. Il se redressa : Mira se levait.
Il demanda :
« Mira, quelque chose ne va pas ?
-Argand ? Demanda-t-elle en se tournant vers lui. Je t’ai réveillé ?
-A vrai dire, je n’arrivais pas à dormir…
-Ah, tu me rassures. Avoua-t-elle, la main sur sa poitrine.
-Donc ? Quelque chose cloche ? Répéta-t-il.
-A vrai dire, oui. Répondit la jeune rousse. »
Avec ses cheveux détachés et ses deux yeux verts pomme brillants, Mira était clairement une personne différente aux yeux d’Argand sous cette apparence, ça le changeait totalement de la fille de la tenante de l’orphelinat l’ayant vu grandir qu’il avait connu.
Elle lui demanda :
« Dis, on va retourner à Karzak un jour ?
-Pourquoi on n’y reviendrait pas ? Demanda simplement le jeune brun en réponse.
-Je ne sais pas, cette histoire de parasite… ça prend des proportions trop énormes. Avoua-t-elle.
-Ah ! Je vois… Répondit Argand. C’est vrai que j’en oublierai presque tout le chemin qu’on a parcouru depuis le scyther… »
Mira se prit à sourire, elle marcha jusqu’au lit d’Argand et s’assit à ses côtés. Elle posa sa tête sur l’épaule du jeune homme, qui était déjà bien rouge. Puis elle demanda :
« Dis… Promet-moi qu’on y reviendra… Au moins quand tout ça sera terminé.
-Promis. Répondit-il sans hésiter. »
Ils échangèrent un regard, tous les deux étaient rouges. Puis la distance les séparant diminua, petit à petit. Leurs lèvres se touchèrent une nouvelle fois. Une fois ce langoureux baiser terminé, Mira dit :
« J’ai beau me sentir perdue au milieu de tout ça, en ce moment ça va beaucoup mieux… »
Argand ne répondit pas, une nouvelle fois, il avait l’impression d’avoir eu le cerveau réduit en bouillie.
Tous les deux restèrent assis l’un à côté de l’autre pendant un moment encore, s’embrassant dès que leurs yeux se rencontraient et parlant de tout et rien. Au final, ils s’endormirent ensemble, dans les bras l’un de l’autre.
Ce fut Ferah qui les tira de leur sommeil, en effet, quand elle se réveilla, elle s’exclama purement et simplement :
« M-M-M-Mira ?! A-A-A-A-Argand ?! Qu’est-ce qu’y c’est passé ici ?! »
Tous deux bondirent, Mira bafouilla :
« Rien ! C’est tout sauf ce que ça a l’air d’être !
-Exactement ! S’exclama Argand à son tour.
-Vu d’ici ça y ressemble beaucoup quand même ! S’exclama la jeune femme aux cheveux bleus.
-Oui mais non ! Répondit vivement Mira. »
La cocasse discussion se poursuivit pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que finalement, Ferah décide qu’elle n’avait rien vu et que c’était à eux de faire ça dans des moments plus propices, ce qui fit râler vivement Mira.
Garam fut réveillé et, chacun leur tour, ils s’équipèrent. Le groupe entier se rejoignit dans le hall de l’auberge et ils partirent, leur note ayant été réglée la veille lors de la réservation.
Le groupe se remit en marche, à travers les bois de Rotenwood. Cette forêt, sans être oppressante, dégageait une certaine présence. C’était un endroit dans lequel se rendre pouvait déboucher sur une claustrophobie avancée et plus on s’enfonçait sous ses frondaisons, plus ce sentiment était renforcé.
Les arbres laissaient passer une lumière assez diffuse, qui donnait un éclat surnaturel au lieu. De plus, les bords de la route, qui était bien dégagée, étaient bordés de fougères et d’autres plantes du même acabit, ne laissant pas de visibilité dans les côtés.
Raksha comme les deux elfes étaient en alerte. Après avoir passé une bonne demi-journée à marcher dans ses conditions, le groupe fit une pause, dans un petit abri en bois, bâti au bord de la route pour servir d’abri aux voyageurs en cas de mauvais temps. Et c’est là que Ferah nota le plus troublant, ce qui rendait cette forêt bien plus oppressante qu’elle n’aurait dû l’être :
« On n’entends même pas un oiseau… C’est carrément flippant… »
Ils étaient soit assis sous l’abri, soit debout, mais le message était clair, Raksha dégaina son glaive et empoigna fermement son bouclier, il déclara :
« Quelque chose, par la droite. »
Ils tirèrent tous leurs armes et se mirent en position, Lolya barricadée dans l’abri, Welans, Arali, Ferah et Mira à ses côtés, Garam, Argand et Raksha formant l’avant-garde.
Il émergea des buissons. Pas bien grand, du moins pour son espèce. Il faisait dans les trois mètres de long pour un bon mètre cinquante de haut, son corps musculeux était porté sur quatre pattes et entièrement couvert de poils bleu-gris. Il ressemblait au croisement improbable entre lion et loup, un monstre musculeux à l’apparence canine. Ses crocs et griffes luisaient et ses yeux rouges vifs brillaient devant les proies qui se trouvaient devant lui. Mais le plus impressionnant, c’était non seulement les deux cornes qui jaillissaient de son crâne et pointaient vers l’avant, mais aussi les deux immenses défenses, qui faisaient de même depuis ses épaules et faisaient un bon mètre chacune.
Garam maugréa le nom du monstre :
« Un tilaco… »
Un tilaco, c’était ainsi qu’on nommait ces créatures. Normalement, ces bêtes chassaient en groupes, à l’instar des loups. Pourtant, ceux-ci s’attaquaient à des proies bien plus grosses que celles auxquelles s’attaquaient les loups. Ils étaient en outre bien plus puissamment bâtis et bien plus endurants. Bien coordonné par son leader, un groupe de tilacos pouvait aisément tuer un Goliath adulte.
Avec un rugissement à mi-chemin entre le félin et le canin, le monstre chargea, défenses en avant. Ces dernières étaient solides, suffisamment pour percer des armures de mauvaise facture. Pourtant, celui qui lui fit face ne se démonta pas. Raksha fracassa rapidement son bouclier sur la face du monstre, entre ses deux défenses. Le coup résonna et le tilaco s’interrompit, pour reculer de plusieurs pas en arrière, sonné. L’homme-lézard en profita et tenta un coup de tranche de son glaive. Le monstre l’esquiva et bloqua même la lame avec l’une de ses défenses, en inclinant l’une de ses épaules.
C’était un fait, les tilacos savaient parfaitement se servir de ces excroissances dont la nature les avait pourvus. Aussi, on ne les nommait pas les loups épéistes pour rien.
Raksha se prit à sourire, dévoilant par là-même ses crocs. Le monstre fit un pas de côté, tournant autour de Raksha, qui fit de même. Les trois combattantes à distance gardaient cet ennemi en joue, guettant une bonne opportunité d’ouvrir le feu. Argand et Garam faisaient de même. Arali, quant à elle, était aux côtés de Lolya, qui observait le combat avec attention.
La jeune forgeronne semblait curieuse de voir comment l’homme-lézard, qui l’avait effrayée en premier lieu, savait se défendre avec un équipement aussi rudimentaire.
Raksha fit tournoyer son glaive et s’élança, un premier coup sur la gauche, le tilaco para avec sa défense, puis il intenta une contre-attaque avec ses griffes. La patte ne fendit que l’air, Raksha avait esquivé d’un bond de côté. Il porta ensuite un puissant coup de bouclier en plein dans la face du monstre, qui tituba de nouveau.
Argand vit l’ouverture qui s’offrait à lui, le tilaco lui présentait son flanc et était trop concentré sur Raksha pour faire attention à lui. Empoignant fermement sa lame, il appuya sur la gâchette. Instantanément, la pierre au bout de la lame se mit à briller d’un éclat ambré, les rainures de la lame s’emplirent de Mana de la Terre. Plusieurs sillons dans la lame brillèrent de couleur marron ambrée. Il chargea et, d’un puissant coup ascendant, fit littéralement décoller du sol le tilaco, qui faisait pourtant dans les cent kilos.
Le monstre, ayant également subi une profonde entaille à cause de l’impact du tranchant de l’épée, tenta de se relever, pour recevoir une flèche entre les deux yeux et trois balles dans son corps. Les trois combattantes à distance venaient de frapper, mais le combat n’était pas terminé pour autant, la bête se redressa, tant bien que mal, puis rugit avant de charger, droit vers Argand.
Ce dernier arma son épée et frappa, du plus fort qu’il le put. La lame, encore emplie de Mana de la Terre, fila vers la bête, qui, malgré sa corpulence, tenta rapidement une parade, simplement en changeant son appui au sol.
Le tilaco présenta ainsi sa défense à la lame d’Argand, qui s’y fracassa dessus. Raksha commenta :
« Si puissante soit cette arme, elle s’affaiblit avec le nombre de coups portés, c’est juste normal.
-Ne sous-estime pas mon travail. Répondit Lolya avec un sourire. Cette épée est un travail d’orfèvre à la base, renforcée avec mon Mana de la Terre, cette lame doit pouvoir percer aisément à peu près n’importe quoi. »
Comme pour confirmer ses dires, la défense céda face à la lame, ainsi, cette dernière put passer dans l’épaule du tilaco et lui infliger une blessure profonde. Le sang gicla, entachant le sol. Le monstre recula en boitillant. Garam chargea à ce moment-là, portant un coup double dans le flanc exposé du loup épéiste, qui fixait Argand avec rage. Les deux lames ouvrirent deux entailles dans le flanc, le sang gicla de nouveau, le tilaco tomba lourdement au sol.
Raksha s’avança tranquillement vers la bête, qu’il acheva en perçant son crâne de son glaive noir.
Tous rengainèrent, la capsule au bout de la lame d’Argand fut relâchée et il la récupéra, pour la remplacer par celle fournie par Mira. Il déclara :
« Je sais que le parasite craint le Feu, autant prévoir mon coup de suite. »
Les autres ne purent qu’opiner devant ce choix judicieux. Lolya s’empressa de lui recharger sa capsule avec son Mana, ce qui l’épuisa un peu. Alors qu’ils se reposaient devant le corps sans vie de feu leur adversaire, Arali souleva la question qui la taraudait :
« Dis, comment se fait-il que tu aies pu envoyer valser ce monstre ? Normalement, il aurait fallu s’y mettre à deux, voire plus.
-A vrai dire, j’en sais fichtrement rien. Répliqua Argand en souriant.
-C’est simple, l’une des principales propriétés de l’élément de la Terre est le renforcement. Répondit Lolya. C’est donc parfaitement normal que la lame infusée de ce type d’élément augmente les prestations physiques de son porteur. »
Ils opinèrent tous, même Raksha, ce qui était assez perturbant à vrai dire, parce qu’il semblait perdre son calme habituel. Welans déclara ensuite :
« Mais quelque chose me chiffonne… Ce genre de monstres vit en groupe. Celui-là était seul et pas très en forme à en juger par sa maigreur…
-Tu penses qu’il fuyait la forêt ? Demanda Ferah, qui voyait ou voulait en venir la garde d’Arali.
-Si c’est le cas, la situation là-bas doit être sacrément préoccupante… Soliloqua Arali.
-Alors pas de temps à perdre ! En marche ! S’exclama Garam.
-Oï ! Attends un peu ! S’exclama à son tour Lolya. J’ai besoin de repos y paraît, remplir une des capsules est plus épuisant que prévu, faut que je voie à améliorer ça… Mais pas maintenant, maintenant c’est l’heure de dormir… »
Elle avait dit ça en se tournant, alors qu’elle avait encore sa tête posée sur les genoux d’Arali. Cette dernière se prit à sourire et caressa de nouveau machinalement les cheveux de la jeune forgeronne, comme pour la bercer.
Après un repos bien mérité, tout le petit groupe se remit en marche, ne se doutant pas de ce qui les attendait une fois Archwood atteint…

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Re: Asfallon bêta

Message par arzak16 le Sam 13 Juil 2013 - 23:30

Ouh putain la taille de ces chapitres Géniale. Ta fic est excellente, les chapitres sont géniaux, félicitations pour ton travail! J'attends avec impatience la suite de cette fic!!
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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Ven 19 Juil 2013 - 0:43

Ow yeah !

Comment j'ai pu rater ce chapitre ?

Excellent, comme d'hab !

(Un nouveau lecteur =D)

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Ven 19 Juil 2013 - 3:15

Content que ça vous plaise ^^ Voilà la suite, bonne lecture à vous !

VIII. Infestation

Leur marche reprit après qu’ils aient pu se reposer et mangé un peu. Le petit groupe poursuivit donc sa route dans la forêt de Rotenwood, jusqu’à leur destination du soir, l’auberge située au bord du ravin de Morenhorn. La forêt était de plus en plus sombre au fur et à mesure de leur progression, plus oppressante et à chaque pas, ils semblaient de plus en plus nerveux. Le silence était lourd, pas un oiseau, pas un son, seulement les bruits de leurs pieds sur la route terreuse.
Arali s’immobilisa soudain :
« J’en peux plus ! »
Ils se tournèrent tous vers elle, elle s’était accroupie et se tenait fermement les épaules en tremblant. Welans se précipita à ses côtés et la rassura :
« Madame ! Ça ira, ne vous en faîtes pas, nous ne sommes plus loin de notre destination ! Accrochez-vous.
-Welans ! Ose me dire que tu n’as pas ressenti cette horrible sensation depuis que nous sommes ici ! S’exclama-t-elle, les larmes aux yeux.
-Si madame, mais je fais avec. Répondit placidement l’elfe brune.
-Je ne suis pas comme toi, je ne suis pas… »
Welans lui posa son index sur la bouche et termina :
« L’Arali que je connais ne dirait jamais ces mots, en marche, nous avons un royaume à sauver, non ?
-… Oui. Opina finalement la blonde. »
Arali se releva tant bien que mal, puis serra les poings, elle s’excusa ensuite :
« Désolé, je suis un peu trop sensible à l’état de la forêt et dans le cas présent, il me préoccupe trop…
-C’est un trait commun aux elfes je suppose ? Demanda Ferah.
-Oui. Opina Welans.
-Ceci explique ce malaise que je ressens depuis qu’on est ici. Avoua la jeune femme aux cheveux bleus.
-Très probablement, bien que ce soit moindre que les nausées qu’Arali et moi ressentons. Avoua Welans. »
Ferah opina, ses origines ne lui permettaient pas que d’avoir des points forts visiblement. Arali lança, tentant de masquer son mal être par sa fierté :
« Allez ! En marche ! »
Le petit groupe opina et la marche reprit. En marche, Welans était un peu et arrière et Arali en tête, avec Garam à ses côtés et Argand derrière. Mira demanda à l’elfe brune :
« Dis, c’est normal que tu aies laissé tomber le « madame » quand tu t’adresses à Arali ?
-Ah ? Je n’avais pas remarqué… Mais c’est possible. Avoua-t-elle en se frottant l’arrière du crâne.
-Arali n’a rien dit, je pense que ça ne la dérange pas. Ajouta la jeune femme aux cheveux rouges.
-Fort possible. Répondit Welans. Mais la situation ne se prête pas non plus à un tel caprice, en tant que princesse des Von Drakerwarch, Arali doit savoir faire la part des choses. »
Mira opina, ces deux-là étaient clairement d’un tout autre monde que le sien, aucun doute possible là-dessus. En même temps, qu’est-ce qu’une fille des bas quartiers de Karzak comme elle aurait pu comprendre à quelque chose d’aussi complexe que les coutumes de la royauté elfique.
Leur périple se poursuivit dans un silence morose, soudain, ils se stoppèrent, sur la demande de Raksha, qui humait l’air. L’homme-lézard déclara :
« Quelque chose, devant. »
Ils se mirent en garde, l’auberge n’était pas bien loin un kilomètre ou deux tout au plus, mais ils ne pouvaient pas relaxer leurs gardes pour autant. Ils sortirent des buissons, quatre, quatre nouveaux tilacos, Garam ragea :
« Et merde ! On dirait que notre fuyard n’était pas seul finalement !
-Effectivement. Opina Ferah.
-Les tilacos vivent en meutes, rien d’étonnant à ça. Avoua de nouveau Welans. Et ils doivent être dirigés par un alpha. »
Garam désigna un des tilacos, un peu plus grand et portant une balafre et X sur un œil. Il expliqua ensuite :
« Je crois qu’on tiens notre client. »
Tous tirèrent leurs armes, puis demandèrent à Lolya de se mettre à l’abri. Cette dernière soupira :
« Je pensais pas avoir à agir si tôt. »
Ils se tournèrent vers elle, elle ouvrit son sac, pour en tirer un long fourreau noir aux bords dorés. Une épée à deux mains en jaillit, après qu’elle ait attaché ledit fourreau dans son dos. Une lame longue, un bon mètre soixante-dix pour vingt centimètres de large, la lame était dentelée régulièrement et d’un noir pur aux bords dorés, sa poignée était elle aussi dorée, tout comme l’ornement au bout de la poignée, noire pur elle. Argand et Garam reconnurent immédiatement l’arme, le leader désigné s’exclama :
« Un espadron ?! Tu te balades avec une des meilleures épées du royaume sur toi ?!
-Ce n’est pas un vrai. Répondit Lolya. C’est ma première œuvre, une réplique, en rien aussi tranchante et solide qu’un véritable espadron, d’ailleurs, il lui manque vingt bons centimètres pour avoir la taille normale. Mais cette lame à une énorme valeur sentimentale pour moi, elle représente le lien qui nous unit, moi et mon père. »
La lame touchait le sol, elle paraissait trop lourde pour Lolya, Ferah en fit la remarque :
« Et tu vas te battre avec ça ? C’est pas un peu trop lourd pour toi ?
-Je vous l’ai dit, non ? Répondit Lolya en souriant. J’utilise la magie de la Terre, je suis bien plus forte que mon apparence ne peut le laisser croire. »
Elle souleva l’épée d’une seule main et fit un moulinet avec, laissant siffler la lame quand elle fendit l’air. Argand demanda :
« Ta première œuvre est une épée d’aussi bonne facture ? Tu nous cacherais pas quelque chose d’autre ?
-Si. Répondit Lolya. »
Elle planta la lame dans le sol et ferma les yeux. Un cercle de Runes s’ouvrit, de couleur marron. Elle y traça une Rune étrange, en forme d’épée sans poignée. Le cercle vira à l’argenté, Ferah s’exclama :
« La magie du Métal ?! »
C’était assez rare pour en parler. En effet, peu de personnes avaient les capacités requises pour manipuler cette magie. Elle n’était pas élémentaire, c’était donc le jeu du hasard qui décidait si l’on pouvait l’utiliser ou non. Visiblement, Lolya avait été chanceuse. Cette magie permettait diverses choses, de fondre les métaux par contact par exemple, mais cela requérait une excellente maîtrise de ses pouvoirs, ce qui n’était pas le cas de Lolya.
Elle passa son bras droit dans le cercle, ce dernier ne réapparut pas de l’autre côté, comme aspiré ailleurs par la porte qu’aurait été le cercle de Runes. Lolya psalmodia :
« Que ta force m’accompagne et fasse jaillir des mers des îles, j’en appelle à ta puissance, Mithril ! »
Mithril, le Dieu du Métal, celui qui était aussi le patron des forgerons selon les régions. En invoquant son nom, Lolya renforça le sortilège qu’elle allait lancer. Elle tira son bras du cercle de Runes d’un coup sec, le faisant disparaître soudainement.
Les tilacos n’avaient pas bougé, leur instinct les incitant à la prudence face à de la magie. Garam demanda :
« T’as foiré ton sort ou… »
Il en perdit ses mots, Lolya venait de rattacher son bandana autour de ses cheveux, montrant ainsi son bras droit, entièrement couvert d’écailles métalliques, presque pareilles à celles d’un dragon, formant une véritable cuirasse naturelle. Elle présenta ensuite son sortilège :
« Métalmorphe, un sort de l’élément du Métal. Il me permet de renforcer un de mes bras, mais il ne dure pas très longtemps, toutefois, cela devrait suffire pour vaincre ces gêneurs. »
Ce sort était un des quelques sorts que procuraient l’élément du Métal, mais au niveau de Lolya, c’était déjà un énorme effort qu’elle venait de fournir juste pour le lancer. Toutefois, les rares mages du Métal de haut niveau étaient capables de métalliser entièrement leur corps et de devenir de véritables forteresses avec des pattes.
En parlant, Lolya avait fait un moulinet avec son bras métallisé et empoigné la poignée de son arme, elle la tira du sol et la mit sur son épaule, utilisant seulement ledit bras pour se faire.
Garam se prit à sourire, puis il déclara :
« Tout le monde est prêt ?!
-Oui ! Répondirent-ils tous en chœur.
-Alors c’est parti ! »
Ils s’élancèrent rapidement sur les tilacos, dont la réponse ne se fit pas attendre. Garam fonça sur celui le plus à droite, ses deux épées se heurtèrent aux défenses du tilaco, qui s’était penché de justesse. Une détonation résonna, le monstre perdit sa balance et manqua de tomber, touché par un tir de Mira. Le monstre se rattrapa, mais la balle explosa, le faisant tomber pour de bon et ouvrant une plaie béante dans son épaule. Garam le termina, plantant ses deux épées longues dans sa tête. Le monstre rugit encore et tenta de le faucher d’un coup de sa patte gauche, celle qui n’était pas abîmée. Garam esquiva d’un bond en arrière, retirant ses deux lames dans une giclée de sang atroce. La bête se redressa tant bien que mal et chargea, le leader esquiva de justesse, ce qui lui valut quand même une belle coupure sur la hanche droite, qui saigna même.
Le monstre poursuivit sa charge vers Mira, qui fit face, arma son fusil, puis ferma les yeux.
Welans, à ses côtés, se prit à sourire, la balle partit, un Tir chargé parfait, la balle fila droit vers le tilaco et fit littéralement sauter son crâne, laissant s’affaler un cadavre sans vie.
De son côté, Argand frappa le tilaco d’â côté, qui n’était pas le chef non plus. Le monstre l’esquiva d’un souple bond de côté, il contre-attaqua en tentant une morsure dans la jambe du jeune homme. Ce dernier esquiva les crocs de justesse. Deux détonations retentirent, deux balles percèrent le flanc du tilaco et des pointes glacées en jaillirent, perforant ainsi le flanc de la bête, qui glapit de douleur, mais ne céda rien à Argand, parant même le coup d’épée qu’il tenta. Le monstre tenta un coup de griffes, qui porta de peu et ouvrit trois plaies dans la jambe d’Argand, qui posa un genou au sol. Le monstre tenta de lui dévorer la face, mais une flèche se ficha dans sa face, l’en empêchant. Argand se tourna vers l’origine du trait pour voir une Welans souriante. L’archère elfe arma un nouveau trait et visa peu, la flèche partit à toute allure vers le tilaco, le faisant chuter lourdement de côté et glisser au sol sur un bon mètre. C’était là aussi un Tir chargé, placé à la perfection. Argand se releva, finalement, sa blessure n’était que superficielle et ne le gênait pas vraiment pour marcher. Il fila vers le monstre, qui peinait à se relever et abattit sa lame au travers de son crâne, l’immobilisant pour de bon.
Le troisième Tilaco, celui le plus à droite, eut à faire face à Lolya, qui le chargea et abattit sa puissante épée sur le monstre, de son bras métallisé seulement. Le monstre encaissa l’impact en grognant, visiblement, parer ce coup là avait été plus dur que prévu. Le leader lui vint en aide, du moins il tenta, avant que Raksha ne l’arrête, d’un bon coup de bouclier en pleine face. Le leader recula, sonné. Lolya força et fit reculer le tilaco. Ce dernier sauta de côté et tenta une charge rapide, d’un simple bond. Lolya ne prit pas et esquiva, en roulant de côté. Le monstre ne fendit que l’air avec ses défenses, la jeune forgeronne se redressa et, d’un mouvement rotatif, entailla sévèrement les pattes et le flac du monstre avec son faux espadron, ouvrant des plaies relativement profondes dans la peau du monstre.
Ce dernier se tourna vers elle en montrant ses crocs, Lolya lui répondit simplement en souriant. Il chargea droit vers elle, tous crocs dehors, ses défenses prêtes à empaler la forgeronne. Cette dernière prit un bon appui au sol, puis, après avoir planté son épée à côté d’elle, elle empoigna les défenses du monstre. Elle glissa sur un bon mètre avant d’enfin se stopper. Souriante, elle pivota sur elle-même et envoya le tilaco sur son leader, en l’y lançant par les défenses.
Les deux monstres entrèrent en collision et roulèrent sur un bon mètre ou deux. Puis ils se relevèrent et le leader gratifia son sous-fifre d’un coup de dent d’avertissement. Raksha se prit à rire :
« Ah ! Ah ! Ah ! Vraiment pas mal ça. »
Lolya lui sourit en réponse, c’était assez rare de voir l’homme-lézard montrer une expression comme ça. Toutefois, son petit exploit avait lessivé la jeune femme, elle ahanait. Elle empoigna toutefois son épée et, l’armant sur son épaule, marcha aux côtés de Raksha alors que les deux tilacos grognaient dans leur direction. Elle se mit à ses côtés, tous les deux s’élancèrent ensemble. Arali leur procura un soutien inattendu :
« Que dans tes filets ils soient prisonniers, que par ta volonté, Illumina, ils restent à jamais piégés ! »
Le sol sous les deux montres brilla et un cercle de Runes portant une Rune en forme de 8 apparut, laissant s’échapper des éclairs jaunes vifs. C’était un Piège irradiant, un sort de la Lumière visant à immobiliser une ou plusieurs cibles. Celui-ci était assez basique, mais laisserait très probablement Arali sur le carreau pour la dépense de Mana qu’elle venait d’effectuer. Elle leur sourit quand tous les deux se tournèrent vers elle et s’exclama :
« Allez ! Faites-en des lamelles ! »
Raksha et Lolya échangèrent un regard entendu et chargèrent de concert. Leurs coups plurent, frappant en synchronisation, ils commencèrent par un coup de taille vers la droite en plein dans la face, puis un rapide vers la gauche, ils enchaînèrent avec un coup ascendant, puis, en sautant, ils pointèrent leurs lames vers le bas et se laissèrent tomber sur les crânes de leurs deux ennemis, terminant leur ravageuse combinaison. Les deux tilaco s’effondrèrent dans un gargouillis affreux.
Tous s’échangèrent des regards : Le combat avait duré quelques instants, mais face à autant d’adversaires, même des tilacos avaient peu de chances de survivre. Lolya rengaina son espadron et son bras redevint normal, elle s’évanouit presque instantanément, ce fut Raksha qui la rattrapa.
Tous avaient d’ores et déjà rangés leurs armes, Arali était assise au sol et ahanait, Welans et Mira respiraient bruyamment aussi. Ferah semblait être la seule encore en forme. Garam soupira :
« J’y crois pas, on va pas aller loin si on continue comme ça…
-Estimons-nous heureux qu’il n’y ait que des blessés légers. Répondit Ferah.
-Ouais… Concéda le leader. »
Ferah aida Arali à se relever, secondée par Welans, qui avait repris un peu son souffle. L’elfe parvint à marcher convenablement après quelques instants. Mira reprit elle aussi rapidement du poil de la bête, Garam décida de porter Lolya sur ses épaules, laissant les deux sacs de plus à Raksha, qui ne semble pas gêné le moins du monde par la charge.
La marche reprit, à un rythme bien plus lent. Il leur fallut une bonne heure et demie pour arriver à l’auberge, un bâtiment assez étrange, haut de dix bons mètres, trois étages, en pierre. Elle avait un toit arrondi au-dessus de la porte et un balcon géant qui faisait le tour de chaque étage. L’enseigne, au-dessus de la massive porte en bois, indiquait « L’auberge du ravin ».
Garam ricana :
« Hum, j’ai connu plus original. »
Ils se prirent à sourire à sa remarque. Quand Argand tenta de pousser la porte, elle résista : Visiblement, elle était fermée à clé.
Il demanda :
« C’est normal qu’une auberge soit fermée à cette heure ?
-Il n’est pas si tard que ça, donc oui, c’est bizarre. Répondit Mira en réfléchissant.
-Demanda toi plutôt si c’est pas bizarre qu’une auberge soit fermée tout court. Ajouta Garam. »
Cette remarque n’avait pas grand-chose de faux, c’était assez rare qu’une auberge soit fermée en Asfallon, en général, il restait toujours quelqu’un jusque tard dans la nuit.
Argand tapa à la porte, une voix lui répondit, un peu tremblante :
« Tirez-vous bande de décérébrés ou je vous colle deux balles au travers du bide ! »
Il fit un pas en arrière, Garam s’avança :
« Y a erreur, on est ici pour prendre une nuit !
-C’est ça ! Répondit la voix avec un temps d’hésitation. Vous êtes comme eux ! Vous allez chercher à tous nous tuer une fois dedans ! Dégagez, ce sera la dernière sommation. »
Ils ne comprirent pas ce qu’impliquaient les dires de l’homme, Arali réalisa soudain :
« Des infectés ! Ils ont dû en croiser ! »
Pas de réponse depuis l’autre côté de la porte, mais un gémissement leur parvint depuis les bois. Ils firent volte-face et virent un homme, ou du moins ce qui y ressemblait vaguement. Environ deux mètres soixante, les jambes couvertes par un pantalon en toile marron clair et le haut du corps par la même matière noire qui composait les faux du scyther. Ses bras étaient terminés par ce qui semblait être des griffes et deux faux jaillissaient de ses omoplates et dardaient l’air devant lui. Le pire restait son visage, il avait des cheveux blonds longs et en pointes, qui poussaient à l’arrière de ce qui ressemblait à un heaume de chevalier. Composé de deux plaques noires sur les joues, d’une plaque noire trouée couvrant les yeux ressemblait vaguement à une visière, on aurait vraiment dit un heaume, du moins jusqu’à ce que la bête rugisse : Un œil jaune vif s’ouvrit sur son front et les deux plaques couvrant les joues s’écartèrent pour laisser voir une gueule difforme et béante couvrant tout l’orifice ainsi ouvert et garnie de crocs tranchants, dont la langue dardait l’air face à elle. Son torse, lui était couvert de sorte de plaques noires, ressemblant vraiment à une armure de plaques aux bords dentelés.
Le monstre rugit de nouveau, un rugissement atroce et bien trop aigu pour être supportable. Tous avaient les yeux écarquillés par cette vision digne d’un cauchemar, toutefois, Argand tira son épée de son fourreau et se mit en garde face à la bête. Il scanda :
« Plus un pas ou je te découpe en lamelles ! »
Le monstre avança un peu plus vers eux, puis s’immobilisa. Mira tira son fusil et le mit et joue, Ferah fit de même avec ses pistolets, Raksha déposa les sacs et dégaina son épée et son bouclier, Welans tira son arc et se mit devant Arali, qui garda Lolya le temps que Garam rejoigne la bataille.
Tous en garde, ils attendirent un nouveau mouvement de la part de leur ennemi, dont l’œil s’affolait et valsait dans tous les sens. L’infecté rugit de nouveau et s’élança, à une vitesse proprement ahurissante. Raksha le bloqua juste avant qu’il ne touche Argand, le poing noire heurta le bouclier, qui craqua un peu sous l’impact, l’homme-lézard ne céda pas un pas de terrain à son adversaire pour autant. Les deux faux dardèrent vers lui, il les bloqua avec son glaive noir, les maintenant au-dessus de sa tête. Il râla :
« Faites au moins preuve de bonne volonté, je vais pas tout faire non plus.
-O…Ouais ! Parvint à répondre le jeune brun. »
Mira s’avança et braqua son fusil dans la gueule de l’infecté, qui ne comprit que trop tard : Un tir portant de la magie du Feu jaillit du canon, explosant dans la face de l’infecté, qui recula de deux bons mètres en gesticulant pour faire passer la douloureuse morsure du feu. Argand passa à l’attaque à cet instant, il pressa la gâchette de son épée, dont la lame se para de rouge vif, tout comme la pierre au bout de la poignée. Il fonça droit vers l’ennemi, suivi de près par Raksha et Garam. Ferah laissa partir deux Tirs chargés, heurtèrent la carapace noire de l’infecté sans pour autant lui faire de dommages apparents, mais ils eurent au moins le mérite de lui faire perdre l’équilibre.
Garam en profita pour lui faucher les jambes d’un coup d’épée, secondé par Raksha, leurs lames tentèrent de trancher les jambes non couvertes par l’armure noire du parasite dzêta, mais la tentative échoua lamentablement, en effet, le monstre para aisément les deux attaques en utilisant ses faux. Pourtant, les deux combattants ne lâchèrent rien, ils devaient occuper les faux pour qu’Argand puisse frapper avec sa lame couverte de Mana du Feu.
Le monstre vit le jeune brun arriver et, quand ce dernier dressa son épée au-dessus de sa tête, il tenta de le frapper avec son poing, la tentative échoua, grâce à une flèche de Welans, qui se heurta violemment au poing du monstre et l’envoya contre son torse. C’était un nouveau Tir chargé parfaitement exécuté. Argand abattit sa lame, qui laissa une traînée rougeoyante dans la cuirasse ventrale du monstre, faisant gicler un sang noir à l’odeur immonde. Le monstre siffla et recule de plusieurs pas, hurlant de douleur par ce sifflement suraigu qui vrillait les tympans.
Argand poursuivit l’assaut : Il fonça droit sur la bête et, portant un coup de taille et tournant sur lui-même, ouvrit une nouvelle entaille sur son adversaire tout le long de ce qui fut son ventre jadis. Il continua en maintenant la gâchette enfoncée, espérant utiliser le Mana du Feu qui parcourrait sa lame au maximum. Un nouveau coup fut porté, en diagonale celui-ci, l’ouvrant de l’épaule à la hanche. Il termina en repoussant son adversaire d’un coup de pied et, armant l’épée de côté, il la lui passa au travers du ventre, faisant rugir l’infecté avec violence.
II retira sa lame et porta un dernier coup de taille pour terminer de le repousser. La magie recouvrant l’arme se dissipa et l’épée ne put percer l’épaisse carapace, malgré sa bonne facture. L’infecté recula quand même de plusieurs pas en sifflant, Argand fit de même, à reculons, pour rester face à face avec son adversaire. Il entendit soudain une voix familière psalmodier :
« Calcination, extermination. Qu’ils brûlent comme les flammes de la passion. »
Mira se tenait devant un cercle de Rune rouge qui s’illumina, trois boules de feu apparurent au-dessus d’elle et fusèrent toutes vers l’infecté, qui les encaissa toutes les trois. Dans une petite explosion embrassée, il poussa un sifflement suraigu et s’effondra au sol. Le parasite sembla se décrocher du corps de feu son hôte et fondre en une flaque de liquide noirâtre qui s’évapora purement et simplement dans le brasier qu’avait déclenché le sort de Mira. Il ne laissa qu’un cadavre sans vie, un corps totalement défiguré de ce qui jadis fut un humain. La porte s’ouvrit timidement alors qu’ils rengainaient leurs armes et que Ferah s’occupait de mira avec l’aide d’Arali, car cette dernière s’était épuisée à lancer le sort qui avait vaincu le monstre.
Ils se tournèrent vers ladite porte, pour y voir une jeune femme, dans les vingt ans. Elle avait de longs cheveux noirs aux reflets violacés qui lui tombaient dans le dos, ainsi que des yeux bleu ciel. Elle faisait dans les deux mètres dix, guère plus, qui plus est, elle portait une tunique marron clair sur un pantalon noir. La jeune femme au visage angélique déclara, en voyant ensuite le corps de l’infecté au sol, immobile :
« Vous… Vous… Vous l’avez tué ?!
-Bien sûr. Répondit sèchement Garam. Mais on y aurait pas été forcé si vous nous aviez gentiment ouvert la porte.
-Désolé… Avec tous ces monstres qui trainent, on ne fait plus confiance à personne… Avoua-t-elle.
-On ? Demanda Welans. Vous êtes plusieurs là-dedans ?,
-A vrai dire… Commença la femme.
-Welans ?! S’étonna quelqu’un à l’intérieur. Welans Arkatah ?!
-Tehlmos ?! Répondit l’intéressé, avec une mine étonnée. »
Un elfe sortit, il était grand, dans les deux mètres quatre-vingt, des yeux violets et de longs cheveux noirs qui lui tombaient dans le dos. Il portait une armure légère bleutée, gravée d’un aigle doré. Il portait aussi une imposante épée faisant deux bons mètres dans son dos, dans un fourreau de cuir marron foncé couvert de dorures.
Il fixa Welans, qui se redressa d’un bond et demanda :
« Qu’est-ce que tu fais là ? Mahlia n’est pas avec toi ?
-Si. Répondit une autre personne en sortant. »
C’était une autre elfe, grande, deux mètres soixante au bas mot, de longs cheveux noirs attachés en une natte, des yeux couleur amande et arborant la même armure, mais avec une hallebarde elfique dans le dos, une lame finement dentelée qui brillait d’un éclat presque bleu au bout d’un bâton noir, fait dans les arbres les plus rares des forêts elfiques. De plus, un pistolet était rangé à sa ceinture, difficile d’en voir plus de détails de leur point de vue, car ce dernier était bien rangé dans sa gaine.
Welans leur sauta littéralement dans les bras, d’abord de l’homme, puis de la femme. Garam demanda :
« Une petite explication Welans ?
-Je vous présente Tehlmos et Mahlia Arkatah, mon grand frère et ma grande sœur. Expliqua Welans avec un grand sourire.
-Enchanté. Ajouta l’homme.
-Ravi de faire votre connaissance. Déclara la femme en s’inclinant.
-Qu’est-ce que vous faites ici ? Demanda Arali, en se redressant.
-Ah ! C’est vrai qu’avec votre fugue, vous n’avez pas pu être au courant… Avoua Tehlmos. Votre père est ici, dans ce bâtiment, nous avons été obligés de nous y retrancher.
-Père est ici ?! S’étonna Arali. »
Un sifflement leur parvint depuis les bois, deux autres infectés surgirent depuis les bois, arborant le même genre de parasitage que celui qu’ils avaient combattu précédemment. Tehlmos déclara alors :
« Rentrons, on parlera de tout ça une fois à l’intérieur. »
Ils avaient tous la preuve que, malgré leur lenteur apparente, ces infectés savaient faire preuve d’une vitesse plus qu’ahurissante.
Une fois le petit groupe et leurs possessions rentrées à la hâte, la porte fut de nouveau verrouillée lourdement.
Ils se rendirent ainsi compte que de nombreux humains et elfes s’entassaient ici et qu’ils les fixaient tous en murmurant. Un elfe s’avança vers Arali et la prit dans ses bras, un grand homme blond aux cheveux coupés courts et en bataille, les yeux verts clair, dans les deux mètres soixante, portant une armure bleue claire lui aussi ornée du symbole d’un aigle doré et une épée au fourreau à sa ceinture. Arali le serra dans ses bras après un petit temps de latence. L’homme demanda :
« Qui sont ces personnes ?
-Pour faire simple, des amis. Répondit la jeune elfe.
-Des amis ? Tu les as fait venir jusqu’ici ? Demanda de nouveau l’homme.
-Nous savons ce qui se trame ici. Expliqua Garam. Votre royaume est assailli par le parasite dzêta.
-Cette horreur noire a donc un nom… Soupira Tehlmos.
-En effet. Avoua à son tour Garam. Enfin, nous venons porteurs d’une bonne nouvelle, la Garde Royale devrait arriver sous peu.
-La Garde Royale ?! S’étonna l’homme. Comment les avez-vous convaincus ?!
-A vrai dire, j’ai une connaissance qui en fait partie. Avoua timidement Argand. »
L’elfe blond fixa le jeune homme, impressionné, Garam poursuivit :
« Toutefois, il leur faudra du temps pour mobiliser leurs troupes, j’aimerai donc savoir quelle est l’étendue des dégâts, afin de voir ce qu’on peut faire en attendant.
-Comme vous pouvez le constater, les dégâts sont très lourds, Archwood est tombée très rapidement, puis Arali a fugué, probablement pour aller chercher de l’aide vu ce qu’elle nous ramène. Commença l’homme. Mais les soucis ont continués après ça. Nous disposons de quatre villages, un assez proche d’Archwood, Malakia, un à l’ouest de la forêt, Hybiria, un au nord, contre les montagnes, Gargara et finalement, un dans la partie centrale très exiguë, Ellara, qui est notre ville principale. »
Garam opina, le père d’Arali poursuivit :
« Peu de temps après Archwood, ce furent Malakia et Hybiria qui tombèrent, à quelques jours d’écart l’un de l’autre, puis Gargara tomba et depuis hier, nous avons dû fuir Ellara, qui a été prise par ces créatures. »
Tous ouvrirent grand leurs yeux : Prendre une forêt entière en seulement quelques jours ?! C’était un véritable exploit ! Que seuls les plus grands stratèges pouvaient se vanter d’être capable d’accomplir !
Garam demanda :
« Mais vous n’avez pas combattu ?
-Si, nous l’avons fait. Répondit Tehlmos. Mais tuer une de ces saletés revenait à perdre quatre soldats en le faisant… Et vous, vous venez d’en tuer une sans soucis majeurs. Quel est l’astuce ?
-Le feu. Répondit simplement Raksha.
-Je vois… Qui plus est, avec un allié comme un membre de votre race, ce n’est pas difficile de vaincre un adversaire, quelle que soit sa puissance. Commenta l’elfe. »
La flatterie n’était qu’un racisme déguisé, les hommes-lézards et les elfes ne s’aimaient que très peu, c’était aussi un fait, Welans et Arali n’en avaient pas montré la moindre once, mais le fait que Raksha les ait sauvées avait dû les impressionner et les faire changer d’avis.
« Grand frère ! S’exclama Welans. Ait un peu de respect pour Raksha ! Sans lui nous serions aussi infectées dame Arali et moi ! »
Il écarquilla les yeux, Mahlia s’avança et déclara :
« Dans ce cas, veuillez pardonnez le comportement déplacé de mon petit frère. »
Raksha fit un simple geste de la main et répondit :
« Ce n’est rien.
-Comme toujours avec ceux de votre espèce. Maugréa Tehlmos. »
Garam s’avança vers l’elfe et l’empoigna par le col de son armure légère, le soulevant de quelques centimètres du sol. Il lui lança :
« Si t’as un souci, on règle ça, Raksha peut être ce qu’il veut, c’est un ami, si t’es pas content c’est pareil.
-B-B-Bien reçu. Bégaya l’elfe. »
Garam le déposa au sol, il déclara ensuite :
« On prend un peu de repos et on part à Archwood.
-En plein dans leur territoire ?! Vous êtes fous ! S’exclama le père d’Arali.
-Non, juste débile, mais j’ai des alliés assez compétent pour faire oublier ça. Répondit le leader avec un sourire. »
Un silence s’installa, la jeune femme aux cheveux noirs aux reflets violacés s’avança vers eux et, avec les yeux brillant encore d’admiration, les invita à la suivre. Ils parvinrent dans une chambre, au troisième étage. Une chambre pour deux standard, faute de place à cause de l’accueil des réfugiés, ils allaient devoir se la partager. Lolya et Mira prirent un des lits, Arali s’allongea dans l’autre Welans, elle, resta éveillée. Raksha s’endormit dans un coin. Garam resta réveillé, tout comme Argand, la jeune femme aux cheveux noirs violacés s’occupa de leurs appliquer des bandages.
Garam la remercia :
« Un grand merci à toi, je pense que ça ira.
-Avec plaisir. Répondit-elle. Vous avez eu du cran là-bas face à cet elfe.
-C’était pas grand-chose… Répondit simplement Garam.
-Quand même, bien peu sont ceux à oser prendre un membre de la garde du roi elfe par le col pour les menacer de la sorte, en plus de ça, vous avez d’ores et déjà tué un de ces infectés. Répliqua la jeune femme, avec les yeux brillants.
-Pas un si grand challenge avec de bons alliés. Avoua Garam.
-Mon nom c’est Morgana, et vous ?
-Garam. Répondit l’intéressé. Et voici Raksha, Welans, Arali, Argand, Ferah, Mira et Lolya, notre forgeronne. »
Morgana opina, impressionnée. Elle déclara :
« Vous formez une si belle équipe… Vous devez être très haut gradés, non ?
-A vrai dire, nous sommes des chasseurs. Avoua Garam avec un sourire désabusé.
-Des chasseurs ? Répéta-t-elle. Ces gens qui traquent des monstres puissants pour la renommée ?!
-C’est les grandes lignes ça, oui. Avoua Garam. On est venus ici parce qu’on a une dette envers Arali et Welans. »
Morgana opina, elle était visiblement impressionnée par la présence du petit groupe. Argand demanda :
« C’est toi qui t’occupes de cet endroit ?
-En fait… Commença Morgana. Mes parents font partie des premières victimes de ce parasite… J’ai donc repris l’affaire de force…
-Donc c’est probable qu’on se soit occupé d’un de tes parents tout à l’heure… Avoua Garam, soudain morose.
-Je préfère les savoir morts pour de bons plutôt que transformés en l’un de ces choses. Répondit Morgana, une main sur la poitrine. Donc si c’est bien l’un d’eux que vous avez tué, je me dois de vous remercier. »
Elle lui sourit, Garam le lui rendit gauchement. Elle s’en alla ensuite, les laissant sombrer dans un sommeil salvateur. Après deux bonnes heures, on toqua à la porte, ce qui les réveilla tous. C’était Morgana, qui leur apportait leurs repas pour le soir : Quelques rations de pain, une pour deux, faute de rapprovisionnement, il fallait rationner.
Ils mangèrent rapidement, sous le regard chaleureux de leur hôte, qui se présenta à ceux qui dormaient lors de sa première présentation. Ils furent ravis de la rencontrer, une fois leur repas savouré, si l’on peut dire ainsi, ils parlèrent encore un peu avec leur hôte, qui leur expliqua que les elfes étaient arrivés il y a deux jours, poursuivis par des infectés, et s’étaient retranchés dans l’auberge.
On toqua alors à la porte, c’était Mahlia, qui demanda :
« Pouvez-vous descendre, nous aurions à vous parler.
-Entendu. Concéda Garam. »
Ils descendirent quelques minutes plus tard, pour retrouver le père d’Arali en compagnie de Tehlmos et Mahlia. Ce dernier déclara :
« Vous comptez toujours partir ?
-Oui. Avoua Garam.
-La nuit approchant, je ne peux que vous le déconseiller, ces créatures deviennent bien plus féroces avec la nuit. Avoua l’elfe blond.
-Humm… C’est vrai qu’on serait pas à notre avantage non plus. Répondit le leader du groupe.
-Dans ce cas, partez demain. Suggéra l’elfe.
-L’idée me plait, ça fait un moment que j’ai pas eu de nuit de repos. Répliqua Garam.
-La dernière c’était hier crétin. Répliqua sèchement Ferah.
-Ah ? … Ah bah oui. Répondit Garam. »
La jeune femme aux cheveux bleus soupira. Ils notèrent soudain qu’ils étaient seuls dans cette salle, qui devait servir de hall d’accueil au vu de ses dimensions. Argand demanda :
« Vous avez peut être quelque chose d’autre à nous dire ?
-Oui. Répondit l’elfe. Arali.
-Père ?
-Ta mère… Ainsi que Dame Railehna Arkatah, toutes les deux sont portées disparues depuis une semaine environ. Exposa l’elfe blond.
-Pardon ?! S’exclamèrent de concert Arali et Welans.
-Dame Sayenna et Dame Railehna était partie pour une partie de la forêt assez reculée, elle n’en est pas revenu et l’invasion a débuté ensuite, nous n’avons reçu aucune nouvelle depuis lors… Expliqua Mahlia.
-Une partie reculée… Répéta Arali. Le bosquet lunaire ?
-Fortement probable, elles s’y rendaient souvent. Avoua Tehlmos.
-Garam… Commença l’elfe blonde.
-Nous y rendre ? Du moment que tu es capable de nous y mener, c’est possible. Répondit-il. »
Elle lui sourit, les larmes aux yeux, tout comme Welans. Toutes les deux lancèrent presque en chœur :
« Merci… Merci mille fois.
-Ce n’est pas tout. Avoua Mahlia.
-Quoi d’autre ? Demanda Garam.
-Nous venons avec vous. Répondit Tehlmos. Notre mère est portée disparue et nous avons une opportunité de mener des recherches, nous n’allons pas rester les bras croisés. »
Les membres du groupe opinèrent, Morgana parla soudain :
« Si ça ne vous dérange pas, j’aimerai aussi me joindre à vous.
-Morgana ? Répéta Argand. Tu sais te battre ?
-Et bien… Commença-t-elle. Je dispose d’une épée léguée par mon père… Et j’ai déjà lu en partie un grimoire de Magie que j’ai mémorisé.
-Un grimoire ? Demanda Ferah, intéressée. De quel élément ?
-Les Ténèbres. Avoua-t-elle en rougissant un peu. »
Elle se baissa, comme pour décrocher quelque chose de sous le comptoir derrière lequel elle était, elle en tira un pistolet assez simple, portant un chargeur pour trois balles, ainsi qu’une épée de taille moyenne dans son fourreau, d’assez bonne facture. Une lame d’un bon mètre cinquante environ, large de dix centimètres une fois dégainée, elle avait une garde argentée et une poignée rouge vive. Lolya fixa l’équipement en question et déclara :
« Pas mal, pas mal du tout. C’est un équipement de bonne qualité. D’ailleurs, ce pistolet comporte un chargeur, je pensais en ajouter un à vous deux après cette histoire.
-Nous deux ? Répéta Ferah.
-Yep, vous pourriez tirer plusieurs balles sans avoir à recharger. Exposa Lolya. Le pistolet de Morgana en est équipé, je dirais que c’est un trois balle, un des plus simples. Le pistolet lui aussi est un modèle simple, ce n’est pas un Barillet comme les tiens Ferah mais un Gargantua-86, un modèle assez vieux mais efficace. »
Ils écoutèrent tous les explications de la jeune forgeronne, qui portait encore sa réplique d’espadron dans le dos. Garam se prit à sourire, il déclara :
« Bien, dans ce cas, c’est réglé, nous partirons demain. »
Tous opinèrent, Lolya regarda d’un peu plus près les armes de Tehlmos et Mahlia, pendant que ces derniers et le père d’Arali discutaient plus amplement avec les membres du groupe et apprenaient les origines spéciales de Ferah, pour qui ils promirent un accueil sans condition dans leurs forêts.
Finalement, ils partirent tous dormir et se retrouvèrent le lendemain dans le hall, Morgana portant une armure en cuir qu’un des soldats blessés lui avait gracieusement prêt, l’armure pour elfe dégageait un sentiment étrange portée par une humaine, mais il fallait la protéger du parasite. Argand attacha une capsule de Mana du Feu sur son épée. Mira la lui avait remplie avant d’aller se coucher la veille, Morgana lui en avait aussi remplie une avec son Mana des Ténèbres.
Ils sortirent, tous frais et prêts à en découdre. Ils avaient leur objectif : le bosquet lunaire. Ils ne reculeraient devant rien et s’y rendraient, en éliminant les parasites en chemin. Ainsi, le groupe partit.

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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Sam 20 Juil 2013 - 15:17

Et voilà déjà la suite, inspiration oblige c'est rapide (mais un peu plus court cette fois là). Bonne lecture à vous !
Comme d'hab, je reste ouvert à toute suggestion/critique de votre part.

IX. Clash on the big bridge.

Ainsi donc, le groupe partit. Juste avant leur départ, alors qu’ils étaient encore tous devant l’auberge, Garam déclara :
« Vous pouvez toujours vous désister, personne ne vous oblige à venir.
-Notre mère est portée disparue, nous avons d’ores et déjà décidé de vous suivre, quoi que vous disiez, notre avis ne changera pas. Répondit Tehlmos.
-Tout est dit. Ajouta Mahlia avec un sourire.
-De mon côté, j’ai envie de partir d’ici, de voir un peu de pays. Avoua Morgana. Qui plus est, avec vous je me sens en sécurité, donc ça ne peut qu’aller. »
Elle avait fait un large sourire à Garam, ce qui lui valut un regard noir de Ferah.
Faute d’objection, le petit groupe se mit donc en marche, leur première destination serait Archwood, puis ils partiraient pour Malakia et enfin pour Ellara, ville qui se devait d’être la plus proche du bosquet lunaire. C’était l’itinéraire que leur avait prévu Tehlmos et Mahlia, mais s’ils croisaient un trop grand nombre d’infectés, leur plan tomberait bien vite à l’eau et ils devraient se replier pour passer par les forêts, plan qui les enchantait déjà beaucoup moins.
Mais avant de décider d’aller à tel ou tel endroit, ils devaient entrer sur les terres des Von Drakerwarch, et pour cela, ils devaient franchir le ravin de Morenhorn.
Pour ce faire, les humains avaient bâti un robuste pont au-dessus dudit ravin, un pont fait de bois et lourdement armaturé. Il pouvait aisément supporter le poids d’une armée en marche et c’était la fierté des artisans du coin, et il y avait de quoi. Long de vingt mètres, large de six, il était bordé par de solides rambardes hautes de trois bons mètres et portant des trous permettant d’admirer la profonde gorge qui se dressait en dessous et ses deux cents bons mètres de profondeur qui donnaient sur un petit vallon sauvage, qui portait sobrement le nom de vallée de Morenhorn.
Le chemin jusqu’au pont ne devait pas durer longtemps, tout au plus une quinzaine de minutes, pourtant, quand ils arrivèrent devant ce dernier, les fourrées autour d’eux sifflèrent. Ils coururent donc se réfugier sur le pont, puis firent volte-face, ils voulaient avoir de l’espace pour se replier au besoin, le pont était idéal pour ça.
Deux infectés, visiblement un homme et une femme, l’armure noire de cette dernière ayant formé les contours de sa poitrine, comme le ferait une armure de plate pour femme. Tehlmos et Mahlia se prirent à sourire, ils tirèrent leurs armes. L’épée de Tehlmos était une immense épée, deux mètres de long, à la garde dorée, la poignée bleue claire et la lame aux reflets bleutés et gravée de dorures. Elle était plus large au début qu’à la fin de cette dernière et ressemblait à une moitié de triangle, passant de près de trente centimètres de large à un peu moins d’une dizaine à la pointe. Mahlia, elle, tira sa hallebarde et son revolver, la hallebarde était courte, plus courte qu’une hallebarde normale, elle mesurait environ un mètre cinquante, soit la moitié de la taille régulière de ces armes, toutefois, sa lame gardait le même éclat bleuté, typique des armes forgées avec du mithril. Son pistolet, quant à lui, était fait de bois et de mithril mélangés, il avait un canon long et un chargeur, attaché en-dessous de ce dernier, juste devant la gâchette. Il ressemblait au pistolet de Morgana, mais en bien plus stylisé et très probablement plus puissant.
Ils se mirent tous les deux en garde face aux infectés. Welans tira son arc et banda ce dernier, afin de soutenir son frère et sa sœur. Arali tira sa dague, comme à son habitude plus par réflexe que pour réellement s’en servir. Morgana dégaina son pistolet et son épée, elle se plaça aux côtés de Ferah et Mira, qui avaient d’ores et déjà dégainé leurs armes et épaulé. Argand, Raksha, Garam et Lolya tirèrent leurs armes et se mirent en avant-garde.
Les deux infectés avancèrent vers le groupe, sifflant et dardant l’air de leurs langues pendant que leurs yeux jaunes fixaient avidement ces nouvelles proies avec intérêt.
Un rugissement retentit soudain depuis les cieux, une ombre passa, obscurcissant l’espace d’un instant le ciel. Ils levèrent tous les yeux, quittant les infectés, qui étaient encore à une bonne vingtaine de mètres d’eux. Ils les écarquillèrent en voyant le nouvel arrivant : un corps long de sept bons mètres, une envergure d’au moins dix mètres voire un peu plus, une face pareille à celle d’un aigle, à savoir un bec tranchant posé sur une mâchoire puissante, deux yeux rougeoyants guettant une proie potentielle et un plumage couleur bois sur les ailes et la face, mais un pelage doré sur le reste du corps. Le monstre se posa, sur ses quatre pattes bien solides, portant de lourdes griffes. Il poussa un puissant cri, fouettant l’air derrière lui de sa queue de deux bons mètres. Tous le reconnurent immédiatement : Un griffon ! Un grand mâle à en juger par la couleur de son plumage, les femelles en ayant un tirant plus sur le gris. Tehlmos soupira :
« Génial, fallait qu’un griffon ait décidé de s’installer dans le coin en plus de ça ! »
Lui et Mahlia se mirent face au griffon, il demanda :
« Welans, ça te tente une petite partie de chasse au griffon ?
-Mais ?! Et les infectés ? Demanda l’elfe brune.
-Laissez-nous ça et occupez-vous de celui-là. Répliqua Garam avec un sourire. »
Welans opina, Arali lui déclara, alors qu’elles se retrouvèrent dos à dos :
« Je t’interdis formellement de mourir Welans.
-Ne t’en fais pas, c’est pas au programme. Répondit la brune avec un sourire. »
Leurs batailles débutèrent ainsi. Chacun de leur côté, un double front, les infectés devant et le griffon derrière.
Garam s’élança rapidement, il fila vers l’homme infecté, qui bloqua son attaque avec ses deux bras, croisés devant son torse, cible de l’attaque. Les deux lames du jeune blond ne purent entamer la dure cuirasse noire procurée par le parasite dzêta. Les deux faux portées par l’infecté sur ses épaules intentèrent une contre-attaque, que le jeune homme bloqua de justesse. Il ne put cependant pas esquiver le puissant coup de poing qui l’atteignit au creux de l’estomac, le faisant reculer de deux bons pas et l’exposant à une attaque des faux du parasite. Garam ne dut son salut qu’à Morgana, qui dévia la première faux d’un habile coup d’épée et tira dans la seconde. La balle ne fit aucun dommage à l’épaisse carapace, pas plus que le coup d’épée, mais à bout portant, elle eut le mérite de faire reculer la faux.
Garam se surprit de la capacité à combattre de Morgana, il lâcha simplement un « Merci », préférant reléguer les questions pour plus tard. Le parasite rugit et tenta de lui coller aussi un coup de poing en plein ventre, mais Morgana esquiva d’un bond de côté, parant de justesse la faux qui fusa vers elle.
Argand se glissa dans la bataille et, enfonçant la gâchette de son arme, il laissa s’infuser le Mana du Feu sur sa lame. Il porta un coup vertical à son opposant, lui ouvrant une large entaille en plein dans le torse, il enchaîna avec un coup de taille, porté en tournant sur lui-même. L’infecté quitta le sol pour s’écraser lourdement au sol, laissant une traînée de sang noir nauséabond sur son trajet et sifflant comme un dément en proie à la douleur. Il se redressa pourtant d’un bond et, à une vitesse surprenante, il fusa vers son agresseur. Son bras se heurta à la lame infusée de magie du jeune homme, il la retira vivement et siffla, en proie à la douleur que provoquait ce contact. Argand avait d’ores et déjà compris qu’une fois infusée de Mana du Feu, la lame devenait très probablement brûlante, ce que les infectés appréciaient moyennement.
L’infecté recula d’un pas, sifflant de douleur, Garam en profita, glissant au sol, il lui ouvrit une profonde entaille dans une de ses jambes, lui arrachant un sifflement de douleur. Argand déclara soudain :
« Tout le monde ! Si on blesse la partie humaine, le parasite en souffre quand même, profitez de cette occasion ! »
Tous opinèrent, c’était effectivement quelque chose dont ils pourraient difficilement ne pas profiter. Garam se redressa d’un bond, évitant de justesse un coup de faux, qui lui laissa une petite entaille sur la joue. Morgana visa et tira, la balle toucha l’infecté à côté de son œil, qui cligna vivement plusieurs fois. Morgana se surprit elle-même par cette réaction : Cet œil serait-il aussi un point faible ?
Argand en profita pour frapper une nouvelle fois avec sa lame infusée de Mana du Feu. Il pressa de nouveau la gâchette, refaisant courir un peu de Mana depuis la capsule sur la lame, cette dernière brilla d’un rouge vif, comme précédemment. Argand chargea, les deux faux tentèrent de l’en dissuader, mais elles furent parées respectivement par Morgana et Garam. Argand leva son arme et, dans un rugissement sauvage, l’abattit de façon verticale sur son adversaire, lui laissant une énorme traînée rougeoyante depuis le haut de la tête jusqu’au milieu d’une des cuisses. L’infecté siffla, ce qui vrilla les tympans des trois guerriers présents, pourtant, personne ne se démonta. Argand poursuivit, utilisant les dernières ressources en Mana du Feu dont il disposait, il colla un coup ascendant en diagonale, qui fit décoller son adversaire du sol, il enchaîna en l’y ramenant brutalement, d’un puissant coup descendant, les mains jointes sur la poignée de sa lame. Les deux attaques laissèrent des jets de sang noir gicler des plaies, le parasité siffla de nouveau, en proie à la même douleur, ses faux s’agitèrent vainement dans le vide, comme si cela calmait sa douleur.
Argand s’écarta de son ennemi d’un bond en arrière, préférant se mettre hors de portée de ses faux. L’infecté se redressa, d’un bond, puis il chargea, toutes faux en avant. Quelques coups seulement restaient à disposition d’Argand, il devait en faire le meilleur usage possible, afin de tuer l’infecté avec ceux-là. Morgana détourna l’attention de l’infecté en lui collant deux balles consécutivement en pleine face, près de son œil. Ce dernier ralentit rapidement et envoya une de ses faux vers elle, car elle n’était pas bien loin. Elle esquiva un premier coup, mais le second lui entailla la hanche, lui arrachant un petit cri de douleur et la forçant à déposer un genou au sol. L’infecté envoya sa faux pour un dernier coup, qui se devait mortel. Garam le bloqua en croisant ses deux épées, se plaçant devant la jeune femme aux cheveux aux reflets violacés, il lui sauva la vie de cette faux, qui visait à traverser verticalement son crâne. L’infecté, qui s’était arrêté pour mieux viser, chargea vers lui, puis frappa violemment dans sa garde, que le bretteur baissa rapidement. Garam ne cilla pas et se prit à sourire, il déclara :
« C’est pas moi que tu devrais surveiller saloperie ! »
Argand intervint à cet instant-là, pressant fermement la gâchette, il laissa infuser tout le contenu restant de sa dose de Mana du Feu dans sa lame, la lame, parée de rouge vif, remplit aisément son rôle, à savoir traverser le flanc de l’infecté, trop occupé à combattre Garam pour parer avec ses faux. L’arme fit gicler quantité de sang noir, l’ennemi poussa un rugissement affreux et s’agita nerveusement. Argand le repoussa d’un coup de pied et, d’un puissant coup rotatif, fracassa sa lame dans la face de son adversaire, qui fut écrasé au sol par le puissant coup. Argand le maintint ainsi, un instant, laissant la lame encore brûlante causer le plus de dommages possibles au parasite. Les deux faux battaient l’air autour de lui, il préféra laisser la charge de les parer à Garam et Morgana. Ce qui paya, les deux jeunes guerriers s’y attelèrent et évitèrent ainsi au jeune brun une blessure ennuyeuse. Finalement, Argand détacha sa lame de la face de l’infecté et, d’un rapide mouvement, la passa au travers du crâne de l’infecté, qui rugit et s’agita nerveusement, pour au final s’immobiliser au sol. Argand retira son épée rapidement et s’éloigna d’un bond en arrière. Morgana braqua son pistolet sur leur adversaire, Garam faisait mouliner ses épées, mais rien, aucun mouvement, cet infecté venait de mourir apparemment. L’armure noire se liquéfia rapidement, pour s’évaporer purement et simplement, laissant de nouveau un corps déformé par son implantation. Les trois guerriers soupirèrent de décontraction à la vue de cet évènement.
De leur côté, les autres membres du groupe faisaient eux aussi face avec un infecté, une infectée en l’occurrence. Cette dernière bloqua un assaut de Raksha avec ses deux faux, sans sourciller le moins du monde. Lolya passa de côté et, utilisant sa force exceptionnelle, elle colla un coup de son faux espadron dans le ventre de la parasitée, qui recula de deux bons pas à l’impact, qui malgré qu’il ait été paré par ses deux bras croisés, sembla lui déplaire. Deux coups de feu retentirent, Ferah venait de tirer deux balles, l’une toucha la parasitée dans le torse, ricochant littéralement dessus pour aller laisser un éclat givré sur le sol du pont, à un bon mètre de là, mais la second toucha l’œil jaune vif ouvert sur le front de l’infectée, le crevant dans une effusion de sang noir, ce qui provoqua un sifflement de douleur de la part de la créature. Le sifflement s’amplifia encore quand la balle laissa éclater les pieux de givre, qui firent jaillir du sang en masse de l’œil crevé et perforèrent la cuirasse noire de l’intérieur.
L’infectée siffla de douleur de recula de plusieurs pas, se tenant son œil crevé avec ses deux mains pendant que ses faux fendaient aléatoirement les environs, à la recherche de ses agresseurs. Ferah se prit à sourire, c’est alors qu’Argand leur apprit pour le point faible qu’étaient les jambes de la créature. Raksha et Lolya opinèrent de concert, Mira épaula et prépara un tir chargé de magie du Feu. Elle visa, guettant une opportunité que lui offriraient ses deux alliés. Cette dernière ne tarda pas vraiment, en effet, Raksha dégagea l’une des faux d’un bon coup de bouclier dedans, alors que Lolya fit de même avec son espadron. Les deux combattants attaquèrent ensuite à tour de rôle : Raksha frappa d’abord d’un bon coup de glaive, qui ne fit aucun dommage mais releva la tête de son adversaire, Lolya frappa ensuite, un coup ascendant de son épée, qui fit décoller l’infectée du sol, c’est là que Mira tira. La balle enflammée fusa et explosa contre sa cible, la faisant siffler vivement de douleur. Quand elle toucha le sol, l’infectée rugit et fit virevolter aveuglément ses faux, du sang noir coulant encore en masse de son œil perforé. Raksha opina, il s’accroupit de dos à l’ennemi et laissa Lolya le charger, cette dernière sauta sur le bouclier et, prenant un bon appui dessus, elle sauta au-dessus de son adversaire, à deux bons mètres de haut. Raksha fut projeté en arrière par l’impulsion de la jeune forgeronne, dont la force n’était plus à prouver. C’est cette projection qui lui permit de dégager la première faux d’un coup de bouclier et la seconde d’un coup de pied dans la partie qui la maintenait attachée aux omoplates de l’infectée. Cette action offrit un champ d’action libre à Lolya, qui traversa l’œil crevé de l’infectée avec son imposante épée, immobilisant pour de bon la créature qui s’agita à peine un peu plus.
L’armure couvrant le corps de la femme se liquéfia rapidement et s’évapora tout aussi vite. Lolya retira son arme du corps difforme laissé par la mort du parasite et, avec Raksha, ils fixèrent le groupe d’Argand, pour voir s’ils s’en sortaient, tout comme le firent Mira et Ferah.
Ils se sourirent mutuellement, voyant qu’ils en avaient tous terminés avec les deux infectés. Soudain, les planches entre leurs groupes éclatèrent, laissant passer un long ver, d’environ huit bons mètres de long pour soixante centimètres de large à l’endroit le plus épais du corps. Le ver était en tout point similaire à celui qu’ils avaient affrontés après la mort du scyther, à cela près que celui-là était bien plus grand. Ses trois lames luisaient à la lumière du jour et son dard rouge dégoulinait de sang noir, visiblement, le parasite avait été blessé.
Morgana, Lolya et Raksha fixèrent la créature, incrédules, tout comme Arali. Mira s’exclama :
« C’est la vraie forme du parasite ! Ils ne se sont pas évaporés mais ont repris leur vraie forme sous le pont après avoir fusionnés ensemble ! »
Les quatre ignorants du groupe furent ravis d’apprendre cette joyeuseté, Argand ajouta :
« Et surtout il va bouger beaucoup plus vite maintenant ! Faut le retenir le temps que Mira le crame ! »
Tous opinèrent, ils se mirent en cercle autour du monstre, qui ne savait pas quel bretteur attaquer en premier. En même temps, entre Argand, Garam, Raksha, Morgana et Lolya, il n’avait que l’embarras du choix. Arali suggéra à Mira :
« Combinons mon Rayon luminescent et ta Salve Ardente, comme lors du combat contre Azalée.
-Oui, Masi va falloir l’immobiliser alors. Répliqua Mira, inquiète.
-Je m’en occupe. Répondit Ferah avec un sourire. Voyons voir si bosser un peu ce grimoire a payé. »
Elles opinèrent, toutes les trois ouvrirent en même temps leurs cercles de Runes, Ferah y traça en première une Rune, une sorte de B, avec des extrémités bien plus arrondies. Elle psalmodia alors :
« Le froid est mon allié, que dans la glace, à jamais ils soient emprisonnés ! »
Elle tendit sa main droit devant, le cercle de Rune brilla, puis disparut, pour réapparaître sous le ver. Ferah s’exclama :
« Restez pas là, ça va devenir dangereux ! »
Ils bondirent tous en arrière par réflexe une fois son ordre donné. Elle laissa partir ce sort qu’elle avait récemment appris : l’Eclosion polaire.
Le concept du sort était très simple, faire jaillir du sol des pieux glacés qui empalaient les ennemis. Ici, leur but n’était pas d’agir ainsi, mais plutôt de gêner le parasite et de la bloquer dans une prison gelée. C’était un sort basique, mais toutefois un peu plus complexe, car il fallait faire en sorte de cibler une zone et ne pas laisser partir une salve à la va-vite.
Ferah lâcha un « Aaaahhh ! » en laissant agir le sortilège une fois la zone bien ciblée. Elle avait demandé aux autres de reculer pour ne pas risquer de les blesser si une pique jaillissait dans le mauvais sens, en effet, de tels incidents pouvaient arriver, mais étaient rarissime avec de la maîtrise, ce que la jeune femme aux cheveux bleus n’avait pas.
Les pointes remplirent leur effet, jaillissant du sol, elles bloquèrent le ver, comme l’avait prévu Ferah, le bloquant entre elles. Le ver s’agita, parvenant difficilement à s’extirper petit à petit de sa prison gelée. Ferah grimaça et déclara :
« A vous de jouer maintenant, mes pointes ne tiendront pas infiniment, vous n’avez qu’une chance, ne la gâchez pas ! »
Mira et Arali opinèrent, chacune traça rapidement la Rune qui correspondait au sort qu’elle souhaitait lancer, un quatre plus courbé pour Arali et un W pour Mira. Elles parlèrent, Mira tout d’abord :
« Calcination, extermination. Qu’ils brûlent comme les flammes de la passion. »
Immédiatement après, Arali reprit :
« Tel un trait qui chasse le mal et les ténèbres, chasse à présent l’ennemi, servant de l’ombre ! »
Les deux cercles du Runes brillèrent et les deux sorts se mélangèrent, laissant apparaître deux sphères lumineuses rouges vives au-dessus des deux jeunes femmes. Elles tendirent ensemble leurs bras vers le parasite, qui remuait encore pour sortir de sa prison glacée, et les deux rayons rouges vifs partirent, à une vitesse fulgurante. Ils heurtèrent de plein fouet la carapace noire du parasite et explosèrent violemment à son contact, forçant la dispersion des pointes gelées par la même occasion. L’explosion ne laissa tomber sur les planches du pont éclaté qu’un petit amas noir fumant, qui semblait avoir durci avec la chaleur immense de l’assaut. Le parasite était vaincu, ce qui n’était pas pour déplaire aux membres du groupe. Les bretteurs se retournèrent vers les trois magiciennes, qui ahanaient, cet effort les avait épuisées, mais visiblement, elles seraient d’attaque sous peu, en témoignait Ferah, qui sourit aux autres membres du groupe et leva son pouce, victorieusement. Ils avancèrent tous vers elles et passèrent de l’autre côté, pour aller aider les trois elfes qui devaient faire face au griffon.
Ces derniers n’avaient pas chômé, le combat était parti immédiatement, Tehlmos s’était élancé à l’assaut du monstre, son immense épée au clair. Il l’abattit sur le griffon, qui esquiva d’un mouvement en arrière, l’elfe se prit à sourire, une flèche se ficha dans le cou du griffon, le faisant siffler de douleur. Welans avait frappé, avec une précision diabolique, deux autres traits partirent quasi simultanément se ficher dans le cou de la bête eux aussi et la firent reculer d’un bon pas. Le griffon se tourna vers son agresseur, qui souriait sauvagement. Mahlia profita de l’ouverture pour tirer deux balles dans la face du monstre, quasiment à bout portant. Les balles percèrent aisément la peau du griffon et firent gicler le sang, ce dernier s’ébroua et poussa un rugissement en reculant. Il arma sa queue et, d’un rapide tour sur lui-même, balaya la zone sur deux bons mètres autour de lui. Tehlmos para l’attaque avec le plat de sa lame, mais Mahlia n’eut pas cette chance, elle fut expédiée contre la rambarde violemment, ce qui lui fit tousser une petite gerbe de sang. Elle toussa ensuite, pour reprendre sa respiration, coupée par l’impact. Welans se mit devant elle, cherchant à protéger sa grande sœur du mieux qu’elle le pouvait.
Le griffon, ayant terminé son attaque, s’était concentré sur elles, Tehlmos en profita, il fila droit vers la bête et, d’un coup de taille en tournant sur lui-même, il lui laissa une profonde entaille dans l’épaule. Le griffon recula d’un pas et, d’un rapide mouvement, décolla du sol en faisant un salto. Tehlmos fut éjecté et roula sur deux bons mètres. Il se redressa et essuya le sang qui coulait de sa bouche d’un revers de bras.
Le griffon battait des ailes, soulevé à une trentaine de centimètres du sol et utilisant cette position pour combattre plus à l’aise. Welans laissa partir deux Tirs chargés simultanément, les deux touchèrent le griffon en plein torse, ce dernier s’écrasa lourdement au sol, glissant sur un bon mètre avant de se relever et de pousser un nouveau rugissement à l’encontre de ses agresseurs.
Il gratta un peu le sol et chargea, à vive allure, vers ses opposants. Une fois à deux mètres environ de Welans, il réalisa un nouveau salto en décollant, tentant de la frapper avec sa queue. L’elfe esquiva d’un bond de côté, tout comme Mahlia, qui fit de même.
Cette dernière mena la contre-attaque en bondissant et dardant le corps du griffon à plusieurs reprises avec sa hallebarde. Le monstre recula, en proie à la douleur des diverses entailles qui parcouraient son corps, Mahlia en profita pour lui tirer trois balles, qu’elle avait préalablement rechargées, dans son torse, ces dernières percèrent aisément la peau du torse du griffon, faisant gicler le sang et rugir la créature. Tehlmos abattit sa massive épée sur la patte arrière du griffon, le faisant chuter lourdement au sol. Le monstre n’eut qu’à peine le temps de songer à une contre-attaque, car Welans fit fuser un nouveau Tir chargé en plein dans sa face, le faisant rouler sur un bon mètre.
Le monstre se dressa sur ses pattes arrière et poussa un rugissement effrayant, il se laissa lourdement au sol, faisant vibrer tout le pont sous son poids de deux cents bons kilos. Tehlmos et Mahlia se mirent aux côtés de Welans, le griffon énervé, le combat commençait réellement maintenant.
Tehlmos passa à l’attaque en premier, fonçant droit sur la bête pendant que ses deux sœurs prenaient la créature par les flancs, le monstre ne fut pas dupe, mais il préféra contrer l’attaquant portant l’épée à deux mains en premier lieu. Il lui porta un puissant coup de sa patte avant gauche, que l’elfe para, non sans reculer d’un bon mètre en glissant au sol sous l’impact puissant de la musculeuse patte. Pourtant, l’assaut n’en resta pas là, le griffon tapa lourdement le sol avec la patte qui lui avait servi à donner le coup et, s’en servant de pivot, il envoya son autre patte avant vers Mahlia pendant que le fouet qui lui servait de queue fusa vers Welans.
L’aînée esquiva d’un bond en arrière, qui lui permit d’éviter les meurtrières griffes, elle se retrouva même face à face avec le monstre, qu’elle gratifia d’un coup de taille, enchaîné d’un autre dans le sens inverse et d’un ascendant, ce qui fit s’ébrouer de douleur le griffon.
Welans, de son côté, esquiva l’attaque en glissant au sol, puis elle décocha deux flèches simultanément dans la patte arrière du griffon. Ce dernier s’ébroua, ce qui lui offrit une opportunité en or pour lui décocher un nouveau tir chargé en plein dans son flanc droit. Le monstre s’écroula de côté et roula aux pieds de Tehlmos, qui profita du fait qu’il soit au sol pour lui asséner un coup de taille, suivi d’un coup vertical descendant et d’un dernier coup de taille en tournant sur lui-même. Les trois attaques abîmèrent l’une des ailes du griffon, qui siffla de colère.
La bête se redressa presque d’un coup et en exécutant un salto qui lui permit de fouetter ce qui se trouvait devant et derrière lui avec sa queue. Tehlmos ne réchappa à l’attaque que de justesse, il sentit presque la brûlure du fouet qu’était la queue du griffon sur son visage. Le monstre se tourna vers lui d’un battement d’ailes habile et lui tomba dessus vite, l’elfe n’eut pas le temps de réagir, il se retrouva au sol, entre les pattes du griffon avec pour seule protection contre le bec acéré du monstre le plat de sa lame, derrière lequel il se réfugia du mieux qu’il le put. Il encaissa un coup, puis un autre, chacun d’eux étant porté avec une puissance ahurissante. Tehlmos paniqua un peu : Il ne supporterait pas bien longtemps ces coups !
Welans et Mahlia intervinrent, la première décochant des flèches à la chaîne, ces dernières se fichant dans la croupe du monstre alors que la seconde frappait avec véhémence la patte arrière du monstre. La réaction ne se fit pas attendre, d’un coup de patte, il envoya Mahlia rouler au sol un bon mètre plus loin et d’un coup de queue, il fracassa Welans contre la rambarde, lui coupant la respiration sur le coup.
Tehlmos paniqua encore plus, il était vraiment fini si le griffon reprenait ses assauts ! Ses deux bras le lançaient déjà, il ne supporterait pas d’autre coup de bec !
Le monstre se tourna vers lui de nouveau, après s’être assuré d’avoir envoyé paître les deux gêneuses, puis il darda vers l’elfe, il fut stoppé net dans sa course par un puissant coup de bouclier porté par Raksha, le griffon, sonné, recula de deux pas, Lolya arriva en renforts et fracassa son faux espadron dans la face du griffon, lui laissant une longue traînée ensanglantée en plein milieu de la face. Trois détonations retentirent, deux balles percèrent la peau du cou et générèrent des pointes glacées qui ouvrirent plusieurs entailles dans la peau du monstre, la troisième explosa contre sa face, le faisant reculer en glapissant.
Mira et Ferah rechargèrent leurs armes, Morgana, Argand et Garam s’élancèrent pour aller faire face au griffon. Argand colla un coup de son épée, dont la pierre avait d’ores et déjà été remplacée par celle chargée en Mana de l’Eau. Il n’activa cependant pas la fonction de son arme, préférant l’économiser pour plus tard. Le coup qu’il porta fut un puissant coup ascendant, qui fit se dresser le griffon sur deux pattes, lui laissant aussi une longue traînée ensanglantée sur le torse. Morgana tira trois coups d’affilée, deux vers les ailes qui firent mouche et un dans la face du griffon, qu’elle manqua de peu, mais elle atteignit toutefois son cou. Garam, pour terminer, sauta et colla deux coups en X à la suite sur le torse de la créature, qui recula de deux pas de plus et laissa s’échapper encore plus de sang de ses blessures nouvellement ouvertes dans le torse.
Le monstre toucha finalement le sol, pour se rendre compte qu’il avait perdu deux bons mètres lors de l’offensive. Mahlia et Welans s’étaient pressées aux côtés de leur frère et l’aidaient déjà à se relever, oubliant presque leurs blessures. Arali les y aida également. Raksha s’était mis devant eux, aux côtés de Mira et Ferah. Lolya avait rejoint Morgana, Garam et Argand en première ligne.
Le griffon renifla et poussa un rugissement à leur encontre, il se retourna soudain et commença à battre des ailes. Deux détonations retentirent, ses ailes furent traversées par des pieux gelés qui jaillirent de deux impacts de balles, il ne renonça pas malgré la douleur et commença à s’envoler, mais quelque chose le retint. Il se retourna et comprit de quoi il retournait, Lolya venait de lui attraper la queue et, aidée par Raksha, qui la tenait lui aussi, ils le retenaient. Ils tirèrent tous les deux et le firent basculer, le faisant percuter le sol lourdement et sur le dos. C’est le moment que choisirent Argand et Tehlmos pour sauter et traverser son torse de leurs épées à deux mains respectives.
Le monstre s’ébroua un peu, puis bien plus vivement, forçant les deux combattants à retirer leurs épées et sauter du monstre, pour ne pas être éjectés par ses mouvements quand il se relèverait. Pourtant, il ne se releva pas, Garam lui sauta dessus en vociférant :
« Bordel ! Mais crève ! »
Il lui enfonça à une dizaine de reprises ses deux lames au travers du torse, arrachant des cris de douleur au griffon qui, finalement, s’immobilisa pour de bon, agité par seulement quelques convulsions qui lui valurent un dernier coup par le jeune leader.
Ce dernier, toujours à cheval sur le torse ensanglanté du griffon, poussa un profond soupir et se releva, il rengaina ses épées, sous le regard médusé de Mahlia et Tehlmos. Le jeune blond demanda :
« Quoi ? J’ai un truc sur le visage ?
-Je… Euh… Non. Répondit Tehlmos, toujours aussi perturbé.
-C’est bien la première fois que je vois quelqu’un sauter sciemment sur un griffon. Avoua Mahlia. J’en ai connu pas mal de courageux, mais personne n’a jamais tenté une telle folie.
-Bah faut bien un début à tout. Avoua Garam en riant. »
Tous les autres avaient d’ores et déjà rangé leurs armes, Lolya se prit à sourire, Raksha fit de même, Morgana avait les yeux brillants d’admiration, Ferah poussa un profond soupir, secondée par Mira, Arali et Welans, tout comme Argand, éclatèrent de rire.
Un repos fut pris, ils s’assirent tous en cercle, Arali soigna les quelques blessés mais s’en retrouva épuisée. Les sorts de Soins n’étaient pas bien coûteux en énergie, les maîtriser ne demandait pas de grands efforts non plus, mais pourtant, leur usage répété entraînait une fatigue importante chez le mage. Arali se laissa finalement tomber à genou, épuisée. Ferah lui tendit une petite bouteille bleutée, elle expliqua :
« De l’Eau Cicatrisante, il m’en reste un peu de notre première mission, ça devrait te requinquer.
-Il t’en reste beaucoup ? Demanda Mira.
-Encore une. Répondit la jeune femme aux cheveux bleus.
-Donne-la moi, je vais remplir deux capsules pour Argand, je risque d’être fatiguée après ça. »
Ferah ne discuta pas, l’épée d’Argand était un atout majeur dans leurs combats contre le parasite, tout comme l’était Mira, il ne fallait pas hésiter à faire quelques sacrifices pour garder ces deux-là en forme.
Mira rechargea les deux capsules restantes à Argand, qui remplaça celle de Mana de l’Eau au par une de Mana du Feu. La jeune femme aux cheveux rouges but ensuite rapidement la fiole d’Eau Cicatrisante, ce qui la requinqua rapidement. Ils restèrent encore un peu assis, pour laisser le temps à Arali, Ferah et Mira de bien récupérer, pendant ce temps, Lolya examina le corps du griffon et pesta :
« C’est vraiment dommage…
-Quoi donc ? Demanda Garam.
-De l’abandonner tiens ! S’exclama la jeune forgeronne. Les matériaux issus d’un griffon valent leur pesant de cacahuètes sur le marché des artisans.
-Tu pourrais nous faire quoi avec celui-là par exemple ? Demanda le leader, curieux.
-Avec celui-là ? A peu près n’importe quoi. Répondit-elle. Deux armures, un fouet, des flèches, une épée… En fait, ça dépendrait surtout de ce qu’on me demanderait. »
Garam opina, pensif. Tehlmos la rassura :
« Ecoute Lolya, je doute que quiconque passe par ici et le prenne, une fois toute cette affaire terminée, j’enverrai personnellement des hommes chercher ce corps.
-Pour de vrai ?! S’exclama-t-elle, les yeux brillants.
-Si ça peut vous aider, sans souci. Opina l’elfe avec un sourire. »
Elle le remercia chaleureusement et le prenant dans ses bras et en lâchant un « Yay ! », sa force manqua cependant de briser une vertèbre à l’elfe, qui ne dut sa survie qu’à Welans, qui demanda à Lolya de se calmer un peu, ce qu’elle fit, en toussotant légèrement, pour masquer son rougissement.
Argand suggéra :
« Bien, et si on y allait ? On a encore pas mal de chemin à faire jusqu’à ce bosquet.
-Yep, en route ! S’exclama Garam en se mettant sur ses jambes d’un bond. »
Ferah soupira, pestant contre le fait que Garam ne s’épuise jamais. Le groupe reprit donc la marche, terminant sa traversée du pont sans encombre pour accéder à une partie bien plus ancienne et exiguë de la forêt, Archwood, les terres des Von Drakerwarch.
Tehlmos déclara, une fois leurs premiers pas faits dans cette partie plus sombre de la forêt :
« Nous voici sur leur territoire désormais. Le village se trouve à deux bonnes heures de marche, je préfèrerais éviter tout affrontement avec eux sans bonne raisons, d’accord ?
-Etre débordé par le nombre ne m’enchante pas vraiment non plus. Avoua Raksha. Autant être prudents. »
Ils opinèrent tous. Leur marche dans les bois d’Archwood, territoire des infectés, commença ainsi.

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Re: Asfallon bêta

Message par King of Death le Sam 20 Juil 2013 - 16:48

Super ce premier chapitre ^^!
Désolé je suis un peu en retard mais, j'ai tout de meme prit environ 40 minutes pour le premier chapitre.
Je trouve l'histoire géniale.
Je te donnerais mon prochaine avis dans plusieurs jours seulement. Alors pendant ce temps tu peux continuer.
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Re: Asfallon bêta

Message par arzak16 le Mar 23 Juil 2013 - 10:38

Plus court Very Happy ça fait quand même un bon gros chapitres (que j'ai pris une dizaine de minutes à lire). Toujours génial, continue!
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Re: Asfallon bêta

Message par Yian garuga anonyme le Mar 23 Juil 2013 - 12:47

HIN HIN HIN

Essaie de me remettre en retard pour voir è_é

J'ai pas mis si peu de temps pour le lire, bizarrement xD

Sinon, bon chapitre, évidemment, mais juste une suggestion :

Y a pas d'animaux carnassiers xD ? Nan parce que ça fait un bon gros paquet de repas un griffon, je suis étonnée qu'ils ne se soient pas dit : Laisse tomber, il va se faire dévorer par les hyènes (oui je sais que ça vit pas ici, mais osef)...

Enfin, s'ils récupèrent le cadavre, ça fera de belles armures *-*

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(Merci à Clost pour le Render!)

Salut toi :° T'as de l'imagination ? T'aimes écrire des textes avec de l'action ? Faire vivre de personnages fictifs ? Alors viens t'inscrire au Rôle play !

Je remercie de tout cœur ceux qui lisent nos aventures au RP ! Merci, merci et encore merci !

Ah, aussi, j'ai une fic, j'en remercie les lecteurs d'ailleurs !
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Mar 23 Juil 2013 - 12:56

La forêt entière ayant été parasitée et le parasite s’attaquant qu'aux choses vivantes, non, y a plus rien capable de boulotter le cadavre ^^" (j'avais aussi dit que les tilacos fuyaient la forêt me semble)

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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Sam 17 Aoû 2013 - 18:59

Voilà la suite, bonne lecture à vous ! Smile

X. Archwood, foyer infectieux.

Les bois des Von Drakerwarch étaient bien plus oppressants que ceux de Rotenwood, les arbres étaient bien plus sombres et leurs couleurs tiraient sur des teintes de vert et de marron bien plus obscurcies, ce qui renforçait le sentiment omniprésent de claustrophobie. Qui plus est, la présence d’infectés ne faisait qu’ajouter une tension supplémentaire aux membres du groupe. En effet, les pertes avaient été lourdes, il fallait donc supposer qu’un grand nombre d’infectés rôderait dans ces bois. Pourtant, cela ne les empêcha pas de progresser, à pas prudents, dans la forêt, longeant le chemin pour éviter au maximum les embuscades.
Ainsi, ils longèrent le chemin, se frayant le leur au travers des fourrées exiguës de la forêt. Après une bonne heure de marche, Tehlmos, qui menait le groupe, leur indiqua de s’arrêter et de se taire en tendant une de ses mains vers eux, puis en plaquant un de ses index sur sa bouche. Tous opinèrent, il désigna ensuite la route devant eux : Un infecté s’y trouvait, on aurait dit un humain infecté, un homme, mais à un stade bien plus avancé que ceux qu’ils avaient croisés jusque-là. En effet, il était un peu plus grand, dans les deux mètres quatre-vingt, mais ce détail était imputable à la taille de la victime, tout son corps était désormais couvert par le parasite, qui plus est, ses deux faux sur le dos avaient fusionnées, en une seule, qui prenait racine à la base du crâne et pendait au bout d’une sorte de queue qui tombait, l’arme improvisée avait aussi des dimensions bien plus effrayantes que les faux normales, qui dépassaient rarement le mètre. Celle-ci était une lame de deux bons mètres qui luisait à la lumière du jour et dégoulinait du sang encore frais d’une malheureuse victime tuée il y a peu mais pas en vue. Une autre transformation majeure étant celle de l’un de ses bras en une sorte d’épée, car ce dernier était effilé et semblait réellement tranchant comme ces dernières.
Ils restèrent figés devant l’horreur qui se dressait en plein milieu du chemin terreux, puis ils en virent à rebrousser chemin sur une cinquantaine de mètres, afin de pouvoir parler plus à loisir.
Cela fait, ce fut Tehlmos qui prit la parole en premier :
« Quelqu’un aurait l’amabilité de m’expliquer ce que c’est que ce foutoir sans nom ?
-J’en sais franchement pas plus que toi. Avoua Garam en se frottant le menton.
-On dirait que ceux qu’on a combattus jusqu’à maintenant n’étaient qu’à un stade précoce de l’infestation, celui-là semble déjà plus avancé et donc plus dangereux vraisemblablement… Songea Lolya.
-Dans ce cas, trouvons leurs des noms, ce sera plus pratique pour évaluer leurs forces si une reconnaissance est nécessaire. Suggéra Mahlia.
-Dans ce cas, je vois mal comment appeler cette saleté autrement qu’un éventreur. Avoua Garam. »
Ils le fixèrent tous, mais durent se rendre à l’évidence, ce nom collait parfaitement à l’aberration qu’ils venaient de croiser. Ferah suggéra :
« Dans ce cas, appelons les stades précoces des faucheurs.
-Mention adoptée. Déclara Tehlmos avec un sourire. Maintenant, reste à savoir ce qu’on va faire avec notre ami l’éventreur. 
-C’est pas évident ? Déclara Garam en souriant. L’éclater.
-Minute ! S’exclama Mahlia. On sait même pas s’il est plus fort ou non qu’un faucheur !
-Bah ça se verra bien sur le moment. Répondit du tac au tac le leader. »
Les deux elfes soupirèrent, Welans leur mit une tape amicale dans le dos et commenta :
« Bienvenue dans le monde merveilleux de Garam… »
Elle soupira à son tour, cette boutade n’eut pas d’autre effet que de faire rire le jeune homme. Il tira ses deux épées et déclara :
« Qui m’aime me suive, on va bien voir si cette saleté est aussi forte que ça ! »
Morgana et Ferah firent un pas en avant, un peu rouge toutes les deux. Raksha s’avança, ses armes tirées, et se mit aux côtés de Garam, il demeura silencieux, les yeux rivés sur leur adversaire, qui ne bougeait pas.
Argand et Mira avancèrent, mettant une petite tape dans les épaules de Ferah et Morgana, pour les inciter à rejoindre la bataille. Lolya s’avança aussi, finissant d’attacher son bandana autour de ses cheveux, elle tira ensuite sa massive épée noire du sol où elle était plantée et la posa sur son épaule, la tenant d’une seule main. Argand tira son épée et se mit en garde aux côtés de Mira, qui arma son fusil. Les deux jeunes femmes restantes tirèrent leurs armes et se lurent aux côtés du reste du groupe, prêts à entrer dans la bataille.
Tehlmos, Mahlia, Welans et Arali prirent aussi leurs position, un peu à contre cœur pour les deux premiers.
L’éventreur ne bougea pas, Mira attaque en première, laissant partir un tir chargé de sa Magie du Feu. La balle explosa contre l’infecté, le faisant siffler de douleur. Cependant, il ne recula que de quelques pas et chargea immédiatement, à une vitesse affolante. Tehlmos l’accueillit avec son épée, qui para celle qui faisait office de bras à l’éventreur, l’elfe perdit quelques pas sous la force tonitruante de l’impact. Il grimaça un peu en s’arrêtant mais n’eut pas le temps de râler, car la faux gigantesque qu’avait le monstre dans son dos vola vers lui. Il plaça son épée à la verticale et para, non sans difficultés, ce puissant coup.
Raksha passa à côté de l’elfe et sauta droit vers le parasité, afin de lui fracasser son bouclier en pleine face. Pourtant, ce fut lui qui reçut un coup, car l’adversaire le prit de vitesse et l’envoya rouler d’un coup de son poing normal dans l’estomac. L’homme-lézard glisse au sol et se redressa rapidement, visiblement, il n’avait pas si mal que ça, il le devait en partie à l’épaisse cuirasse écailleuse qui couvrait sa peau aussi.
Raksha repartit au combat, pour seconder Garam et Morgana, qui faisaient diversion pour qu’Argand ait un coup facile à placer. Les deux attaquèrent de concert, un coup d’épée chacun dans le torse de la créature, ce qui n’eut aucun effet autre que de faire crisser les lames sur la solide surface de la cuirasse noire. Toutefois, Morgana braqua son pistolet vers la face de l’infecté et tira, à deux reprises, dans sa bouche, ces coups firent s’ouvrir en grand l’œil de la créature, qui rugit de douleur et recula de quelques pas, bavant du sang noirâtre. Morgana visa du mieux qu’elle le put et tira sa dernière balle, qui manqua sa cible et ricocha, juste à côté de l’œil, sur l’épaisse cuirasse.
Cependant, une flèche fusa vers ledit œil, le transperçant et envoyant voler sur un bon mètre l’éventreur. Welans venait d’exécuter un Tir chargé à la perfection.
Le monstre ne siffla pourtant presque pas et se redressa rapidement, certes, cet œil était crevé, mais deux autres s’ouvrirent, sur l’emplacement des pectoraux de l’humain qu’il occupait.
L’infecté poussa un cri qui ressemblait à un rugissement lourd, il en laissa partir sa tête en arrière, emporté par un élan de sauvagerie. Puis il chargea, fonçant droit vers Morgana. Mira l’interrompit, lui collant une nouvelle balle explosive qui le fit décoller du sol et s'écraser lourdement quelques mètres en arrière. Argand saisit l'opportunité et chargea, il s'élança vers l'éventreur, qui avait pris un appui solide au sol et s'élança à son tour.
Argand pressa la gâchette, le Mana du Feu emplit la lame et la colora de rouge vif. La lame emplie de Mana et le bras épée de l'éventreur entrèrent en contact avec véhémence, mais ce fut ce dernier qui céda, refusant de s'engager dans un contact prolongé avec la lame, qui commençait à faire fumer la cuirasse noire à son contact. L'éventreur recula en sifflant de rage, Argand enchaîna, d'un coup de taille rotatif, il laissa une profonde entaille sur le torse du monstre, fauchant au passage ses deux nouveaux yeux et le faisant rugir de douleur. L'infecté recula d'un pas de plus, mais il revint rapidement à l'assaut, frappant avec véhémence de son bras épée vers le jeune brun. Ce dernier para de justesse la puissante attaque, qui le fit reculer de plusieurs pas, il eut aussi fort à paire pour esquiver la faux, qui vint percuter sa garde juste derrière. Argand grimaça et perdit encore quelques mètres. Raksha le tira du mauvais pas en bloquant la charge du parasité avec son bouclier, qui craqua sous le puissant impact du bras épée. Raksha grimaça, Lolya bondit à ses côtés et, d'un coup de taille rotatif, porté en sautant, elle fracassa son faux espadron en plein dans la face du monstre, qui recula de plusieurs pas, sans aucune autre blessure qu'une trace dans sa cuirasse noire. La faux darda vers la jeune forgeronne, mais Morgana la dévia, avec l'aide de Garam, d'un bon coup d'épée dedans. La jeune femme aux cheveux violets tourna sur elle même et braqua son pistolet dans la face du monstre, qui avait la gueule ouverte. Les trois balles partirent, faisant reculer l'éventreur de douleur. Un nouveau Tir chargé de la part de Welans l'envoya s'écraser au sol. Argand chargea, secondé par Tehlmos et Mahlia. Les deux elfes envoyèrent valser le bras épée et la faux, protégeant ainsi le jeune brun d'un coup et lui ouvrant la voie pour frapper. Argand débuta l'enchaînement, frappant de sa lame en diagonale tout d'abord, ouvrant une plaie dans la cuirasse, qui fuma légèrement. Le jeune brun enchaîna, d'un coup rotatif, il trancha dans la cuirasse du monstre, le faisant rugir de douleur et ouvrant une plaie béante dans ce qui était son ventre. Le monstre recula, tenant sa blessure avec sa main encore normale et dardant de sa faux vers Argand. L'humain esquiva l'attaque d'un bond de côté et abattit son épée, sectionnant net la faux. La fine queue qui le tenait céda et la faux gicla au sol, avant de se liquéfier et de s'évaporer purement et simplement. Mira hurla :
« Argand ! Bouge ! »
Il ne réfléchit pas plus que ça et bondit de côté, la jeune femme avait d'ores et déjà un cercle de Runes ouvert devant elle, elle psalmodia :
« Calcination, extermination. Qu’ils brûlent comme les flammes de la passion. »
La Salve Ardente partit, avec une vitesse fulgurante, en quelques instants, l'éventreur fut englouti par les flammes et sembla littéralement s'évaporer, en émettant un sifflement proprement horrible.
Le parasite laissa seulement un amas de chair sanguinolente, qui brûla dans les flammes du sort de Mira. Tous restèrent en garde un instant, prêts à en découdre de nouveau si la créature revenait, mais ils se rendirent compte de la futilité de ceci quand Raksha désigna le petit amas noir solidifié.
Ils se détendirent donc tous, Argand retira la capsule, qui était désormais vidée de son contenu et la remplaça par une autre. Mira se reposa rapidement, constatant qu'elle n'avait pas autant besoin de repos qu'à l'accoutumé. C'était imputable au fait qu'à force d'utiliser ses sortilèges, elle gagnait en puissance, petit à petit et habituait son corps à des dépenses de Mana.
Tous rangèrent leurs armes et soufflèrent quelques instant, Tehlmos râla :
« On verra sur le moment, hein ?
-Bah quoi, on l'a eu non ? Répliqua Garam, piqué au vif.
-Effectivement, mais cette saloperie est autrement plus puissante qu'un simple faucheur. Répliqua Tehlmos. Je suppose que tu t'en est rendu compte ?
-Évidement, je suis certes pas très futé, mais je sais quand un ennemi est puissant et celui-là l'était sacrément même. Répondit-il. »
Tehlmos soupira profondément, puis Arali lança :
« Bien, nous pouvons repartir, non ?
-Oui, sans souci. Répliqua Mira avec un large sourire. »
Le petit groupe se remit en marche, à l'abri des frondaisons. Après une petit quart d'heure de marche, ils purent enfin le voir : Le village d'Archwood, ou du moins ce qu'il en restait. Depuis leur abri forestier, ils constatèrent les dommages : Des dizaines de maisons détruites et des infectés partout dans les rues, des faucheurs, mais aussi des éventreurs et même ce qui ressemblait à un chien, mais couvert de la cuirasse noire du parasite, ne laissant aucun doute sur ce qui c'était passé.
Visiblement, aucun survivant n'était à signaler et s'il y en avait eu un, il n'aurait très probablement pas fait long feu à moins qu'il eut été un mage du Feu.
Ferah déclara :
« Je pense que rien ici n'est sauvable et que sans renforts conséquents, on ne pourra pas tenir bien longtemps face à tout ça.
-Pas faux. Opina Mahlia. Je compte au moins dix faucheurs et quatre éventreurs, plus celui à quatre pattes là-bas.
-Et je suppose que d'autres rôdent ici et là, on peut au moins estimer leur population à trente, facilement. Exposa Tehlmos.
-Étrange... Songea Arali. Je pensais qu'il y avait bien plus d'humains que ça ici...
-C'est le premier quartier. Expliqua Welans. Souvenez-vous, quand on est parties de la forêt, on est passée au travers de toute la ville.
-C'était de nuit... Râla Arali. J'avais pas forcément que ça à surveiller.
-Y aurait combien de personne dans ce village ? Questionna Ferah.
-Cent dix. Répondit calmement Mahlia. »
Ils avalèrent tous difficilement leur salive, Tehlmos expliqua :
« On devra d'ailleurs traverser un quartier si l'on veut aller dans le bosquet lunaire.
-Hein ?! S'étonna Mira, un peu paniquée. Vous voulez dire sortir à découvert au milieu des parasités ? C'est pas un poil dangereux ça ? Et on peut pas contourner ces saloperies d'ailleurs ?
-Calme-toi, c'est un tout petit quartier, à l'extrême est du village, je doute que leur nombre soit très important. Répliqua Tehlmos. Et oui, nous sommes obligés d'y passer pour aller au bosquet lunaire, le village est bâtie sur une zone en pointe, laquelle est terminée par le pont qu'on a traversés.
-Je vois, donc forcément, c'est ça ou aller se balader sur le flanc de la falaise. Exposa Raksha.
-Exact. Opina la grande sœur de Welans. »
Ils restèrent tous pensifs. Puis ils suivirent les deux elfes, longeant les maisons faites en bois ou en pierres selon les goûts des anciens locaux, désormais réduits à l'état de bêtes humant l'air à la recherche de proies potentielles et errant sans but. En passant près de la grande place, ils purent en voir un tout autre type : Une femme semblait-il, qui était passée à un stade nouveau. Elle faisait dans les deux mètres soixante, avait la peau verte claire parée de rayures vertes foncées par moment. Elle portait elle aussi l'armure noire typique des infectés, mais cette dernière ne couvrait son corps que comme une véritable armure, la femme avait des yeux bleu turquoise et des longs cheveux verts pomme avec ce qui ressemblait à des bâtons plantés dedans, pour les maintenir en un chignon duquel tombait une mèche longue dans son dos. D'ailleurs, une épée pendait à sa ceinture, une lame marron et blanche, qui semblait avoir été taillée dans un métal étrange. Elle faisait un bon mètre vingt de long et s'élargissait à son extrémité, au lieu d'être en pointe. Elle était aussi dentelée de chaque côté de la lame.
Les elfes présents dans le groupe écarquillèrent les yeux quand ils la virent, Arali demanda :
« Que fout une dryade ici ?
-Une quoi ? S'étonna Garam. Je croyais que c'était un nouveau stade, un peu comme le coureur là.
-Le coureur ? Répéta Ferah avec un sourcil levé.
-Ouais, c'est comme ça que j'ai décidé d'appeler ce chien infecté, ça lui va bien hein ? Répondit-il en souriant. »
Personne ne répliqua, encore une fois, Garam avait donné un nom collant parfaitement à l’aberration qu'ils avaient croisé. Arali reprit :
« Pour répondre à ta question, non, les dryades ne sont pas un stade d'infection. C'est un peuple vivant en harmonie avec les forêts, un peuple qui ne nous est pas hostile. »
Elle ponctua sa phrase en montrant du doigt la dryade, qui semblait donner des ordres à plusieurs faucheurs, qui lui obéissaient au doit et à l’œil, comme contrôlé par elle. Argand commenta :
« Bizarrement, elle a l'air à un stade très précoce d'infestation, la parasite ne s'est pas encore retourné contre elle.
-Dans ce cas pourquoi commande-t-elle les infectés d'Archwood ? Souleva Mira.
-C'est bien là le souci, je ne vois pas de raison pour les dryades de nos terres de se retourner contre nous. Répondit pensivement l'elfe blonde. »
En effet, elfes et dryades étaient connus pour bien s'entendre et tisser d'étroits liens, si bien que leurs deux peuples cohabitaient très souvent, le fait que des dryades aient été à l'origine de ce soulèvement était plus que suspect, voire même contre-nature, surtout si ces dernières n'étaient pas sous l'influence du parasite.
Tehlmos suggéra :
« Laissons-la tranquille, nous verrons de quoi il retourne une fois notre mère et celle de son altesse récupérées.
-Bon plan. Avoua Garam.
-Surtout qu'on se ferait allègrement démonter. Avoua Lolya.
-Pardon ? S'étonna l'elfe à la claymore.
-T'as regardé un peu son équipement ? Demanda Lolya. Une armure en parasite dzêta, qui la rends pour ainsi dire invulnérable à toute attaque physique et une épée taillée dans je sais pas trop quel os, mais très probablement quelque chose de vraiment coupant puisqu'elle n'a pas de fourreau. »
Le grand frère de Welans, ainsi que tous les membres du groupe se tournèrent vers la dryade, c'est vrai qu'ainsi armée, elle pourrait aisément tenir tête à tout un groupe de soldats, quand bien même ceux-ci seraient lourdement armés.
D'un hochement de tête général, la petite troupe se remit en marche, le plus silencieusement possible. Ils parvinrent en quelques minutes face à la rue qu'ils devaient traverser : longue de vingt bons mètres pour cinq de large, elle était bordée de deux maisons à gauche, puis croisait une autre rue et ensuite venait une grande bâtisse, probablement une auberge. A droite, ils pouvaient voir cinq maisons, dont l'un était bien plus solidement bâtie et haute que les autres aux alentours, probablement la maison d'une personne importante.
Leur trajet était simple, ils devaient débouler depuis la forêt, passer le puits devant eux, traverser la rue, puis regagner la forêt au bout de cette dernière.
Étrangement, cette dernière était totalement vide, pas âme qui vive, pas l'ombre d'un infecté à l'horizon.
Ils étaient tous tendus, c'était clairement un piège, mais comment s'en assurer ? Garam soupira :
« Bon, on nous attends, non ? Alors autant faire honneur à nos hôtes.
-Pour une fois, je dois avouer que je suis de ton avis. Avoua Ferah. Autant y aller, on verra bien si piège il y a ou non. »
Les autres échangèrent des regards inquiets, mais c'était bel et bien le seul moyen d'être catégoriques sur la présence ou non d'un piège. Le groupe allait s'avancer, mais une dryade apparut depuis l'angle de la rue, elle portait elle aussi l'armure du parasite, mais avait deux couettes très longues au lieu de la grande natte qu'avait sa congénère. De plus, deux coureurs étaient à ses côtés, humant l'air. Ces monstres avaient perdu toute leur grâce canine, désormais, ils étaient couvert d'une cuirasse noire aux bords tranchants et tournés vers l'arrière. Les monstres l'avaient plus d'yeux visibles, mais de puissantes mâchoires, garnies de crocs saillants. En fait, on aurait dit que le parasite avait juste privé ces canidés de leur vue tout en renfonçant énormément leur musculature et leur défense. En effet, ces derniers mesuraient environ un bon mètre cinquante de haut, pour environ deux mètres de longs, terminés par une queue désormais épaisse et cernée de pointes, ils semblaient vraiment féroces.
Vu comme ça, impossible de déterminer l'ancienne race à laquelle avaient appartenu ces chiens, peut être étaient-ils tout simplement des loups aussi, qui sait.
La dryade dégaina son arme, une épée semblable à celle de sa compatriote sur la grande place, mais avec une lame plus longue et effilée, qui s’épaississait avant de se rétrécir à sa pointe. La femme à la peau verte faisait dans les deux mètres soixante, de plus, elle semblait assez frêle, malgré qu'elle eut porté l'armure parasitique. Elle fixa dans la direction du petit groupe et lança, avec une voix autoritaire :
« Sortez de votre cachette, mes deux compagnons vous ont déjà repérés et n'attendent que mes ordres pour vous attaquer. »
Ils se tendirent tous, puis ils sortirent des fourrées, prêts à en découdre. La dryade, en voyant l'importance du groupe, ne sembla qu'à peine étonnée. Elle vit soudain les elfes et surtout Arali, puis elle se mit à rire. La petite troupe ne comprit pas la réaction de la dryade, cette dernière déclara, avec un sourire carnassier :
« Maîtresse Zyara et Elirh seront ravies d'apprendre que la princesse est venue d'elle-même. »
Elle tira son arme, plus longue que celle de sa camarade, et se mit en garde, les deux coureurs à ses côtés se préparèrent à bondir. Tous tirèrent leurs armes, Arali pesta :
« Zyara ?! Mais c'est pas votre chef ?
-Si. Répliqua simplement la dryade. Et l'oppression elfique sur nous, les dryades, prends en ce jour fin ! A l'attaque ! »
Les deux coureurs s’élancèrent à toute allure vers le petit groupe, Raksha en stoppa un, d'un bon coup de bouclier en plein crâne, le faisant piler net. Le coureur tituba un peu, puis il reçut un coup ascendant de l'espadron de Lolya, qui le fit décoller du sol. Deux Tirs chargés exécutés par Ferah percutèrent sa cuirasse, l'envoyant s'écraser aux pieds de la dryade, qui n'avait pas encore bougée. Il se redressa, bavant quand même un peu de sang noir.
Le second loup, quand à lui, fut intercepté par Tehlmos, le bloqua en fracassa sa claymore sur sa face. Il ne parvint pas à perforer la cuirasse, mais il avait au moins réussi à stopper sa charge furibonde. Le monstre tenta de forcer le passage en usant de la puissance de ses pattes, Mahlia l'en dissuada, en lui collant un coup de sa hallebarde modifiée en plein dans le flanc, le déstabilisant suffisamment pour qu'il se soulève du sol un court instant. Elle en profita pour lui coller un bon coup de pied sauté, qui l'envoya s'écraser au sol un bon mètre plus loin. L'elfe arma son pistolet et tira, trois Tirs chargés successivement, bien plus puissants que ceux de Ferah, Mira ou même Welans. Les trois traits bleutés percutèrent la cuirasse du coureur avec véhémence, l'envoyant rouler plus loin pour le premier, l'écrasant contre le mur pour le second et l'y enfonçant pour le troisième. Welans bondit aux côtés de sa sœur et décocha une flèche, y mettant le maximum d'énergie possible afin de réaliser un Tir chargé au moins aussi puissant que celui de sa grande sœur. Le trait siffla à une vitesse ahurissante, percutant la cuirasse de l'infecté en le faisant proprement traverser le mur, soulevant un épais nuage de poussière ce faisant. Le trio resta sur ses gardes, prêt à une contre-attaque du coureur.
La dryade se mordit la lèvre, elle ne pensait pas que ses opposants pourraient être aussi forts. Elle resta tout de même en place et se mit en garde, notant qu'un petit groupe chargeait vers elle. En effet, Argand, Garam, Morgana, Arali et Mira s'étaient élancés vers elle, prêts à en découdre.
L'esprit sylvain fit virevolter son arme et se mit en garde, tenant sa lame juste à côté de sa tête, des deux mains. Garam frappa en premier, ses deux lames visèrent le torse de la dryade, cherchant à y incruster un X, cette ne para pas, n'estimant pas l'attaque comme dangereuse, pourtant, elle recula de quelques pas sous l'impact : En effet, l'armure parasitique la protégeait des dommages, mais pas des chocs et sa carrure frêle n'était pas là pour l'avantager. Elle décida donc d'entrer plus sérieusement dans la bataille, Morgana tenta de poursuivre l'assaut porté par Garam, glissa à côté de lui, elle frappa avec son épée, qui fut bloquée par celle de la dryade. La jeune femme aux cheveux violacés tourna sur elle-même et braqua son pistolet vers la face de la dryade qui réagit bien plus vivement cette fois-ci, elle esquiva d'un bond en arrière le premier tir, puis dévia les deux autres en utilisant le plat de sa lame, qui faisait dix bons centimètres.
Mira arma son fusil, mais Arali appuya sur le canon et le baissa, elle lança :
« Toi et Argand, allez aider les autres, ils auront besoin de vos capacités pour tuer les coureurs, nous on se charge de la dryade.
-Bien reçu ! Opina la jeune rousse. »
Argand, lui, hocha simplement la tête, tous deux firent demi-tour et s'élancèrent, Argand partit rejoindre le groupe de Ferah, Raksha et Lolya, qui avait été chargé par le coureur, et Mira le groupe d'elfes.
Le jeune brun bondit littéralement sur l'infecté, qui lui présentait son flanc. Pressant la gâchette de son arme, il laissa le Mana du Feu infuser dans la lame, la rendant mortelle pour le parasite dzêta. Le coup qu'il porta eut un effet ravageur, un puissant coup ascendant. Le coureur fut soulevé du sol et s'écrasa un peu plus loin, laissant un arc de sang noir dans son sillage. Le parasité se redressa d'un bond, sifflant de douleur et ouvrant un énorme œil unique sur sa face. Ferah sourit et déclara :
« Point faible trouvé ! »
Elle arma ses deux fusils et tira successivement un Tir chargé et une balle chargée de Mana de l'eau. Le premier coup perfora aisément l’œil, le second pénétra dans la plaie et laissa exploser les pics glacés, qui firent leur œuvre de mort et blessèrent assez lourdement la bête, qui en poussa un glapissement. Le monstre se redressa tant bien que mal, pour recevoir la claymore d'Argand au travers du crâne, laquelle l'immobilisa définitivement. Le jeune brun retira sa lame, encore emplie de Mana du Feu, du corps du coureur. Le parasite laissa le corps difforme de ce qui semblait être un chien et s'évapora littéralement, laissant de nouveau un petit amas noir fumant.
Du côté de Mira et des elfes, ça bataillait un peu plus. L'infecté était ressorti de son trou et avait bondi vers Mahlia, mais Tehlmos l'avait dissuadé de terminer son assaut d'un bon coup de sa claymore dans le flanc. L'arme ne fit que crisser sur la cuirasse surnaturellement épaisse de la créature, mais au moins elle fut envoyée rouler au sol, duquel elle se leva rapidement, laissant voir ses mâchoires, qui dégoulinaient de son sang noir.
Mira intervint à cet instant, tirant une balle chargée de Mana du Feu droit vers le coureur depuis l'arrière. Le monstre se retourna à la détonation, pour se prendre la balle explosive en pleine face, ce qui l'envoya rouler aux pieds des trois elfes en glapissant de douleur. Mais ce dernier ne resta pas au sol bien longtemps, avant que Welans, Mahlia ou Tehlmos n'aient pu faire quoi que ce soit, l'infecté prit un appui au sol et s'élança en l'air, faisant tournoyer sa queue, qui projeta des épines un peu partout autour de lui. Welans esquiva d'un bond en arrière, Mahlia les para en faisant tournoyer sa hallebarde d'un seule main, ce fut Tehlmos qui fut le moins chanceux car sa claymore ne lui permettait pas de parer une telle attaque. Il préféra donc minimiser les dommages en couvrant sa face avec le plat de la lame et en encaissant les dégâts de l'attaque le mieux possible.
Malgré leur nombre approchant la vingtaine, seulement trois pointes touchèrent l'elfe à la claymore. La première se ficha dans sa cuisse, la seconde fit de même et la troisième dans son ventre. Il grimaça et les retira une à une, après avoir planté son arme dans le sol. Pendant ce temps, Welans et Mahlia avaient lancé la contre-attaque, histoire d'occuper l'ennemi le temps que Tehlmos rejoigne la bataille de nouveau. La cadette tira un énième Tir chargé sur la cuirasse du coureur, qui toucha le sol lourdement après son saut. L'impact eut son petit effet puisque l'infecté fut envoyé proprement s'écraser au sol. Mahlia termina l'attaque avec deux nouveaux Tirs chargés, qui fracassèrent le coureur dans le sol. Mira, qui avait ouvert un cercle de Runes et tracé la Rune correspondant à la Boule de Feu, psalmodia :
« Père des flammes, calcine leurs âmes. Qu’ils deviennent des cendres, qu’ils endurent ton courroux ô Salamandre ! »
La Boule de Feu partit, avec une vitesse folle, explosant directement sur le coureur, qui se tordit de douleur avant de s'immobiliser pour de bon. Le parasite dzêta, comme pour les fois précédentes, laissa voir un corps difforme et s'évapora, pour ne laisser qu'un petit amas noir et fumant.
Le trio affrontant la dryade avait lui aussi fort à faire. En effet, cette dernière s'était mise à combattre autrement plus sérieusement et sa capacité à raisonner lui permettait de placer des attaques bien plus vicieuses que les bêtes attaques que lançaient les infectés.
Elle débuta par un coup de taille vers Morgana, qui le bloqua avec sa propre épée, mais perdit quelques pas sous l'impact. Qu'à cela ne tienne, elle lança immédiatement la contre-attaque, visant du mieux qu'elle le put avec pistolet et tirant deux des trois coups qui lui étaient autorisés par son chargeur. Les balles fusèrent vers la dryade, qui dévia la première balle, qui allait droit vers son visage, d'un coup d'épée et laissa l'armure bloquer la seconde, qui percuta l'épaule.
Avec un sourire carnassier, l'esprit de la forêt s'élança vers la jeune femme aux cheveux violacés, mais elle fut stoppée dans son élan par Arali :
« Tel un trait qui chasse le mal et les ténèbres, chasse à présent l’ennemi, servant de l’ombre ! »
Le rayon jaune vif partit avec une vitesse fulgurante, la dryade reçut l'impact de plein fouet dans l'aine et fut projetée sur un bon mètres avant de retoucher finalement le sol. Elle y glissa et se stoppa en plantant son épée dans le sol. Elle la releva rapidement, parant l'attaque de Garam. Le choc fut bien moins brutal que le premier, cette fois elle savait à quoi s'en tenir avec lui. En forçant, elle parvint même à repousser le guerrier aux deux épées. Souriante, elle se redressa et chargea, Garam, qui avait perdu sa balance, manqua de se prendre un coup mortel de peu, Morgana frappa dans la lame du pied, la déviant. Cette dernière ne fit qu'entailler légèrement la hanche de Garam, le faisant toutefois grimacer, car elle était dentellée.
Morgana enchaîna rapidement sur un coup de son épée vers la face de la dryade, un coup de taille rotatif. L'esprit de la forêt esquiva d'un bond en arrière, elle se remit en garde, juste à temps pour encaisser un tir de la jeune femme en plein dans son armure parasitique, qui tint malgré tout bon. Soudain, un cercle de Runes s'ouvrit devant Morgana, violet, presque noir à vrai dire. Elle y traça rapidement une rune, en forme de point d'interrogation, puis elle psalmodia :
« De la nuit je me repaît, dans l'étreinte des Ténèbres, disparaît ! »
Un sort des Ténèbres, un basique mais redoutable si maîtrisé : L'Obscure force. Le concept était simple, assez semblable à la Boule de Feu même, sauf que dans le cas présent, c'était quatre sphères couleur noire/violacées qui avaient filé droit vers la dryade. L'être sylvain encaissa les quatre chocs simultanément et le fait qu'elle se soit mise en garde ne minimisa en rien les dommages, elle fut envoyée planer sur un bon mètre avant de s'écraser lourdement au sol, deux bons mètres plus loin.
Morgana tomba à genoux, épuisée. Garam s'avança vers elle et se mit devant, pour la couvrir au besoin. Arali fit de même en se plaçant à ses côtés. Les autres membres de la troupe arrivèrent à cet instant là. Argand, Raksha et Lolya se mirent à droite de Garam, Ferah derrière eux. Tehlmos, Mahlia se mirent à se gauche, Welans et Mira en soutien à l'arrière.
La dryade se redressa, du sang perlant depuis son arcade et sa bouche, de couleur vert très foncée. Elle cracha une glaire ensanglantée et réalisa soudain : Ses deux servants étaient morts, elle paniqua et bafouilla :
« Mais ?! Comment ?! On nous a certifié qu'ils étaient invincibles !
-Argand, Mira, je pense qu'une démonstration s'impose. Répondit Arali. »
Elle ouvrit un cercle de Runes et y traça rapidement une Rune en forme de 8, puis elle psalmodia :
« Que dans tes filets ils soient prisonniers, que par ta volonté, Illumina, ils restent à jamais piégés ! »
Le cercle brilla, puis un second réapparut sous la dryade, qui ne comprit que trop tard, le Piège irradiant s'était déjà activé et les éclairs jaunes vifs venaient de la paralyser.
Elle grimaça, puis vit Argand et Mira s'avancer, Arali ordonna presque :
« Montrez lui votre force tous les deux !
-Oui m'dame ! Répondirent-ils en chœur. »
Ils se mirent côte à côte, Mira déclara, calmement :
« Je frappe en première, tu met le coup de grâce.
-Bien reçu. Répondit-il. »
Elle ouvrit un cercle de Rune devant elle, puis y traça rapidement une Rune en forme de W. Elle psalmodia directement :
« Calcination, extermination. Qu’ils brûlent comme les flammes de la passion. »
La Salve ardente partit droit vers la dryade paralysée, les trois projectiles enflammés percutèrent violemment la dryade, qui ne fut même pas éjectée à cause du Piège irradiant d'Arali. Son armure fondit littéralement et elle fut même brûlée par l'attaque, en témoignait son cri de douleur. Elle resta ainsi, paralysée, devant l'amas noir fumant qu'était devenu son armure, désormais fondue. Elle ne portait plus qu'une tunique faite de feuilles des arbres environnants. Elle paniqua soudain, réalisant la faiblesse plus qu'apparente de son armure :
« Mais ! C'est impossible ! »
Elle réalisa soudain que l'assaut n'était pas terminé, en effet, Argand s'était élancé juste après que Mira ait lancé son sortilège, il était désormais plus qu'à portée d'attaque et sa lame, emplie de Mana du Feu, était prête à découper et brûler le corps de la dryade. Le jeune brun tourna sur lui même et, profitant ainsi de son élan et du poids assez conséquent de l'arme, il trancha en deux d'un coup de taille la dryade, dont le haut du corps tomba lourdement en arrière. Le bas s'effondra, Arali ayant relâché le Piège irradiant. Au moment ou Argand était entré dans sa zone d'effet, pour ne pas l'y piéger.
Le sang gicla, la dryade n'avait même pas vu le coup venir. Elle mourut dans les instants qui suivirent. Argand retira la capsule et rangea son épée dans son fourreau, il était couvert du sang vert foncé de la dryade, donc les organes étaient désormais à l'air libre et commençaient déjà à sentir fort. Arali pressa le pas :
« Allez, ne nous attardons pas plus ici, si une autre d'entre elles arrive, on sera dans de beaux draps. »
Ils opinèrent tous. Garam prit Morgana sur son dos, son sortilège l'ayant épuisée, ce qui fit râler un peu Ferah. Welans fut portée par son grand frère, Mira par Argand, et Arali par Raksha. Ainsi, la petite troupe se remit rapidement en marche et regagna le couvert des arbres. Garam demanda toutefois :
« Dis Tehlmos, c'est pas un terrain qui avantage les dryades ici ?
-Oui, mais les infectés auront plus de mal à nous suivre ici. Répondit-il.
-Mhhhh... Songea le leader. Et le bosquet lunaire est encore loin ?
-Un petit jour de marche je dirais. Répliqua machinalement l'elfe à la claymore. »
Garam opina, ainsi que tous les autres. Leur priorité pour le moment, c'était de trouver un lieu à peu près sûr afin de pouvoir s'y reposer.

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Re: Asfallon bêta

Message par arzak16 le Dim 18 Aoû 2013 - 11:53

Excellent chapitre, avec de supers combats! Continue comme ça!
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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Mar 24 Sep 2013 - 1:38

Et voilà la suite, excusez du retard, mais entre la reprise et tout ça, pas vraiment eu le temps de plancher dessus ^^" Bonne lecture à vous !

XI. Le chemin du bosquet

Le petit groupe marcha rapidement pendant l'heure qui suivit, espérant ainsi échapper à d'éventuels poursuivants. Guidé par Mahlia, leur progression fut toutefois ralentie par les frondaisons de la forêt des Von Drakerwarch.
Finalement, ils débouchèrent sur une zone plus claire, au bord du ravin de Morenhorn, qui faisait le tour du territoire.
C'était un à-pic ressemblant à un croc laissé là par un monstre aux proportions totalement gigantesques. Une plate-forme rocheuse, large de cent bons mètres, reliée à la terre ferme par une bande de pierre large de quelques mètres à peine. Sur cette plate-forme, on pouvait clairement distinguer un petit bosquet d'arbres aux feuilles bleutées ainsi que les reflets d'un petit lac, situé en son centre. Garam demanda :
« On est arrivés où là ?
-Au bosquet venteux. Répliqua Mahlia.
-Le même genre de bosquet que le lunaire ? Demanda Ferah, curieuse.
-A peu près. Avoua l'elfe brune. A ceci près que celui-là est plus petit et ne permet pas la communication avec Zariel, mais avec Elutris, un autre esprit veillant sur notre forêt.
-Tu veux dire qu'y a d'autres esprits que les dryades dans vos forêts ? Demanda Garam.
-On vous expliquera tout une fois qu'on s'y sera abrités. Répliqua Tehlmos. »
Ils opinèrent, puis entrèrent dans ledit bosquet en faisant attention à ne pas chuter de la fine bande de terre le reliant à la forêt en elle même.
Une fois le bord le plus éloigné du lac atteint à la marche, ce qui leur prit deux ou trois bonnes minutes, ils déposèrent les membres épuisés de leur équipe au sol, afin qu'elles puissent toutes récupérer.
Morgana s'était d'ores et déjà endormie, Mira somnolait un peu, Arali également et Welans dormait elle aussi à poins fermés. Tehlmos soupira :
« Donc, pour les tours de garde, je propose...
-Je m'en occupe. Répliqua rapidement Raksha. Je n'ai pas encore besoin de dormir, je me suis à peine dépensé. »
Ils se toisèrent un instant, mais finalement, l'elfe opina :
« Bien, je te laisse veiller sur nous tous. »
Raksha opina et, en quelques bonds, il disparut dans le feuillage des arbres au-dessus d'eux. Le silence pesant qui s'en suivit leur fit comprendre que l'homme lézard avait pris son poste.
Mahlia suggéra ensuite :
« Bien, donc de petites explications s'imposent... Mais d'abord, soignons vos plaies. »
Elle sortit un petit flacon contenant un liquide transparent et un rouleau de bandages de son sac. Elle expliqua :
« Étant donné que son altesse est épuisée, je vais moi-même me charger des soins, de façon bien plus traditionnelle si je puis me permettre.
-Fais donc. Avoua Garam. Du moment que ça guérit, toute méthode est la bienvenue.
-Hum... Toussota Ferah. Tu sais ce qu'il y a dans cette bouteille au moins ?
-Un truc curatif ? Suggéra le blond.
-De l’alcool. Confirma Mahlia. Le meilleur désinfectant possible actuellement. »
Garam ne comprit pas, ce ne fut que lorsque ce fut appliqué à sa plaie à la hanche qu'il réalisa que ça pouvait faire excessivement mal. Il se retint toutefois de crier, cette action pouvant attirer de manière quasi certaine l'attention des ennemis aux environs. De même, Tehlmos fut traité pour les plaies provoquées par les aiguilles du coureur. Une fois les soins appliqués, Mahlia s'assit contre un arbre et déclara :
« Bien, pas de feu, on serait bien trop visibles avec ça.
-Et donc on va dormir à la belle étoile dans le froid ? Râla Garam. »
En guise de réponse, presque tous tirèrent des couvertures de leurs sac. Le jeune homme parut surpris, puis poussa un très profond soupir : Il avait clairement oublié ce détail-là. Ferah lui tapota l'épaule et déclara :
« On va partager la mienne... »
Elle était écarlate, Garam rougit un peu et opina. Elle s'assit à ses côtés et tous deux se couvrirent, du mieux qu'ils le purent, comme tout le reste du groupe. Mira se mit aux côtés d'Argand, Tehlmos resta seul, Mahlia aussi, Welans fut rejoint par Arali, qui s'endormit rapidement, Morgana fut couverte par Lolya, qui se mit à ses côtés.
Mahlia débuta son explication :
« Bien, alors autant que vous les sachiez maintenant, les bosquets comme celui-là sont des lieux de communication avec les esprits majeurs de la forêt. Nos terres sont très vastes, ainsi, trois esprits se partagent la forêt : Zariel, Elutris et Melior. 
-Vous avez donc bâtis trois bosquets pour communiquer avec chacun d'eux, c'est ça ? Demanda Ferah.
-Pas exactement, ces lieux existaient déjà avant, ils ont étés choisis par les esprits eux-même dans des temps immémoriaux et nous les avons simplement trouvés et utilisés. Expliqua l'elfe. »
Tous opinèrent, elle poursuivit :
« Ces esprits sont êtes pouvant prendre des formes d'avatar en de rares occasions et nous les vénérons comme des déités afin qu'ils nous tolèrent sur leurs terres et nous prodiguent leurs bénédictions.
-Attends, vous tolèrent sur leurs terres ? Répéta le jeune blond.
-Tu as bien entendu. Répondit Tehlmos. Nous n'avons jamais été les bienvenus sur ces terres, à l'origine, ces esprits ont enfanté d'êtres liés à la forêt, comme les dryades par exemple, mais nous, les elfes, avons été forcés de nous y réfugier, la raison s'est perdue au fil des âges, mais une chose est sûre, nous n'avons pas toujours vécus dans les forêts. »
Tous opinèrent, Mahlia continua son explication :
« Donc, ces trois êtres sur nos terres ont trois domiciles, le bosquet venteux, le bosquet perdu et le bosquet lunaire.
-Le venteux pour Elutris, le perdu pour Melior et le lunaire pour Zariel. Compléta Tehlmos. La reine des elfes, la mère de son altesse Arali donc, est chargée d'entretenir les relations avec ces trois esprits, elle est souvent accompagnée de prêtresses ou de sa garde du corps. Notre mère fait partie de la garde de la reine, elle en est même la garde principale. »
Ils opinèrent tous de nouveau. Garam demanda :
« Mais je ne vois pas vraiment l'intérêt d'aller dans ce bosquet lors d'une attaque de parasite...
-C'est simple. Avoua Tehlmos. Si tu attente à la vie de la prêtresse, l'esprit prends forme d'avatar et massacre l'agresseur.
-C'est puissant un esprit ? Demanda de nouveau le jeune leader, avec une mine dubitative.
-A un point que tu peux difficilement imaginer. Répondit Mahlia. J'en ai vu un se manifester à l'occasion d'une escarmouche orque, trois champions et deux shamans, balayés en une poignée de minutes. J'ai eu l'impression que la forêt se déchaînait sur eux. »
Ils restèrent tous pensif un moment, Ferah suggéra :
« Donc, elles ont voulu le lâcher sur les parasites ?
-Oui, Zariel est un esprit assez puissant pour détruire totalement un infecté, même sans magie du Feu, du moins je crois... Répondit la sœur de Welans. »
Un long silence pesa sur le groupe. Lolya le rompit, avec une voix tremblante :
« Ce qui nous laisse deux scénarios pas vraiment terribles à envisager...
-En effet... Répondit Tehlmos. Soit elles ont réussi, mais Zariel a été vaincu par les parasités, soit elles n'ont pas pu le libérer, dans les deux cas, les chances de les retrouver en vie sont infimes... »
Il poussa un profond soupir et ferma ses yeux. Mahlia termina :
« Dormons, nous verrons bien de quoi il retourne demain... »
Ils opinèrent tous. Mira dormait d'ores et déjà sur l'épaule d'Argand, qui se laissa peu à peu glisser dans le sommeil lui aussi. Il fut réveillé par un bruit sourd provenant de non loin de lui. Il ouvrit les yeux, pour voir une masse écailleuse bleutée se ramasser devant lui et déclarer, avec une voix un peu agitée :
« Aux armes, nous sommes repérés. »
Ils bondirent presque tous sur place et tirèrent leurs armes, posées à proximité de là où ils dormaient. C'était déjà l'aube et visiblement, le sommeil avait fait le plus grand bien aux mages du groupe.
Garam demanda :
« Raksha, ça viens d'où ?
-Du petit chemin terreur, deux dryades à l'entrée et deux coureurs ainsi qu'un éventreur sur le chemin en lui-même, on dirait qu'ils nous attendent. »
Tehlmos grimaça :
« Merde... On s'est fait bloquer comme des minables.
-Pourquoi prendre ça comme un piège, on a un coin plutôt facile à défendre, non ? Répliqua le leader en souriant.
-Tu ne comprends pas... Avoua l'elfe. Raksha, ces dryades, elles ont des arcs ?
-Oui, les deux. Répondit l'intéressé.
-Voilà, c'est ça le souci, leurs arcs ont une portée gigantesque et surtout une précision et une puissance que tu ne peut pas imaginer, concrètement, une flèche dans l'épaule et tu vas voler sur un bon mètre avant de manger la poussière et de te rendre compte que ton épaule est déboîtée. »
Ils avalèrent tous difficilement leur salive, Ferah se prit à sourire et déclara :
« Ce n'est pas comme si on manquait de tireurs ici non plus. Elles ne sont que deux, elles ne pourront jamais faire le poids si on prends toutes nous armes à feu.
-Bien pensé. Avoua Argand. Mais pour les infectés ?
-Tehlmos, Garam, Lolya, Raksha et toi vous vous en chargerez. Répondit la jeune femme aux cheveux bleus. »
Ils opinèrent tous, Argand nota toutefois :
« J'aurais besoin d'une capsule de Mana du Feu dans ce cas, sinon on ne pourra pas les blesser.
-Pas besoin. Déclara Mahlia. Il suffit de les faire tomber, on a la preuve que des chocs puissants les blessent, une chute de deux cent mètres leur serait probablement fatale. »
De nouveau ils opinèrent tous, puis ils se préparèrent. Lolya déclara :
« Je vais utiliser mon Métalmorphe et faire chuter l'éventreur, quelqu'un devra l'occuper pour que mon coup puisse porter au mieux.
-Je m'en occupe. Répondit Argand. »
Une fois leur stratégie mise au point, le petit groupe s'approcha de là où attendaient les ennemis, toujours sous le couvert des fourrées, ils purent constater : Les deux draydes faisaient dans les deux mètres cinquante chacune, elles portaient les armures parasitiques noires, ne laissant voir leur peau verte pâle rayée de vert foncé par endroit qu'au niveau de la tête. Celle à gauche du pont de pierre avait des longs cheveux qui tombaient sur ses épaules puis dans son dos, celle de droite avait une natte, toutes deux avaient les yeux couleur dorée, ce qui paraissait un peu bestial à vrai dire. Elles portaient en outre deux arcs de deux bons mètres de long, fait dans les branches d'arbres rarissimes poussant au cœur de la forêt et visiblement enchantés, en témoignaient les dorures luisantes à leur surface, ce dont Mahlia fit part au groupe.
L'éventreur, quand à lui, était un femme qui avait du faire dans les deux mètres quarante, donc pas forcément une géante, mais la puissance de ces infectés avait été mainte fois démontrée par le passé, ils devraient donc être le plus prudents possible.
Argand attacha une capsule de Mana des Ténèbres que Morgana lui avait rempli la veille de leur départ de l'auberge. Il ignorait l'effet d'une telle capsule, mais c'était ça ou l'Eau et il savait d'avance qu'elle ne ferait rien du tout au parasités.
La voix de la dryade de gauche se fit entendre :
« Sortez de vos planques et immédiatement, on essayera de vous tuer rapidement si vous obtempérez. »
Ils sortirent tous et Arali nargua la dryade :
« Oh ? Et si c'était vous qui mourriez, ce serait pas plus mal, non ?
-Petite... Tu vas voir ! S'énerva la dryade. »
Elle banda son arc et une flèche partit à toute allure droit vers Arali, flèche que Raksha para avec son bouclier. Le choc fut brutal et l'homme lézard y laissa un bon pas et demi, mais la flèche ne perça pas le crâne animal qui lui servait de bouclier, ce qui lui tira un sourire.
La dryade pesta, celle de droite ordonna :
« Attaquez ! »
Les deux coureurs s'élancèrent, l'éventreur suivit. Le premier coureur fut intercepté par Tehlmos, qui frappa lourdement sur sa face, le faisant freiner abruptement, mais perdant deux bons mètres en glissant au passage. Ils se retrouvèrent finalement face à face lui et le canidé infecté. Garam para la charge du second coureur et se retrouva exactement dans la même position que Tehlmos. Argand bloqua le puissant bras épée de l'éventreur et sa garde trembla sous l'impact. Il pesta : Jamais il n'aurait dû se proposer pour bloquer les assauts de celui-là ! C'était carrément quelque chose de balèze !
Lolya ouvrit rapidement un cercle de Runes, Raksha se plaça de façon à pouvoir parer une éventuelle flèche décochée dans sa direction, mais elle ne vint pas, les dryades étaient occupées à éviter les tirs visant leur tête provenant des armes de Ferah, Mira, Mahlia, Welans et Morgana. Les balles et les flèches fusaient littéralement. Leur technique était rodée, deux à gauche et trois à droite. Welans et Mahlia à gauche et les trois humaines à droite, pour compenser le fait qu'elles visent un peu moins bien sur de longues distances, elles préférèrent être plus nombreuses.
Quand l'une tirait, l'autre, ou les deux autres dans le cas des humaines, rechargeait son arme, ce qui laissait un répit minimal à leurs opposants. Toutefois, les dryades parvenaient à esquiver habilement les tirs visant leur face en se mettant au couvert des arbres.
Lolya fit virer le cercle à l'argenté en traçant la Rune en forme d'épée sans poignée et y enfonça son bras droit jusqu'à l'épaule, elle psalmodia :
« Que ta force m’accompagne et fasse jaillir des mers des îles, j’en appelle à ta puissance, Mithril ! »
Le cercle brilla, elle tira vivement son bras et il se referma, laissant voir son bras couvert de métal pur. Elle attacha son bandana et empoigna fermement son faux espadron, fiché dans le sol à ses côtés. Elle chargea directement l'ennemi, laissant à Raksha le soin de bloquer toute contre-attaque ennemie.
Argand encaissa un nouveau coup de l'éventreur qui lui fit perdre deux nouveaux pas sous sa force, ce monstre ne plaisantait pas et sa force était là pour le prouver. La gargantuesque faux dans son dos vola, il l'esquiva, mais trop de justesse et une entaille se dessina sur sa joue, laissant couler son sang le long de cette dernière. Il pesta, puis il tenta une contre-attaque en tournant sur lui-même et frappant dans la mince queue reliant la faux au corps. Rien à y faire, sans magie du Feu, la carapace ne céda pas face à son assaut, si mince soit le fil, en revanche, la faux fut envoyé en hauteur, laissant une superbe ouverture pour une nouvelle attaque, ouverture dont il tenta de tirer profit en essayant de passer son épée au travers de la gueule de l'infectée, mais son attaque se heurta au problème qu'était le bras épée de la créature.
Le monstre dévia ensuite l'attaque d'un ample mouvement et frappa, de son poing noir en plein dans la face d'Argand, qui décolla littéralement du sol pour s'écraser deux bons mètres plus loin. Il se redressa, saignant abondamment de l'arcade. Mira lui demanda, pendant qu'elle rechargeait :
« Argand ?! Tu vas bien ?
-T'en fais pas, j'ai subi pire. Lâcha-t-il en essuyant son propre sang d'un revers de bras. »
Lolya venait de prendre sa place et on peut dire que son attaque avait eu son petit effet, le coup de poing qu'elle colla à l'éventreur le mit en situation périlleuse, au bord du ravin, prêt à tomber dans le vide. Il ne dut sa survie qu'à son bras épée et sa faux, qui se plantèrent et lui servirent de piolets pour ne pas basculer.
Lolya et Argand pestèrent :
« C'était carrément pas prévu ça. Lança la forgeronne.
-Du coup, on applique quelle tactique maintenant ? Demanda le jeune homme brun.
-Tout lui mettre dans la face et le tuer, peu importe qu'il tombe ou qu'il meure de blessures. Répliqua Lolya avec un sourire.
-Très bien, je préfère ça. Avoua Argand avec un large sourire. »
Ils s’élancèrent tous les deux vers l'éventreur, qui fit de même. L'épée à deux mains d'Argand se fracassa sur la lame servant de bras à l'infecté, il manqua de perdre quelques pas mais faisant un effort soutenu par l'adrénaline montante du combat, il parvint à ne rien lui céder.
Lolya, elle, dévia la faux d'un coup de pied dedans, l'envoyant assez loin pour que l'éventreur en perde sa concentration et manque d'être entraîné. Cependant, leur ennemi planta ladite faux dans le sol, s'immobilisant afin de ne plus bouger. Sa garde s'atténua, Argand et Lolya en profitèrent : D'un bon coup, le premier envoya l'épée bras de côté, pour qu'elle ne gène pas la seconde, qui transperça littéralement la gueule du parasité, produisant un bruit horrible et faisant couler une quantité affolante de sang noir. Elle tira ensuite la lame, qui avait transpercé l'intérieur de la tête de l'infecté, et lui colla un bon coup de poing métallisé, qu'elle avait gardé libre pour l'occasion. L'éventreur décolla du sol et vrilla en l'air, pour s'écraser lourdement, retenu par sa faux qui était plantée au sol.
L'éventreur se redressa péniblement et poussa un rugissement proprement terrifiant, qui n'avait rien à envier à celui du griffon que tous avaient affrontés sur le pont presque une journée auparavant. Lolya et Argand se mirent en garde, prêts à recevoir l'assaut sauvage de leur adversaire.
Du côté des deux groupes qui s'occupaient des coureurs, les chosent avançaient assez bien également. Celui qui faisait face à Tehlmos avait bondi droit vers l'elfe, qui avait esquivé sa charge d'un bond de côté et paré sa queue utilisée comme une massue avec le plat de sa lame, perdant un bon pas en glissant au sol sous l'impact. Tehlmos souleva son imposante épée et l'abattit en pleine dans la face du monstre, le forçant à camper sur ses positions pour ne pas être sonné. Pourtant, l'impact porta bien mieux que prévu, utilisant une botte qu'il connaissait pour l'avoir pratiquée, l'elfe sauta avec son arme pour l'abattre et, en touchant de nouveau le sol, il tourna rapidement sur lui-même pour coller à son adversaire un bon coup de sa lame dans la face, coup qui l'envoya rouler au sol.
Le canidé infecté se redressa et se secoua, il dressa sa queue ornée de pointes au-dessus de sa tête et d'un rapide mouvement en fit partir toute une salve. L'elfe se réfugia de nouveau derrière sa lame, malheureusement, il en reçut quand même un dans l'épaule et deux dans chaque jambe. Grimaçant, il remit le retrait de ses projectiles à après cette bataille.
Le coureur s'élança, rapide, l'elfe para de justesse un coup de griffe qui visait sa tête avec le plat de son arme, puis il colla un coup de pied dans la face du monstre, ce qui le fit à peine réagir. Tehlmos se servit de son coup de pied pour prendre une impulsion et reculer de deux bons mètres, mettant ainsi une distance à peu près sûre entre lui et l'infecté. Ce dernier s'élança, de nouveau, cherchant à utiliser les bouts coupants de sa carapace pour cisailler littéralement son adversaire. Tehlmos fit un souple bond en arrière et esquiva l'attaque, qui laissa le canidé sur le dos, sonné par le saut périlleux qu'il venait d'accomplir pour son attaque. L'elfe profita de l'ouverture et sauta en l'air, abattant sa claymore dans sa chute sur l’œil qui s'était ouvert sur le ventre du coureur, pour surveiller ses exactions. L'effet fut immédiat, le sang noir de la créature gicla et elle poussa un hurlement plaintif, tout en crachant une gerbe de sang noir. L'elfe fit remuer un peu la lame, augmentant au maximum les dommages qu'il causait à la créature. Finalement, le monstre cessa de s'agiter et son armure noir s'évapora au sol, mais elle ne laissa pas d'amas noir, seulement un corps difforme, Tehlmos resta sur ses gardes, cela pouvait clairement signifier que le parasite allait reprendre sa forme originelle.
Du côté de Garam, les choses avançaient tout aussi bien, après avoir chargé une nouvelle fois de concert avec le coureur, il reculèrent tous les deux de deux bons pas, prêts à charger de nouveau. Et ce fut ce qu'ils firent, les deux épées du leader percutèrent de nouveau la carapace lourde de l'infecté, qui ne réagit pas plus que ça à l'impact. Alors qu'ils firent tous les deux un bond de côté, Raksha entra dans la bataille, fracassant son bouclier dans la tête de son adversaire, il le laissa sonné et exposé à un bon coup de son glaive d'ébolithe, qui traversa sa gorge et fut tiré d'un coup sec de côté, laissant une profonde entaille dans la gueule du monstre.
Ce dernier recula de plusieurs pas en hurlant de douleur, ouvrant son œil disproportionné sur le front du canidé infecté et faisant frémir l'armure parasitique en guise de menace. Raksha fit tournoyer son glaive, Garam passa rapidement de côté et tenta un nouvel assaut, mais il fut repoussé d'un coup de queue du monstre, qu'il para in extremis, les pointes l'ornant manquant de lui perforer la poitrine.
Raksha tenta lui aussi une percée, mais l’œil se recentra immédiatement sur lui et un coup de patte fusa dans sa direction, coup qui le prit de vitesse et l'envoya rouler au sol un peu plus loin. Si sa peau n'avait pas été faite d'écailles solides, il s'en serait probablement sorti avec une entaille mortelle, mais comme cette cuirasse avait amorti l'attaque, il s'en sortait avec une vilaine coupure qui saignait. L'homme-lézard se redressa, frappa son glaive sur son bouclier et rugit sauvagement, afin de bien faire comprendre ses intentions belliqueuses à son adversaire, qui fit de même.
Tous deux s’élancèrent l'un vers l'autre, mais Raksha pila net et laissa Garam porter une attaque latérale : Le jeune blond sauta au-dessus de la créature et plaça deux coups d'estoc rapides dans son œil, toujours grand ouvert.
Le monstre se stoppa net et poussa un cri de douleur tout en laissant gicler quantité de sang noir. Il n'eut pas de temps de se remettre de l'attaque que Raksha revint à la charge, utilisant sa force largement supérieure à celle d'un homme, il agrippa la nuque du coureur et le souleva du sol, pour l'y ramener brutalement, enfonçant son glaive jusqu'à la garde dans sa gueule ce faisant.
L'infecté s'ébroua un peu avant de s'immobiliser définitivement. Le parasite s'évapora, mais ne laissa pas d'amas, comme pour Tehlmos.
L'homme-lézard et l'humain se rendirent rapidement compte de la situation dans laquelle se trouvait l'elfe. Ils comprirent le plan qu'avait mis au point la parasite quand ils entendirent Argand et Lolya s'exclamer :
« C'est quoi ce bordel ?! »
Tehlmos, Garam et Raksha firent volte-face, tout comme les tireuses, qui stoppèrent leurs tirs tant elles étaient estomaquées par ce qui se dressait devant leur groupe.
Les deux parasites sous leur vraie forme avaient rejoint l'éventreur, qui venait de pousser un puissant rugissement. L'armure couvrant l'éventreur sembla se liquéfier, pour finalement reprendre une forme bien plus concise, celle d'un monstre digne des pires cauchemars de l'humanité, une créature haute de trois bons mètres, portant des cornes dignes de celles d'un cerf sur la tête, semblable à celle d'un démon. Ses crocs luisants suintaient du sang déjà perdu par ses créateurs, ses deux yeux jaunes vifs fixaient le petit groupe, l'un de ses bras, qui faisait dans les trente centimètres de large, était toujours le bras lame de l'éventreur, mais faisait dans les deux mètres de long désormais. Son autre bras était bien plus épais, dans les un mètres, il était fait comme un plaque ventrale, servant probablement de bouclier donc. Le monstre était musculeux, l'armure noire donnant l'apparence d'une créature aux muscles saillants, malgré que sa base ait été une femme et deux canidés. Le tronc massif de ce monstre reposait sur quatre pattes semblables à celles d'un lion, solidement ancrées dans le sol et couvertes d'une fourrure noire comme la nuit, imitée à la perfection par le parasite dzêta.
Le monstre poussa un rugissement qui fit vibrer l'air autour de lui. Il était stationné juste avant le pont, ne laissant aucune chance de fuite aux membres du groupe.
Soudain, tous furent ramenés à la réalité par un chant, celui des deux dryades. Leurs voix mélodieuses chantaient dans une langue que seulement les quatre elfes comprirent, ils écarquillèrent leurs yeux, voyant les corps des deux dryades disparaître dans un flash rougeâtre, pour s'élever sous forme de deux sphères qui tourbillonnèrent dans le ciel avant de s'unir en une seule. Leurs armures se liquéfièrent et rejoignirent le monstre, renforçant l'épaisseur de sa lame et de son bouclier. La sphère brilla et explosa soudain, alors les humains et Raksha comprirent : Un splendide oiseau, au plumage rouge vif, comme fait de feuilles d'automne, dans les cinq mètres d'envergure pour trois de long, une longue queue, comme faite de délicates feuilles d'arbres millénaires. Il n'avait pas d'yeux ni de bec, seulement un arc de cercle lumineux au-dessus d'une gueule garnie de crocs tranchants. L'oiseau poussa un rugissement, auquel le monstre répondit en commençant à avancer vers eux.
Argand pesta :
« Quelqu'un aurait la décence de m'expliquer ce c'est que ce bordel ?!
-Les deux dryades ont utilisé leurs vies pour invoquer une incarnation mineure d'Elutris ! Ce monstre est l'avatar d'Elutris, un Vererudra ! Exposa Mahlia.
-Donc, on est dans la merde ? Demanda Garam.
-Sauvagement. Confirma l'elfe. Elles peuvent toujours commander au parasite et vu le bestiau qu'on a en face, je parierais pas sur nos chances de gagner. »
Arali poussa un profond soupir et commença à donner ses ordres :
« Les épéistes, contre le parasite, occupez-le le temps que Mira nous l'incinère, les autres, abattez-moi ce piaf, exécution ! »
Ils la fixèrent tous, puis opinèrent en souriant :
« M'dame, oui m'dame ! »
Tehlmos s'élança vers le géant, il fracassa sa lame dans la patte du monstre, qui ne réagit qu'à peine, tournant sa face vers l'elfe. Il se dressa sur deux pattes et se laissa lourdement tomber, manquant d'écraser Tehlmos, qui esquiva d'un bond de côté. Pourtant, le sol sous ses pieds fut fissuré sous la puissance de l'impact et tous tremblèrent un peu, ce qui déconcentra Ferah, Mahlia et Morgana, qui durent viser de nouveau pour espérer atteindre le Vererudra, qui volait à toute allure au-dessus d'eux.
Arali leur lança :
« Les tireuses, éloignez-vous du combat contre le géant, il faut éviter que les secousses vous perturbe ! »
Après un hochement de tête collectif, elles s'écartèrent toutes et se remirent en position plus loin. Arali se mit à mi-distance des deux groupes, Mira à ses côtés, elle déclara :
« Mira, t'aurais pas un sort capable de repousser un adversaire par hasard ?
-Pas vraiment. Avoua-t-elle. J'ai acquis deux ou trois nouveaux sorts, mais rien d'assez puissant pour vaincre l'un de ces deux monstres, j'en ai bien peur.
-Ne t'en fais pas, dis moi juste ce que tu maîtrise de plus que la Boule de Feu ou la Salve ardente. Répéta l'elfe.
-L’Étincelle, l'Explosion, même si j'ai encore beaucoup de mal à cibler, et je contrôle de mieux en mieux les flammes infusées d’autres éléments. »
Arali resta pensive l'espace d'un instant, puis elle s'exclama :
« J'ai pile poil ce qu'il faut ! Lolya ! Viens ici ! »
Cette dernière arriva rapidement, en effet, elle ne s'était pas vraiment approché du géant parasitique, la peur qu'il inspirait la paralysant presque sur place, mais son instinct de survie lui dictant de ne rien laisser paraître.
Arali déclara :
« Ok, vous aller combiner vos deux éléments, je vais vous aider à stabiliser tout ça avec ma propre magie. Les tireuses, j'aurai besoin d'être certaine que le Vererudra ne nous gênera pas, ok ?
-Reçu ! Répondit Ferah pour le groupe. »
Leur petit groupe s'appliqua donc à prodiguer un couvert précaire aux mages, qui attiraient d'ores et déjà l'attention de l'avatar d'Elutris. Ferah et Morgana opinèrent, toutes les deux ouvrirent un cercle de Rune de concert, l'attention de leur ennemi fut de suite attirée par cette action et il leur chargea littéralement dessus, elle tracèrent rapidement une Rune chacune, en forme de point d'interrogation pour Morgana et en forme de e minuscule plus arrondi pour Ferah, elles psalmodièrent, ensuite, laissant Mahlia coller trois Tirs chargés au Vererudra, qui esquiva de justesse les deux premiers, mais encaissa le troisième, qui le laissa sonne et en chute libre. Morgana parla la première :
« De la nuit je me repaît, dans l'étreinte des Ténèbres, disparaît ! »
Ferah la reprit :
« Que ma main, ornée de givre, te frappe et t'ôte l'espoir de survivre ! »
L'Obscure force de Morgana se combina avec l’Étincelle givrée de Ferah. C'était un sort simple, consistant à faire partir vers l'ennemi une sphère de glace pure qui explosait en plusieurs petites pointes glacées au contact de ce dernier.
Leur sort combiné fit briller intensément leur cercle, leur cible chutait encore face à elles, elles ne pouvaient pas le manquer.
Quatre sphères laissant une traînée de brume violacée partirent à toute allure vers le Vererudra, le heurtant de plein fouet et explosant en pointes qui perforèrent son corps de part en part en divers endroits. Les cris du monstre confirmèrent que l'assaut avait fonctionné. Mais ce dernier, d'un mouvement rapide, se mit face à elles et battit des ailes, projetant les feuilles rouges lui servant de plumes. Il s'avéra qu'elles étaient très coupantes, bien trop à vrai dire.
Ferah et Morgana n'eurent pas le temps d'esquiver, elles mirent leurs bras face à elles, pour se protéger au mieux de l'attaque qui arrivait. Les plumes touchant le sol s'y fichaient en faisant le bruit que ferait une lame en se plantant dans le sol, pourtant, elles ne prirent presque aucun dommage, seulement quelques coupures légères. Quand elles baissèrent leurs bras, une vision peu plaisante s'offrit à elles. Mahlia avait utilisé sa hallebarde pour dévier la plupart des plumes, mais un certain nombre avait réussi à passer, la blessant presque partout. Des coupures saignant abondamment étaient clairement visible sur son corps et des plumes feuilles étaient encore plantées çà et là sur elle. L'elfe ricana et braqua son pistolet sur leur ennemi, qui se figea. Trois Tirs chargés partirent quasi simultanément, le Vererudra n'eut pas le temps d'esquiver ces attaques qui venaient à toute allure vers lui. Il encaissa les trois tirs, perdant trois bons mètres à chaque impact. Finalement, Mahlia tomba de côté, épuisée, Ferah et Morgana voulurent s'empresser à ses côtés, mais la puissance de leur sortilège combiné les fit s'effondrer presque aussitôt, ahanant grandement, visiblement, il était encore trop tôt pour qu'elles puissent se servir librement de leur magie.
Welans se planta devant elles, face à un Vererudra qui chargeait à toute allure vers elles. Elle arma lentement sa flèche, soupirant un grand coup, puis laissa son énergie infuser la flèche. Elle décocha son Tir chargé, le Vererudra n'eut pas le temps d'esquiver la flèche surchargée d'énergie qui le traversa de part en part. Le monstre s'immobilisa et explosa violemment, laissant seulement retomber ses feuilles plumes rouges vives au sol, comme un arbre laisserait tomber ses feuilles mortes en automne. Welans poussa un profond soupir et se pressa aux côtés de sa sœur et de ses deux camarades.
De leur côté, ceux qui faisaient face au parasite géant avaient fort à faire. Argand esquiva un coup de la puissante lame bras, qui s'enfonça dans le sol comme dans du beurre, là où il s'était tenu quelques instants plus tôt.
Il tenta de frapper vers la face du monstre, mais son arme se heurta au véritable pavois géant qu'était devenu le bras du monstre. Il fut forcé de reculer, pour esquiver un coup de taille, qui cherchait visiblement à le couper en deux.
Garam prit le relais et, d'un bon appui au sol, il sauta pour tenter d'atteindre la tête du monstre, qui para avec son lourd pavois et envoya le jeune homme s'écraser au sol un peu plus loin simplement en poussant avec le bras bouclier. Garam roula au sol et se releva, titubant un peu, il se secoua, pour reprendre ses esprit, puis râla :
« Bordel, mais il est vraiment invincible ou quoi ?! »
Arali répondit en hurlant :
« Bougez-vous tous ! Écartez-vous de lui ! »
Ils s’exécutèrent tous après s'être retourné et avoir vu Mira et Lolya, qui avaient toutes les deux un cercle de Runes ouvert devant elles.
Celui de mira portait le demi-triangle caractéristique d'une Boule de Feu et celui de Lolya portait une Rune ressemblant à un U très anguleux. Mira psalmodia :
« Père des flammes, calcine leurs âmes. Qu’ils deviennent des cendres, qu’ils endurent ton courroux ô Salamandre ! »
Ce à quoi Lolya répondit :
« Que de ta chair, naisse les montagnes, Cascadron, manifeste en ce lieu ta hargne ! »
Le sort qu'elle avait convoqué était le plus basique des sorts de la Terre, l’Écrasement, concrètement lancer une masse rocheuse droit vers l'ennemi. Cependant, mixé avec la Boule de Feu de Mira, la sphère de pierre devint une véritable comète embrasée. Arali les avait grandement aidées à fournir le Mana nécessaire à la création d'un tel sort, elle les tenait toutes les deux par l'épaule et laissait infuser son énergie dans le sort, ce qui donnait un aspect brillant aux deux cercles de Runes.
La comète embrasée fusa vers le monstre, qui encaissa l'impact en perdant seulement quelques mètres de glissade au sol. Les flammes, quand à elles, attaquèrent sauvagement la carapace du parasite dzêta, qui donna l'impression de fondre littéralement sur place. Le monstre tint pourtant bon et poussa un rugissement terrifiant et ce malgré qu'il eut partiellement fondu, que son bras épée et que son bas bouclier aient disparus et que le corps de feu son hôte humaine soit en partie visible sous la face du monstre.
Les trois mages s'effondrèrent littéralement de fatigue, Lolya envoya toutefois son espadron à Raksha en lui hurlant :
« T'as intérêt à l'achever en beauté ! »
Il empoigna fermement l'arme, laissant tomber son bouclier. Il était bien à l'arrière des autres, qui avaient d'ores et déjà chargés. Garam frappa en premier. Il sauta et abattit ses lames en X sur le corps de l'hôte de la créature, qui poussa un rugissement horrible et laissa couler quantité de sang noir de la blessure ouverte dans son hôte et sa bouche. Tehlmos frappa ensuite, quand Garam eut touché le sol et bondit de côté. Il courut droit devant et fit passer sa claymore de mithril au travers du ventre de l'hôte, faisant gicler le sang de nouveau et rugir la monstre de douleur, le faisant même reculer en proie à la douleur. Il retira sa lame en arrachant tout un côté du corps, le cisaillant presque en deux sur l'attaque. Argand prit la suite en sauta par-dessus l'elfe et abattit son épée dans le corps, l'ouvrant profondément. Il tourna ensuite sur lui-même et termina de tailler en deux le corps, qui ne chuta pas pour autant, mais dont le sang gicla en abondance. Le monstre recula, sifflant comme un dément et vomissant littéralement son sang noir. Raksha termina l'assaut, prenant appui sur les épaules d'Argand, et manquant de le faire tomber en prenant cet appui, il sauta, puis frappa avec le faux espadron de Lolya et son glaive d'ébolithe. Les lames taillèrent de concert le corps de l'hôte, une fois, puis deux, puis trois, puis quatre et enfin, une cinquième fois, s'enfonçant ensemble et jusqu'à la garde dans ce corps. Le géant ne siffla plus, il s'affala sur lui-même et se liquéfia, coulant comme une cascade noire depuis la petite bande de terre sur laquelle ils se tenaient. Il ne laissa derrière lui que le corps difforme de la femme qu'il avait parasité. Raksha le décrocha de ses deux lames et le laissa tomber dans le vide, suivant le chemin du parasite vaincu.
Le petit groupe put enfin souffler. Tous devaient se reposer, encore une fois. C'est ce qu'ils firent, Arali usa de ses dernières forces pour soigner au mieux Mahlia, dont l'état était préoccupant, mais Welans la stoppa dans sa besogne et appliqua des soins plus conventionnels à sa grande sœur elle-même. Une fois cela fait, le petit groupe sombra rapidement dans un sommeil mérité, Raksha montant de nouveau la garde. Ils n'émergèrent que quelques heures plus tard, le soleil étant déjà assez haut dans le ciel. Leur marche serait ralentie par le fait que Mahlia doivent faire bien plus attention à ses blessures, mais ils fut consenti qu'ils s'occuperaient de ça plus tard. Et c'est quand ils reprirent leur marche qu'ils s'en rendirent compte : Plus ils s'approchaient du bosquet lunaire et moins ils devaient se cacher pour éviter de se confronter à un groupe d'infectés. Ils en évitèrent ainsi deux, composés essentiellement d'éventreurs. Les coureurs ne les sentaient plus désormais, à moins qu'il ne leur en ait été donné l’ordre, auquel cas quelqu'un les attendait probablement. Finalement, ils atteignirent l’orée du bosquet lunaire en fin de journée, prêts à en découdre avec celui ou celle qui était vraisemblablement derrière tout ça.

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Re: Asfallon bêta

Message par sabertiger le Sam 16 Nov 2013 - 0:27

Voilà la suite ! En espérant que ça vous plaise, comme d'hab, j'suis ouvert à toute question/critique/etc...
Bonne lecture ! La suite dès que possible !

XII. Zyara et Elirh

Quand ils pénétrèrent dans le bosquet, l'impression qui se dégageait des lieux, déjà écrasante par sa splendeur et l'aura divine qui y régnait, s'en trouva renforcée par l'idée que l'acte final de leur péripéties dans le territoire des elfes se jouerait en ces lieux. Le soleil couchant donnait une teinte rougeoyante aux arbres et aux buissons environnants, qui luisaient presque, comme s'ils emmagasinaient la lumière avant de la restituer sous cette forme. Ici, les arbres avaient des troncs aux dimensions plus qu’impressionnantes, leur feuillages ne laisseraient clairement passer les rayons du soleil que lors de ses levés ou couchés. Devant une telle scène, ils restèrent tous sans voix, même les elfes, qui pourtant vivaient ici. Ferah questionna :
« Donc, la forêt à changé depuis la dernière fois que vous êtes venus ici ?
-A vrai dire, nous ne sommes jamais entrés dans le bosquet. Avoua Tehlmos. Mais de ce que nous pouvions en voir depuis l'extérieur, c'est clair, ce lieu est sous une influence autre que celle de Zariel.
-Mhhh... Commença Arali. A vrai dire, je ne serai pas aussi catégorique, j'ai toujours l'impression de ressentir sa présence, elle est juste... plus disparate.
-Maintenant que tu le dis. Souffla Mahlia, quelques instants plus tard.
-Et qu'est-ce que c'est supposé signifier ? Demanda Garam, en penchant la tête de côté.
-Pour faire simple, qu'on en sait rien. Répondit l'elfe blonde. »
Au vu de cette réponse, ils ne purent qu'opiner. Ferah confirma une dernière fois que les infectés semblaient les éviter, en entrapercevant un groupe d'entre eux s'éloigner dans les fourrées :
« Ils nous évitent toujours...
-J'espère que quelqu'un ne leur a pas donné cet ordre. Répliqua l'aînée elfe.
-C'est si dérangeant que ça ? Se risqua Argand, qui ne voyait pas l'inconvénient.
-D'un côté oui, mais de l'autre, pas tant que ça. Commença Mira. En fait, c'est tout à fait possible que l'ennemi soit suffisamment confiant en sa force pour nous affronter tous ensemble, vu qu'il semble se terrer ici. Mais d'un autre côté, on n'aura pas a attendre entre deux ou trois batailles inutiles en chemin. »
Le jeune brun opina. Ils se tournèrent vers les fourrées épaisses du bosquet lunaire et s'y risquèrent, péniblement, leur avancée étant ralentie par les ronces et les broussailles épaisses qui leur faisaient barrage, comme si la forêt les rejetait.
Finalement, ils parvinrent en vue d'une zone dégagée, bordant un lac qui reflétait les couleurs ardentes du soleil couchant. Ils avancèrent encore un peu, avant de se figer totalement. Face à eux, attachées sur deux croix de bois, reposaient deux elfes. Celle de droite portait une armure quasi totalement détruite, qui ne couvrait plus que sa poitrine et dont plusieurs éclats pénétraient le peau. Ses vêtements en dessous de l'armure n'étaient plus que des lambeaux sanguinolents. Elle avait la tête basse et du sang gouttait de son corps, pour aller grossir la mare sous elle, ses longs cheveux bruns tombaient sur son visage, les empêchant de la voir. A ses pieds se trouvait une épée bleue turquoise, dont l'éclat avait été irrémédiablement entaché par tout le sang qui avait coulé dessus.
L'autre elfe, elle, était blonde, dans une posture similaire, avec une armure tirant plus dans le rouge, contrairement à la bleue de sa camarade. Une mare de sang impressionnante se trouvait aussi sous elle, ne laissant pas grand espoir quand à sa condition.
Arali, Tehlmos, Welans et Mahlia se figèrent tous les quatre, en fait, même les autres membres du groupe se figèrent d'horreur devant un tel spectacle, tous sauf Raksha, qui scrutait nerveusement les alentours. Arali put enfin laisser sortir un son de sa voie, qui tremblait comme jamais :
« M...M...Mère ? »
On eut dit que son monde s'effondrait sur lui-même en cet instant, tout son corps tremblait, des larmes se formaient au coin de ses yeux. Au moment où elle allait s'élancer vers sa mère, pour au moins vérifier son état, la main écailleuse de Raksha lui barra le passage. Elle s'exclama :
« Raksha ! Laisse-moi passer ! Je dois...
-Tu ne dois rien du tout, quelqu'un de costaud nous observe, quelqu'un d'au moins aussi fort qu'Azalée et ce quelqu'un ne s'est toujours pas montré, donc autant te dire que ces deux personnes sont un appât parfait. Expliqua calmement l'homme-lézard. »
Arali se pinça les lèvres, montrant qu'elle comprenait malgré l'urgence que provoquait en elle la vision de sa mère dans un aussi mauvais état. Mais Tehlmos, Welans et Mahlia n'étaient pas en reste, en effet, l'autre elfe n'était autre que leur mère et c'est tout bonnement pour cette raison que la voie du seul garçon de cette famille s'éleva :
« Bordel mais tu crois que je vais t'écouter saloperie d'éca... »
Il ne termina pas sa phrase, Mahlia venait de l'attraper par le col de son armure et de le fracasser au sol, la tête basse. Il toussa sous la force de l'impact, surprenante malgré les blessure, qui saignaient désormais, de sa grande sœur. Elle posa son regard, froid mais embué de larmes, sur lui et lança :
« Tais-toi ! Tais-toi Tehlmos ! Je me suis bien faite comprendre ?! »
Avant qu'il ne puisse répondre, elle termina :
« Cela me fait bouillir de voir mère dans cet état, mais Raksha a raison ! Alors tu vas te tenir tranquille ! Ou je serai ton opposant ! »
Elle avait dit ça d'une voix tellement tremblante que ça paraissait peu probable à vrai dire. Garam avala difficilement sa salive, Argand fit de même. Mira et Ferah, ainsi que Morgana et Lolya scrutaient les environs, leurs armes au poing.
Une voix s'éleva depuis les fourrées venant de la gauche :
« Ara, il semble que vous saviez un poil réfléchir finalement... »
La réponse vint de droite, une autre voix s'éleva :
« Que faisons-nous donc grande sœur ? »
Les deux voix, féminines étaient clairement différentes : Celle qui venait de gauche semblait bien plus stricte que celle provenant de droite, qui de son côté, paraissait presque mielleuse et tentatrice. Les deux personnes sortirent des fourrées pour rapidement se planter entre le petit groupe et les deux elfes crucifiées.
Celle sortie de gauche était sans aucun doute une dryade. Sa peau verte claire striée de vert foncé par endroits n'était visible que sur son visage, le reste de son corps portant une armure parasitique bien plus élaborée que celle des dryades rencontrées jusque là qui lui donnait une allure démoniaque. De plus, l'épée qu'elle portait à la taille ne faisait pas du tout aussi rustique que celle des ses congénères. Une lame finement travaillée, d'un bon mètre vingt de long pour dix centimètres de large, sa lame verdâtre rayonnait d'un éclat sinistre. Qui plus est, du haut de ses deux mètres quatre-vingt, la dryade les toisait de ses deux yeux couleur ambre, qui ne cachaient en rien ses intentions meurtrières. Ses longs cheveux couleur pourpre tombant dans son dos, en faisant des pointes sur le bord de sa tête, à la manière d'une couronne.
A ses côtés se tenait une créature plutôt étrange. D'apparence clairement anthropomorphe, elle faisait environ deux mètres quarante-cinq, avait des yeux rouges vifs, de longs cheveux bruns, qui lui tombaient dans le dos, et une peau blanchâtre, recouverte par des vêtements qui semblaient bien plus être des pétales d'une gigantesque fleur qu'autre chose et qui laissaient apparents ses épaules et son ventre, ne couvrant que poitrine, flancs et hanches. Qui plus est, six bras semblables à des ronces jaillissaient de son dos et semblaient animés de leur volonté propre. Ses jambes étaient entièrement recouvertes par l'armure parasitique de même facture que celle de sa comparse, lui donnant un look démoniaque plus qu'autre chose, en contrepartie, cette dernière semblait avoir fusionné avec les vêtements pétales. Elle ne portait pas d'armes sur elle, mais ses mains se terminaient naturellement par des griffes d'ores et déjà couvertes de sang.
Les elfes se figèrent en comprenant la nature de la créature, Arali murmura :
« Une... Alraune ?! Impossible ! Votre race est éteinte depuis des millénaires. »
L'alraune se prit à rire, de façon amusée. Elle soupira ensuite :
« Si tu ne crois pas que je suis une alraune, alors que diras-tu si je fais ça ? »
Elle s'avança vers la mère d'Arali et, relevant sa tête de manière à voir son visage, lui vola ses lèvres, fugacement, puis plus longuement. Arali se figea, la veine apparente sur son front et ses poings laissait clairement voire la colère qui bouillait en elle. L'autoproclamée alraune passa ensuite à celle des elfes bruns et lui affligea le même traitement.
Dans une bruit horrible qui leur arracha des cris de douleurs, leurs blessures semblèrent peu à peu se refermer. Ils comprirent en voyant l'espèce de mousse verdâtre qui les recouvrait que c'était du au « traitement » que leur avait infligée l'araune. Les quatre elfes bouillaient littéralement de rage, désormais, leurs mères les fixaient avec des regards vides inquiétants, elles semblaient comme possédées. La créature lança, en souriant encore :
« Maintenant, Arali Von Drakerwarch, doutes-tu encore de mon identité ? »
Arali ne répondit pas, elle se retenait de se jeter à la gorge de cette créature, qui se payait sa tête et avait osé les humilier, elle, sa mère, ainsi que celle de ses précieux camarades.
La dryade lança :
« Si tu les as mises sous ton emprise, au moins les utiliser tu ne penses pas Elirh ?
-Bien évidemment, grande sœur !  Répondit-elle. »
Elle se plaça derrière la mère d'Arali et la détacha, la laissant tomber à quatre pattes au sol. La dryade fit de même avec celle de Welans. Les deux elfes au sol restèrent là, sans bouger. La dénommée Elirh ordonna :
« Relevez-vous et tuez-les. »
Les deux elfes empoignèrent les armes trempées de sang qui étaient restées à leurs pieds et avancèrent vers leurs opposants, à un rythme qui aurait pu convenir à une personne normale et ce, malgré leurs blessures qui, bien que couvertes de mousse, suintaient encore du sang.
Tous firent un pas en arrière, Arali ordonna brièvement, tentant de garder un maximum de calme dans sa voix :
« Ecoutez-moi bien, cette fille est une alraune, quoi qu'il arrive, ne la laissez pas vous embrasser ou vous finirez sous son emprise ! Quand à l'autre, cette dryade est bel et bien Zyara, la chef des dryades de nos bois... Je sais que ce que je vais vous demander est irresponsable, mais...
-Tu veux qu'on s'occupe d'elle et d'Elirh pendant que vous réglez le souci avec vos mères ? Souffla Garam. »
Elle le fixa surprise qu'il ait pu deviner aussi aisément un tel plan. Il termina :
« Pas de souci, mais tardez pas, si ce que Raksha a dit est vrai, toutes les deux ont un niveau au moins équivalent à celui d'Azalée, donc on risque de ne pas faire long feu. »
Arali opina, mais Zyara la coupa dans son élan en riant à gorge déployée. La chef des dryades de ces bois déclara, avec un sourire carnassier :
« Vous pensez sérieusement qu'on a envie de se battre avec vous ? Il nous suffit de tuer cette petite peste blonde et tout sera terminé, n'espérez pas faire un pas sur mon chemin ou je briserai tous vos os à la force de mes poings ! »
Elle dégaina son épée qui émit un flash vert brillant avant de se mettre en garde. A ses côtés, Elirh fit de même, ses fouets ronciers fouettant sauvagement l'air autour d'elle.
Arali grimaça, les deux mères des elfes étaient assez proches d'eux désormais, il fallait se décider et vite !
A ses côtés, tous les elfes avaient l'air aussi perdus qu'elle, comment pouvaient-ils espérer se battre contre leur propre mère et l'emporter ?!
C'est d'ailleurs cette dernière qui s'élança, prenant un bon appui au sol, elle fusa littéralement vers eux, son épée souillée de sang dessinant un arc mortel vers la face d'Arali. La princesse Von Drakerwarch écarquilla les yeux, la lame venait de se stopper net à quelques centimètres seulement d'elle, principalement grâce au fait que Raksha se soit élancé et ait stoppé l'attaque avec son glaive d'ébolithe. L'homme lézard repoussa la mère des elfes bruns d'un bon coup de pied dans le ventre, qui la fit glisser au sol sur quelques mètres. Il râla ensuite :
« Ecoute, loin de moi l'idée de t'abandonner, mais fais au moins un effort, je ne peux pas être sur tous les fronts...
-Tu as raison... Soupira Mahlia. »
Elle se mit aux côtés de Raksha, empoignant fermement sa hallebarde et son pistolet, puis déclara :
« Mère, oser porter la main sur Dame Arali Von Drakerwarch est un comportement que je n'aurai cru voir chez vous ! En vertu des lois régissant notre royaume, je vous condamne, Dame Railehna Arkatah et Dame Sayenna Von Drakerwarch, à la mort ! »
Elle avait dit ça avec un ton tremblant, un ton qui se devait d'instaurer tout de même le courage dans les cœurs tremblants de son frère et sa sœur, mais aussi celui d'Arali. L'image en était presque pathétique, voir une personne aussi fière que Mahlia trembler ainsi, pourtant aucun d'entre eux n'osa rire devant cette action, qui nécessitait un courage hors du commun. Welans et Tehlmos se mirent aux côtés de leur grande sœur, tirant leurs armes, les yeux embués de larmes. Ils se mirent en garde, Arali laissa couler ses larmes le long de ses joues. Raksha tira son glaive et fit un pas en avant, il passa du côté du groupe d'humains, qui aurait très clairement besoin de son soutien.
Zyara siffla et s'élança, à une vitesse folle. Argand ne para l'attaque qui vint de face que par pur réflexe, perdant un bon mètre cinquante en glissant au sol devant la puissance tonitruante de la chef des dryades. Cette dernière se prit à rire et chargea de nouveau, cette fois bien plus averti, le jeune homme put parer l'attaque de Zyara avec plus d'aisance, mais le coup descendant qu'elle porta lui fit perdre encore cinquante bons centimètres, et il ne s'attendait pas à un enchaînement aussi fulgurant, aussi, il reçut une blessure à la cuisse, portée dans une seconde attaque, circulaire celle-ci, de la dryade.
Argand grimaça, l'épée avait ouverte une plaie assez profonde dans sa jambe, ce qui n'était pas du tout pour l'arranger. Qui plus est, il n'avait pas de capsules de Mana de Feu, seulement une de Mana de l'Eau et une des Ténèbres. Il devrait donc faire avec ça.
Il inséra celle des Ténèbres dans l'arme et pressa la détente, la lame vira au violet, ce qui perturba un peu Zyara, laissant le temps au jeune homme de charger. Le coup, porté avec une force nouvelle, ainsi qu'un élément qui venait ajouter un certain poids porta, forçant la chef dryade à parer. Mais contrairement au jeune brun, elle ne perdit pas un seul centimètre et se mit à sourire. Elle déclara :
« Un joujou intéressant, dommage que tu ne saches pas bien t'en servir. »
Elle le repoussa d'un ample mouvement de sa lame. Argand s'étonna : Il devait faire au bas mots trente kilos de plus qu'elle, comment pouvait elle le repousser aussi facilement ?!
Il se souvint alors de leur combat contre Azalée : C'est vrai que cette fois-là aussi, ils avaient eu à faire avec une personne dotée d'une force hors du commun.
En regardant un peu autour de lui d'un vif coup d'oeil, il put voir Garam en train d'esquiver un coup de fouet d'Elirh, ainsi, que Morgana qui faisait de même. Ferah tentait en vain de trouver une zone où percer dans le balais incessant de ses ronces. Il ne voyait donc pas Lolya, Mira et Raksha de son point de vue...
La voix de Zyara le ramena à la réalité :
« Aaaaahhhhh ! »
Un cri qui annonçait un assaut furibond, mais Argand ne s'en rendit compte qu'une peu trop tard. Il reçut un coup de poing en pleine face. La force tonitruante de l'impact l'envoya rouler au sol deux bons mètres plus loin, son épée glissant à plusieurs centimètres de lui. Tout dansait devant ses yeux : Comment un simple coup de poing pouvait le sonner à ce point ?! Même si l'armure parasitique renforçait les coups, Zyara avait déjà une force immense de base pour pouvoir lui faire aussi mal !
Il cracha une gerbe de sang et se redressa tant bien que mal, pour terminer à se secouer la tête et bondir vers sa lame. Zyara s'exclama :
« Sûrement pas ! »
Elle bougea, bien trop vite pour lui, en quelques instants seulement, elle couvrit la distance qui les séparait et abattit son épée vers sa tête. La lame fut déviée par Raksha, qui s'interposa in extremis, son glaive envoyant l'épée verte de la dryade en l'air. Cette dernière ne se démonta pas pour autant et tourna sur elle-même, pour tenter de trancher en deux l'écailleux qui avait osé s'interposer face à elle. Sa lame se heurta au bouclier en os de l'homme lézard, qui se prit à sourire et tint bon. Raksha lança :
« Je me suis peut être avancé en vous comparant à Azalée, elle au moins, je n'arrivais presque pas à la suivre, alors que vous. »
Zyara lui lâcha un « Tsk ! » en guise de réponse et fit un bond en arrière. Un coup de feu retentit et la dryade, d'un mouvement vif, plaça le plat de sa lame devant sa face. Elle railla ensuite :
« Penser m'avoir avec une de vos stupides armes à feu, les humains sont vraiment méprisables. »
Argand ramassa rapidement son épée et se tourna vers la source du coup de feu : Mira se tenait là, transpirant un peu, Lolya soutenait le fusil et tenait une capsule de verre de couleur orangée. Argand comprit de quoi il retournait, toutes les deux s'étaient écartées pour lui fournir une dose de Mana de Feu pour son arme... Mais il utilisait déjà une des capsules, les deux pourraient être utilisées sans interférer l'une avec l'autre ?
Mira opina ensuite et Lolya la laissa empoigner son fusil d'elle même, reprenant son espadron, qu'elle avait planté dans le sol.
Elle se mit aux côtés d'Argand, pour lui donner ladite capsule et lui lança :
« Utilise-là, dès que tu vois une ouverture !
-Mais, la lame est déjà emplie du Mana des Ténèbres, ça va pas interférer ?
-... Je sais pas. Répondit Lolya, avec un sourire joueur. Mais au pire, on verra bien ce que ça donne, ok ? »
Il soupira et abdiqua, tenter de tenir tête à la curiosité de la forgeronne du groupe s'avérait visiblement futile. Il glissa la capsule à sa ceinture, retira celle de Mana des Ténèbres déjà entamée et inséra celle de Feu à la place.
La lame était toujours de couleur violacée et ne semblait pas prête à exploser, mais dans le doute, il préféra ne pas presser la gâchette et guetta le moment optimal pour frapper Zyara et être certain de percer son armure parasitique.
Du côté des elfes, la musique était toute autre. Mahlia s'était élancée contre sa mère, qui, armée de son épée souillée de sang, n'avait eu aucun mal à parer son attaque, sans même lui céder un centimètre de terrain. Les yeux larmoyants de la fille croisèrent ceux sans vie de la mère, une manière de lui dire adieu en somme... Mahlia força sur la garde et repoussa son adversaire. Tehlmos s'interposa à ses côtés, bloquant un coup de dague de Dame Sayenna, qui s'était élancée à toute vitesse. Arali fonça droit vers sa propre mère et la frappa avec ses dagues.
Elle n'aimait pas se battre, c'était un fait, elle préférait de loin les subtilités de la Magie à celles du combat sur un champ de bataille, mais pourtant, pour honorer celle qui fut sa mère, elle se devait de faire cet effort et d'ôter toute trace de souillure du corps de sa mère, à la force de ses bras.
Sayenna para l'attaqua sans grande difficulté et prépara la contre-attaque, c'est-à-dire un bon coup de pieds dans l'estomac de sa fille, qui encaissa le coup en perdant plusieurs pas sous le choc, qui lui coupa la respiration. Elle s'étonna : Alors c'était ça que les autres enduraient en première ligne ?! C'était ce genre de douleur qu'ils enduraient pour la protéger ?
Elle se sentit profondément coupable de leur infliger ça, mais à la fois emplie de respect.
L'ancienne reine elfe se tourna donc vers sa fille et s'élança, pour avoir à parer in extremis une flèche qui fusa depuis l'arc de Welans. Cet assaut stoppa net sa charge. Arali profita du moment d'inattention pour tenter un coup de ses dagues croisées, malheureusement, Sayenna était de son vivant une adepte bien plus fervente des arts martiaux, elle n'eut aucune difficulté à parer l'attaque et repousser sa fille. Elle frappa ensuite bien plus sèchement, d'un coup vif de ses propres dagues qui décrivirent un arc meurtrier. Arali eut le réflexe de se mettre en garde, uniquement pour recevoir un choc qui la fit glisser au sol sur deux bons mètres, la mettant de plus,  entre Welans et sa cible. D'un pas de côté rapide, Arali esquiva une seconde charge de feu sa mère, laissant libre cours à Welans, pour qu'elle lâche son Tir chargé.
Le trait bleu partit vite et fut placé bien trop près pour que l'adversaire ait une quelconque chance de pouvoir le parer. C'est pourtant bel et bien ce qui arriva. Le trait fut bloqué par les deux dagues croisées de l'ancienne reine elfe. Cette dernière perdit plusieurs pas sous la force de l'impact du tir magique, mais elle ne mourut pas pour autant.
Arali profita donc de l'instant pendant lequel elle se remettait du coup pour lui porter deux coups de ses dagues, qui ouvrirent de longues entailles dans le torse de feu sa mère. Cette dernière perdit plusieurs pas sous la surprise et du sang vert ruissela des plaies. Arali serra les dents, Welans somma :
« Arali ! »
Elle bondit de côté, laissant place à son amie, qui lâcha un nouveau Tir chargé, bien plus puissant et concentré en énergie celui-là. La flèche bleue fusa à une vitesse encore plus folle, soulevant deux traînées de poussière dans son sillage. L'impact fut tonitruant, Sayenna fut littéralement propulsée en l'air avant de retomber lourdement au sol, quatre bons mètres plus loin. Welans s'effondra sur elle-même, Arali voulut se précipiter vers elle, mais elle avait encore un travail à terminer. Elle s'élança vers le corps de celle qui fut sa mère et, bondissant en l'air, la cloua pour de bon au sol en plantant ses deux dagues dans sa tête. Pendant cet instant qui ne dura que quelques secondes, il sembla à la jeune meneuse des elfes que sa mère souriait, mais ce ne fut probablement qu'un souvenir, qui vint se superposer à la face sans vie de Sayenna, qui s'immobilisa pour de bon.
Arali laissa sortir un profond soupir de sa bouche, pour ensuite se lever et s'empresser de rejoindre Welans, qui peinait à se relever : Elle ne pleurerait pas ! C'était loin d'être le moment de penser à ça !
Du côté de Tehlmos et Mahlia, la bataille faisait encore plus rage, leur mère, Railehna, était avant tout la protectrice de la reine et par là même, une formidable combattante. Armée de son épée souillée de sang, elle tenait avec une efficacité remarquable tête à ses deux enfants.
Tehlmos initia une nouvelle charge, après l'échec des deux premières. Il se stoppa net quand il vit l'arc meurtrier décrit par l'épée de feu sa mère et bloqua l'attaque venant de sa gauche en plantant sa claymore en mithril dans le sol.
Le choc brutal ne le fit pas glisser au sol, en grande partie grâce à l'appui stable qu'était devenu son épée. Mahlia en profita pour glisser à côté de lui et porter un bon coup de sa hallebarde vers leur mère, qui esquiva d'un bond en arrière, offrant à l'elfe brune une opportunité rêvée pour lui décharger trois Tirs chargés successivement. Malgré ses blessures, Mahlia se battait à son maximum, elle ne laisserait rien entacher sa détermination et surtout, elle ne voulait pas s'arrêter, par peur de la voir s'effondrer à ses pieds.
Les trois tirs furent rapidement dévidés par Railehna, qui ne semblait pas éprouver la moindre difficulté dans ce combat. Elle chargea, Tehlmos la bloqua, d'un bon coup de sa claymore, Mahlia passa de nouveau de côté, mais profita du temps de réaction plus long de feu sa mère, en partie grâce au fait qu'elle frappait du côté où la lame était, ce qui lui permit d'envoyer son adversaire voler d'un coup rotatif de sa hallebarde elfique.
Railehna fit un salto en l'air et atterrit souplement, tel un félin. Mahlia tira deux coups simples, les balles furent aisément déviées, malgré la blessure qui s'était ouverte sur le torse de leur mère et suintait d'un sang vert écœurant. Tehlmos profita de l'ouverture offerte par la parade pour s'élancer à son tour et fracasser son imposante épée sur la garde de Railehna, qui bloqua en perdant seulement quelques centimètres la charge féroce de feu son fils. Elle contre-attaqua quasi immédiatement en le déviant d'un bon coup et lui plaçant un coup de pied en plein l'estomac, rapidement enchaîné d'un coup descendant, qui ne manqua sa cible que grâce à un tir de Mahlia, qui termina ainsi de vider son chargeur. L'elfe rengaina son pistolet et s'élança vers sa mère, qui en fit autant. Leurs lames se percutèrent avec fracas, pourtant ni l'une ni l'autre ne cilla. En effet, Mahlia était l'aînée de la famille, par conséquent, elle avait pu participer aux entraînements bien plus tôt que Welans ou Tehlmos et ainsi, sa force en était à un point où elle était à peu près capable de soutenir les coups tonitruants de sa mère. Elle se repoussèrent mutuellement en forçant sur leurs gardes. Mahlia attendit, Railehna s'élança, furibonde, sa lame ne fendit que le vide, sa fille venait d'esquiver d'un bond de côté, ce qui lui offrait une parfaite occasion de séparer tête et corps de son adversaire. Pourtant, le coup qui aurait dû faire cette besogne fut stoppé en plein dans sa course par l'épée bleue souillée de sa mère, qui avait pris un appui au sol et pivoté subitement sur elle-même pour parer l'attaque, mais aussi initier une contre-attaque. Mahlia ne comprit la seconde partit que trop tard et le temps qu'elle fasse un bond en arrière pour esquiver, une belle estafilade sanglante bariolait déjà son ventre. Elle déposa un genou au sol, se mordant la lèvre et se tenant sa blessure de sa main libre. Railehna se redressa et s'avança vers elle, levant son sabre une fois à la bonne distance pour lui trancher la tête en deux. Pourtant, seule une giclée de sang vert éclaboussa la face de Mahlia, quand la claymore de Tehlmos passa au travers du ventre de feu leur mère, dont toute l'attention était portée sur sa fille. Elle ne dit rien, sa tête se baissa, quand Tehlmos retira sa lame, elle s'effondra à genoux et tomba sur l'épaule de Mahlia, à qui il sembla entendre un lointain « désolé... » provenant de son adversaire. Il n'en fallut pas plus pour faire fondre en larmes l'elfe.
De leur côté, Garam, Morgana et Ferah avaient fort à faire. En effet, en dépit de ses apparences frêles, Elirh disposait d'une force proprement tonitruante, qui faisait glisser ses opposants sur quelques mètres à chaque fois qu'un de ses tentacules épineux se heurtait à une de leurs lames. De plus, Garam avait eu aussi à essuyer un coup de ses griffes acérées, qui lui avait laissé trois belles entailles sanguinolentes sur le torse. Ferah avait ensuite réagi au quart de tour et avait fait déferler deux Tirs chargés qui avaient bien contribué à l'épuiser, sans pour autant que ces deux derniers n'atteignent Elirh, qui les bloqua sans le moindre souci avec ses ronces.
L'alraune se prit même à bâiller audiblement et à s'étirer, laissant ses ronces agir à sa place. Elle ferma les yeux pour les rouvrir et sourire comme un prédateur : Son petit manège n'avait que pour but de les énerver de leur faire baisser leur garde, une fois cela fait, elle frapperait. Et c'est ce qu'elle fit, Ferah fut sa première cible. La pistomancienne ne vit pas venir l'assaut et n'eut que peu de temps pour réagir, trop peu à vrai dire, elle encaissa un puissant coup de poing dans le ventre, qui lui fit proprement régurgiter son repas dans un mélange de bile et de sang. Morgana et Garam réagirent au quart de tour et s'élancèrent vers elle, pour lui prêter main forte avant qu'Elirh n'ait le temps de l'achever ou la placer sous son contrôle. L'alraune se contenta de repousser leurs lames et leurs efforts en faisant agir ses ronces comme deux fouets épais, qui cinglaient également leurs peaux, leur laissant des entailles partout sur leurs mains et fragilisant la prise de leurs armes.
Morgana tenta la tout pour le tout et laissa partir une balle chargée de son Mana des Ténèbres. La balle, enveloppée de myste noir, fusa droit vers Elirh, qui la dévia d'un coup de pied retourné. Son armure parasitique fit le reste, repoussant l'élément sans infliger le moindre dommage à l'alraune. Elle se prit à sourire et attrapa Ferah, désormais quasi inconsciente, par le col, approchant ses lèvres de celles de la jeune femme, pour prendre possession de son esprit. Elle fut interrompue par un énorme ordre dicté par son instinct : Esquive !
Elle lâcha précipitamment Ferah et bondit en arrière, se retrouvant à portée pour frapper aisément Garam et Morgana, ce qu'elle s'empressa de faire en utilisant ses deux ronces pour ça, les fauchant au niveau des jambes avant de les clouer au sol d'un coup de poing chacun dans le ventre.
Elle se prit à sourire, finalement, son instinct lui avait juste joué un tour. Elle se tourna vers Zyara.
Argand avait attendu que la bataille contre la chef dryade prenne une tournure avantageuse pour eux, Lolya l'avait rejoint, afin de lui prêter main forte, mais son manque d'agilité lui avait valu de se recevoir un coup de pied retourné de la dryade en pleine tête. Mira s'était alors précipitée à ses côtés, pour la couvrir et s'assurer surtout que Zyara ne soit pas tentée de lui porter le coup de grâce. Les tirs de fusil de la jeune femme, fussent-ils chargés ou emplis de son Mana du Feu, étaient immanquablement déviés, avec une facilité déconcertante, par la dryade.
Raksha, quand à lui, commençait à faiblir, ce combat maintenait une tension maximale et, même s'il avait pu coller un coup de bouclier ou deux dans la face de la dryade, cette dernière n'avait que redoublé de sauvagerie. Finalement, après un nouveau coup d'épée commun, Raksha décida qu'il était plus que temps d'ouvrir une faille dans la défense de son adversaire, pour qu'Argand puisse la frapper et la blesser sérieusement, faute de quoi, ils ne parviendraient à rien.
L'homme lézard prit un appui au sol et, en profitant, fit valser la garde de la dryade. L'épée de cette dernière se retrouva à danser en l'air. Argand vit la chance qui s'offrait à lui, il pressa la gâchette de toutes ses forces et s'élança, sprintant à son maximum, il couvrit la distance les séparant et assez de temps pour que l'épée soit encore en l'air au moment de frapper. Sa lame se fracassa sur l'armure de Zyara, colorée en rouge orangé, couleur non habituelle, mais qui fit toutefois siffler l'armure de mécontentement. Zyara grimaça mais contre-attaqua très rapidement. En fait, ce fut assez vif pour prendre de surprise même Raksha. Elle abattit la poignée de son épée et son point en marteau, assommant net Argand. Puis elle l'envoya rouler d'un bon coup de pied, qui lui arracha aussi une gerbe de sang. A la suite de cette action, elle frappa de nouveau sur la garde de Raksha, avec une force décuplée face à laquelle même la détermination de fer et le flegme de l'homme lézard ne pouvaient rien. Il vit son épée décoller et se ficher dans le sol un peu plus loin. Impuissant, il n'eut pas le temps de remettre son corps en garde, Zyara frappa vite et fort : D'un bon coup de poing, elle laissa l'humanoïde écailleux s'effondrer au sol, deux bon mètres plus loin, bavant du sang. Elle se tourna enfin vers Mira, qui tremblait de peur, n'osant pas tirer. La voix d'Elirh s'éleva de derrière elle :
« Un coup de main grande sœur ? »
Sa voix semblait presque rieuse, comme si ce combat qu'elle avait mené n'en avait pas été un. Zyara se prit à sourire, mais elle se tourna soudain vers l'autre côté du bosquet, toute comme Elirh.
Visiblement, elles avaient senti la nouvelle arrivante, c'est ce qu'en déduisit Mira en observant leur comportement, et d'après leurs faces tendues, elle pouvait aussi dire que cette dernière était un sacré personnage, non, en fait, rien qu'en la voyant, c'était déjà très clair...
Elle était grande, deux bons mètres soixante-quinze, avec le teint assez mat, et des cheveux noirs et bouclés qui tombaient jusqu'à ses omoplates. Elle portait une veste couleur ocre ouverte suffisamment pour offrir un décolleté plongeant mais à laquelle il manquait la manche droite. Elle portait aussi un large pantalon en toile de couleur assortie et une écharpe claire autour du cou. Ses deux yeux rouges brillaient comme deux braises. Elle ne portait aucune arme, ni aucune armure, mais pourtant, la seule chose qui venait à l'esprit de Mira quand elle voyait une telle personne c'était le mot puissance. En effet, l'étrangère dégageait une impression de puissance écrasante et nul ne doute qu'elle avait probablement combattu pour venir jusqu'ici, pourtant, elle n'en portait pas la moindre marque.
Zyara jura :
« Q... Qui est-tu ?! »
Mira nota soudain que du côté des elfes tout c'était à peu près mieux passé, même s'ils ne seraient probablement pas en forme avant plusieurs jours vu ce qu'ils venaient de traverser.
L'étrangère ne répondit pas, elle continua de fixer la scène avec les deux puits de lave qu'étaient ses yeux. Zyara commença à serrer ses poings sur son épée. Elle s'avança vers l'étrangère, avant de bondir d'un coup en arrière, esquivant trois pieux de glace qui se fichèrent devant elle.
La dryade, l'alraune et les spectateurs de la scène levèrent rapidement leurs yeux pour voir un second personnage, assis nonchalamment sur une branche de l'un des arbres du bosquet, de la brume gelée tournant encore autour d'une de ses mains gantées de cuir noir. Il portait également toute une armure légère en cuir de même couleur, seul sa face à la peau assez claire était visible, de même que ses cheveux noirs mi-longs et en bataille. Il leva ses lunettes de soleil, laissant voit ses deux yeux similaires à ceux de Raksha. Il sauta de l'arbre, c'est là que Mira nota, il portait une épée dans son dos, une longue lame dorée aux tranchants dentelés.
Il parla ensuite, avec une voix joueuse :
« Excuse donc Naha'lia, elle est pas du genre causante. Permettez-moi donc de nous présenter : Je suis Jabber, un naga, et voici Naha'lia, une agni, nous sous tous deux membres de la Garde royale. »
Zyara et Elirh se figèrent toutes les deux à la mention de Garde royale. Le dénommé Jabber parla, en rangeant ses lunettes de soleil dans la poche intérieure de sa veste :
« Disons que nous avons été sollicités pour venir chercher quelqu'un et qu'il se trouve que votre présence est une nuisance à sa sécurité actuellement, vous nous voyez donc dans l'obligation de prendre des mesures.
-Ferma-là ! S’époumona Zyara, qui ne supportait la voix calme et posée du naga. »
Un coup rapide et puissant la renvoya d'où elle venait, Zyara se redressa tant bien que mal et grimaça : Face à elle, Naha'lia, son bras droit ayant viré couleur magma.
Jabber envoya sa veste voler, dégainant son épée dorée et laissant ses bras, désormais nus se couvrir d'écailles vertes, typiques des hommes serpents qu'étaient les nagas. Il ricana :
« Je vous déconseille d'essayer quoique ce soit, Naha'lia est de très mauvais poil en ce moment et elle hésitera pas à vous tuer. »
Elles avalèrent leur salives, comprenant à qui elles avaient à faire. Elirh commenta :
« Une élémentaire du Feu et un homme serpent maîtrisant l'Eau, non merci, c'est bien trop risqué. Grande sœur, rentrons.
-Et comment qu'on rentre, maître Typhon a dit qu'il était déjà satisfait des résultats, en plus de ça, j'ai pas envie de risquer ma peau face à cette tarée... Mais retiens bien ma face, car c'est moi qui arracherait ta petite tête de ton joli petit corps, clair ? »
Naha'lia ne la lâcha pas des yeux et laissa juste échapper un « hum ! » qui paraissait distant. Elirh tira un petit cristal de l'un de ses pétales et le brisa au sol, un cercle de Runes s'ouvrit, elle et sa sœur le traversèrent, pour disparaître ce faisant. Une fois cela terminé, le cercle se referma.
Jabber rengaina son épée et ses écailles disparurent. Il remit sa veste et soupira :
« Hey, Naha'lia, tu peux repasser en mode gentille, tu sais ? »
Cette dernière se tourna vers lui et opina, son bras droit redevint normal.
Jabber demanda alors :
« Bon, qu'est-ce qui c'est passé ici, va falloir voir à nous expliquer ça. »
Il s'adressait à tout le monde, mais seule Mira répondit :
« Plus tard, pour le moment il faut que votre armée sécurise la forêt et qu'on s'occupe de nos blessés !
-Armée ? Répéta Jabber. Vous voulez causer de ceux qui viendront pour les parasités ? On a reçu un rapport, mais ils seront pas là avant demain vous savez...
-Mais alors... Commença la jeune rousse.
-Mmhhh.... On était là pour récupérer quelqu'un à la base, pas pour raser toutes ces saloperies... Mais je suppose que ça nous ferait peut être un peu d'exercice, pas vrai Naha'lia ? Demanda-t-il. »
Il se tourna vers là où se trouvait la jeune femme, pour la voir au chevet de Lolya. Il râla :
« Naha...
-Soigner. Répondit elle simplement avec une voix distante.
-Raaaahh ! Ragea le naga. Bon, ok, mais j'en ai rien à faire, je te couvre pas si on se fait gueuler dessus après ! »
Elle opina avec un sourire, puis s'approcha de Lolya, qui peinait à garder les yeux ouverts. Elle lui susurra :
« Dors... Nous vous protégeons... »
Ses mots eurent aussi un effet sur Mira, qui tomba presque instantanément dans les pommes. Jabber soupira, pour finalement lâcher :
« Et bah... Espérons qu'ils soient pas tous comme ça... »


Dernière édition par sabertiger le Sam 16 Nov 2013 - 16:23, édité 2 fois

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